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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives par catégorie : Articles

Déclarations de Manuel Valls sur l’état d’urgence : la tentation du pire 25 janvier, 2016

Manuel Valls vient de déclarer, à l’occasion d’une interview accordée à la BBC, concernant la reconduction de l’état d’urgence en France « Tant que la menace existe, nous devons employer tous les moyens dont nous disposons dans notre démocratie, dans le cadre de l’état de droit, pour protéger les Français ». Il semble également ressortir de ses propos qu’il souhaite maintenir cet état d’exception « jusqu’à ce qu’on en finisse avec Daesh ».

Ainsi, si on tire les conséquences des propos du Premier ministre, les craintes des citoyennes et des citoyens et des organisations de la société civile mobilisés contre le maintien de l’état d’urgence sont confirmées. Le gouvernement et son Premier ministre semblent s’engager dans la volonté de faire vivre notre pays dans un état d’exception en s’accordant des pouvoirs considérables en dehors de tout contrôle du juge judiciaire.
Ne nous y trompons pas, renvoyer le retour au fonctionnement normalement démocratique de notre société à une hypothétique victoire aux contours incertains contre le terrorisme international, c’est prendre le chemin de l’arbitraire et de l’atteinte aux droits fondamentaux.

La LDH s’insurge contre de telles perspectives qui semblent se préciser dans les discours de nos gouvernants et s’engagera toujours plus résolument pour un retour au plein exercice de nos droits et de nos libertés. C’est le message qu’elle portera, avec plus d’une centaine d’ autres organisations, lors des nombreuses manifestations qui se dérouleront un peu partout en France le samedi 30 janvier.

Paris, le 23 janvier 2016.

 

La LDH demande au Conseil d’Etat de suspendre tout ou partie de l’état d’urgence 20 janvier, 2016

Communiqué LDH

La LDH, représentée par Maître Spinosi, a introduit, le 19 janvier 2016, un référé-liberté afin de demander au Conseil d’Etat de suspendre tout ou partie du régime de l’état d’urgence actuellement en vigueur.

La LDH n’entend nullement contester l’importance cruciale de la lutte contre le terrorisme mais elle sollicite toutefois, de la plus haute juridiction administrative française, plus de deux mois après la mise en œuvre de l’état d’urgence, qu’elle suspende tout ou partie de ce régime d’exception ou, à tout le moins, qu’il soit enjoint au président de la République de procéder à un réexamen des circonstances de fait et de droit qui ont conduit à sa mise en œuvre.

Si les attaques terroristes des 13 et 14 novembre ont naturellement justifié la prise de mesures exceptionnelles, le Premier ministre lui-même avait alors reconnu que « l’Etat d’urgence est une réponse à court terme » et de poursuivre que cette mesure permettrait aux autorités « d’aller vite pour démanteler les groupes susceptibles d’agir et pour neutraliser les individus au comportement menaçant ».

La LDH entend toutefois souligner qu’un tel régime d’exception, par essence hautement attentatoire aux libertés fondamentales, ne saurait perdurer dans un Etat de droit et n’est précisément légitime que lorsqu’il est au service de ce dernier. Les dérives constatées lors de la mise en œuvre de ce régime, associées à sa perte d’efficacité naturelle au cours du temps, plaident encore incontestablement en faveur de sa suspension.

Paris, le 20 janvier 2016

Téléchargez le communiqué

Cologne : contre les violences faites aux femmes, contre le sexisme, contre le racisme 18 janvier, 2016

Le 31 décembre, dans plusieurs villes d’Allemagne, des violences ont eu lieu à l’encontre de centaines de femmes : viols, autres agressions sexuelles, vols…
Nous les condamnons !
Nous demandons que toute lumière soit faite sur ces faits, sur leur organisation massive, et que ces hommes répondent de leurs actes devant la justice.
Nous sommes et restons contre les violences faites aux femmes, quels que soient leurs auteurs, demandeurs d’asile ou pas, où qu’ils soient et d’où qu’ils soient.
Nous condamnons aussi le détournement et la récupération de ces actes révoltants par des partis de droite et d’extrême-droite souhaitant utiliser ces violences commises pour discréditer la politique d’accueil des réfugiés d’Angela Merkel. En aucun cas les violences faites aux femmes n’ont à être instrumentalisées ! Elles ont lieu dans tous les pays, dans tous les milieux, dans tous les espaces. Et elles doivent être dénoncées partout ! Les féministes allemandes l’ont bien dit :
« Non à la violence contre les femmes, que ce soit à Cologne, à la fête de la bière ou dans la chambre à coucher »
La violence envers les femmes n’a pas de frontière : notre solidarité envers les femmes n’en a pas non plus.
Rassemblement fontaine des Innocents, à Paris (M° Les Halles) le lundi 18 janvier à 18h30

Il fera nuit : nous serons là ! Femmes du monde entier, ensemble.

