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Ligue des droits de l'Homme

Section d'Aix-en-Provence et du Pays d'Aix

Archives par catégorie : Articles

Lettre ouverte à l’attention du Président de la République : « Appel à la non-prorogation de l’état d’urgence » 25 mai 2017

A l’initiative de plusieurs avocats et organisations, dont la LDH

Paris, le 23 mai 2017

 

Monsieur le Président de la République,

 

Le Conseil de Défense et de Sécurité nationale que vous avez convoqué demain se réunira moins de deux jours après que le Royaume-Uni a été durement frappé par une action terroriste. Nous souhaitons d’abord exprimer notre solidarité à l’égard des victimes et de leurs proches. Ce drame ne vous dégage toutefois pas de la responsabilité que vous confie la Constitution de rétablir le fonctionnement régulier des institutions. L’état d’urgence ne favorise en rien la protection de nos concitoyens et empêche au contraire de concevoir une réponse de long terme à la menace du terrorisme international.

 

Nous, membres actifs de la société civile, assistons avec inquiétude à ce basculement normatif se diffusant durablement dans le droit en portant une atteinte insupportable aux libertés fondamentales, libertés pour la garantie desquelles nous nous battons et que nous ne voulons pas voir réduites sous la pression de la menace terroriste.

 

La menace qui pèse sur la France – comme sur d’autres pays d’Europe et du monde – reste et restera longtemps élevée. Plus de 18 mois après son déclenchement, face à une menace terroriste persistante et latente, les conditions juridiques de prorogation de l’état d’urgence – le péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public – ne sont pas réunies.

 

Nous pensons que la seule audition des services de renseignement ne vous suffira pas pour avoir une vision complète de la situation. L’appréciation objective de la situation actuelle commande d’entendre l’ensemble des acteurs (juristes spécialisés, universitaires, avocats spécialisés, associations qui accompagnent les personnes visées par les mesures, éducateurs, médiateurs…) qui vous éclaireront sur les effets toxiques de l’état d’urgence, pour certaines communautés comme pour l’ensemble de la société française, ainsi que sur l’efficacité de la lutte contre le terrorisme elle-même.

 

De par nos expériences respectives, nos travaux, et le dialogue avec les institutions, nous avons acquis la conviction de l’inefficience de l’état d’urgence et de son caractère contre-productif. Nous faisons ici écho aux bilans dressés par la commission des lois de l’Assemblée nationale chargée du contrôle parlementaire de l’état d’urgence et par des autorités indépendantes, comme le Défenseur des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme ou encore le Commissaire européen des droits de l’Homme.

 

La commission d’enquête parlementaire sur les moyens mis en œuvre dans la lutte contre le terrorisme a affirmé clairement que « s’il a été réel, cet effet déstabilisateur, lié à la surprise des opérations menées, semble s’être rapidement amenuisé ». En contournant la justice antiterroriste, en épuisant les forces de sécurité, l’état d’urgence s’avère même à long terme non seulement inefficace, mais aussi contre-productif.

 

Nous tenons par ailleurs à vous rappeler le coût, social, politique et institutionnel très élevé de l’état d’urgence qui autorise des mesures impliquant des atteintes graves aux libertés individuelles sans contrôle en amont du juge judiciaire et sans que le contrôle a posteriori du juge administratif permette de compenser cet absence de contrôle a priori. Un régime d’exception ne saurait durer si longtemps impunément pour la République et ses citoyens. Il tend à fragiliser la séparation et l’indépendance des pouvoirs, en particulier au prix d’une dé-judiciarisation s’installant durablement dans notre paysage juridique. Notre droit commun, déjà de plus en plus imprégné de dispositions dérogatoires aux principes fondamentaux de la Constitution, se retrouve de facto disqualifié par la longueur de l’état d’urgence, et cela nous inquiète pour l’avenir.

 

Monsieur le Président, vous avez plusieurs fois affirmé que vous souhaitiez réconcilier la France. Des vies ont été et sont encore bouleversées par des mesures disproportionnées et discriminatoires : assignations à résidence se prolongeant de manière indéfinie, fermeture prolongée et non motivée de certains lieux de culte, multiplication des contrôles au faciès stigmatisant les personnes de confession musulmane ou supposée telle, autant d’éléments dont l’efficacité dans la lutte contre le terrorisme n’a jamais été démontrée… Au fil des mois, nous avons documenté de nombreux abus commis contre des personnes en vertu des pouvoirs d’exception conférés par l’état d’urgence.

