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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives par catégorie : Articles

#32 – Novembre 2016 : Les violences faites aux femmes : parlons-en, brisez le silence ! 21 novembre, 2016

Les violences faites aux femmes depuis des millénaires sont la manifestation du
sexisme et du machisme présents dans la plupart des sociétés. Ces
comportements sont à relier aux autres discriminations dont les femmes sont
victimes, notamment dans les domaines économique et social (organisation du
travail, inégalités de salaire, accès aux responsabilités…).
Dans ce numéro des Echos, nous n’analysons pas les causes du sexisme et du
machisme (on peut pour cela se reporter aux Echos n°16 et 25, Femmes : luttes
passées, combats d’aujourd’hui, mars 2013, actualisé en mars 2015).
Ici, nous allons principalement décrire les différentes formes que prennent les
violences que subissent les femmes, alerter sur leur gravité, conseiller de ne
jamais se taire, dire auprès de qui chercher un secours.

Pièces jointes

les-echos-de-la-ldh-n-32_v6 Télécharger

Toussaint 2016 : retour du fichier des « gens honnêtes » ? 3 novembre, 2016

Communiqué LDH

Avec la création du fichier baptisé « titres électroniques sécurisés » (TES), le gouvernement prétend faciliter l’obtention d’un passeport ou d’une carte d’identité et permettre l’authentification des demandeurs. Il entend également limiter la falsification de ces documents.

Aussi louables que soient de tels objectifs, ceux-ci ne sauraient occulter l’extrême dangerosité d’une base de données qui va centraliser des informations personnelles et biométriques sur la quasi-totalité de la population française, s’inspirant ainsi d’un projet proposé par le précédent gouvernement et partiellement censuré par le Conseil constitutionnel. A cette époque, l’actuel garde des Sceaux avait qualifié un tel projet « de bombe à retardement ».

Le gouvernement, chevauchant une loi qu’il avait décriée et s’exemptant d’un débat au Parlement, s’est contenté de faire paraître, en catimini, un décret pour créer ce fichier unique d’une taille inégalée et malgré les nombreuses réserves de la Cnil.

La LDH dénonce avec force la mise en place d’un outil qui d’ores et déjà est consultable par une multitude de services et qui sera exposé à toutes sortes de piratages. Par ailleurs, ce fichier ne présente aucune garantie quant à d’éventuelles évolutions, tout cela sans possibilité de recours de la part des citoyen-ne-s et sans aucun contrôle d’une instance indépendante. Ce gouvernement poursuit ainsi son choix d’une surveillance de masse et fait preuve de la plus grande irresponsabilité.

La LDH continuera à informer les citoyen-ne-s sur les dangers de cette base de données qui met en danger la protection de la vie privée et le respect des libertés individuelles.

 

Paris, le 3 novembre 2016

Source: Toussaint 2016 : retour du fichier des « gens honnêtes » ?

Les ONG en appellent à la responsabilité des sénateurs : ne détruisez pas le dispositif de protection des lanceurs d’alerte dont la France doit enfin se doter avec la loi Sapin 2 2 novembre, 2016

Communiqué commun

Les ONG regrettent très vivement que la commission des lois sénatoriale ait mis à bas le dispositif équilibré adopté par l’Assemblée nationale – fruit du travail du gouvernement et des deux chambres, lors de l’examen du projet de loi « transparence, lutte contre la corruption et modernisation de la vie publique ». Plus d’un quart des amendements ont été déposés sur l’unique article concernant la protection des lanceurs d’alerte (article 6) – visant notamment à la suppression du principe de précaution dans la définition, du soutien financier aux lanceurs d’alerte (pourtant adopté par le Sénat en première lecture) ou des sanctions pénales pour les auteurs de représailles. Nous exprimons notre vive inquiétude et incompréhension face à la destruction des fondements du dispositif, inspiré des meilleurs standards internationaux et notamment du modèle britannique (1998), des recommandations du Conseil de l’Europe (2014), des ONG (2015) ou du Conseil d’Etat (2016).

Afin d’assurer une protection effective des lanceurs d’alerte, nous demandons la réintroduction de toutes les mesures supprimées, et la mise en cohérence de la procédure de signalement avec la loi organique relative au Défenseur des droits.