Premiers signataires : Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif 20ème/Tenon, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes, Coordination Lesbienne en France, les effronté-e-s, Ensemble !, Europe Ecologie Les Verts, Femmes Egalité, Femmes Libres de Radio Libertaire, Femmes Migrantes Debout, Femmes solidaires, FiEres, FIT, une femme un toit, Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Ligue du Droit International des Femmes , Maison des Femmes de Paris, Manifeste des Libertés, Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles- Maroc, Mouvement des Jeunes Communistes de France, Mouvement des Jeunes Socialistes, NPA, Osez le Féminisme !,Planning Familial, PCF, Rajfire, Réseau Féministe Ruptures, SNPES-PJJ-FSU-Ile de de France, Union des Familles Laïques, Union Syndicale Solidaires.

En région : Bagdam Espace Lesbien, Toulouse, Collectif 84 Droits des Femmes Vaucluse, Collectif Libertaire Anti-Sexiste, Lyon.

Une décision de justice très inquiétante 18 janvier, 2016

Source: Une décision de justice très inquiétante

Communiqué LDH

Le verdict d’acquittement rendu par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis au bénéfice d’un policier, accusé d’avoir commis des violences ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner lors d’une arrestation, ne peut être ressenti que comme une injustice. Il s’inscrit dans une logique qui autoriserait la police à tirer dans d’autres conditions que celles d’un danger immédiat.

La Ligue des droits de l’Homme demande au procureur général près la cour d’appel de Paris, dont c’est la responsabilité, de relever appel de cette décision afin que la justice puisse être pleinement rendue.

Paris, le 18 janvier 2016

Agression à Marseille : défendre la laïcité 17 janvier, 2016

Source: Agression à Marseille : défendre la laïcité

L’agression commise à Marseille contre un enseignant parce que juif est un acte antisémite avéré, que la LDH condamne totalement.

Cet acte appelle une réaction de tous car chaque acte de racisme est un acte contre la collectivité tout entière.

La LDH réaffirme que chacun doit être libre d’exprimer son appartenance religieuse comme il l’entend, dans le respect de la laïcité des institutions de la République. Nul ne saurait être privé de ce droit, encore moins sous la menace d’agressions.

Paris, le 14 janvier 2016.

Des salariés de l’usine Goodyear condamnés à de la prison ferme : une volonté de faire mal au mouvement social ! 14 janvier, 2016

Source: Des salariés de l’usine Goodyear condamnés à de la prison ferme : une volonté de faire mal au mouvement social !

Communiqué LDH

Le tribunal correctionnel d’Amiens vient de condamner huit anciens salariés de l’usine Goodyear à des peines de deux ans de prison, dont quinze mois de sursis assortis d’une mise à l’épreuve de cinq ans. Ils étaient poursuivis pour avoir retenu, il y a maintenant plus de deux ans, pendant une trentaine d’heures, deux cadres de leur usine menacée de fermeture. Cette séquestration, que n’avait entaché aucune violence, constituait l’ultime étape d’une longue lutte pour préserver l’entreprise. Elle a été suivie d’une fermeture définitive.

Alors que la direction de l’entreprise et les cadres concernés avaient retiré leurs plaintes, cette très lourde condamnation signe une aggravation continue du climat social et interroge sur le regard porté par certains magistrats sur les réalités de la violence sociale, vécue au quotidien par des salariés livrés à la sauvagerie d’employeurs et d’actionnaires prédateurs.

Pour la première fois dans notre pays, la justice prononce une peine de prison ferme, ce qui constitue également un indicateur de plus dans la logique de criminalisation du mouvement syndical et social, laquelle paraît devenir une constante des choix gouvernementaux.

La Ligue des droits de l’Homme dénonce la lourdeur de la condamnation infligée aux militants syndicaux de l’usine Goodyear, et exprime sa solidarité et son soutien à leur égard.