A cet égard, l’avis rendu le 18 mai 2017 par la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) sur la prévention de la radicalisation, confirme que les « signes de radicalisation », souvent faibles, donnent lieu à des mesures disproportionnées, aussi bien administratives que judiciaires, témoignant des effets contre-productifs des mesures prises. L’état d’urgence est un facteur de division interne de la société française, ne pas le renouveler serait une marque de courage et un pas en avant vers une réflexion sur la résolution à moyen et long terme de la menace terroriste dans une société multiple et apaisée.

 

Vous aurez noté que ni l’Allemagne ni la Belgique, également touchés par des attentats, n’ont eu recours à un régime juridique d’exception tel que l’état d’urgence. En revanche, la France s’illustre négativement, en étant l’un des seuls pays du Conseil de l’Europe qui dérogent, avec l’Ukraine et la Turquie, à l’application de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Nous rejoignons enfin la déclaration de Monsieur le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb faite le 19 mai 2017, selon laquelle « à un moment donné, il faudra sortir de l’état d’urgence ». Nous pensons que ce moment est venu.

Nous invitons donc le gouvernement à ne pas soumettre au Parlement de projet de loi pour proroger une sixième fois l’état d’urgence.

Nous nous tenons à votre disposition pour nous entretenir de ce sujet avec vous, ou avec vos proches collaborateurs.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, notre très haute considération

 

Organisations signataires :

Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France), Action Droits des Musulmans, Amnesty International France, Club Droits Justice et Sécurités, European Prison Litigation Network, Human Rights Watch, La Quadrature du Net, Ligue des droits de l’Homme, Observatoire International des Prisons – section française, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature.

Avocats signataires

Me Arié Alimi, Me Asif Arif, Me William Bourdon.

Copies :

– M. le Premier ministre, Mme la ministre de la Défense, M. le ministre de l’Intérieur, M. le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. le Garde des Sceaux, ministre de la Justice.

– M. le Défenseur des Droits, Mme la Présidente de la CNCDH.

 

 

Source: Lettre ouverte à l’attention du Président de la République : « Appel à la non-prorogation de l’état d’urgence »

Six jeunes hommes saisissent la Cour Européenne des droits de l’Homme pour contrôles d’identité discriminatoires 25 mai 2017

La plateforme En finir avec les contrôles au faciès appelle le gouvernement à agir pour mettre fin à ces pratiques

La plateforme En finir avec les contrôles au faciès apporte son soutien aux six jeunes hommes qui ont saisi la Cour Européenne des droits de l’Homme en raison des contrôles discriminatoires subis et des atteintes à leurs droits et libertés fondamentaux. Nous encourageons le nouveau gouvernement à agir rapidement pour mettre fin à ces pratiques, sans attendre une possible condamnation de la CEDH.

Les six jeunes hommes faisaient partie d’un groupe de treize dont les dossiers ont été jugés par la Cour de Cassation en novembre 2016. Dans une décision historique, cette dernière a jugé que les contrôles au faciès constituent une faute lourde commise par l’Etat et que le droit de la non-discrimination, avec une charge de la preuve allégée pour les victimes, s’applique aux activités policières. La Cour de Cassation avait confirmé qu’il y avait eu discrimination raciale dans trois des cas qui lui avaient été soumis.

Dans ces affaires, les contrôles d’identité, suivis de palpations et de fouilles s’étaient déroulés alors que les requérants se prêtaient à des activités routinières, telles que marcher dans la rue, sortir d’une station de métro ou discuter avec un ami.

Les six hommes, dont les juges ont rejeté la demande de reconnaissance de discrimination, viennent de saisir la CEDH, estimant que les tribunaux français ont appliqué des règles de preuve de manière trop restrictive dans leurs cas. Ils demandent à la CEDH de condamner les autorités françaises pour discrimination, violation de leur vie privée et de leur liberté de circulation. Ils demandent également à la Cour de contraindre les autorités françaises à mettre en place toutes les mesures nécessaires aux fins de prévenir et remédier aux pratiques en question et de garantir aux personnes qui les subissent un recours effectif.