Il appartient au Sénat dans sa rigueur de régulariser la saisine directe du Défenseur des Droits par le lanceur d’alerte, à l’instar des victimes de discrimination, de préciser le rôle des instances représentatives du personnel dans le dispositif, et de veiller au maintien des acquis des lois sectorielles déjà adoptées conformément aux recommandations du Conseil d’Etat.

En adoptant, comme l’ont fait avant nous de nombreux pays démocratiques, un dispositif cohérent et équilibré visant à protéger les lanceurs d’alerte agissant au service de l’intérêt général, le Parlement contribuera à renforcer la participation des citoyens à la vie publique.

 

Lien vers la pétition des ONG pour un statut global et protecteur des lanceurs d’alerte (plus de 66 000 signataires)

 

Communiqué de :

  • Anticor
  • Bloom
  • CCFD-Terre solidaire
  • CFDT
  • CFDT Cadres
  • Collectif Roosevelt
  • Greenpeace France
  • Le Pacte civique
  • Ligue des droits de l’Homme
  • Plateforme des paradis fiscaux et judiciaires
  • Powerfoule
  • Pugwash-France
  • Réseau Environnement Santé
  • Sciences Citoyennes
  • Transparency International France
  • UGICT – CGT

 

Paris, le 2 novembre 2016

Source: Les ONG en appellent à la responsabilité des sénateurs : ne détruisez pas le dispositif de protection des lanceurs d’alerte dont la France doit enfin se doter avec la loi Sapin 2

Le tribunal administratif de Marseille suspend l’application de la « Charte de la laïcité » d’Aix-en¨Provence 14 octobre, 2016

La Ligue des droits de l’Homme a contesté devant le Tribunal administratif de Marseille la légalité de la délibération du conseil municipal d’Aix-en-Provence du 18 juillet 2016 adoptant une « Charte du respect des valeurs de la République, de la laïcité, de la citoyenneté et de la neutralité » ; celle-ci, en effet,  s’ingère illégalement dans la définition de l’objet social et dans les modalités de fonctionnement des associations, en particulier en leur imposant une obligation de neutralité qui ne concerne en réalité que les services publics. La Ligue avait demandé en outre que l’urgence soit retenue puisque le dépôt des demandes de subvention doit se faire avant le 30 novembre 2016.

Par ordonnance du 14 octobre 2016 le juge des référés suspend l’exécution de la délibération du Conseil municipal d’Aix-en-Provence ayant approuvé la « charte de la laïcité » dont la signature aurait été obligatoire pour les associations demandant une subvention.

Le juge a considéré que la condition d’urgence était remplie pour deux motifs :

  • atteinte à l’intérêt public que constitue le respect du principe constitutionnel de liberté des associations,
  • atteinte grave et immédiate aux intérêts de la LDH en tant qu’elle a reçu les années précédentes une subvention de la ville qu’elle ne pourrait demander pour 2017 sans signer cette charte.

Il a ensuite considéré que l’atteinte illégale au principe de liberté des associations, principe fondamental de la République, fait naître un doute sérieux sur la légalité de la délibération.

Il a en conséquence décidé de suspendre l’exécution de la délibération jusqu’au jugement sur le fond et de condamner la commune à payer à la LDH une somme de 1000€ au titre des frais exposés.

La Section d’Aix-en-Provence de la Ligue des droits de l’Homme se réjouit de ce jugement pour elle-même et pour toutes les autres associations.

 

Philippe Sénégas

Président de la section d’Aix-en-Provence de la LDH

 

La LDH soutient le film documentaire « Les Pépites », de Xavier de Lauzanne 13 octobre, 2016

Affiche_LesPepites_72dpiSortie le 5 octobre 2016

La Ligue des droits de l’Homme soutient le film documentaire de Xavier de Lauzanne, Les Pépites.

Ce pourrait être la simple illustration d’une belle action humanitaire, l’histoire de l’association Pour un sourire d’enfant, mais dans Les pépites on trouve beaucoup plus que cela.

Xavier de Lauzanne, dont la LDH a soutenu le précédent documentaire sur Les Enfants valises, filme à nouveau des enfants, au Cambodge cette fois, et il nous raconte comment un couple de retraités, grands voyageurs depuis toujours, ont, depuis plus de vingt ans, changé le sort de près de dix mille enfants.

