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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives par catégorie : Articles

Pour la paix à Cuba et dans les Caraïbes, contre le blocus et pour le respect du droit international 5 juillet, 2026

Appel commun dont Nathalie Tehio, présidente de la LDH, est signataire

Nous, soussignés, exprimons notre grave préoccupation face à l’intensification des menaces du gouvernement des États-Unis contre Cuba, laissant entendre que l’île pourrait être la prochaine cible d’une agression militaire. Une telle situation fait peser de graves risques sur la paix à Cuba et dans la région.

Sous le prétexte que Cuba représenterait une « menace extraordinaire » pour sa sécurité nationale, le gouvernement des États-Unis a par ailleurs renforcé le blocus économique, commercial et financier à des niveaux sans précédent. Cette politique se traduit notamment par l’imposition d’un blocus pétrolier et par le durcissement des mesures extraterritoriales visant à empêcher toute possibilité de commerce ou même de réception d’aide, en particulier à travers les décrets exécutifs du 29 janvier et du 1er mai 2026.

Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes : Cuba, petit pays de 9 millions d’habitants, ne constitue aucune menace pour la plus grande puissance économique et militaire du monde. Il n’existe donc aucune justification à une telle punition collective imposée au peuple cubain, qui subit chaque jour une détérioration marquée de ses conditions de vie.

Au-delà des sensibilités politiques de chacun, il s’agit aujourd’hui de défendre les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies ainsi que du droit international et humanitaire : le respect de la souveraineté nationale des États, la résolution pacifique et politique des différends, le refus du recours ou de la menace du recours à la force dans les relations internationales, l’interdiction de la coercition collective, la prise en compte des conséquences humanitaires des mesures coercitives et la liberté des échanges commerciaux.

Cette escalade agressive touche non seulement Cuba, mais aussi l’ensemble des peuples des Caraïbes et de l’Amérique latine, qui ont le droit de vivre en paix, de coopérer librement et de construire leur avenir dans le respect mutuel et la solidarité, à travers le développement d’une culture de paix telle que définie par l’Onu et l’Unesco.

Les acteurs gouvernementaux, institutionnels et de la société civile, aux niveaux européen et international, doivent agir, faire entendre leurs voix et appeler à :

• la fin du blocus économique, commercial et financier contre Cuba ;

• l’arrêt des menaces d’intervention militaire des États-Unis contre Cuba ;

• le respect de la souveraineté de Cuba et de tous les États des Caraïbes ;

• le respect du droit international et de la Charte des Nations unies.

Cliquez-ici pour voir la liste complète des signataires et signer le texter

Source: Pour la paix à Cuba et dans les Caraïbes, contre le blocus et pour le respect du droit international

« Les Noirs et les Arabes sont des gens respectables. En revanche les nègres et les bougnoules beaucoup moins !!! » : nouvelle diatribe raciste du candidat RN vosgien Jean-Luc Berruet 5 juillet, 2026

« Les Noirs et les Arabes sont des gens respectables. En revanche les nègres et les bougnoules beaucoup moins !!! » : nouvelle diatribe raciste du candidat RN vosgien Jean-Luc Berruet
« Les Noirs et les Arabes sont des gens respectables. En revanche les nègres et les bougnoules beaucoup moins !!! » : nouvelle diatribe raciste du candidat RN vosgien Jean-Luc Berruet
« Les Noirs et les Arabes sont des gens respectables. En revanche les nègres et les bougnoules beaucoup moins !!! » : nouvelle diatribe raciste du candidat RN vosgien Jean-Luc Berruet

« Les Noirs et les Arabes sont des gens respectables. En revanche les nègres et les bougnoules beaucoup moins !!! » : nouvelle diatribe raciste du candidat RN vosgien Jean-Luc Berruet

Dans le cadre des élections municipales, Libération a épinglé trois colistiers RN pour des propos haineux. Parmi eux, le 5e de liste et figure locale Jean-Luc Berruet – lepéniste et pro-russe – répand sa haine sur son compte Facebook. Ainsi, en décembre 2025, partageant un passage du député LFI Carlos Martens Bilongo sur la chaîne YouTube « la Librairie africaine », il affirmait : « Les Noirs et les Arabes sont des gens respectables. En revanche les nègres et les bougnoules beaucoup moins !!! »

Réagissant à la polémique, l’intéressé « maintien et signe » ses propos sur son compte Facebook.