Les autorités sont, en effet, tenues par des obligations positives de mettre en place des procédures et pratiques empêchant toute discrimination. Le fait que les personnes contrôlées ne reçoivent aucun procès-verbal, récépissé ou formulaire de contrôle, ni aucune autre preuve matérielle dudit contrôle crée un climat d’impunité dans lequel les agents de police sont libres de discriminer, consciemment ou non.

Le Défenseur des Droits a rappelé ces obligations positives dans une décision produite devant la Cour de Cassation, estimant à cette occasion que : « Le manquement à de telles obligations équivaudrait à fermer les yeux sur la gravité de tels actes et à les considérer comme des actes ordinaires ».

Malgré un engagement électoral, le Président Hollande a manqué à ces obligations ; de sorte que les contrôles d’identité réalisés quotidiennement continuent de cibler des personnes sur la base de leur couleur, de leur supposée origine ethnique ou nationale.

Une enquête publiée par le Défenseur des droits en janvier 2017 révèle que les jeunes hommes de 18 et 25 ans perçus comme noirs ou arabes courent en moyenne vingt fois plus de risques d’être contrôlés que le reste de la population.

Le problème du contrôle au faciès est aujourd’hui communément reconnu ainsi que ses conséquences dommageables, non seulement sur les individus et communautés affectées, mais aussi sur le maintien de l’ordre et la sécurité publique.

Fondée sur la situation française, ainsi que sur les expériences réalisées dans d’autres pays, la plateforme En finir avec les contrôles au faciès préconise des actions clés, indispensables pour prévenir et réduire les contrôles au faciès tout en améliorant la sécurité publique :

–        Réformer l’article 78-2 du Code de procédure pénale : la lutte contre ces dérives passe nécessairement par la limitation du champ des contrôles d’identité aux stricts impératifs de sécurité publique, à savoir la prévention et la lutte contre la délinquance. Un contrôle d’identité, quelle que soit l’autorité requérante, ne pourra être effectué qu’en présence d’un soupçon raisonnable, et fondé sur des critères objectifs en respectant les arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

–        Encadrer juridiquement la pratique des palpations de sécurité : il est nécessaire de limiter de manière explicite par voie législative les pouvoirs conférés aux forces de l’ordre pour procéder à des contrôles physiques tels que des palpations, sources d’atteintes à la vie privée et d’humiliations.

–        Imposer la remise d’un récépissé : une garantie pour la personne contrôlée et pour le policier. La loi doit prévoir que, lors de chaque contrôle d’identité, les agents remplissent un formulaire, dont l’un des volets est remis à la personne contrôlée, l’autre conservé par le service de police. Ce document, conçu pour éviter tout fichage, rendra plus transparente la façon dont les contrôles sont effectués et permettra un suivi et une évaluation de la mise en œuvre de ce pouvoir. Il s’agit d’une étape nécessaire pour créer des réponses adaptées. Cette mesure devra faire l’objet d’une mise en place progressive dans le cadre d’une expérimentation dans quelques sites pilotes conformément à l’art. 37-1 de la Constitution et être accompagnée d’une évaluation incluant des experts indépendants, avant sa généralisation progressive à tout le territoire. Cette approche permettrait de perfectionner le dispositif et d’obtenir une meilleure compréhension de son intérêt par les policiers.

–        Organiser un dialogue entre police et population sur la pratique des contrôles d’identité : pour assurer la réussite d’une réforme des contrôles d’identité il est indispensable d’organiser des rencontres régulières entre citoyens / habitants, policiers / gendarmes et élus pour discuter des questions locales de sécurité et notamment des pratiques qui mettent en contact les forces de l’ordre et la population. Ces discussions devront être alimentées par des données quantitatives et qualitatives permettant de mieux cerner les pratiques policières telles que les données issues des formulaires de contrôle.

–        Renforcer la formation des policiers : pour réussir, un fort engagement politique ainsi qu’un ensemble de mesures sont nécessaires. La formation initiale et continue des fonctionnaires de police doit être largement renforcée et permettre la mise en pratique des règles déontologiques dans l’accomplissement des tâches quotidiennes.

–        Modifier les critères d’évaluation et de promotion des policiers : ces critères devront prendre en compte le respect de la déontologie et la capacité à créer du lien social et ne plus être principalement fondés sur des objectifs chiffrés. Il faut également limiter l’actuelle rotation trop rapide des personnels en encourageant des policiers expérimentés à rester dans des quartiers populaires grâce à des conditions humaines et matérielles incitatives.

