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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives par catégorie : Articles

100 000 citoyens européens appellent les eurodéputés à voter contre la directive secret des affaires 14 avril, 2016

Source: 100 000 citoyens européens appellent les eurodéputés à voter contre la directive secret des affaires

Une coalition de 51 ONG européennes a lancé le 30 mars un appel aux eurodéputés ainsi qu’une pétition leur demandant de rejeter la directive sur le secret des affaires. En quelques jours, cette pétition a recueilli plus de 100.000 signatures. En France, ce sont plus de 20 associations et organisations syndicales qui se mobilisent.

En Allemagne, le DGB, la confédération syndicale allemande, qui compte 6 millions d’adhérents, vient d’appeler à son tour les eurodéputés à rejeter le projet de directive (voir courrier ci-joint).

La directive secret des affaires a été rédigée en toute opacité, suite au lobbying de quelques multinationales. Elle menace les libertés et l’intérêt général. Elle donne aux entreprises des moyens juridiques supplémentaires pour poursuivre des journalistes, des syndicalistes ou des journalistes publiant sans leur consentement des documents et des informations internes. La définition du secret des affaires prévue par la directive est tellement large que presque toutes les informations internes d’une société peuvent y correspondre.

La directive secret des affaires est inscrite à l’ordre du jour du parlement européen le 13 avril et doit être soumis au vote le 14 avril. L’affaire « Panama Papers » est un argument supplémentaire pour demander le rejet de ce projet de directive : comment lutter contre la fraude fiscale en adoptant un texte qui permettra aux multinationales de poursuivre les journalistes et les lanceurs d’alerte ?

Paris, le 8 avril 2016

Des évacuations forcées en hiver : une « politique indigne de destruction » 8 avril, 2016

Source: Des évacuations forcées en hiver : une « politique indigne de destruction »

Communiqué commun LDH et ERRC

Durant le premier trimestre 2016, 3 683 personnes ont été expulsées de force par les autorités de 25 lieux de vie. 100 personnes ont dû quitter un lieu de vie faisant suite à un incendie. Ces chiffres qui restent élevés indiquent que les conditions hivernales ne sont pas prises en compte lors des évacuations de ces bidonvilles ou squats.

Nous observons aussi une montée significative des expulsions fondées sur un arrêté de péril ou d’insalubrité de l’autorité communale. En effet, il y eut 11 évacuations forcées faisant suite à une assignation devant les tribunaux par les propriétaires des terrains ou des squats contre 14 faisant suite à un arrêté d’insalubrité ou de péril pris par la mairie ou le préfet. Sur les 25 évacuations effectuées par les autorités, des solutions d’hébergement temporaires n’ont été proposées que 13 fois. À la suite des 12 autres évacuations, les familles ont été tout simplement mises à la rue par les forces de l’ordre. Durant l’évacuation faisant suite à un incendie, il y n’y a pas eu de solution d’hébergement d’urgence mise en place, la majorité des habitants ayant déjà quitté les lieux avant le sinistre.

Depuis le début de l’année, la région Ile-de-France concentre 74 % des personnes expulsées, suivie par la région Auvergne-Rhône-Alpes avec 16 % et les Pays-de-la-Loire avec 8 %.

L’analyse des terrains selon le type de propriétaire montre que 17 terrains évacués de force sont publics, et deux de ces terrains publics font l’objet d’un projet justifiant cette évacuation. Ces évacuations forcées restent donc bien l’expression d’une volonté politique de rejet émise par un ensemble d’autorités étatiques. Ceci démontre aussi que cette politique d’évacuation forcée systématique n’est pas mise en place pour défendre la propriété privée (prétexte souvent employé), puisque les propriétaires sont publics dans la très grande majorité des cas.

Nous considérons que la circulaire du 26 août 2012 n’est pas appliquée.

Ces expulsions sont à nouveau condamnées par le Commissaire aux droits de l’Homme ou la Commission antiracisme (Ecri) du Conseil de l’Europe. Dans la lettre que le Commissaire aux droits de l’Homme a envoyée le 26 janvier 2016 à M. B. Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, M. Nils Muižnieks spécifiait en effet : « En outre, comme je l’ai rappelé dans mon rapport de 2015, le Comité européen des droits sociaux a rendu une série de décisions concernant la France, constatant plusieurs violations de la Charte sociale européenne concernant les droits sociaux des Roms. »[1]

Nous réitérons la même demande, de manière inlassable : la suspension des expulsions systématiques, la sécurisation des bidonvilles et leur assainissement, la mise en place de solutions adaptées pour l’insertion des familles à travers le droit commun et ceci avant toute expulsion, pour toutes les familles et sur tout le territoire. Le suivi de ces politiques devrait être organisé dans le cadre d’un dialogue permanent entre les pouvoirs locaux (communes, collectivités territoriales), les autorités régionales et nationales et les acteurs publics et associatifs actifs dans les bidonvilles.

Paris, le 8 avril 2016.

Téléchargez le communiqué.

Téléchargez le recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms (ou des personnes désignées comme telles) en France.

[1] CommHR/MB/sf 005-2016, Commissaire aux droits de l’Homme, Strasbourg, le 26 janvier 2016.

Le droit à l’avortement, un combat toujours d’actualité ! 7 avril, 2016

Source: Le droit à l’avortement, un combat toujours d’actualité !

Communiqué LDH

En Pologne, le nouveau projet de loi pour interdire le droit à l’avortement des femmes polonaises inquiète aujourd’hui tous les citoyens et citoyennes européen-ne-s, défenseurs des droits et des libertés.

Le droit à l’avortement est une liberté fondamentale qui fait partie du droit à la santé sexuelle et reproductive, inscrit dans les textes internationaux. L’accès à l’avortement est un droit des femmes à disposer de leur corps et à choisir. Refuser ce droit aux femmes polonaises, c’est nier un problème de santé publique. C’est également refuser l’égalité des sexes, l’émancipation et l’autonomisation des femmes, facteurs du progrès de la société polonaise tout entière.

Déjà identifiée comme un pays où le droit à l’avortement était restreint, la Pologne connaît une dérive autoritaire suite à l’arrivée au pouvoir du président Andrzej Duda et de son nouveau gouvernement, en octobre 2015. Le nouveau projet de loi supprime le droit à l’avortement même en cas de viol et le « meurtre fœtal » entre dans le Code pénal.

La Ligue des droits de l’Homme est aux côtés de toutes celles et tous ceux qui, en Pologne, se mobilisent pour la sauvegarde de ce droit.

Avec de nombreuses autres organisations, elle appelle à se mobiliser dimanche 10 avril, à 14 heures, à Paris, devant l’ambassade de Pologne (1, rue de Talleyrand – M° Invalides), pour que cette liberté fondamentale soit reconnue et respectée.

Paris, le 7 avril 2016

Téléchargez le communiqué

Avec le Secrets des affaires, plus de « Panama Papers »? 7 avril, 2016

Source: Avec le Secrets des affaires, plus de « Panama Papers »?

Mossack Fonseca, le cabinet d’avocats panaméen au centre du scandale et dont proviennent les Panama Papers, a répondu aux requêtes des journalistes en concluant avec une mise en garde explicite :

« Il semble que vous ayez eu accès de façon non autorisée à des documents et des informations appartenant à notre entreprise et les ayez présentés et interprétés hors de leur contexte. Nous ne doutons pas que vous sachiez parfaitement qu’utiliser des informations ou de la documentation obtenus illégalement est un crime, et nous n’hésiterons pas à utiliser tous les recours pénaux et civils disponibles. » (1)

Le projet de Directive UE sur la « protection des secrets d’affaires », sur lequel le Parlement Européen se prononcera en séance plénière à Strasbourg le 14 avril prochain, se propose justement de donner à de telles entreprises des moyens juridiques supplémentaires pour poursuivre des journalistes ou des entreprises de presse publiant sans leur consentement des documents et des informations internes.