La LDH a décidé d’agir contre Jean-Luc Berruet en le citant directement devant la juridiction répressive, pour qu’il réponde du chef d’injure publique à caractère raciste.

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Contestation du décret de simplification du droit de l’environnement 5 juillet, 2026

En dépit de vives critiques de la part d’organisations de la société civile ainsi que du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel, le décret n° 2026-302 du 21 avril 2026, relatif à la simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale et à l’accélération de certains projets, a été publié le 22 avril 2026.

L’adoption de ce décret s’inscrit dans une continuité inquiétante de restriction du droit au recours. Sous prétexte d’accélérer et sécuriser le traitement de contentieux pour certains projets qui contribuent à des objectifs stratégiques, le gouvernement sacrifie ce droit.

Ce décret entraîne en effet plusieurs modifications majeures du droit de l’environnement pour une large série de projets, répartis en cinq catégories, avec des conséquences inquiétantes :

  • l’accès aux tribunaux de première instance est supprimé. Les requérants devront dorénavant saisir directement la cour administrative d’appel. Cette suppression du premier degré de juridiction contraint les requérants à saisir une juridiction plus éloignée et à supporter le coût d’une représentation obligatoire par avocat ;
  • le recours gracieux, qui permettait de prolonger les délais pour introduire un recours devant le tribunal, ne produit plus cet effet, faisant peser sur des personnes souvent peu averties la responsabilité d’une organisation minutieuse et d’une grande réactivité face à des porteurs de projets accompagnés par des équipes d’avocats spécialisés ;
  • les cours administratives d’appel devront traiter les dossiers dans un délai de dix mois, ne permettant pas d’instruction précise, d’échanges de mémoires et de réelle étude de l’impact des projets, si souvent dissimulé par les porteurs de projet au sein d’études d’impact de centaines, voire de milliers de page et court-circuitant de fait l’accès à l’expertise et à la médiation, les juges indiquant eux-mêmes que ces délais ne sont pas suffisants pour une justice pleine et entière ;
  • enfin, plusieurs modifications procédurales, comme la cristallisation des moyens ou l’obligation de notification des recours viennent alourdir la procédure, semant des pièges supplémentaires dans le parcours déjà escarpé du recours environnemental. Le non-respect de cette procédure permettant, évidemment, d’écarter d’un revers de manche la contestation.

Aussi, le 19 juin 2026, une trentaine d’organisations dont la LDH ont déposé un recours en annulation, assorti d’un référé-suspension, à l’encontre de ce décret auprès du Conseil d’Etat.

Par une ordonnance rendue le 29 juillet 2026, le juge des référés du Conseil d’Etat a rejeté pour défaut d’urgence la requête. Le recours au fond demeure pendant.

Source: Contestation du décret de simplification du droit de l’environnement

Meyrargues : un couvre-feu perpétuel 5 juillet, 2026

Par arrêté en date du 11 juin 2025, la municipalité de Meyrargues a décidé que, à compter du 30 juin 2025 et jusqu’à nouvel ordre, tout mineur de moins de 16 ans ne pourra, sans être accompagné de l’un de ses parents, circuler de 22h30 à 6h du matin sur une partie limitée de la commune.

L’édiction de cette mesure de police se fonde sur des raisons d’ordre, de sécurité et de tranquillité publics, ainsi que de la protection de la jeunesse, sans que les circonstances locales particulières qui la justifieraient soient pour autant étayées.

Or, une mesure de couvre-feu prise à l’égard des mineurs doit être justifiée par l’existence de risques particuliers de troubles à l’ordre public auxquels les mineurs seraient exposés ou dont ils seraient les auteurs sur le territoire de la commune.

Aussi, le 25 juin 2026, la LDH a saisi le maire de Meyrargues d’une demande d’abrogation de son arrêté portant couvre-feu des mineurs de moins de 13 ans.