Paris, le 14 janvier 2016

Nous manifesterons le 30 janvier 2016 14 janvier, 2016

Source: Nous manifesterons le 30 janvier 2016

Communiqué du collectif « Nous ne céderons pas ! »

Les associations et organisations syndicales regroupées autour de l’appel « Nous ne céderons pas ! » et ayant lancé la pétition « Pour nous, c’est définitivement non ! », contre la réforme constitutionnelle, appellent à manifester le samedi 30 janvier 2016 partout en France et à Paris, à 14h30, place de la République.

Elles expriment leur refus de la réforme constitutionnelle et leur exigence de la levée de l’état d’urgence.

Paris, le 14 janvier 2016

Le Parlement européen accable l’Algérie 2 mai, 2015

Les députés européens appellent à la levée de l’interdiction des marches à Alger et à l’abrogation de la loi sur les associations, un texte contesté par la société civile algérienne.

Quelques mois seulement après “les coups de sommation” faits sous forme d’interrogations autour de la réalité du pouvoir, de la situation et des perspectives politiques en Algérie” à des journalistes algériens conviés à Bruxelles en décembre dernier, le Parlement européen revient à la charge.

Dans une résolution dont le gouvernement algérien est destinataire, élaborée sur la base d’un constat de la situation des défenseurs des droits de l’Homme dont certains croupissent en prison, des libertés en Algérie, des résolutions antérieures, des rapports des missions et des conventions ratifiées par l’Algérie, le Parlement européen “demande instamment aux autorités algériennes, à la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité et au Service européen pour l’action extérieure d’inclure, dans le futur plan d’action UE-Algérie, un chapitre important sur les droits de l’Homme qui exprime la volonté politique ferme d’encourager ensemble, de jure et de facto, la promotion et la protection des droits de l’Homme conformément à la Constitution algérienne et aux traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme, ainsi qu’aux instruments régionaux africains relatifs aux droits de l’Homme dont l’Algérie est partie prenante”, selon le texte publié jeudi. Il est d’avis que “des objectifs spécifiques en matière ,de droits de l’Homme devraient être adoptés dans le plan d’action UE-Algérie et qu’ils devraient s’accompagner d’un calendrier de réformes à entreprendre par l’Algérie, avec la participation essentielle de la société civile indépendante” et “demande la définition d’indicateurs permettant l’évaluation objective et régulière de la situation des droits de l’Homme en Algérie”. En plus de demander aux États membres de suivre les procès et procédures judiciaires engagés à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme et au travail en Algérie, le PE, qui relève que “la mise en œuvre des réformes promises en 2011 par l’Algérie n’a pas donné satisfaction à ce jour”, invite les “28” à “s’assurer de l’existence d’une politique européenne claire à l’égard de l’Algérie, qui repose sur des principes et comporte un dialogue sur les droits de l’Homme (…)”. Aussi, leur demande-t-il de “veiller à donner plus de substance au dialogue avec l’Algérie en matière de politique, de sécurité et de droits de l’Homme, et invite, par conséquent, le Service européen pour l’action extérieure à définir des critères et des indicateurs précis pour suivre les objectifs de l’Union et évaluer les progrès réalisés en Algérie dans le domaine des droits de l’Homme, de l’impunité, de la liberté de réunion, d’association et d’expression, de l’État de droit et de la situation des défenseurs des droits de l’Homme”, ajoute le texte. Même s’ils se félicitent que l’Algérie ait ratifié la plupart des conventions relatives aux droits de l’Homme et que plusieurs syndicats aient été agréés depuis 2012, les députés européens appellent à la levée de l’interdiction des marches à Alger et à l’abrogation de la loi sur les associations, un texte contesté par la société civile algérienne.

Par ailleurs, le Parlement européen s’est dit préoccupé par l’arrestation et la détention des militants des droits de l’Homme et pour le droit au travail, notamment à Laghouat. Le Parlement européen demande, enfin, “aux autorités algériennes d’assurer et de garantir le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, et de prendre les mesures voulues pour assurer la sûreté et la sécurité des militants de la société civile et des défenseurs des droits de l’Homme, ainsi que leur liberté à poursuivre leurs activités pacifiques légitimes”. Alger et l’UE sont liés par l’accord d’association depuis 2005, qui stipule dans son article 2 qu’un élément essentiel de l’accord est le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l’Homme.

Karim Kébir

In « LIBERTE », Alger, 2 mai 2015