Ce texte crée un droit au secret pour les entreprises qui est excessif : il menace directement le travail des journalistes et de leurs sources, les lanceurs d’alerte, les syndicalistes, la liberté d’expression des salariés et nos droits d’accéder à des informations d’intérêt public (par exemple sur les médicaments, les pesticides, les émissions des véhicules, etc.).

Une coalition européenne d’associations, de syndicats, de journalistes, de lanceurs d’alerte et de scientifiques (liste à la fin du Communiqué) demande aux membres du Parlement Européen de rejeter ce texte et de demander à la Commission Européenne d’en proposer une version conforme avec les exigences de transparence. Une pétition européenne a également été lancée et compte plus de 72.000 signatures après seulement quelques jours.

La définition du secret des affaires prévue par la directive est tellement large que presque toutes les informations internes d’une société peuvent y correspondre. Cela mettra en danger toute personne qui révèle ces informations sans le consentement de l’entreprise.

Pour Patrick Kamenka, membre du comité directeur de la Fédération Européenne des Journalistes « les citoyens, les journalistes ou encore les scientifiques ont parfois besoin d’avoir accès à ces informations et de les publier dans l’intérêt général. Ils risqueraient alors, comme Antoine Deltour et Edouard Perrin dans l’affaire LuxLeaks, des poursuites judiciaires pouvant se conclure par des peines de prison et des amendes de plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est une manière très efficace d’empêcher les gens de dénoncer des cas de mauvaise conduite des entreprises. Quel rédacteur en chef peut se permettre de risquer la banqueroute de son journal? »

Et ce n’est pas tout. Si la directive est approuvée au niveau européen, les États membres pourront encore aller plus loin quand ils l’adapteront à leurs droits nationaux, et on peut compter sur les multinationales pour les pousser en ce sens.

Pour Martin Pigeon, de Corporate Europe Observatory, « cette bataille ne sera pas facile : les multinationales mènent un lobbying acharné depuis des années pour obtenir cette directive et ont lourdement influencé la rédaction du texte, mais le grand public n’en sait presque rien. Il n’est aujourd’hui malheureusement plus possible, politiquement, d’amender le texte. Nous devons donc demander aujourd’hui aux députés européens de le rejeter en bloc, mais sans mobilisation des citoyens nous n’arriverons à rien. »
Pour Françoise Dumont, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, « le président Hollande vient de remercier les lanceurs d’alerte et la presse pour leur travail sur les Panama Papers et les rentrées fiscales qu’elles vont permettre. Pourrait-il soutenir publiquement Antoine Deltour (Luxleaks) et exiger que ce texte dangereux pour les lanceurs d’alerte et la presse soit retiré? »

Bruxelles, le 5 avril 2016

(1) http://www.irishtimes.com/business/retail-and-services/panama-papers-mossack-fonseca-responds-to-leak-1.2597622
(2) Cette directive est officiellement appelée « Directive sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués (secrets d’affaires) contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites ».
(3) Voir http://corporateeurope.org/power-lobbies/2016/03/trade-secrets-protection
(4) Voir https://act.wemove.eu/campaigns/les-lanceurs-d-alerte-en-danger

Liste des membres de la coalition européenne

Anticor
ATTAC Spain
ATTAC France
Association Européenne pour la Défense des droits de l’Homme
Centre national de coopération au développement, CNCD-11.11.11
Correctiv.org, Germany
BUKO Pharma-Kampagne
CCFD-Terre Solidaire
CGT Cadres, Ingénieurs, Techniciens (UGICT-CGT)
Collectif Europe et Médicament
Collectif de journalistes “Informer n’est pas un délit”
Comité de soutien à Antoine Deltour
Commons Network
conseil d’urgence citoyenne
Corporate Europe Observatory
Courage Foundation
EcoNexus
European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility (ENSSER)
Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
Fondation Sciences Citoyennes
Force Ouvrière-Cadres
Genewatch
GMWatch
Health and Trade Network
Inf’OGM
Institut Veblen
International Society of Drug Bulletins
Les économistes atterrés
Ligue des Droits de l’Homme
Observatoire Citoyen pour la Transparence Financière Internationale (OCTFI)
OGM Dangers
Peuples Solidaires-ActionAid France
Nordic Cochrane Centre
Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe)
Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires
Public Concern At Work
Solidaires
Syndicat des Avocats de France (SAF)
Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (SNCS – FSU)
Syndicat National des Journalistes (SNJ)
Syndicat National des Journalistes CGT (SNJ-CGT)
Tax Justice Network
Transparency International France
WeMove.eu
Whistleblower-Netzwerk e.V., Germany
Xnet

Télécharger le communiqué.

 

Réforme du Code de procédure pénale : sortir de la surenchère sécuritaire 7 avril, 2016

Source: Réforme du Code de procédure pénale : sortir de la surenchère sécuritaire

Le Sénat doit voter, ce mardi 5 avril, le projet de loi dit de « lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement, et améliorant l’efficacité et les garanties de la procédure pénale ».

Ce texte a été contesté par différentes institutions indépendantes et qualifiées de notre pays. La Commission nationale consultative des droits de l’Homme, la Conférence des premiers présidents de cours d’appel et même le Conseil d’Etat ont pu dire que plusieurs propositions du projet sont de nature à entraîner des atteintes excessives à la liberté individuelleSourd à ces interpellations, le gouvernement a choisi la procédure accélérée pour l’examen du texte.

Cette loi donnerait au ministère de l’Intérieur et à la police des pouvoirs directement inspirés de l’état d’urgence : retenue administrative de quatre heures avec possibilité de consulter l’ordinateur de la personne, d’accéder à ses communications, de capter et d’enregistrer toutes ses données informatiques… Le projet introduit également une forme d’irresponsabilité pénale des forces de l’ordre, fondée non plus sur une stricte légitime défense mais sur la notion plus floue d’état de nécessité. Enfin, il développerait encore les moyens d’une surveillance massive des citoyennes et des citoyens.

Plus largement, le texte s’inscrit dans la continuité d’un ensemble de textes législatifs qui ont renforcé les pouvoirs de police administrative ainsi que les règles de répression. Dans ce cadre, il poursuit une logique de transfert des compétences et pouvoirs du juge judiciaire vers le parquet et l’autorité administrative qui dépendent plus directement du pouvoir exécutif.

La Ligue des droits de l’Homme constate que les lois comportant des dérives sécuritaires qui s’empilent depuis trente ans n’ont pas fait la preuve de leur efficacité, et refuse une société du contrôle généralisé glissant du principe de la présomption d’innocence à celui de la culpabilité potentielle. Ces dérives renforcent les discours populistes remettant en cause les principes guidant l’exercice des droits, et mettent en place des outils de contrôle de masse et de limitation des libertés particulièrement dangereux.

La LDH réaffirme la nécessité de maintenir le principe de la séparation des pouvoirs – exécutif, législatif, judiciaire –, fondement de la démocratie. Elle affirme qu’il est possible et nécessaire d’agir face au terrorisme et à la criminalité en respectant les libertés et en redonnant toute sa place à la justice.