Source: Meyrargues : un couvre-feu perpétuel

EXCLUSION DES PALESTINIENS DU PROGRAMME PAUSE : ARTISTES ET SCIENTIFIQUES PALESTINIEN-NE-S ET PLUSIEURS ORGANISATIONS ONT SAISI LE CONSEIL D’ETAT 5 juillet, 2026

Exclusion des Palestiniens du programme Pause : artistes et scientifiques palestiniens et plusieurs organisations ont saisi le Conseil d’État
Exclusion des Palestiniens du programme Pause : artistes et scientifiques palestiniens et plusieurs organisations ont saisi le Conseil d’État
Exclusion des Palestiniens du programme Pause : artistes et scientifiques palestiniens et plusieurs organisations ont saisi le Conseil d’État

Pause est un programme piloté par le Collège de France sous tutelle de quatre ministères. Les requérants dénoncent une décision illégale et discriminatoire qui viole les droits fondamentaux de personnes dont la vie est menacée.

Une nouvelle ligne franchie par le gouvernement français dans sa politique d’exclusion des Palestiniennes et Palestiniens

Poursuivant la volonté manifeste du gouvernement de limiter autant que possible l’accueil de Palestiniennes et Palestiniens de Gaza, pourtant en droit de rejoindre la France, les quatre ministères de tutelle du Programme d’accueil en urgence des scientifiques et artistes en exil (Pause) — Affaires étrangères, Intérieur, Culture et Enseignement supérieur — prenant prétexte des difficultés à les évacuer, notifiaient en janvier 2026 au Collège de France que :

  • les candidatures de Palestiniennes et Palestiniens de Gaza ne seraient plus instruites
  • celles et ceux dont la candidature avait déjà été validée ne recevraient pas le statut officiel de Lauréat leur permettant l’octroi d’un visa

En clair : alors que les seuls critères officiels du programme sont « l’urgence, la qualité scientifique du candidat et l’adéquation avec l’établissement d’accueil », le gouvernement y ajoute désormais un critère :  l’origine géographique du candidat. Être Palestinienne ou Palestinien de Gaza suffit donc à être exclu-e.

La décision a été prise alors que déjà plus de 87 Palestiniennes et Palestiniens de Gaza, Lauréat-e-s ou candidat-e-s validé-e-s du programme PAUSE, attendent de rejoindre la France, parfois depuis plus d’un an et demi dans des conditions inhumaines et sous les bombardements quotidiens (parmi eux, l’architecte Ahmed Shamia est mort sous les bombes en attendant son évacuation).

Elle est le reflet d’un traitement politique français particulièrement inquiétant des Palestiniennes et Palestiniens qui s’est déjà illustré à de multiples reprises depuis le début du génocide : non-respect des engagements de la France dans l’accueil des enfants malades ou blessés, refus d’évacuer des enfants mineurs de parents se trouvant en France, résistance à faire évacuer les familles dans le cadre du droit à la réunification familiale, refus d’étudiant-e-s admis dans les universités françaises, punition collective par la suspension en août 2025 de toutes les opérations d’évacuation, etc. et donc, désormais, l’exclusion des Palestiniennes et Palestiniens de Gaza du Programme Pause.

C’est une première depuis la création du Programme en 2017 qui a bénéficié à plus de 700 personnes en danger (Afghans, Ukrainiens, Russes, Syriens, Iraniens, Yéménites, etc.).

La France prétend qu’il est impossible d’évacuer alors même que des évacuations vers les Pays Bas, l’Italie, l’Espagne, etc. se poursuivent.

Du silence institutionnel à la mobilisation juridique

Face à cette décision consternante, plus de 750 universitaires et artistes ont signé en février 2026 une tribune commune appelant l’exécutif à revoir sa position. En vain.

Plusieurs structures culturelles ont, dans la foulée, demandé aux quatre ministères de tutelle du Programme Pause l’ouverture d’un dialogue. En vain, encore.

C’est dans ce contexte qu’une trentaine de Palestiniennes et Palestiniens lauréat-e-s du programme Pause et plus de 15 organisations culturelles et de défense des droits humains viennent de déposer un recours en référé devant le Conseil d’État contre la décision du gouvernement français d’exclure les artistes et scientifiques de Gaza du programme d’accueil d’urgence.

Le dossier a été confié à Maître Lyne Haigar et Maître Marion Grolleau du Collectif des avocats France-Palestine ainsi qu’à Maître Julia Basile, avocate d’un Lauréat qui était attendu cette année au Festival de Cannes, leur laissant ainsi le soin de déposer une requête en référé devant le Conseil d’État pour attaquer la décision sur le fondement du principe d’égalité et de non-discrimination garanti par la Constitution de 1958 et la Convention européenne des droits de l’Homme.

