Dans Métropolitiques, tribune de Pierre Tartakowsy, président d’honneur de la LDH, « Etat d’urgence. Au plaisir des préfets, ou la résistible ascension du pouvoir administratif » 6 février, 2016
Droits de l’homme dans le monde
Droits de l’homme dans le monde
Droits de l’homme dans le monde
Depuis des mois, l’Action française sème le trouble à Aix-en-Provence.
Non contents de se manifester le samedi sur le marché d’Aix,
sans être le moins du monde inquiétés pour les idées qu’ils diffusent,
des membres de ce groupe ont agressé l’an dernier des jeunes militants communistes dans leur local,
ont perturbé le Cercle de Silence du mois de septembre,
puis une conférence organisée par le Parti socialiste à l’IEP avant de s’en prendre au député Jean-David Ciot – menacé de mort – lors de ses vœux la semaine dernière, au Théâtre d’Aix,
sans que la police d’Aix assure sa mission de protection.
Il faut maintenant ajouter à cela leur participation – au milieu d’autres organisations d’extrême-droite -, et en plein état d’urgence, à la manifestation « identitaire » au decorum fasciste qui s’est tenue samedi 30 janvier à Aix.
L’action française se définit elle-même comme un mouvement antirépublicain. Par leurs actes répétés, agressifs, injurieux, haineux, ses militants, souvent cagoulés, sont fidèles à la tradition violente de l’extrême-droite. Les positions xénophobes et racistes de l’Action française, son agitation nationaliste, ses provocations et sa brutalité révèlent son totalitarisme.
Des voix se sont déjà élevées – dont celle du député Jean-Davied Ciot – pour demander l’interdiction de ce groupuscule dangereux et des plaintes ont été déposées.
La Ligue des droits de l’Homme d’Aix-en-Provence dénonce fermement les actions haineuses de ce groupe, demande instamment aux autorités que les plaintes déposées soient instruites rapidement et insiste pour que tout soit mis en œuvre pour que de telles manifestations ne se répètent pas
Cinq ans après la révolution, Kasserine puis plusieurs autres villes de Tunisie se soulèvent de nouveau pour leurs droits économiques et sociaux bafoués.
La mort du jeune diplômé chômeur Ridha Yahiaoui, électrocuté alors qu’il réclamait son droit à l’emploi, souligne, de manière dramatique, que les acquis restent en deçà des attentes légitimes des populations marginalisées qui réclament travail, dignité et liberté.
Les mesures d’urgence, décidées à la hâte par l’actuel gouvernement tunisien, masquent mal son échec et celui des gouvernements successifs à s’attaquer prioritairement aux urgences économiques et sociales et à répondre aux exigences du développement des droits économiques et sociaux des plus défavorisés.
Le spectacle donné par les partis politiques au pouvoir, embourbés dans des querelles partisanes, ne fait que renforcer l’ampleur des mouvements déclenchés à Kasserine et qui s’étendent à de nombreuses villes et régions du pays, mouvements souvent criminalisés par les gouvernements successifs.
Partant de ce constat, les associations, partis politiques et militants de l’immigration tunisienne en France :
– présentent leurs condoléances à la famille du jeune Ridha Yahiaoui et leur compassion aux blessés
– exigent l’ouverture d’une enquête sérieuse sur la manipulation de la liste des dossiers prioritaires pour une embauche dans la fonction publique et des sanctions contre les tricheurs et corrompus,
– se déclarent totalement solidaires avec toutes celles et ceux qui, par des moyens pacifiques, militent pour leurs droits légitimes au travail, à la dignité et à la liberté,
– expriment leur solidarité avec les populations des régions déshéritées, hauts lieux de la révolution tunisienne, qui luttent contre le laxisme du pouvoir dans la mise en place des projets de développement et l’absence de vision stratégique pour l’emploi et la lutte contre la corruption.
– mettent le gouvernement en garde contre les graves conséquences et les risques de dérapage et de récupération pardes groupes terroristes ou malfrats.