La LDH demande donc aux parlementaires de rejeter ce projet de loi.

Paris, le 5 avril 2016

Téléchargez le communiqué

Lettre ouverte sur la politique de la France menée à l’égard de la Chine 7 avril, 2016

Source: Lettre ouverte sur la politique de la France menée à l’égard de la Chine

Paris, le 1er avril 2016

Monsieur le Ministre,

À l’occasion de votre nouvelle prise de fonction et sachant l’importance que vous accordez au respect des droits de l’Homme, aussi bien comme magistrat élu de Nantes que comme ministre, nous tenons à vous exprimer les inquiétudes que suscite en nous la politique menée depuis des années à l’égard de la Chine.

Le 22 octobre 2013, la Ligue des droits de l’Homme a demandé à votre prédécesseur que le gouvernement français ne soutienne pas la candidature de la Chine au Conseil des Nations unies pour les droits de l’Homme « compte tenu des violations répétées et continues que le gouvernement de ce pays commet au fil des années ». La puissance économique et démographique ne suffit pas pour donner droit à arbitrer sur les droits de l’Homme. La Chine a pourtant été élue.

Nous constatons que les recommandations adressées à la Chine lors de l’Examen périodique universel, – y compris celles de la France – ne sont suivies d’aucun effet. Les pays qui les ont formulées semblent s’en contenter, comme si l’essentiel était non pas le résultat à atteindre mais la parole à prononcer. Les autorités chinoises ne peuvent que se réjouir des faiblesses exposées par leurs interlocuteurs et se sentent encouragées à ne faire aucun cas de leurs observations.

Le 23 décembre 2014, la Ligue des droits de l’Homme a adressé une lettre au président de la République à l’occasion du cinquantenaire des relations diplomatiques franco-chinoises. Elle s’y interrogeait sur les fondements et la qualité des liens noués dans le cadre du « partenariat stratégique global » décidé en 2004, au regard des espérances formulées par le général de Gaulle en 1964. Cette année du cinquantenaire fut en effet marquée par une intensification de la répression à l’encontre des militants des droits civiques, défenseurs de valeurs identiques aux nôtres et dont on ne peut que se sentir solidaire.

Cette répression, dont la lettre donnait de nombreux exemples, s’est depuis amplifiée. Elle touche les cybernautes, la presse – nationale et étrangère –, les avocats, les universitaires et les organisations non gouvernementales. Elle accompagne une concentration institutionnelle des pouvoirs sans précédent dans les mains du chef de l’Etat, chef du Parti, chef des armées et président de nombreux comités ad hoc constitués au sein du parti pour asseoir son autorité. La presse nationale, a-t-il récemment affirmé, doit être la voix du parti et ce dernier prend ouvertement la place de l’Etat. Cette évolution est dangereuse.

Elle s’exprime aussi à l’extérieur et la France ne peut y rester indifférente. Les tensions militaires s’accroissent dans le Pacifique occidental et en Asie du Sud-Est ; elles se traduisent par une course régionale aux armements qui devrait inquiéter les grandes puissances, l’Europe et les Nations unies. À tout le moins, la France pourrait s’abstenir d’y participer en respectant l’embargo sur les ventes d’armes décidé après le massacre du mouvement démocratique en 1989. Or une étude récente affirme qu’elle était le deuxième fournisseur d’armes de la Chine dans la période 2011-2015. Il nous semble préoccupant de substituer le commerce des armes à une politique de paix et de défense des valeurs universelles qui recueillerait l’adhésion enthousiaste du courant démocrate chinois.

Le gouvernement chinois ne trouve qu’avantage dans la complaisance des capitales occidentales qui font tout pour éviter qu’il perde la face et refusent voir ou de tenir compte de son expansion hégémonique. L’Europe, première puissance économique mondiale, dont la Chine a besoin pour son progrès industriel et technique, n’a pas plus à redouter de chantage économique que les Etats-Unis. Elle s’est exprimée pourtant ces dernières années lors de dialogues de routine sur les droits de l’Homme avec une discrétion et un manque de fermeté qui ne sont pas à son honneur.

Nous souhaitons que votre gouvernement se prononce avec clarté et conviction quand sont violés en Chine ces droits de l’Homme qui font partie de notre identité nationale. Nous souhaitons aussi qu’il use de son influence pour que l’Europe s’exprime avec la même netteté et sans craindre de rétorsions économiques, lesquelles ne nuiraient qu’à la Chine.

Plus précisément nous attendons de votre ministère,

1) dans son action nationale :

  • qu’il place les relations franco-chinoises dans un cadre purement interétatique et s’abstienne de parler constamment d’amitié avec un régime qui rejette ouvertement les fondements de notre vie sociale ;
  • qu’il réintègre les droits de l’Homme dans la liste des problèmes abordés dans le « dialogue de haut niveau sur les échanges humains » initié par votre prédécesseur ;
  • qu’il tienne à jour une liste des prisonniers politiques ou des prisonniers de conscience et interroge à leur sujet les autorités chinoises lors des discussions renouvelées sur les droits de l’Homme ;
  • qu’il demande leur libération sur la base des engagements pris au titre de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, du Pacte pour les droits civiques et politiques et de la Constitution chinoise ;
  • qu’il tire des conséquences concrètes des acceptations ou des refus de la partie chinoise, faute de quoi ces discussions n’auraient aucun intérêt ;
  • qu’il respecte l’embargo sur les livraisons d’armes tant que le régime chinois n’aura pas reconnu ses responsabilités dans la sanglante répression du mouvement démocratique de 1989 et tant que ne seront pas retombées les menaces liées à la tension militaire dans la mer de Chine méridionale ;

2) dans son action extérieure :

  • qu’il redonne vigueur aux discussions sur les droits de l’Homme au niveau européen en favorisant des prises de position solidaires dans le dialogue avec la Chine, notamment dans une action concertée avec la République fédérale d’Allemagne ;
  • qu’il redonne toute son importance au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU et exige de la Chine qu’elle réponde de façon concrète et précise aux questions posées lors de l’Examen périodique universel ;
  • qu’il exige, sous peine de nullité de la consultation, que des ONG authentiques chinoises aient la possibilité de présenter leurs observations au Conseil des droits de l’Homme, comme le prévoit la procédure de l’EPU ;
  • qu’il lutte pour le respect de l’embargo européen sur les livraisons d’armes à la Chine, tant que la direction chinoise continuera de nier le massacre de 1989 et tant que la course aux armements se poursuivra en Asie orientale ;
  • qu’il veille au respect des engagements pris par la Chine lors de la COP 21 en matière de réduction des gaz à effet de serre, alors même que ce pays prévoit d’accroître sa consommation de charbon dans les années prochaines.

Vous comprendrez que je rende publique cette lettre.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Françoise Dumont
Présidente de la LDH

 

« Les expulsions forcées subies par les Roms atteignent des niveaux intolérables » 17 mars, 2016

Source: « Les expulsions forcées subies par les Roms atteignent des niveaux intolérables »

Paris, le 8 mars 2016

Monsieur le Ministre,

Nous vous adressons cette lettre car les expulsions forcées subies par les Roms (ou les personnes désignées comme telles) vivant dans des bidonvilles en France atteignent des niveaux intolérables durant cette période hivernale.

En effet, le recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms (ou des personnes désignées comme telles), en France, indique que depuis le début de l’année 2 582 personnes ont été évacuées de force de leurs lieux de vie, soit près de 300 personnes par semaine.