L’enjeu de ce recours dépasse le seul programme Pause : il s’agit de rappeler qu’aucun dispositif public ne peut exclure une population en raison de son origine et qu’aucun État de droit ne peut se résigner à l’abandon des victimes d’un génocide au sort qui leur est infligé.

Le 1er juillet 2026

Télécharger le communiqué en PDF

Recours déposé par :

Ardèche Images, Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association ATLAS (Association pour la promotion de la traduction littéraire à Arles), Association CANTARAH, École Nationale Supérieure Louis-Lumière, Editions « Les Lisières », Editions « Le Port a Jauni », GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s), LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), NIDAL, PLURIVERSITE – Association pour une Université Juste et Solidaire, SYNDEAC (Syndicat National des entreprises artistiques et culturelles), THEMAA (regroupement national des théâtres de marionnette et arts associés), Théâtre du Nord, The Funambulist, UJFP (Union Juive Française pour la paix), Zone Franche, le réseau des Musiques du Monde

Et soutenu par 54 organisations professionnelles (syndicats, réseaux, fédérations, etc.) :

a.c.b – art contemporain en Bretagne, Aflam, Agence de Promotion des Cultures et du Voyage, AJC – le réseau de la diffusion du jazz, Allumés du jazz (Les), Amoureux au Ban Public, Artfactories/autresparts, Association & Editions commune, Association de soutien aux Amoureux au Ban Public, Association Démocratique des Tunisiens en France – ADTF, Association des Centres culturels de rencontre, Association KIND OF BELOU, atelier des artistes en exil, la Baam – Bibliothèque arabe associée de Marseille, Bétonsalon – centre d’art et de recherche, Chorégraphes Associé.e.s, CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants, Collectif Musiques et Danses du monde en Ile-de-France, Collectif des avocats France-Palestine, collectif Universitaires avec Gaza (UAG), Confédération Nationale des Radios Associatives, Editions de l’Attribut, FAMDT – Fédération des acteurs et actrices des musiques et de danses traditionnelles, FEDELIMA – fédération des lieux de musiques actuelles, Fédération interrégionale du Mouvement HF+, Festival Ciné-Palestine Marseille, Film flamme-Polygone étoilé, FNAR – Fédération Nationale des Arts de la Rue, Futurs Composés – réseau national de la création musicale, GRABUGE, HAUTE FIDELITE, Instants Vidéo Numériques et Poétiques, KOLET’ – Réseau des des acteur·rice·s professionnel·le·s du spectacle vivant de La Réunion, La Fabrique Francophone, La féma – Federation musiques actuelles Bourgogne-Franche-Comté, La Marelle, Laboratoire des droits culturels, LamAlef, L’Arc électrique – Cie de théâtre et marionnettes région centre val de loire, Le Collectif des festivals, Maan for Gaza Artists, MARE – Méditerranée, arts, rencontres, expérimentations, Noria Research, On the Move, Pôle de Coopération des Acteurs de la filière musicale en région PACA/Corse ( PAM), PRMA Réunion – Pôle Régional des Musiques Actuelles de la Réunion, REF-Réseau Euromed France, Réfugiés Bienvenue, Seize Mille réseau art contemporain Bourgogne – Franche-Comté, SFA-CGT – Syndicat français des artistes-interprètes CGT, SMA – Syndicat des Musiques Actuelles, SNAM-CGT, Technopol, UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles, Vedanity Affair – Musique et surdité

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Source: EXCLUSION DES PALESTINIENS DU PROGRAMME PAUSE : ARTISTES ET SCIENTIFIQUES PALESTINIEN-NE-S ET PLUSIEURS ORGANISATIONS ONT SAISI LE CONSEIL D’ETAT

Pour une vraie politique publique de protection des enfants et de toutes les victimes d’infractions sexuelles 1 juillet, 2026

Communiqué LDH et appel à rassemblement le 4 juillet

Le scandale de la mort probablement évitable de la jeune Lyhanna devrait amener à une prise de conscience sociétale et politique de l’urgence d’une politique publique en faveur de l’enfance.