La plateforme « En finir avec les contrôles au faciès » appelle solennellement le nouveau gouvernement à mettre en place ces réformes, de manière urgente.

Il démontrera ainsi son engagement à réparer les divisions qui minent la société française et sa réelle volonté à promouvoir l’égalité et le rétablissement de l’Etat de droit.

Paris, le 24 mai 2017

 

 Les signataires : Human Rights Watch ; Ligue des droits de l’Homme ; Maison Communautaire pour un Développement Solidaire Open Society Justice ; Open Society Justice Initiative ; Pazapas ; Syndicat des Avocats de France ; Syndicat de la Magistrature ; WeSignIt

“En finir avec les contrôles au faciès” dispose aujourd’hui de son propre site, donnant accès à de nombreuses ressources et permettant une veille de l’actualité et de l’action gouvernementale sur le sujet : http://enfiniraveclescontrolesaufacies.org/


Source: Six jeunes hommes saisissent la Cour Européenne des droits de l’Homme pour contrôles d’identité discriminatoires

L’état d’urgence : « En marche » et sans changement ! 25 mai 2017

Communiqué LDH

Le président de la République a changé mais ni l’état d’urgence ni la méthode.

A peine installé, usant, comme ses prédécesseurs, de l’émotion légitime provoquée par l’attentat de Manchester, le nouveau pouvoir propose de renouveler l’état d’urgence et l’adoption d’une nouvelle loi pour y inscrire de nouvelles mesures d’exception.

Sans mener aucune réflexion sur la pertinence d’une législation qui n’a pas prouvé son utilité mais qui a restreint nos libertés, créé des situations arbitraires et, énième réflexe pavlovien, qui voit chaque événement suivi d’un nouveau projet répressif.

La LDH déplore cette continuité dans le peu d’intérêt consacré à la protection des libertés, le mépris affiché des avis des plus hautes autorités judiciaires et administratives et l’ignorance des conséquences d’un état d’urgence qui autorise bien autre chose que la lutte contre le terrorisme, et qui continue de stigmatiser une partie de la population.

« Il faut que tout change pour que rien ne change » avait écrit un auteur italien.

La LDH poursuivra ses efforts pour qu’il soit mis un terme au seul état d’urgence appliqué au sein de l’Union européenne.

Paris, le 24 mai 2017

 

Source: L’état d’urgence : « En marche » et sans changement !

Solidarité avec les réfugiés syriens et les migrants subsahariens bloqués à la frontière algéro-marocaine 24 mai 2017

Rassemblement à l’appel de plusieurs personnalités et organisations, dont la LDH, le jeudi 18 mai 2017, à 18 heures 30, à Paris, Fontaine des Innocents, Place du Châtelet.

 

Depuis le 17 avril dernier, quarante et un réfugiés syriens, dont quinze d’enfants, sont bloqués dans une zone frontalière algéro-marocaine, près de la ville de Figuig (Maroc), dans des conditions extrêmement difficiles, sous un soleil de plomb la journée et soumis à des attaques de serpents et de scorpions la nuit.

Le 8 mai, la situation s’est encore aggravée car les autorités marocaines ne laissent plus la société civile sur place venir en aide à ces réfugiés et leur fournir le minimum vital, à savoir de l’eau et de la nourriture. Face à l’évolution dramatique de la situation dans laquelle se trouvent ces réfugiés, plusieurs associations et organisations se mobilisent pour alerter l’opinion publique maghrébine et internationale, ainsi que les instances internationales afin de trouver une réponse à cette urgence humanitaire.

Par ailleurs, nous avons appris, par le mouvement associatif marocain, que trente-quatre migrants subsahariens se trouvent dans la même situation de détresse, rejetés et bloqués, eux aussi, à la frontière algéro-marocaine.

Les autorités respectives de l’Algérie et du Maroc passent, aujourd’hui, leur temps à se renvoyer la responsabilité de cette situation dramatique sans venir en aide à ces réfugiés. Elles sont coupables de non-assistance à personnes en danger.