C’est en 1995 que Christian et Marie-France des Palières s’intéressant aux enfants des rues de Phnom-Penh ont été conduits par ceux-ci sur la décharge à ciel ouvert de la ville. Ils ont découvert là des centaines d’enfants de 6 à 15 ans qui fouillaient les immondices, pour la plupart à mains nues, souvent pieds nus, cherchant de quoi se nourrir ou des matériaux à revendre. Ce fut pour eux un choc tellement fort qu’ils ont commencé tout de suite à distribuer sur place un repas par jour à ces enfants (c’était ce qu’ils demandaient en premier, le souhait le suivant étant de pouvoir aller à l’école). Ils ont alors construit une paillote un peu éloignée de la décharge à cause des odeurs et des mouches, et commencé à leur donner des soins médicaux, de quoi se laver et recruté des enseignants sur place pour ouvrir quelques classes. Puis ils ont vendu tous leurs biens en France et commencé à construire les bâtiments en dur d’une école, créé l’association Pour un sourire d’enfant (PSE) qui leur permet de faire parrainer les enfants et de donner aux familles une quantité de riz tous les mois pour compenser la perte de « revenus » due au fait que l’enfant est scolarisé. Au fil des ans les structures ont évolué avec la construction d’un internat pour les orphelins, d’une école secondaire et la mise en place de plusieurs filières de formation professionnelle (restauration, informatique, mécanique, mais aussi métiers de la mode…). C’est ainsi que le réalisateur a pu travailler pour son film avec des techniciens cambodgiens formés dans le centre de formation aux métiers du cinéma de PSE. Il a collaboré avec les élèves et les enseignants, enthousiastes à l’idée de raconter leur propre histoire.

Si l’on peut être gêné parfois par l’insistance du réalisateur à faire dire par les enfants (sur les images d’archives) leur histoire familiale, les sévices subis, cela permet de comprendre que la dictature épouvantable des khmers rouges n’a pas laissé seulement ce pays exsangue, il a aussi entraîné une perte des repères moraux qui sont pour beaucoup dans la maltraitance de ces enfants.

Mais il faut vraiment voir le bonheur d’apprendre de ces enfants, le sourire de chacun d’eux lorsqu’il reçoit son « paquetage » (cahiers, livres, stylos, uniforme) signifiant qu’il est admis à l’école pour comprendre combien l’accès à l’éducation est un besoin vital.

Aujourd’hui les premiers bénéficiaires de l’œuvre du couple des Palières sont devenus adultes, entrés dans la vie active, certains sont devenus enseignants ou responsables de différents services au sein de l’école, ce qui est certainement le meilleur gage de pérennité de cette entreprise : qui mieux qu’eux pourrait en effet comprendre les besoins de ces enfants.

Si Christian des Palières affirme avoir été « […] capable de faire un choix radical quand vous sentez qu’il va vous rapporter beaucoup. Ce n’est pas du mérite, ce n’est pas une vocation, c’est de la recherche du plaisir, c’est de l’égoïsme », on souhaiterait que l’égoïsme et la recherche du plaisir se manifestent plus souvent de la même façon ! L’humanité, la solidarité, témoignées par le couple, pour qui les droits de l’enfant ne sont pas un vain mot, ainsi que l’efficacité de leur action ne peuvent que susciter notre admiration.

Les Pépites
Documentaire français, 2016

Durée : 1h28
Réalisation : Xavier de Lauzanne
Production : Aloest Productions
Distribution : Rezo Films

Visitez le site du film

Facebook/lespepiteslefilm

Twitter @Lespepitesfilm

© DR

Les-Pepites-2

© Aloest Productions Bonne Pioche

Source: La LDH soutient le film documentaire « Les Pépites », de Xavier de Lauzanne

Monsieur le Président, protégez la Flottille des Femmes pour Gaza 13 octobre, 2016

Le Bateau des Femmes pour Gaza approche de sa destination ; les autorités israéliennes ont déjà prévu d’empêcher le voilier et les 15 femmes à son bord d’accoster sur les rives de la bande de Gaza. Demandez au Président français d’intervenir afin de protéger la Flottile !
Monsieur le Président de la République,

Vous n’ignorez sûrement pas qu’un bateau de la Flottille de la Liberté, la Zaytouna-Oliva, est actuellement en Méditerranée orientale, en route pour la bande de Gaza où elle devrait arriver d’ici deux jours. A bord, uniquement des femmes, d’une dizaine de nationalités, dont une prix Nobel de la Paix, qui veulent briser le blocus de Gaza afin de rencontrer la population palestinienne qui s’y trouve enfermée, en violation du droit international qui interdit les punitions collectives.