Le gouvernement se défausse et refuse de prendre ses responsabilités en dépit de son absence, depuis des années, de politique volontariste. Certes, le manque de moyens accordés à la justice est le fait d’une trentaine d’années de sous-investissement, mais il ne peut utiliser cet argument pour ne pas faire de la justice une priorité.

Les hausses de budget ces dernières années sont peu significatives et pourtant le gouvernement continue à mettre à mal le service public de la justice : plus de 400 millions d’euros viennent ainsi d’être gelés dans le cadre du vote de la loi de programmation militaire.

En 2021, le suicide d’une jeune magistrate avait amené les magistrats, greffiers, avocats à lancer un cri d’alarme quant à la déréliction de la justice, alors qu’il en va de la confiance des citoyens dans les institutions et de la paix sociale.

L’exécutif n’a pas pris la mesure des moyens nécessaires pour répondre à l’objectif d’une bonne justice. Bien au contraire, il a systématiquement cherché des palliatifs mettant à mal les exigences du procès équitable pour éviter de charger les audiences : alternatives aux poursuites – sanctions sans garanties, développement des amendes forfaitaires notamment délictuelles. Il vient seulement de reculer sur la création d’un plaider coupable criminel, qui aurait empêché les victimes de pouvoir s’exprimer au cours d’une véritable audience.

Il ne cesse de demander la création de nouvelles infractions, alors qu’elles embolisent les services de police. Les textes de lois Ripost, Rodwell etc. en sont les exemples les plus récents. Les choix des priorités pénales sont tournés actuellement contre le « deal de rue » sous couvert de « narcotrafic », et plus généralement contre l’occupation de l’espace public non discipliné (manifestations, free party, etc.), ce qui a des effets concrets sur le temps disponible pour d’autres actions. La police judiciaire, qui n’est déjà plus attractive, subit encore les conséquences de la réforme de 2023 qui prive les magistrats d’inspecteurs compétents et formés. Récemment, les experts judiciaires ont alerté sur leurs conditions de travail (et les retards excessifs de paiement), qui ont un impact majeur sur la possibilité de mener une enquête effective. Enfin, la politique du tout-carcéral, orientée uniquement vers le nombre de places en prison, freine les approches de réduction de la récidive et de prévention des infractions.

La Cour des comptes a rendu un rapport montrant le manque de moyens de l’aide sociale à l’enfance (ASE) mais on pourrait en dire de même de la protection judiciaire de la jeunesse et de toutes les actions tournées vers la protection de l’enfance. Comment dès lors mettre à l’abri les enfants victimes d’inceste ou de maltraitance familiale ? Les offensives idéologiques de l’extrême droite empêchent par ailleurs l’éducation à la sexualité à l’école, nécessaire à l’éducation au consentement et à la connaissance des enfants du droit au respect de leur intégrité physique et psychique.

La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a démontré l’ampleur des infractions sexuelles sur les mineurs : prendre en charge un plan de soutien psychologique et de réelle prévention de ces infractions exige des moyens qui ne sont toujours pas d’actualité. Et on en revient à l’absence de moyens pour la justice pour accompagner la prise en compte croissante de la parole des enfants victimes.

La situation est telle que le risque est grand de voir se reproduire de nombreux drames.

Il est particulièrement délétère pour l’État de droit que le gouvernement cible immédiatement les magistrats pour ne pas répondre de ses responsabilités dans ses choix politiques, alors que les extrême droites en profitent pour continuer leur guerre aux juges.

La LDH se joindra en conséquence aux manifestations le 4 juillet à l’appel des associations féministes, pour alerter sur l’urgence à porter une politique pénale de protection de l’enfance et spécifiquement sur les questions de violences sexuelles, une politique pénale mais aussi éducative à la hauteur des enjeux sociétaux.

Paris, le 30 juin 2026

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Source: Pour une vraie politique publique de protection des enfants et de toutes les victimes d’infractions sexuelles

Menton : La nouvelle maire RN multiplie les interdictions à l’encontre des personnes en situation de précarité 1 juillet, 2026

Par arrêté pris le 9 juin 2026, la maire de la commune de Menton a édicté une « réglementation concernant le bon ordre, la sûreté et la salubrité publique ».  L’arrêté contesté interdit, sur une partie importante du territoire communal et pendant de larges périodes de l’année, une série de comportements visant pour l’essentiel les personnes en situation de précarité.