La militarisation des frontières algéro-marocaines entraîne de graves violations des droits humains. Depuis plusieurs années, les deux armées chassent les migrants subsahariens d’une frontière à l’autre,  en flagrant délit d’atteinte aux droits des réfugiés et de la Convention internationale de Genève relative à la protection des réfugiés, bafouant le plus élémentaire des droits humains : celui d’accueillir des demandeurs d’asile syriens échappant à la guerre qui ravage leur pays, ou des migrants subsahariens fuyant la misère.

Cette attitude illustre dramatiquement les conséquences de l’approche du tout sécuritaire imposée aux peuples de la région qui aspirent à un Maghreb des peuples ouvert, solidaire et démocratique.

Face à cette situation, les associations, organisations et personnes signataires :

– alertent l’opinion publique sur ce drame humain ;

– exigent des autorités marocaines et algériennes d’assurer la protection des réfugiés et des migrants, de les accueillir dignement et de leur garantir dans l’urgence l’acheminement des vivres et des soins ;

– interpellent les instances internationales pour une solution rapide dans le respect du droit et des conventions internationales.

– exigent des autorités françaises de prendre leur responsabilité dans l’accueil des réfugiés syriens.

– appellent à un rassemblement de solidarité avec les réfugiés syriens et les migrants sub-sahariens :

 

Jeudi 18 mai 2017, à 18 heures 30,

Fontaine des Innocents,

Place du Châtelet, Paris.

 

Premières associations et organisations signataires :

Immigration Développement Démocratie (IDD), Association des Marocains en France (AMF),  Collectif algérien en France ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Fédération des Amis de Figuig (FAF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Réseau Euromed France, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples – MRAP, Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM), Association marocaine des droits humains (AMDH)-IDF Paris, Assemblé citoyenne des originaires de Turquie (ACORT), El Ghorba, Association Promotion des Cultures et du Voyage (APCV).

 

Avec le soutien de :

Abdallah Zniber, militant associatif ; Abderrazak Bouazizi Horchani, militant associatif ; Ali Brahimi, ancien militant du MCB et ancien parlementaire ; Bachir Maaouni, militant associatif ; Boualem Zireg, militant associatif ; Cherif Ferjani, essayiste  ; Driss Elkherchi, militant associatif ; Farouk Belkeddar, militant associatif ; Hassan Slama, universitaire ; Hedi Chenchabi, militant associatif ; Hichem Abdessamad, militant associatif ; Lana Sadeq, militante associative ; Michel Tunbiana, responsable associatif ; Mohammed Bazza, militant associatif ; Mohammed-Lakhdar Ellala, militant associatif  ; Mohsen Dridi, militant associatif ; Moncef Guedouar, militant associatif ; Mohamed Ben Said, militant associatif ; Mourad Allal, militant associatif ; Mouhieddine Cherbib, militant associatif ; Mourad Allal, militant associatif ; Nadia Chaabane, militante associative ; Rahim Rezigat, responsable associatif ; Raymond Benhaïm, économiste ; Renée Le Mignot, responsable associative ; Souad Chaouih, militante associative ; Tewfik Allal, militant associatif ; Umit Metin, militant associatif

 

Source: Solidarité avec les réfugiés syriens et les migrants subsahariens bloqués à la frontière algéro-marocaine

En Tchétchénie, l’Etat doit cesser de persécuter les homosexuels ! 24 mai 2017

Communiqué LDH

 

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et transphobie célébrée tous les 17 mai, la Ligue des droits de l’Homme rappelle son combat contre les discriminations, et contre toutes les atteintes aux personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

Elle dénonce avec force les traitements inhumains et dégradants dont font l’objet aujourd’hui les homosexuels dans le monde, et tout particulièrement en ce moment, en Tchétchénie.

Elle appelle à la plus grande vigilance et à la mobilisation pour que cessent ces pratiques d’un autre temps, et que les droits de chacun soient respectés.

 

 Paris, le 16 mai 2017

Source: En Tchétchénie, l’Etat doit cesser de persécuter les homosexuels !

La LDH soutient le film documentaire « Islam pour mémoire », de Bénédicte Pagnot 24 mai 2017

 Sortie le 22 mars 2017

 

Islam pour mémoire est d’abord un voyage dans l’espace : d’Espagne en Iran, du Maroc à Jérusalem et aux Emirats. Voyage aussi dans le temps, à l’écoute des savants, théologiens, poètes qui ont construit, depuis le plus haut moyen Age, une richissime culture musulmane.