Sans attendre la fin du premier trimestre 2016, nous voulons alerter sur cette situation indigne et inhumaine. Rien que durant la dernière semaine, en plein hiver, ce sont plus de 1 000 personnes qui ont été ainsi jetées à la rue à Roubaix, à Marseille, à Nantes et en d’Ile-de-France.

Dans votre réponse au Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, M. Nils Muižnieks, en date du 12 février 2016, vous affirmiez : « Des efforts sont faits pour atténuer au maximum les effets sur les parcours de scolarisation, ce qui explique notamment qu’une grande partie des évacuations ont lieu en été. » Si ce que vous dites est avéré et au vu du nombre élevé d’évacuations forcées exécutées durant les deux premiers mois de cette année, nous craignons le pire, pour l’été à venir. Dans le cas contraire, vos dires ne se vérifient pas dans les faits.

Dans le même courrier, vous faites référence à la circulaire du 26 août 2012, indiquant son application lors des évacuations forcées. Nous devons vous contredire aussi sur ce sujet : sur les 19 expulsions recensées depuis le début de l’année, seules 11 ont fait l’objet d’une proposition d’hébergement temporaire. L’application de cette circulaire n’est pas du tout systématique, et ceci depuis le mois d’août 2012. Quand elle l’est, ce n’est que de manière très partielle. Cette observation est faite par tous les acteurs opérant sur le terrain. Ces expulsions se font, de fait, toujours sans solution de relogement valide et pérenne.

Ces expulsions sont condamnées par le Commissaire aux droits de l’Homme ou la Commission antiracisme (Ecri) du Conseil de l’Europe. Dans la lettre que le Commissaire aux droits de l’Homme vous a envoyé le 26 janvier 2016, M. Nils Muižnieks spécifiait en effet : « En outre, comme je l’ai rappelé dans mon rapport de 2015, le Comité européen des droits sociaux a rendu une série de décisions concernant la France, constatant plusieurs violations de la Charte sociale européenne concernant les droits sociaux des Roms. »

L’inquiétude est grande car on ne comprend pas pourquoi se perpétue cette politique inhumaine, indigne et inutile, car elle ne résout rien. Elle aboutit à précariser encore plus une population déjà très fragilisée. On estime qu’un tiers des personnes ainsi rejetées sans abri sont des enfants.

Nous voulons vous alerter ainsi que l’opinion publique, car, comme pour les réfugiés de Calais, c’est une politique du bulldozer qui est mise en place.

Nous réitérons la même demande, de manière inlassable : la suspension des expulsions systématiques, la sécurisation des bidonvilles et leur assainissement, la mise en place de solutions adaptées pour l’insertion des familles à travers le droit commun et ceci avant toute expulsion, pour toutes les familles et sur tout le territoire. Le suivi de ces politiques devrait être organisé dans le cadre d’un dialogue permanent entre les pouvoirs locaux (communes, collectivités territoriales), les autorités régionales et nationales et les acteurs publics et associatifs actifs dans les bidonvilles.

Vous comprendrez, monsieur le Ministre, que nous rendions cette lettre publique.

Je vous prie de croire, monsieur le Ministre, en l’expression de ma haute considération.

Françoise Dumont
Présidente de la LDH

Téléchargez la lettre

 

L’Action française hier et aujourd’hui 7 mars, 2016

Voici  un document qu’André Koulberg présente sous l’égide de la LDH, section d’Aix-en-Provence. Intitulé « L’Action française hier et aujourd’hui » (mars 2016)  il développe un historique de ce mouvement et de ses valeurs anti-démocratiques, anti-républicaines, racistes et antisémites. Il fournit un argumentaire précieux pour nos militants.

 

L’Action française, une résurgence. Mais de quoi ?

Depuis près de deux ans, un groupe de jeunes gens, se réclamant de l’Action française, cherche à perturber un certain nombre de réunions ou de manifestations politiques, culturelles, associatives, ouvertes et pacifiques, en usant de la provocation et quelquefois de violence envers les personnes présentes. Ils ont ainsi perturbé une réunion publique de l’association Résister aujourd’hui qui se déroulait au théâtre Toursky en février 2014, s’en sont pris physiquement à des militants communistes dans le local du Parti communiste aixois en octobre 2015, ont hurlé des slogans hostiles en face, puis à l’intérieur, du Cercle du silence d’Aix en septembre 2015, ont manifesté pour réclamer l’arrêt d’une exposition d’art contemporain à Marseille réclamant « la corde » pour les artistes traités de « pédophiles » en septembre 2015, ont interrompu violemment une réunion publique, consacrée à la question du Front national, organisée par le Parti socialiste en décembre 2015, ont fait intrusion au théâtre d’Aix où le député Jean-David Ciot présentait ses vœux, brutalisant plusieurs personnes et hurlant « à mort Ciot », ont perturbé le déroulement d’une réunion publique des Jeunes républicains en février 2016, etc.
Au cours de leur intervention contre le Cercle du silence ceux qui subissaient leur démonstration virile les ont entendus ironiser sur l’âge des participants à ce Cercle. Eux sont jeunes. Mais leurs idées et leurs pratiques ne le sont pas. Elles sont vieilles de plus d’un siècle.
En se rendant au cimetière de Roquevaire pour se recueillir sur la tombe de Maurras (et commémorer le 6 février 34), les militants royalistes se sont explicitement référés à ce vieil héritage. Ce mouvement dont le dirigeant a été condamné à la dégradation nationale et à la réclusion à perpétuité en 1945 est-il donc si séduisant ?
L’Action française, avant de devenir groupusculaire après guerre, a été de 1899 au milieu des années 30 le principal mouvement d’extrême droite en France. Pour l’extrême droite, elle représente un passé prestigieux, avec ses écrivains célèbres (Maurras, Léon Daudet, l’historien à succès Jacques Bainville…), ses campagnes nationales tonitruantes, sa longévité avant le discrédit, etc.
Ce long processus historique, ainsi que les prises de position de Charles Maurras, son prolixe dirigeant qui n’a jamais cessé de s’expliquer et d’argumenter, nous ont laissé un abondant matériau qu’il peut être utile d’analyser pour comprendre en quoi consiste cet héritage aujourd’hui réactualisé. Sans prétendre étudier exhaustivement ce mouvement en quelques pages nous pouvons, malgré tout, rappeler quelques éléments décisifs qui éclaireront la démarche des jeunes disciples contemporains. Maurras nous servira de guide.
La haine de la république et de la démocratie

AF image

Une caricature de Forain dont Maurras s’est servi pour exprimer sa haine de la république, de la démocratie, des protestants et des juifs

La vision du monde très singulière de l’Action française ne se résume pas à une simple prise de position royaliste. Elle est d’abord un rejet violent de la démocratie, de la république et de tout ce qui s’y rapporte : les valeurs démocratiques, les droits de l’Homme, etc. Pour en prendre la mesure, observons une caricature de Forain que Maurras a insérée dans l’ Enquête sur la monarchie . Sous le titre ironique « La Belle Jardinière », Forain dessine une femme hideuse. C’est la République. Maurras commente longuement cette œuvre. Elle l’inspire…
Comment sait-on que la jardinière est effectivement une représentation de la République ? Cela se voit, assure Maurras, non seulement au fait qu’elle est coiffée d’un bonnet phrygien mais à sa laideur physique (signe d’une laideur morale). Eléments clefs de cet enlaidissement, un nez énorme et crochu désignant une « République enjuivée ». Le commentaire du leader de l’Action française prolonge le trait du dessinateur : Pour l’arroseuse, à défaut du bonnet phrygien, ce nez crochu, ce gros œil bombé de juive trentenaire feraient reconnaître notre troisième République. Laide à susciter l’horreur (je vous fais horreur), incarnation de la bêtise (je suis la bêtise), la jardinière avouerait par la voix de Maurras : je suis bien cette juive que vous appelez République. Et avec de tels attributs, nous devinons que cela est affreux.