– déclarent la création du « comité de suivi des luttes sociales en Tunisie »
Paris, le 21/01/2016
Le comité de suivi des luttes sociales en Tunisie appelle à :
| Rassemblement samedi 23 janvier 2016 à 15H00
Place de la République Métro République, Lignes 3, 5, 8 et 11 |
Premiers signataires :
Associations et partis politiques :
ADTF – AIDDA – ATF – ATMF – CFT – Collectif3C – CRLDHT – FTCR – Forum Permanent de Solidarité active – MCTF – REMCC – Tunisie Plurielle – UTIT – Vérité et Justice pour Farhat Hached – LDH
Front Populaire/France – Al Massar/France – Al Joumhouri/France
Les personnalités : Khaled Abichou – Mourad Allal – Mohsen Dridi
Contact :
Manuel Valls vient de déclarer, à l’occasion d’une interview accordée à la BBC, concernant la reconduction de l’état d’urgence en France « Tant que la menace existe, nous devons employer tous les moyens dont nous disposons dans notre démocratie, dans le cadre de l’état de droit, pour protéger les Français ». Il semble également ressortir de ses propos qu’il souhaite maintenir cet état d’exception « jusqu’à ce qu’on en finisse avec Daesh ».
Ainsi, si on tire les conséquences des propos du Premier ministre, les craintes des citoyennes et des citoyens et des organisations de la société civile mobilisés contre le maintien de l’état d’urgence sont confirmées. Le gouvernement et son Premier ministre semblent s’engager dans la volonté de faire vivre notre pays dans un état d’exception en s’accordant des pouvoirs considérables en dehors de tout contrôle du juge judiciaire.
Ne nous y trompons pas, renvoyer le retour au fonctionnement normalement démocratique de notre société à une hypothétique victoire aux contours incertains contre le terrorisme international, c’est prendre le chemin de l’arbitraire et de l’atteinte aux droits fondamentaux.
La LDH s’insurge contre de telles perspectives qui semblent se préciser dans les discours de nos gouvernants et s’engagera toujours plus résolument pour un retour au plein exercice de nos droits et de nos libertés. C’est le message qu’elle portera, avec plus d’une centaine d’ autres organisations, lors des nombreuses manifestations qui se dérouleront un peu partout en France le samedi 30 janvier.
Paris, le 23 janvier 2016.
Communiqué LDH
La LDH, représentée par Maître Spinosi, a introduit, le 19 janvier 2016, un référé-liberté afin de demander au Conseil d’Etat de suspendre tout ou partie du régime de l’état d’urgence actuellement en vigueur.
La LDH n’entend nullement contester l’importance cruciale de la lutte contre le terrorisme mais elle sollicite toutefois, de la plus haute juridiction administrative française, plus de deux mois après la mise en œuvre de l’état d’urgence, qu’elle suspende tout ou partie de ce régime d’exception ou, à tout le moins, qu’il soit enjoint au président de la République de procéder à un réexamen des circonstances de fait et de droit qui ont conduit à sa mise en œuvre.
Si les attaques terroristes des 13 et 14 novembre ont naturellement justifié la prise de mesures exceptionnelles, le Premier ministre lui-même avait alors reconnu que « l’Etat d’urgence est une réponse à court terme » et de poursuivre que cette mesure permettrait aux autorités « d’aller vite pour démanteler les groupes susceptibles d’agir et pour neutraliser les individus au comportement menaçant ».
La LDH entend toutefois souligner qu’un tel régime d’exception, par essence hautement attentatoire aux libertés fondamentales, ne saurait perdurer dans un Etat de droit et n’est précisément légitime que lorsqu’il est au service de ce dernier. Les dérives constatées lors de la mise en œuvre de ce régime, associées à sa perte d’efficacité naturelle au cours du temps, plaident encore incontestablement en faveur de sa suspension.
Paris, le 20 janvier 2016
Le 31 décembre, dans plusieurs villes d’Allemagne, des violences ont eu lieu à l’encontre de centaines de femmes : viols, autres agressions sexuelles, vols…
Nous les condamnons !
Nous demandons que toute lumière soit faite sur ces faits, sur leur organisation massive, et que ces hommes répondent de leurs actes devant la justice.
Nous sommes et restons contre les violences faites aux femmes, quels que soient leurs auteurs, demandeurs d’asile ou pas, où qu’ils soient et d’où qu’ils soient.