En son article 2, il est « strictement interdit » :

  • de se livrer à toute forme de sollicitation ou appel à la quête de nature à entraver la libre circulation des personnes, la commodité du passage dans les voies et espaces publics, l’accès aux immeubles riverains ou, de manière générale, de porter atteinte par ces comportements au bon ordre et à la sécurité publique ;
  • de consommer de l’alcool sur la voie publique lorsque cette consommation est de nature à provoquer du tapage, des propos et gestes obscènes, des comportements agressifs ou tout autre comportement de nature à porter atteinte au bon ordre et à la sécurité publique ;
  • de faire des quêtes d’argent sans contrepartie réelle et de manière agressive, y compris aux terrasses de cafés et aux feux tricolores ;
  • d’occuper de manière prolongée ou répétée le domaine public par des installations, effets personnels, matelas, cartons, couvertures, chariots ou tout autre objet ayant pour effet d’entraver la circulation des piétons ou de porter atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques ;
  • de se livrer à toute forme d’exploitation animale à des fins de mendicité ;
  • d’embarrasser la voie publique en y déposant ou y laissant sans nécessité des matériaux ou objets quelconques ;
  • de contrevenir aux règles de décence et d’hygiène à observer dans les lieux publics (exhibition et déjections de quelque nature qu’elles soient).

En son article 3, sont également prohibés :

  • les regroupements de chiens, même accompagnés de leur maître et tenus en laisse, lorsque leur nombre, leur comportement ou les conditions de leur détention sont de nature à troubler l’ordre public, à entraver la libre circulation ou à compromettre la sécurité ou la salubrité publiques ;
  • les regroupements de personnes lorsqu’ils sont accompagnés de comportements de nature à troubler la tranquillité publique, à entraver la circulation des piétons, à provoquer des nuisances sonores, des sollicitations répétées ou un sentiment d’insécurité ;
  • l’usage d’appareils de diffusion sonore, enceintes portatives ou instruments produisant des nuisances sonores ;
  • la consommation de boissons alcoolisées sur la voie publique en dehors des terrasses autorisées dans les secteurs définis à l’article 4 ;
  • les sollicitations répétées ou insistantes auprès des clients des commerces, restaurants, cafés, marchés et établissements recevant du public.

La LDH a décidé de contester cet arrêté en introduisant le 26 juin 2026, un recours en annulation, assorti d’un référé-suspension devant le tribunal administratif de Nice.

Source: Menton : La nouvelle maire RN multiplie les interdictions à l’encontre des personnes en situation de précarité

Yssingeaux : Un arrêté anti-précaires qui ne dit pas son nom 1 juillet, 2026

Par un arrêté du 8 juin 2026, le maire d’Yssingeaux (Haute Loire) a pris un arrêté interdisant :

– chaque jour de 8h à 2h, « toutes occupations abusives et prolongées des rues, autres dépendances domaniales, parkings privés ouverts à la circulation publique, accompagnées ou non de sollicitations ou quêtes à l’égard des passants, lorsqu’elles sont de nature à entraver la libre circulation des personnes ou à porter atteinte au bon ordre et à la tranquillité publique » ;

– chaque année, du 1er janvier au 15 septembre inclus, la consommation de toutes boissons alcoolisées sur la voie publique, hors exceptions limitativement prévues.

La LDH contestant le réel objectif d’un tel arrêté, en ce qu’il vise en réalité à chasser les personnes en situation de précarité du centre-ville, a introduit un recours en annulation, assorti d’un référé suspension devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand.

Source: Yssingeaux : Un arrêté anti-précaires qui ne dit pas son nom

Ensemble, on devient 1 juillet, 2026

« Individuellement, nous sommes une goutte d’eau, mais ensemble nous sommes un océan. » – Aphorisme japonais

Combien de temps Robinson Crusoé aurait-il survécu seul sur son île ? L’histoire ne le dit pas, mais elle nous montre que l’arrivée de vendredi changea sa vie.

Bien sûr, il est peu probable que certaines ou certains d’entre nous se soient retrouvés dans une situation aussi dramatique que les deux héros de Daniel Defoe. Mais une chose est sûre, ensemble, ils purent mieux faire face aux difficultés quotidiennes et chacun des deux apporta beaucoup à l’autre.