La libre circulation des personnes est une liberté fondamentale que ces femmes revendiquent. Nous les appuyons dans cette démarche solidaire. 
Malheureusement, les autorités israéliennes font savoir qu’elles vont s’attaquer à ce petit voilier qui a pour toute cargaison un message de solidarité et de paix.

Nous vous demandons instamment d’user de tous les moyens dont dispose la France pour convaincre le gouvernement israélien de laisser passer ce bateau pacifique, en application de la résolution 1860 du Conseil de Sécurité des Nations unies sur la nécessité d’un couloir humanitaire vers Gaza. [1]

Dans l’attente de votre intervention urgente, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, mes salutations respectueuses.

Madame Claude Léostic
Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine 
Porte-parole en France du Bateau des Femmes pour Gaza

[1] Le Conseil de sécurité « demande que l’aide humanitaire, y compris les vivres, le carburant et les traitements médicaux, puisse être distribuée sans entrave dans tout Gaza » et se félicite des initiatives « visant à créer et ouvrir des couloirs humanitaires. » http://www.un.org/press/fr/2009/CS9…

Signez la pétition en ligne ! 






Source: Monsieur le Président, protégez la Flottille des Femmes pour Gaza

Non à la fermeture du Secours populaire ! 13 octobre, 2016

Un maire FN veut expulser le Secours Populaire de sa commune à Hayange. C’est un scandale !

Il reproche à cette association caritative de venir en aide aux réfugiés, alors que c’est le coeur de leur mission que d’aider les plus démunis – y compris les réfugiés qui ont dû quitter leur pays en proie à la guerre et à la misère. Le Secours Populaire joue un rôle fondamentale pour la solidarité en soutenant toutes les familles victimes de la pauvreté et de l’exclusion. Il faut l’y aider et non l’arrêter !

Aujourd’hui, l’expulsion a été ordonnée, mais les responsables associatifs ont refusé de rendre les clés de leur local. Apportons-leur notre soutien pour qu’ils continuent à secourir les plus démunis à Hayange. C’est maintenant qu’ils en ont besoin!

 

Signez la pétition en ligne !

Source: Non à la fermeture du Secours populaire !

Défendre la laïcité aujourd’hui 26 septembre, 2016

Nous reprenons ici un article de Daniel Boitier, co-animateur du groupe de travail Laïcité de la LdH, paru en novembre 2014 et repris sur le site de la section de Toulon. Il est toujours d’actualité.

 

La référence à la laïcité prend un tour mécanique dans le débat politique aujourd’hui. Pire, ce n’est pour certains qu’un moyen de désigner implicitement nos concitoyens de culture musulmane.

C’est parfois en abusant de fausses évidences qu’elle est détournée. De condition d’égalité et de liberté, la laïcité devient un outil d’exclusion.

 

Dans un document de campagne de 2014, la LDH opposait à la laïcité défigurée que nous dénoncions, l’idée que : la laïcité, c’est le contraire de l’exclusion. Notre résolution du 77ème congrès de Clermont-Ferrand (21-22-23 mars 1997) alertait déjà à propos « la laïcité détournée de son objet ».

Nous nous situions dans la droite ligne de l’article 10 de la Déclaration de 1789. Nous pouvons dire que d’un principe de liberté (déjà exprimé dans la Déclaration de 1789 : « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi »), la laïcité détournée nous amène à une affirmation identitaire (d’ailleurs double : laïcité et catholicité, certains parlent de catho-laïcité) qui exclut.

Nous nous situions aussi dans une fidélité à la loi de 1905. Et faire retour sur les quelques idées fausses qui soutiennent le détournement de la laïcité et la Nouvelle laïcité initiée par le rapport Baroin de 2003, c’est d’abord relire attentivement la loi de 1905.

Il faut donc préalablement rappeler l’esprit de la loi de 1905, voulue telle par Briand, Jaurès et de Pressensé.