C’est en même temps un film déclenché par une émission de radio de France-Culture, Cultures d’Islam, et un hommage à son auteur disparu en 2014 : Abdelwahab Meddeb, philosophe tunisien, érudit et humaniste, ami de Mahmoud Darwich et de Benjamin Stora. La réalisatrice, passionnée par les réponses qu’il apporte aux questions qu’elle se pose sur l’Islam, quitte sa Bretagne pour de grands périples, convainc Meddeb de l’intérêt de son projet de film – ce film qu’il n’aura pas vu terminé –, l’accompagne dans certains de ses voyages et lui donne la parole dans ses méditations sur une civilisation dont il refuse la mort.

On découvre avec eux des terres de beauté et de misère, des sociétés non laïques où le religieux et le politique sont imbriqués, où les femmes sont durement discriminées, ainsi que les mécréants et les étrangers. Cependant l’Occident tient de plus en plus l’Islam comme une religion d’exclus, entend le partage au sens de division et non plus de mise en commun, s’épouvante du terrorisme islamique, patauge dans l’amalgame, reste indifférent aux révolutions dites du printemps arabe et vote chez lui pour les extrêmes droites.

Comment en est-on arrivé là ? Le film énonce des causes nombreuses et en donne des éléments ; internes à l’Islam, à commencer par l’effondrement précoce d’une civilisation entière dans l’obscurantisme, comme à Bagdad, capitale intellectuelle avec sa maison de la Sagesse, dévastée au XIIIe siècle ; des luttes de pouvoir, comme en Andalousie où la catholicité triomphante écrase les Infidèles ; au XXe siècle, les politiques des grandes puissances, de la course aux dollars et au pétrole. S’ensuit la montée du wahhabisme, du salafisme et du djihad meurtrier, qui aggrave le rejet de l’Islam et les effets en retour de ce rejet, quand nous confondons les défenseurs de l’Islam avec ses destructeurs.

Meddeb propose une solution, celle de la connaissance, celle qu’il a assidûment enseignée toute sa vie. Il faut étudier l’Islam rationaliste et progressiste du moyen Age et des Lumières ; rappeler que les premiers traités d’optique et l’invention de la perspective viennent de l’Irak médiéval ; favoriser la recherche, alors que la plupart des quatre millions de manuscrits arabes conservés ne sont pas étudiés ; relire Goethe qui disait son admiration pour le poète persan Hâfêz, qui glorifiait le vin et l’amour charnel ; connaître et entretenir les jardins et les monuments persans, arabes, afghans, les protéger des destructions criminelles des talibans, phobiques de la représentation humaine mais aussi chasseurs de trafics rémunérateurs ; ouvrir les anciennes mosquées à toutes les religions au lieu de les réserver au culte catholique, comme à Cordoue, ou de les couper en deux, mosquée et synagogue, comme à Hébron.

Idéalisme, dira-t-on : soit. Incomplet, certes, le film n’évoque ni l’Algérie de la colonisation, ni la Syrie de la guerre ; partiel et partial dans ses réponses, peut-être.

Mais très utile panorama d’un monde à la fois obsédant et méconnu, en même temps que bel hommage à la passion de paix et de culture d’un penseur disparu.

 

Islam pour mémoire

Film documentaire, 2016

Durée : 1 h. 42

Réalisation : Bénédicte Pagnot

Production : Mille et une Films.

 

Source: La LDH soutient le film documentaire « Islam pour mémoire », de Bénédicte Pagnot

La LDH se mobilise à l’occasion des élections législatives ! 24 mai 2017

Campagne de la LDH

 

L’élection d’Emmanuel Macron laisse une France où les attentes sont fortes, qu’il s’agisse de l’emploi, de l’accès aux droits fondamentaux, de l’égalité, de la protection des libertés.