La démocratie
Cette exécration de la république atteint son point culminant au moment où est évoqué le plus détesté de ses fondements : la démocratie. C’est lorsqu’il s’agit de la démocratie que Maurras choisit les images et les comparaisons les plus dégradantes, les plus susceptibles de susciter dégoût et mépris. Oui, te voilà Démocratie ! épais arrière-train et croupe de bête mystique, grave accumulation de ce poids de bassesses qui te tirent, à chaque instant, un peu plus près de ton élément naturel ! La démocratie est représentée par l’élément de l’anatomie traditionnellement désigné comme le plus bas, le plus indigne, prenant en outre une forme d’énorme protubérance dans la caricature. La démocratie, c’est dégoûtant !
En octroyant cette place de choix au sein de ses détestations, pourtant particulièrement nombreuses, Maurras nous met sur la voie : le plus grave dans une république c’est qu’elle est démocratique. Une république totalement élitiste, gouvernement des « meilleurs », pourrait être, à la rigueur, tolérée, mais une république démocratique, mal général, œcuménique et planétaire, ne peut tendre qu’à la mort .

La souveraineté du peuple
Sur quoi se fonde cette vision démoniaque de la démocratie ? L’œuvre de Maurras apporte tous les éclaircissements voulus. C’est l’ensemble des institutions, des principes, des valeurs démocratiques qui provoquent la rage de l’Action française. A commencer en tout premier lieu par cette idée saugrenue d’une possible souveraineté du peuple, cette doctrine de mythologie politique en vertu de laquelle la volonté populaire est souveraine .
Le peuple n’a ni les compétences ni la dignité nécessaire pour participer aux décisions collectives. Maurras ne cache pas son mépris : Un régime qui vit des « volontés du peuple » est le paradis des crétins. Seule l’élite, et, au dessus de l’élite, le roi, ont la légitimité et les compétences pour gérer les affaires publiques. Même indépendant, même probe, même intelligent (même : on devine qu’il s’agit d’un cas de figure exceptionnel), l’électeur sera toujours incompétent sur la plupart des sujets qui lui seront soumis. Cette incompétence le rend violent et aveugle ou hésitant et versatile, souvent même ceci et cela à la fois. Le citoyen est sommé d’abandonner ses droits politiques, il abandonnera par un fidei-commis solennel et irrévocable à la branche survivante de la famille capétienne l’exercice de la souveraineté . Ce n’est plus un citoyen, c’est devenu un sujet.

Le pluralisme
Deuxième élément des démocraties perçu comme intolérable et constamment vilipendé par Maurras et ses acolytes : le pluralisme. Que ce soient les initiatives des individus , l’existence d’une pluralité de partis , la « lutte des classes » (terme très large englobant jusqu’à la simple revendication syndicale) , etc. toutes les velléités de pluralismes sont rejetées.
Mais l’Action française, objectera-t-on, ne défend-elle pas une conception décentralisatrice ?
L’idée de décentralisation, héritée des doctrines monarchistes traditionnelles, aurait effectivement pu faire exception, mais, justement, pas dans l’interprétation qu’en fait Maurras. Là où nous imaginons une pluralité de communes, de régions, de « provinces » (en langage maurrassien) où régnerait le débat démocratique, en leur sein aussi bien qu’entre elles ou avec l’Etat, Maurras ne voit qu’un désordre anarchique. C’est la principale raison pour laquelle, selon lui, la décentralisation ne peut être envisagée en « république démocratique » : Si par miracle la décentralisation se faisait, la France, tiraillée entre les grandes compagnies divergentes, disparaîtrait en tant qu’unité politique, faute d’un organe vivant et puissant de l’intérêt général. La décentralisation fantasmée par Maurras n’a rien à voir avec cette libre diversité, elle constitue au contraire un ordre rigide composé de « cercles » concentriques allant de la famille à la nation sans aucune confrontation et sans anicroche, une pyramide de pouvoirs pénétrant dans l’intimité des foyers et, à la fois, dirigée tout en haut par un roi. Un ordre parfait.
La diversité n’est pas perçue ici comme le signe d’un système pluraliste mais comme l’organisation parfaite d’un système de pouvoir immuable.

Les valeurs
Enfin, cette furie antirépublicaine vise l’ensemble des valeurs fondamentales de la démocratie, en tout premier lieu la liberté et l’égalité (et la fraternité, évidemment, les haines de Maurras en représentent l’antithèse absolue) : La République démocratique consiste en premier lieu à n’avoir pas de tête, et en second lieu, à loger un peu partout dans son corps la plus haute dose possible de déraison. La liberté d’abord ou l’absence de chef ! Ensuite l’égalité ou le manque d’ordre !
On imagine aisément qu’un tel ressentiment antidémocratique conduira Maurras et l’Action française à prendre constamment pour cible les droits de l’Homme. Et, effectivement, dès le premier numéro du journal « L’Action française » en 1899, ses fondateurs Pujo et Vaugeois affirmaient : Il est temps de renoncer à mettre l’abstraction des « droits de l’homme » à la place des droits historiques de notre belle race française. Cette condamnation des droits de l’Homme restera une constante tout au long de l’histoire du mouvement.
Les inégalités de droit et de statut deviennent sous la plume de Maurras si « naturelles » qu’il en vient à jeter un regard complaisant sur les dominations les plus extrêmes comme l’esclavage. Ainsi, croit-il pouvoir affirmer, le visage de l’esclave était ami au maître (…) en vertu de la réciprocité des services, l’esclave se tenait pour un membre secondaire, mais nécessaire, de la famille. Touchant tableau familial !

La logique antidémocratique et ses conséquences
Cet acharnement contre la démocratie, ses références à une souveraineté populaire, son pluralisme, ses libertés et ses droits fondamentaux, toutes ses valeurs, n’est pas anodin. Cela explique l’ ambivalence et, plus d’une fois, le soutien de l’Action française au fascisme italien, pourtant étatiste et fort peu décentralisateur. Cela explique ses discours sur la nécessité d’une dictature qui, à l’imitation de tous les postulants dictateurs, est présentée comme temporaire. Les auteurs du manifeste « dictateur et roi » (Maurras et son ami Amouretti), affirment (…) que le gouvernement du roi de France ne peut manquer d’être répressif et vengeur dans ses premiers actes de dictature, afin de pouvoir être réparateur dans ceux qui suivront. Les prétendants au trône ont raison d’affirmer que le chef de la Maison de France leur apparaît Dictateur nécessaire autant que roi légitime . Le texte, bien que très général, prévoit d’ailleurs un régime clairement autoritaire : l’anarchie politique et ses théoriciens seront donc surveillés, et s’il existe des confessions religieuses qui tendent à cette anarchie, elles seront soumises à cette surveillance, qui est de droit naturel . Cela explique enfin que le régime autoritaire du maréchal Pétain soit apparu à Maurras, malgré l’antigermanisme viscéral de l’Action française, comme une « divine surprise ».