RAPPEL

La loi de 1905 s’est construite sur deux refus : celui d’une laïcité anti religieuse et celui d’une laïcité gallicane. Les amendements de Maurice Allard, pour qui la liberté de conscience ne peut valoir pour les religions qui ne sont qu’oppression des consciences, sont systématiquement repoussés et Combes a vu son projet abandonné.

La loi de 1905, s’est élaborée selon une méthode fondée sur un large et calme débat qui évite les dérives (exemple de l’amendement de Charles Chabert pour interdire le port de la soutane dans l’espace public, amendement rejeté massivement), débat où l’on discute avec l’opposition elle-même. Il s’agissait de sortir des « anathèmes stériles ».

Le cœur du débat peut être explicité par deux questions :

1- D’abord une question philosophique et politique : Soit « la République assure la liberté de conscience » (article 1) mais quid d’une liberté individuelle et d’un droit collectif ? Dans le débat les « radicaux » se distinguent des socialistes, pour Pressensé et les socialistes dont Jaurès, l’individu se réalise dans un collectif. Ce débat oppose Jaurès et Buisson qui sera mis en minorité : pour Buisson aucune reconnaissance ne doit être accordée aux religions, seul compte le citoyen français… Question que l’on formulerait aujourd’hui en interrogeant la fonction des communautés dans le processus de constitution des sujets.

On sait que l’article 1 poursuit : « elle (la République) garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public ».

2- Ensuite une question juridique (mais lourde d’enjeux), celle de savoir si l’Etat a ou non à reconnaître les spécificités des organisations religieuses ? Pressensé emprunte aux anglo-saxons le concept de « associations cultuelles ». La réponse à la question se trouve dans l’article 4, il concerne la propriété des biens mobiliers et immobiliers qui devront « être transférés aux associations qui, en se conformant aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice, se seront légalement formées… ».

Pourtant d’idées approximatives en idées fausses, s’est dessiné l’espace de ce détournement. Nous envisageons dans la suite 12 propositions qui dessinent l’espace d’un détournement.

1- LA LAICITE S’OPPOSE AUX RELIGIONS :

La loi de 1905 est une loi de séparation des Eglises et de l’Etat et non d’éradication du fait religieux [1]. Le débat sur la loi a montré que Briand, Jaurès ou Pressensé ont cherché des formulations acceptables par leurs adversaires en faisant droit à ce qui pouvait constituer pour les catholiques un noyau non négociable.

L’article 1 affirme la liberté « sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public ».

La loi de 1905 s’est construite dans le refus d’une laïcité anti religieuse. Les amendements de Maurice Allard pour qui la liberté de conscience ne saurait valoir pour les religions qui ne sont qu’oppression de conscience, sont d’abord repoussés. Comme est d’abord abandonné le projet de Combes.

2- LA LAICITE DEFEND LA LIBERTE DE CONSCIENCE MAIS PAS LA LIBERTE DE CULTE.

Il est vrai qu’historiquement le mouvement de sécularisation est passé par une étape manifestant une méfiance envers les effets d’une liberté de culte (Spinoza, « traité politique »).

Mais la loi de 1905 est claire :

Article 1 : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. »

En conséquence, l’article 2 introduit une exception au non subventionnement des cultes : « pourraient être inscrites aux budgets des dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels les lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. » .

Plus philosophiquement, on devra s’interroger sur la liberté de conscience en tant que liberté individuelle ou droit collectif.

3- L’ETAT LAIQUE IGNORE LES RELIGIONS

La difficulté est conceptuelle. L’article 2 de la loi de 1905 dit « La république ne reconnait aucun culte ». Ce qui veut dire que la loi rompt avec le Concordat et les « religions reconnues ».

Mais l’article 4 spécifie que la République remet les édifices cultuels aux seules associations qui se « conforment aux règles générales (de) leur culte ». Pour parler comme le juriste Patrice Roland : l’Etat ne « reconnait » pas les religions mais il les « connait » et en connait (et accepte) les règles de fonctionnement. Donc à l’inverse de ce qu’imposaient le Concordat ou la Constitution civile du Clergé, l’article 4 de la loi de 1905, prend en compte l’organisation des religions existantes. Cet article fut rejeté par le plus grand nombre des députés « radicaux ».