Dans notre quotidien, nous ne vivons pas des aventures aussi extrêmes. Pourtant, une chose est vraie pour chacune et chacun d’entre nous, quels que soient notre âge, notre genre, notre origine sociale ou culturelle, nous avons besoin des autres pour grandir, pour apprendre, pour nous sentir en sécurité.

Quand quelqu’un nous encourage, nous explique, nous rassure, nous montre un chemin possible, nous comprenons que nous ne nous construisons pas seuls. Les rencontres que nous faisons peuvent éveiller en nous des admirations, guider nos comportements ou susciter des vocations qui, le moment venu, nous permettent d’envisager l’avenir, voire de choisir un métier.

Ce sont ces mains tendues qui nous évitent le découragement, la peur de nous tromper et d’être moqué, et qui nous font comprendre que chacune et chacun d’entre nous peut apporter quelque chose de positif au groupe, que chaque voix compte.

De telles démarches s’opposent à l’individualisme que renforce l’esprit de compétition. Elles reposent sur la coopération, l’entraide, la valorisation du travail collectif et le partage des compétences.

Je réussis mieux si je profite des conseils de mon voisin, ou si moi-même je l’aide… Je joue mieux si je passe la balle à mes amis au lieu de la garder pour moi.

A l’école, au collège, au lycée, au centre de loisirs, dans les ateliers du périscolaire, je ne me construis pas contre les autres, je me construis et je grandis avec les autres.

En choisissant ce sujet, la LDH vous propose d’encourager une société basée sur la coopération plutôt que sur la concurrence, une société qui tourne le dos au repli sur soi et valorise la richesse du collectif.

Transmettez-nous vos réflexions, vos propositions sous les formes qui vous conviendront le mieux : textes, chansons, dessins, vidéos… Comme chaque année nous attendons avec impatience vos productions.

Françoise Dumont,
présidente d’honneur de la LDH et présidente du jury

Les éléments : plaquette avec les consignes, fiches d’inscription et de participation, ect. seront disponibles avant septembre sur cette page.

Source: Ensemble, on devient

Cessons de considérer coupables les enfants victimes de traite ! 28 juin, 2026

Contribution de la LDH adressée à la Commission européenne

La Commission européenne a récemment lancé un appel à contributions pour élaborer un plan d’action destiné à mieux protéger les enfants contre la criminalité. Ce projet s’inscrit dans la stratégie « ProtectEU » et répond à un constat alarmant : les mineurs sont de plus en plus ciblés par les réseaux criminels, où ils se retrouvent souvent à la fois auteurs d’infractions et victimes d’exploitation.

Dans ce cadre, la LDH a soumis une contribution pour alerter les institutions européennes sur la réalité de la traite des mineurs, et souligne trois constats majeurs :

  • L’explosion de la traite des mineurs à des fins criminelles, tout particulièrement dans le domaine du trafic de stupéfiants.
  • Le non-respect récurrent du principe de non-sanction, qui conduit à condamner des enfants qui sont en réalité des victimes.
  • L’insuffisance globale du cadre protecteur applicable à ces victimes mineures.

Pour y remédier, la LDH formule plusieurs recommandations pour le futur plan d’action européen

1- Mieux identifier et sensibiliser

  • Créer et diffuser des « indicateurs de la traite à des fins de commettre une infraction » pour former l’ensemble des acteurs concernés (justice, forces de l’ordre, social), avec un focus sur le trafic de stupéfiants.
  • Mettre en place un recensement statistique européen pour analyser l’ampleur du phénomène.
  • Intégrer pleinement cette problématique dans la politique des drogues de l’Union européenne

2- Garantir le principe de non-sanction par la loi

  • Modifier la directive européenne (2011/36/UE) pour contraindre les États membres à ne pas sanctionner les mineurs victimes de traite.
  • Traduire ce principe par la création d’un fait justificatif spécial accordant aux mineurs une présomption simple d’irresponsabilité pénale.

3- Renforcer la protection des victimes

  • Développer un mécanisme européen d’identification et de protection, avec une attention particulière pour les victimes étrangères en situation irrégulière.
  • Lancer des études sur les facteurs de vulnérabilité pour mieux comprendre et prévenir les phénomènes de traite.
  • Assurer une prise en charge globale et pluridisciplinaire pour chaque mineur victime.

Lire la contribution

Source: Cessons de considérer coupables les enfants victimes de traite !