Le sens des violences d’hier et d’aujourd’hui
L’Action française n’a jamais eu le pouvoir, même si, indirectement, de nombreuses mesures prises par le gouvernement de Vichy sont d’inspiration incontestablement maurrassienne, illustrant parfaitement les dérives et les politiques criminelles auxquelles peuvent conduire ces idées. Mais même dans le cadre que lui imposait son statut de simple opposant au sein de la République, elle affichait ses options et manifestait ses inquiétantes potentialités par son style et ses pratiques.
Outre ses manifestations, souvent violentes, elle se singularisait d’abord par les nombreuses campagnes qu’elle menait contre des personnes (et non seulement contre des idées). Dans bien des cas cela consistait à mener des campagnes de calomnies et des chasses aux sorcières, laissant derrière elles existences et réputations en lambeaux Ainsi, par exemple, la campagne menée, avec d’autres journaux d’extrême droite, contre Roger Salengro en 1936, accusé à tort d’avoir été un déserteur, qui l’accula au suicide ; ou celle menée contre l’ex-président du conseil Joseph Caillaux, accusé à tort d’avoir trahi la France en temps de guerre, qui conduisit à son incarcération en 1918 et son jugement par la Haute cour en 1920, dont il ne sera amnistié qu’en 1925.
Dès sa naissance en 1899, le mouvement s’acharna sur le capitaine Dreyfus, mêlant sa voix à celle des antidreyfusards les plus fanatiques. Ce type d’attaques personnelles, de cibles en cibles, ne s’est jamais arrêté..
Une autre action caractéristique de l’Action française, dont s’inspirent encore aujourd’hui les jeunes agitateurs aixois, consistait à intervenir collectivement et brutalement pour faire taire, ou au minimum perturber les paroles, débats, manifestations culturelles et expressions de toute sorte qui ne leur plaisaient pas. Qu’il s’agisse de perturber des cours ou des conférences universitaires dont le contenu ne leur convenait pas, s’acharnant, par exemple, contre les conférences à la Sorbonne de François Thalamas professant des idées non conformes sur Jeanne d’Arc ; de frapper quelquefois des professeurs ; de saccager les locaux de journaux défendant d’autres points de vue que les siens ; d’interrompre la projection de films ou de pièces de théâtre ; de molester les hommes politiques aux idées opposées aux leurs … toutes ces exactions et ces brutalités expriment chaque fois la même visée : agresser et réduire au silence des individus exprimant des opinions autres que celles de l’Action française, et quand l’occasion se présente, de les humilier, de les rabaisser (le goudron, l’huile de ricin…).
De la propension de Maurras à menacer de mort ses adversaires (ou perçus comme tels) à ces violences répétées contre qui pense autrement, règne le même esprit. Dans cette vision du monde il n’existe pas de débat démocratique ou d’opposition, les opposants sont une maladie, des traîtres, l’anti-France, des assassins…la rhétorique de l’Action française y revient constamment. Il faut donc les mettre hors d’état de nuire sans égard pour leur personne et commencer par leur couper la parole, les faire taire. Ce lourd héritage s’est manifestement transmis à ses émules provençaux contemporains. Ceux-ci auraient pu chercher à défendre leurs idées en participant aux débats, ouverts à tous, les débats qu’ils ont interrompu. Mais au lieu de participer à une discussion publique où chacun peut s’exprimer tout en respectant la liberté de parole des autres, ils s’imposent de force, arrêtent brutalement les débats, introduisant la violence et l’intimidation dans des réunions ouvertes et pacifiques. Oui, de ce point de vue, ils sont bien les héritiers des Camelots du roi et des diverses milices d’extrême droite des années 30 qui voulaient imposer un ordre nouveau dont la démocratie serait définitivement bannie. Leurs violences en constituent les prémices, une sorte de préfiguration.

La haine des protestants et des autres
Continuant à interpréter le dessin de Forain en y projetant ses exécrations, Maurras poursuit : Le bouquet de vieux poils enroulé tumultueusement sur la nuque fait sans doute quelque allusion à cet idéalisme protestant qui assaisonne les démarches et les discours de la mauvaise fée ; à la sottise naturelle elle ajoute ce grain de folie religieuse, acquis à l’école primaire. Que signifie cette phrase étonnante ? Pour l’essentiel, que les idées des protestants sont sottes et follement désordonnées à l’image des cheveux outrageusement mal coiffés de la « belle jardinière » et que l’école laïque, fortement influencée par le mode de pensée protestant selon Maurras, diffuse ces manières de penser pernicieuses jusque dans les cerveaux innocents des petits Français.
Tout ce qui constitue la spécificité du protestantisme, aux yeux de Maurras, est haïssable. Sa néfaste doctrine du « libre examen » génératrice d’individualisme et d’anarchisme effréné ainsi que ses tendances démocratiques en font un ferment de rébellion contre les autorités traditionnelles immuables et indiscutables, celle de l’Eglise, celle des rois… Nous n’excuserons plus la séparation d’avec Rome ni ces longues rébellions dont le trait commun a été de produire toutes les idées qui ébranlèrent notre unité : libéralisme, parlementarisme, République, démocratie, romantisme, on peut même dire hervéisme et dreyfusisme.
Les protestants sont avant tout des destructeurs. Ils sont l’autre. Bien que Français, ils sont constamment décrits comme des représentants de l’étranger. Leurs idées « anti-romaines » sont « plus ou moins sorties des forêts de la Germanie » .
Le pluralisme religieux s’avère finalement aussi illégitime que le pluralisme politique. Ceux qui s’écartent du catholicisme romain le plus intransigeant sont aussitôt accablés d’injures et accusés des pires turpitudes. L’historien Gabriel Monod, protestant et de surcroît en désaccord intellectuel avec Maurras, en a fait l’amère expérience. L’auteur de l’Enquête sur la monarchie lui a consacré un texte incroyable, un véritable monument de haine. Maurras ne discute quasiment pas son œuvre qui est pourtant substantielle, se contentant de la qualifier de « nullité » et son auteur d’imbécile … Il l’attaque par ses origines, cherchant à le disqualifier par un récit malveillant centré sur la famille Monod depuis plusieurs siècles. Il n’est que le représentant d’une « horde » peuplée de « fous » à face de « singe » , de non catholiques déloyaux, hostiles « aux intérêts et aux traditions de la France » , des sortes de traîtres, des Allemands dissimulés parmi nous, Maurras dénonçant en Gabriel Monod « cet Allemand secret » . Et il trouve même au sein de cette famille une « féministe » !
L’altérité, dans cette conception du monde, est devenue une abomination. Du constat d’une différence on passe sans transition aux accusations les plus graves. Et à chaque nouvelle divergence les mêmes dénonciations rageuses ressurgissent. L’intolérance est au fondement de l’Action française.

L’intolérance
Dans la France du XXème siècle, les personnes et les courants politiques ou culturels qui ne se conforment pas au modèle brandi par l’Action française (royaliste autoritaire, catholique intransigeant, vomissant la démocratie…) sont légions. Et ils sont effectivement légions à être non seulement critiqués mais couverts d’insultes et accusés d’ourdir les projets les plus criminels contre la France et les Français. Rappelons deux cas, canoniques dans le corpus de l’Action française. Les romantiques (ainsi que tous ceux qui peuvent y être associés), en rupture avec le classicisme cher à Maurras, sont accusés d’être une forme d’ « invasion étrangère ». Quant aux francs-maçons, leur anticléricalisme est lu comme une « ardente haine militante pour le prêtre catholique », leur esprit critique comme une « entreprise de destruction » génératrice de la pire d’entre elles selon Maurras : la Révolution française.
Cette intolérance furieuse, transformant tout écart aux dogmes maurrassiens en crime inexpiable, ne se lit pas seulement dans les diatribes acerbes du leader royaliste et de ses amis. Elle transparaît tout autant dans leurs prises de position d’apparence les plus conciliantes. Quelques protestants échappent à cette vindicte. Faisant exception, ils sont tolérés. Qu’ont-ils de particulier ? Ils sont « patriotes » (c’est-à-dire nationalistes), « royalistes », ils ont rejoint L’Action française… Maurras veut bien reconnaître une personne autre lorsqu’elle s’est dépouillée de sa singularité, de son altérité, lorsqu’elle est devenue exactement comme lui. La tolérance de Maurras s’arrête à lui-même. Sa manière d’être tolérant est un comble d’intolérance.