4- LA LAICITE S’APPLIQUE DE LA MEME FACON SUR TOUT LE TERRITOIRE FRANÇAIS

Il existe en France huit régimes cultuels différents dont six pour l’outre-mer. A côté du régime concordataire de l’Alsace Moselle, existent des régimes hérités de l’histoire à Mayotte, en Nouvelle Calédonie, en Polynésie Française, aux îles Wallis et Futuna, à Saint Pierre et Miquelon, en Guyane.

Une décision récente du Conseil Constitutionnel (QPC du 21 février 2013) consacre que la Constitution ne s’oppose pas à des régimes dérogatoires au principe de laïcité.

Cette décision définit de plus les cinq composantes constitutionnelles de la laïcité :
- neutralité de l’Etat,
- non reconnaissance de quelque culte que ce soit,
- respect de toutes les croyances,
- égalité devant la loi,
- garantie de libre exercice des cultes et absence de financement de culte.

Autrement dit : la laïcité ne s’applique pas de la même façon sur tout le territoire et de plus, elle est le produit d’une série de lois, mais aussi d’une pratique juridictionnelle, de la loi de 1882 sur l’enseignement primaire jusqu’à la loi de 2004 sur les signes religieux dans les Ecoles, les collèges et les lycées publics ».

On pourra ironiser sur la manière dont on introduisit et pratiqua la laïcité dans les colonies. En Algérie par exemple, selon Raberh Achi- « La séparation des Eglises et de l’Etat à l’épreuve de la situation coloniale » (cité dans L’affaire Baby loup ou la Nouvelle laïcité, p. 27) : « à l’échelle algérienne ce dispositif fut souvent orienté par l’unique objectif de maintenir les seuls ministres du culte ayant fait preuve de loyalisme en leur octroyant des indemnités. Cela prit la forme d’une gestion administrative et politique du culte, contraire aux principes énoncés par la loi de 1905, dans le but de contrôler la population indigène musulmane ».

5- LA LAICITE INTERDIT LES TENUES RELIGIEUSES DANS L’ESPACE PUBLIC

Il y a bien eu un débat à l’occasion de la séance parlementaire du 26 juin 1905 sur le port de la soutane. C’est Briand qui s’oppose à son interdiction. Alors que Chabert, député de la Drôme, plaidait pour qu’on en libère les prêtres parce « la vie du prêtre ne doit pas être ce qu’elle est ». L’amendement Chabert est rejeté par 391 voix contre 184.

La question des signes religieux dans l’espace public est souvent liée à une lecture superficielle de l’article 28 de la loi de 1905. Cet article concerne les « signes et emblèmes religieux » « élevés ou apposés sur les monuments publics », avec la réserve des édifices servant au culte, aux terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, des musées et des expositions , il est interdit à l’avenir d’en apposer sur les emplacements publics.

La question des sphères publiques et privée est complexe : voir Jean Pierre Dubois : Pluralisme, laïcité, sphères publiques, sphère privée qui montre l’insuffisance de l’opposition privé/public. Voir aussi pages 78 et 79 de l’affaire Babyloup ou la nouvelle laïcité. Pour un effet d’ironie : dans le Parlement qui vote la loi de 1905, on trouve des prêtres en soutane. Quand l’abbé Pierre entre au Parlement, c’est en soutane.

6- LA LAICITE RENVOIE LES RELIGIONS DANS LA SPHERE PRIVEE

Avis sur la laïcité du 26 septembre 2013 de la CNCDH : « La séparation des Eglises et de l’Etat ne doit pas être comprise comme visant à l’éviction hors l’espace public de toute manifestation de conviction religieuse » ;

La CNCDH le conclut de l’article 1 de la Constitution qui « assure la liberté de conscience » et du respect de « toutes les croyances » et de l’article 1 de la loi de 1905.

La CNCDH rappelle l’arrêt du 5 septembre 2012 de la Cour de justice de l’Union Européenne qui estime que certaines formes d’atteinte à la manifestation de la religion en public peuvent constituer une persécution en raison de la religion. Et donc que la liberté doit être la règle et ses limitations, l’exception.

La formule du Président François Hollande : « En 1905, la laïcité était simplement la séparation de l’Etat et des cultes. Aujourd’hui, elle est une frontière entre ce qui relève de l’intime, qui doit être protégé, et ce qui appartient au public, qui doit être préservé », qui justifie la Nouvelle Laïcité, se construit sur

  1. Une confusion entre public comme espace de l’Etat et espace de tous ;
  2. Et une promotion de la notion de l’intime qui sonne comme une trace d’augustinisme. Dans les Confessions d’Augustin, l’intime comme ce qu’il y a de plus intérieur est l’espace où Dieu peut descendre.