 

Parce que les inégalités et la précarité n’ont cessé de s’accroître au cours des dernières années, privant ainsi une partie croissante de la population de l’accès aux soins, au logement, aux transports…

Parce que des régions entières paient un lourd tribut à la désindustrialisation tandis que de nombreux espaces ruraux s’appauvrissent et sont confrontés à la disparition des services publics…

Parce que, sans jamais prouver l’efficacité d’un état d’urgence qui s’est banalisé au gré de ses renouvellements, le gouvernement sortant a multiplié les lois à vocation sécuritaire, mettant ainsi à mal les libertés publiques et individuelles, stigmatisant une partie de la population au nom d’une appartenance religieuse réelle ou supposée…

Parce que ceux qui prônent une société où certains seraient plus légitimes à avoir accès aux droits que d’autres, une société qui rejetterait les plus précaires, ont reçu plus de votes que jamais, avec tous les risques de renforcer les préjugés, les haines, les politiques construites autour de l’idée de boucs émissaires…

Parce que l’accueil des migrants est indigne et largement insuffisant dans notre pays, que les droits fondamentaux des personnes étrangères sont trop souvent bafoués et que la précarité juridique et corrélativement matérielle de trop nombreuses personnes immigrées en France est inadmissible…

Nous voulons que le quinquennat qui s’annonce s’inscrive dans un véritable changement de cap, participe à construire une société fondée sur les solidarités entre tous ceux qui vivent sur le territoire pour assurer le vivre ensemble, et aussi au-delà, car nous partageons une même planète, qui, en particulier, prenne la mesure du défi écologique auquel la planète est confrontée et qui donne à chacune et à chacun l’assurance d’un progrès partagé.

Les 11 et 18 juin prochains auront lieu les élections législatives. Comme pour l’élection présidentielle, le danger est grand de voir les idées d’extrême droite imposer leur vision d’un monde replié sur lui-même, attisant la peur et la haine de l’Autre, prônant l’exclusion des plus vulnérables. La mobilisation citoyenne doit, là aussi, leur barrer la route.

Représentants de la nation et de l’intérêt général, les hommes et les femmes qui sortiront vainqueurs des prochaines élections législatives auront la lourde charge d’élaborer de nouvelles lois, de les discuter, d’appuyer ou non leur application. Toutes ces lois auront des implications au quotidien, sur l’avenir de vos enfants et de vous-mêmes.

Nous attendons de ces élu-e-s qu’ils-elles défendent les libertés sans jamais les sacrifier à la sécurité, qu’ils-elles fassent de la lutte contre les discriminations une absolue priorité, qu’ils-elles soient particulièrement vigilants pour que notre pays traite dignement les migrants et les demandeurs d’asile, conformément à ses engagements internationaux, et pour que les droits fondamentaux des personnes étrangères soient respectés.
Nous voulons aussi qu’ils/elles s’attachent à revivifier la démocratie.

Leur action contribuera à dessiner l’avenir du pays et à peser sur le type de société dans laquelle nous allons vivre.

 

Télécharger les tracts au format PDF : tract général ; tracts thématiques (Etat d’urgence) ; (Racisme et discriminations) ; (Protection des données personnelles) ; (Sexisme) ; (Droits sociaux) ; (Droit d’asile et des migrants)

 



Source: La LDH se mobilise à l’occasion des élections législatives !

Le général André Bach, combattant de la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de 14-18 24 mai 2017

Communiqué LDH

Le général André Bach, mort le 19 mai 2017, a été l’un des artisans majeurs de l’établissement de la vérité sur le rôle funeste des tribunaux militaires de la Première Guerre mondiale à l’égard des « fusillés pour l’exemple » et autres victimes de leurs décisions arbitraires. C’est lorsqu’il a été nommé en 1988 à la tête du 67e régiment d’infanterie, à Soissons, que ce général passionné d’histoire a pris conscience des traces encore vivantes de la Grande Guerre et de la mémoire occultée des victimes de ces tribunaux. Nommé chef du Service historique de l’armée de terre (SHAT) de 1997 à 2002, il a fait rechercher les registres de leurs décisions, exhumé les archives et publié plusieurs livres sur ce sujet.

A l’approche du centenaire de 1914, il a accompagné la Ligue des droits de l’Homme dans ses efforts pour reprendre l’œuvre de réhabilitation des victimes de la justice militaire qu’elle avait commencée dès le lendemain de la guerre. Tout en se félicitant, comme elle, de la place accordée à cette question au Musée de l’armée, aux Invalides, il a estimé, comme elle, que ce travail n’était pas achevé. En particulier, que toute la lumière n’avait pas été faite sur la répression des mutineries de mai et juin 1917 qui ont affecté, sous des formes diverses, la plupart des régiments d’infanterie de l’armée française. Sa mort survenue un siècle après cet événement, renforce la détermination de la LDH à poursuivre ses efforts pour que ces faits soient mieux connus et intègrent davantage notre mémoire nationale.