La haine des Juifs
Dans la caricature de Forain, nous l’avons vu, les traits hideux qui exhibent la laideur de la république sont en tout premier lieu les traits classiques désignant les juifs dans les caricatures antisémites. Ce qui fait de la république un régime odieux, c’est d’abord le fait qu’elle est une république « enjuivée ».
Un simple coup d’œil à la caricature, avec à l’esprit les commentaires de Maurras, suffit à réduire à néant tous les efforts de certains de ses disciples pour présenter son antisémitisme comme un antisémitisme modéré. La célèbre distinction entre antisémitisme de peau (l’antisémitisme biologique des nazis) et antisémitisme d’Etat (celui de l’Action française), ne signifie pas que Maurras ne haïrait pas les Juifs et ne leur voudrait pas de mal. Non seulement ses prises de position sont souvent particulièrement malveillantes mais, à un moment où les enjeux humains sont dramatiques, sous l’occupation, il cautionne (et comment ! ) la politique criminelle de Vichy envers les Juifs. Nulle compassion pour les victimes, il approuve bruyamment les mesures discriminatoires, multipliant les surenchères verbales au moment même où se déroulent les persécutions.
Réagissant au premier statut des Juifs, il commence par minimiser, voire nier totalement l’oppression et la souffrance des victimes : Il ne s’agit nullement, en effet, d’une persécution et rien n’est plus sage que d’interdire aux Juifs les postes d’administration, de direction, de formation des intelligences . En effet, insiste Maurras, Il n’est écrit nulle part, entre les étoiles du ciel ni dans les profondeurs de la conscience, qu’il soit offensant pour une personne humaine de ne pouvoir accéder à la direction ou à la gérance d’un théâtre ou d’un cinéma, d’une publication ou d’une université .
Ce ne sont pas ces peccadilles (les malheurs d’autrui) qui préoccupent le vieux dirigeant, mais le fait que certains risquent d’échapper à la pleine rigueur de ces mesures, les Juifs ne sont-ils pas rusés et dissimulateurs ? Les Juifs nous ont tant roulés . Le « maître » de Martigues relaie l’inquiétude de ceux qui pensent que les Juifs sont malins, qu’ils ont bien caché leur trésor . Ils ont raison de s’inquiéter mais au lieu de se décourager ils devraient se mettre en chasse résolument pour récupérer ces dépouilles . Encore en 1944, ce qui inquiète le leader de l’Action française c’est que peut être certains Juifs pourraient échapper à la répression. On serait curieux de savoir si la noble famille (juive) est dans un camp de concentration, ou en Angleterre, ou en Amérique, ou en Afrique, — ou si par hasard elle a gardé le droit d’épanouir ses beaux restes de prospérité dans quelque coin, favorisé ou non, de notre Côte d’Azur ? (…) si la tribu nomade était restée en France, il faudrait faire cesser à tout prix une hospitalité scandaleuse et une tolérance qui touche à la folie. Dans la suite du texte, Maurras propose d’appliquer la loi du talion aux hordes juives soupçonnées de violences de parole et d’attitude .
Les vociférations haineuses du vieux leader royaliste ne sont pas des vociférations dans le vide, elles ont accompagné et soutenu l’oppression des Juifs (ainsi que beaucoup d’autres victimes de ces temps barbares), avec une ardeur sans faille.
En une période décisive l’antisémitisme de l’Action française a été un pousse au crime. Il n’avait rien d’anodin.

Le racisme
Les Juifs ne sont pas perçus ici comme des individus ayant fait des choix mais comme les représentants d’une ethnie, étroitement déterminés par cette origine . L’antisémitisme de Maurras, même s’il ne s’exprime pas en termes biologiques à la façon de Gobineau et des nazis, a tout les traits du racisme : individu déterminé par son origine ethnique, identités ethniques éternelles, séparation absolue entre populations issues d’origines différentes, etc. Et le racisme est effectivement un autre fondement de la pensée d’Action française. Si le racisme anti-Juif est le plus obsessionnel il est loin d’être le seul. Un exemple, tout à fait caractéristique suffira à le suggérer.
En avril 1910 plusieurs journaux relatent un fait divers particulièrement choquant. Des marins blancs embarqués sur un bateau, la Moulouya, ont déserté , prétextant qu’ils ne pouvaient supporter la proximité avec les « chauffeurs » (chargés d’entretenir la chaudière) noirs. Un certain nombre de journalistes s’indignent devant cette manifestation de racisme primaire. Maurras, au contraire, prend la défense des marins. S’ils ont eu tort de déserter, leur protestation contre la situation qu’on leur imposait était légitime. Il oppose ces revendications légitimes de citoyens français aux pirouettes des pédants qui crient au racisme : Un travailleur français n’a pas le droit de se sentir chez lui sur un vaisseau français (…)Il ne lui est même pas permis de trouver qu’un nègre sent mauvais. Maurras, lui, se le permet sans que ça lui pose le moindre problème de conscience. Au contraire, de cette agression olfactive supposée, il tire des conséquences ségrégatives radicales : la cohabitation avec les Noirs est impossible. Des Français blancs n’ont pas à supporter la promiscuité des indigènes, il y a des différences à respecter.
Les Noirs aussi sont affligés collectivement d’une différence disqualifiante qui justifie les discriminations, la ségrégation, rejoignant la cohorte de toutes les communautés, peuples, ethnies, confessions, courants politiques, littéraires, artistiques… que Maurras abomine et qu’il voudrait exclure, censurer, discriminer, réprimer, etc.

L’Action française hier et aujourd’hui
On pourrait ironiser sur cet homme autoritaire qui hait tout ce qui n’est pas lui Mais ce n’est pas qu’un homme, c’est tout un mouvement politique qui a réagi pendant de nombreuses années ainsi. Et nous savons que la haine de la démocratie, des droits de l’Homme, les tentations autoritaires, l’intolérance exacerbée, le racisme obsessionnel, ensemble ou séparément, ont parsemé l’histoire d’épisodes dramatiques et sanglants. Ces haines ont déjà souvent frappé.
Nous ne nous demanderons pas comment des jeunes gens du début du XXIème siècle ont pu prendre cet ensemble d’idées morbides et paranoïaques pour des idées fraiches et joyeuses pleines de promesses mais leurs agissements donnent à penser que, même s’ils n’ont pas lu les 25 fascicules du Dictionnaire politique et critique de Maurras, ils s’efforcent de marcher sur les traces de leurs aînés. Leurs slogans « A bas la République », « vive le roi » ainsi que les attaques répétitives contre la démocratie sur les différents sites de l’Action française sortent tout droit de la naphtaline maurrassienne. La dénonciation véhémente de «la politique immigrationniste qui détruit la France par sa haine de notre pays » correspond parfaitement aussi à la vision du monde que nous avons décrite dans les chapitres précédents. Mais c’est surtout leur style d’intervention négateur du débat, du pluralisme, des personnes, cherchant à briser la vie démocratique et à imposer, ne serait-ce qu’un instant, leur ordre par la force, qui témoigne de leur état d’esprit Action française. Leur royalisme, comme celui de leurs sinistres prédécesseurs, ne consiste pas seulement à remplacer un régime républicain par un roi, c’est, en profondeur, tout ce qui constitue la vie démocratique qui est visé, nos valeurs, nos droits fondamentaux.
Haine de la démocratie, haine de l’étranger, haine du différent , etc. la vieille
ritournelle a trouvé de nouveaux adeptes.