7- LA LAICITE, C’EST LA NEUTRALITE

CNCDH, Avis du 26 septembre 2013 : La neutralité de l’Etat est la première composante de la laïcité. Ce qui implique l’égalité devant la loi de tous les citoyens « sans distinction d’origine, de race ou de religion » (article 2 de la Constitution).

Dans le service public, la neutralité s’impose à tout agent du service public. Selon les normes constitutionnelles, internationales et législatives les usagers ne sont pas soumis à cette règle de neutralité. Des restrictions peuvent se légitimer par des impératifs d’ordre public (sécurité, santé, salubrité, hygiène) selon un principe de proportionnalité.

Donc neutralité de l’Etat et pas de la société et encore moins de tous les citoyens.

Reste que selon la CNCDH des difficultés peuvent apparaître « qui proviennent moins du principe de laïcité lui-même, que de l’identification du service public. »

Sur l’idée de neutralité, Madeleine Rebérioux rappelait l’invitation de Jaurès aux instituteurs : « être laïque c’est poser aux enfants les grands problèmes de société : la grève, la colonisation, la guerre, la religion ». Elle ajoutait : « renoncer à un sentiment de supériorité du pays des droits de l’Homme, respecter les autres individus en tant que porteurs d’autre civilisations. » (Hommes et Libertés, n°113-114. P.31).

8- LA LOI N’AUTORISE PAS LES CARRES MUSULMANS (ou juifs)

La cadre juridique républicain est établi antérieurement à la loi de 1905 qui l’a confirmé. La loi du 14 novembre 1881 fait des cimetières un lieu a-religieux, celle du 28 décembre 1904 confie l’organisation des funérailles aux communes.

La loi du 15 novembre 1887 veille à la liberté des funérailles et attribue la possibilité d’organiser par avance ses funérailles. La notion de volonté du défunt est centrale.

La création de carrés confessionnels est préconisée par les circulaires ministérielles du 28 novembre 1975 et 14 février 1991.

(La loi du 8 janvier 1993 supprime le monopole de l’Etat et instaure la libre concurrence).

Notons que les volontés de certains croyants trouvent un obstacle dans des impératifs d’hygiène et de sécurité (la sépulture à même le sol).

9- LA LAICITE S’OPPOSE AUX COMMUNAUTES

Cette question est au cœur du débat parlementaire de 1905. Les radicaux s’opposent aux socialistes sur la question de savoir si on doit s’en tenir au seul citoyen ( Buisson) ou si on doit penser que l’individu se réalise à travers des collectifs, des communautés. Avec la sous question de savoir si les droits sont individuels ou collectifs. Jean Pierre Dubois concluant l’Université d’Automne de la LDH (Individus, communautés et République) soutenait :

  1. « nier les communautés, c’est renvoyer le désir d’appartenance aux replis identitaires communautaristes »
  2. « nul n’accède à l’universel par la négation du singulier et des singularités ».

(Hommes et Libertés n°140, sept, oct, nov 2007, p.59). En refusant à la fois le culturalisme identitaire et l’abstraction républicaine, il s’opposait à la fois aux assignations identitaires et à une intégration par arrachement.

Il serait intéressant de se reporter aux travaux de Monique Pinçon- Charlot et Michel Pinçon. Dans Le Ghetto du Gotha, ils montrent la grande bourgeoisie dans son action « militante ». De la protection de « l’entre-soi » à l’institutionnalisation de « cercles, associations, comités, commissions (se) concentrent les agents sociaux dotés des attributs du pouvoir efficace » (p. 268). La sociologie de cette « classe en soi et pour soi » qu’est la grande bourgeoisie montre à l’œuvre un communautarisme identitaire.

10- LA LAICITE LIBERE LES FEMMES

Il est juste de dire que l’Egalité Hommes/Femmes est exigée par le mouvement d’émancipation voulu par les Lumières et associé à la sécularisation de la société (loi sur le mariage civil, loi sur le divorce).