 

 

Source: Le général André Bach, combattant de la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de 14-18

Guide sur le rapport des jeunes aux réseaux sociaux 11 mai 2017

 Paris, le 05 mai 2017

 

Depuis une quinzaine d’années, les réseaux sociaux font de plus en plus partie de nos vies. Il existe une différence d’approche entre des individus qui ont grandi « sans », et ont appris à les utiliser avec leurs connaissances précédentes, face à ceux qui n’ont connu qu’un monde « avec ».

Comme pour toute évolution technique majeure, l’expérience des premiers est intéressante pour essayer de conserver les « meilleurs aspects » et adopter une approche critique vis-à-vis de ces nouvelles pratiques.

Ce guide, rédigé par Sylvain Steer avec le soutien de la Ligue des droits de l’Homme et du ministère de la ville, de la jeunesse et des sport  a pour vocation de fournir aux formateurs de la société civile des éléments pour comprendre ces outils et pratiques, leurs intérêts et leurs dangers. Il s’agit d’essayer d’améliorer le dialogue et de sensibiliser les plus jeunes à de bons usages.

Ce petit guide vise donc à présenter un tour d’horizon des problèmes posés par les réseaux sociaux pour la jeunesse et plus particulièrement des collégiens et lycéens. Il a vocation à être complété par des formations ajoutant des méthodes, contenus et déroulés de séances directement utilisables avec les adolescents.

Il s’articule en 4 grandes parties, tout d’abord une présentation générale de ce que sont les réseaux sociaux et de leurs apports (I), suivie d’une présentation de leurs dangers et risques spécifiques (II). Ce cadre posé, la troisième partie détaille les méthodes générales qui permettent de limiter leurs problèmes (III). Enfin, le guide se conclu par une liste non exhaustive des sources et outils opérationnels existants pour former la jeunesse à de bons usages.

 

Téléchargez le guide ici

 

 


Source: Guide sur le rapport des jeunes aux réseaux sociaux

Présidentielle : soulagement et inquiétudes 11 mai 2017

L’élection d’Emmanuel Macron ouvre un nouveau quinquennat et participe d’une redistribution de la donne politique dans un contexte périlleux. Plus de 66% des suffrages exprimés ont fait barrage à la candidature de Marine Le Pen, évitant ainsi d’installer durablement l’extrême droite à la tête du pays. La Ligue des droits de l’Homme apprécie ce résultat à sa juste valeur, en ce qu’il préserve les possibles démocratiques.

Mais les dix millions de voix qui se sont portées sur la candidate du Front national, la radicalisation de la droite dite républicaine qui a marqué la campagne et l’enracinement dans le débat public des idées d’extrême droite, avec ce qu’elles charrient d’esprit de fermeture, de racisme, de discriminations et de violence, constituent autant de facteurs préoccupants pour l’avenir.

Conjointement, le poids de l’abstention, du vote blanc et du vote nul – sans précédent lors d’une présidentielle – donne la mesure d’un décalage croissant entre offre politique institutionnelle et attentes citoyennes. Il y a là un message lourd de sens dont il faudra tenir compte.

Conjurer les périls et répondre aux attentes populaires exigera plus que jamais un profond renouvellement de la vie et des pratiques politiques, qu’il s’agisse de représentation ou des mécanismes de décision. Les peurs et souffrances qui taraudent le pays et l’opinion publique appellent des réponses de justice sociale, une solidarité en actes, un développement humain garant de sécurité pour toutes et tous. Cela nécessite une ouverture solidaire au monde.

Dans ce cadre, la Ligue des droits de l’Homme souligne que l’égalité des droits doit demeurer le  cœur battant du contrat républicain. Elle rappelle que la liberté, toujours, doit prévaloir sur la tentation d’un horizon rabougri au sécuritaire. Elle réaffirme que la fraternité est plus que jamais à défendre face aux politiques de haine et d’exclusion, face à la mise en concurrence de tous avec tous. Faire face à cette triple exigence renvoie à l’urgence de choix et de politiques de solidarité.

La Ligue des droits de l’Homme appelle les citoyennes et les citoyens à défendre et faire vivre cette perspective à travers leurs choix lors des élections législatives, dont le résultat déterminera largement l’avenir politique de notre pays.

Paris, le 8 mai 2017

Source: Présidentielle : soulagement et inquiétudes