 

Pièces jointes

Appel à un 8 mars de lutte pour l’égalité femmes-hommes au travail et dans la vie ! 7 mars, 2016

Source: Appel à un 8 mars de lutte pour l’égalité femmes-hommes au travail et dans la vie !

Ce 8 mars : luttons, faisons grève, manifestons, rassemblons-nous, menons ensemble des actions festives et symboliques !

A Paris :

Rassemblement le 8 mars à 12h30 devant le Medef, 55 avenue Bosquet, paris 7e (M° Ecole militaire)

Manifestation le 8 mars au soir, rendez-vous à 18 heures, Fontaine des innocents (M° Les Halles) vers Saint-Lazare.


Le 8 mars, c’est la Journée internationale de luttes pour les droits des femmes du monde entier !
Les luttes des femmes ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les femmes et les hommes.

La journée du 8 mars, qui célèbre l’histoire de ces luttes, est plus qu’un symbole. C’est la journée internationale de luttes pour les droits des femmes du monde entier. Ce n’est pas la journée de « la » femme, comme les médias se complaisent à le répéter. Nous refusons la récupération de cette journée à des fins commerciales, avec des messages publicitaires proposant de la « fêter » par un cadeau ou une distribution de fleurs sur le lieu de travail… sans doute pour mieux faire oublier, le reste de l’année, l’ampleur des inégalités qui restent à combattre.

Dans la société les femmes sont partout mais l’égalité nulle part !

Les femmes sont touchées par les inégalités de salaire et de retraite, par le temps partiel subi, la précarité, elles sont majoritairement en charge des tâches domestiques et familiales, minoritaires dans les postes de responsabilité politique ou économique. Elles sont trop souvent victimes de multiples formes de violences : viols, violences conjugales, violences sexistes et sexuelles au travail, lesbophobie, prostitution, agressions racistes, violences contre des femmes réfugiées. Les femmes sont les premières victimes des guerres.

Aujourd’hui plus que jamais nous devons nous rassembler, faire converger nos luttes pour l’égalité et contre toute forme de violence.

Les politiques d’austérité, la montée des extrêmes droites et le retour des extrémismes religieux imposent plus que jamais des régressions pour les femmes :

la loi Rebsamen (dilution des rapports de situation comparée et des négociations égalité professionnelle), la loi Macron (travail du dimanche et de nuit), précarisent encore plus la situation des femmes ;

la diminution drastique des dépenses publiques met en danger les services publics et touche particulièrement les femmes : menace sur les gardes d’enfants, sur l’accès au droit à l’IVG (150 centres IVG fermés en 10 ans), sur l’accès aux soins (notamment l’éloignement des services de maternité…) ;

la diminution voire la fin des subventions publiques menace l’existence même des associations féministes qui œuvrent tous les jours pour les femmes ;

les courants extrémistes ont réussi à faire enterrer les ABCD de l’égalité à l’école, et menacent le droit à l’IVG. Ils refusent la PMA pour toutes les femmes.

AGIR ! RENDRE TOUTES LES LUTTES DES FEMMES VISIBLES !

Comme les coiffeuses et manucures du boulevard de Strasbourg, comme les femmes de chambre des grands hôtels, comme les femmes de ménage grecques, comme les femmes de Latelec en Tunisie, comme toutes les anonymes qui disent tous les jours STOP à toute forme de violence, comme toutes celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour le droit des femmes, faisons entendre la voix des femmes !

Luttons pour obtenir l’égalité salariale, contre le temps partiel imposé et la précarité

Imposons le partage des tâches domestiques. Les femmes ne sont pas programmées génétiquement pour accomplir ce travail. Assez de la double journée !

Pour faire reculer le système patriarcal et obtenir l’égalité, aussi bien au travail, dans la famille que dans la société toute entière, le 8 mars ne doit pas être une journée sans lendemain. Plus que jamais, il doit s’inscrire dans une dynamique de mobilisations, de luttes et de revendications des femmes, ici et partout dans le monde,

Sur la base de ce texte, les signataires appellent à renforcer ou à créer partout des collectifs unitaires pour préparer ensemble des 8 mars de luttes, revendicatifs, féministes et syndicaux.

Premiers signataires : Collectif national pour les droits des Femmes, Agir contre le chômage !, Ailes-Femmes du Maroc, ANEF, Alternative Libertaire, CADAC, les Chiennes de garde, CGT, Collectif 20e/Tenon, Coordination Lesbienne en France, DIDF Fédération des associations des travailleurs et des jeunes, Les Effronté-e-s, EELV, Ensemble !, Étudiants communistes de Nice, Femmes Égalité, Femmes libres Radio Libertaire, Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir, Femmes Migrantes Debout, FSU, Jeunes communistes des Alpes-Maritimes, Ligue des droits de l’Homme, Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie, Maison des Femmes de Montreuil, Maison des Femmes de Paris, Marche mondiale des femmes, Ile de France, Mémoire Traumatique et Victimologie, Mouvement du Nid Paris, NPA, Osez le Féminisme, Parti de Gauche, PCF, PCOF, Rajfire, Réseau féministe Ruptures, Sans compromis, Snpes-PJJ-FSU, UFAL, Union Syndicale Solidaires.

 

Réfugiés à Calais : vingt-deux millions d’euros pour servir de garde-chiourme ! 7 mars, 2016

Source: Réfugiés à Calais : vingt-deux millions d’euros pour servir de garde-chiourme !

Communiqué LDH

Vingt-deux millions d’euros, c’est ce que le gouvernement britannique offre de payer à la France pour cantonner les réfugiés à distance de ses côtes. Peu importe les attaches familiales, peu importe les devoirs de la Grande-Bretagne, l’essentiel est que la France continue à faire obstacle. Et le gouvernement français accepte de jouer ce jeu aussi malsain qu’honteux, s’inscrivant ainsi dans les accords du Touquet souscrits par N. Sarkozy.

Pourtant, l’Elysée et Matignon savent que la situation actuelle est intenable et qu’elle ne peut que générer drames humains et affrontements en série. Les conditions particulièrement brutales dans lesquelles le gouvernement procède à la destruction d’une partie de la « jungle » en attestent.

Il est plus que temps que les gouvernements français et britannique, et l’Union européenne dans son ensemble, changent de politique. Accueillir ces réfugiés est un devoir d’humanité ; cesser de les balloter au gré de procédures qui ont fait la preuve de leur nocivité relève du simple bon sens politique. C’est ce qu’on attend de gouvernements qui se disent soucieux de respecter les valeurs proclamées de l’Union européenne.

Vingt-deux millions d’euros pour laisser des milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, croupir dans le dénuement ! Cet argent peut être mieux utilisé. Plutôt que de parquer, décidons enfin d’accueillir.

Paris, le 4 mars 2016