Nous condamnons aussi le détournement et la récupération de ces actes révoltants par des partis de droite et d’extrême-droite souhaitant utiliser ces violences commises pour discréditer la politique d’accueil des réfugiés d’Angela Merkel. En aucun cas les violences faites aux femmes n’ont à être instrumentalisées ! Elles ont lieu dans tous les pays, dans tous les milieux, dans tous les espaces. Et elles doivent être dénoncées partout ! Les féministes allemandes l’ont bien dit :
« Non à la violence contre les femmes, que ce soit à Cologne, à la fête de la bière ou dans la chambre à coucher »
La violence envers les femmes n’a pas de frontière : notre solidarité envers les femmes n’en a pas non plus.
Rassemblement fontaine des Innocents, à Paris (M° Les Halles) le lundi 18 janvier à 18h30
Il fera nuit : nous serons là ! Femmes du monde entier, ensemble.
Premiers signataires : Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif 20ème/Tenon, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes, Coordination Lesbienne en France, les effronté-e-s, Ensemble !, Europe Ecologie Les Verts, Femmes Egalité, Femmes Libres de Radio Libertaire, Femmes Migrantes Debout, Femmes solidaires, FiEres, FIT, une femme un toit, Ligue des droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Ligue du Droit International des Femmes , Maison des Femmes de Paris, Manifeste des Libertés, Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles- Maroc, Mouvement des Jeunes Communistes de France, Mouvement des Jeunes Socialistes, NPA, Osez le Féminisme !,Planning Familial, PCF, Rajfire, Réseau Féministe Ruptures, SNPES-PJJ-FSU-Ile de de France, Union des Familles Laïques, Union Syndicale Solidaires.
En région : Bagdam Espace Lesbien, Toulouse, Collectif 84 Droits des Femmes Vaucluse, Collectif Libertaire Anti-Sexiste, Lyon.
Source: Une décision de justice très inquiétante
Communiqué LDH
Le verdict d’acquittement rendu par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis au bénéfice d’un policier, accusé d’avoir commis des violences ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner lors d’une arrestation, ne peut être ressenti que comme une injustice. Il s’inscrit dans une logique qui autoriserait la police à tirer dans d’autres conditions que celles d’un danger immédiat.
La Ligue des droits de l’Homme demande au procureur général près la cour d’appel de Paris, dont c’est la responsabilité, de relever appel de cette décision afin que la justice puisse être pleinement rendue.
Paris, le 18 janvier 2016
Source: Agression à Marseille : défendre la laïcité
L’agression commise à Marseille contre un enseignant parce que juif est un acte antisémite avéré, que la LDH condamne totalement.
Cet acte appelle une réaction de tous car chaque acte de racisme est un acte contre la collectivité tout entière.
La LDH réaffirme que chacun doit être libre d’exprimer son appartenance religieuse comme il l’entend, dans le respect de la laïcité des institutions de la République. Nul ne saurait être privé de ce droit, encore moins sous la menace d’agressions.
Paris, le 14 janvier 2016.
Communiqué LDH
Le tribunal correctionnel d’Amiens vient de condamner huit anciens salariés de l’usine Goodyear à des peines de deux ans de prison, dont quinze mois de sursis assortis d’une mise à l’épreuve de cinq ans. Ils étaient poursuivis pour avoir retenu, il y a maintenant plus de deux ans, pendant une trentaine d’heures, deux cadres de leur usine menacée de fermeture. Cette séquestration, que n’avait entaché aucune violence, constituait l’ultime étape d’une longue lutte pour préserver l’entreprise. Elle a été suivie d’une fermeture définitive.
Alors que la direction de l’entreprise et les cadres concernés avaient retiré leurs plaintes, cette très lourde condamnation signe une aggravation continue du climat social et interroge sur le regard porté par certains magistrats sur les réalités de la violence sociale, vécue au quotidien par des salariés livrés à la sauvagerie d’employeurs et d’actionnaires prédateurs.
Pour la première fois dans notre pays, la justice prononce une peine de prison ferme, ce qui constitue également un indicateur de plus dans la logique de criminalisation du mouvement syndical et social, laquelle paraît devenir une constante des choix gouvernementaux.
La Ligue des droits de l’Homme dénonce la lourdeur de la condamnation infligée aux militants syndicaux de l’usine Goodyear, et exprime sa solidarité et son soutien à leur égard.
Paris, le 14 janvier 2016