Reste que la temporalité de la laïcisation de l‘Etat et celle de la construction de l’égalité hommes /femmes n’a pas été synchrone.

L’ordre matrimonial napoléon (Code Civil) et son principe de complémentarité hiérarchique des sexes ont résisté bien au-delà de la neutralisation de l’Etat.

Il est vrai que le Concordat et le Code Civil napoléonien manifestent une régression par rapport à la politique de la Révolution, mais la République n’y porte pas remède de la même manière. Le premier verrou de cet ordre hiérarchique saute bien avec la loi de 1912 qui autorise la recherche en paternité, mais persiste jusqu’à la fin du 20ème siècle la hiérarchie dans le couple.

C’est probablement une explication à une certaine timidité dans le combat « laïque » pour le « mariage pour tous » où la laïcité est parfois invoquée (de manière peu laïque) comme renvoi du religieux hors de l’espace du débat public.

Autre référence utile aux travaux des Pinçon : on trouve dans la bourgeoisie une anthropologie conjugale qui sans constituer le mari en « dominus » ne l’établit pas moins en « senior »

11- LA LAICITE S’OPPOSE AUX DROITS DE L’HOMME

Le rapport de la République à la Déclaration de 1789 est moins simple que l’on ne le dit. Ce n’est que la quatrième République qui plaça la Déclaration en préambule et ce n’est qu’en 1971 (avec le rôle prépondérant du Conseil Constitutionnel) que clairement la Déclaration prend sa place dans la hiérarchie du droit.

Reste que pour la LDH défendre la laïcité est inséparable de la liberté d’expression, y compris religieuse. Pressensé, président de la LDH, se place dans cette position en 1908 au moment de l’Affaire des officiers de Laon qui avait été sanctionnés pour avoir (en civil) assisté à un office : « La liberté, quand on la menace sur un seul point, elle est violée dans tous les autres ». Voir Emmanuel Naquet « Pour l’humanité » presses universitaires de Rennes 2014, p. 193-194.

« La Nouvelle laïcité » de François Baroin (rapport de mai 2003) pour devenir une « valeur de droite » (sic) proclame que « laïcité et droits de l’Homme » sont incompatibles … Dans leur livre sur l’Affaire Baby Loup, Stéphanie Hennette Vauchez et Vincent Valentin déconstruisent la Nouvelle Laïcité de Baroin « les droits de l’Homme, dont est issu le principe de non-discrimination, empêcheraient de s’opposer à l’expression d’une religion en particulier, en l’occurrence l’Islam, seule religion vue comme menaçant le socle républicain ». Nos auteurs poursuivent : « On passe ainsi d’une laïcité fondée sur l’égale liberté de tous les individus, à une laïcité fondée sur la défense d’une identité culturelle et politique ».

A l’inverse à la LDH, on ne sépare jamais combat pour la laïcité et lutte contre les discriminations. D’où nos réserves sur la loi de 2004.

La LDH a depuis 2001, de congrès en congrès, rappelait que la défense de la laïcité ne pouvait non seulement pas « devenir un prétexte aux exclusions » (7 mai 2001) mais était un complément nécessaire à la devise de la République. Résolution du Congrès d’Evry : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité ».

Notre résolution du 2 avril 2011 manifeste notre inquiétude face aux déguisements de la laïcité conduisant à stigmatiser nos compatriotes de religion musulmane et réaffirme notre attachement à la laïcité qui refuse « la hiérarchie des civilisations et l’inégalité des cultures ».

12- LA LAICITE EST UNE PARTICULARITE FRANÇAISE

La notion et le mot laïcité n’apparaissent pas dans les textes internationaux. Cependant ces textes affirment la liberté de pensée, de conscience et de religion, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction tant individuellement que collectivement, en public, en privé, par le culte, l’enseignement et l’accomplissement des rites (DUDH, 10 décembre 1948, article 18). A quoi d’autres textes internationaux ajoutent le droit de changer de religion. (article 18 du Pacte international des droits civils et politiques, 16 décembre 1966).

On dira cependant la spécificité française d’une laïcité qui est plus que la séparation des Eglises et de l’Etat. On sait que pour Jaurès, la loi de séparation devait permettre de sortir du conflit des « deux France » et de « passer au social »… La République laïque est aussi la République sociale.

Pour une approche globale, il est nécessaire d’articuler la laïcité à quatre piliers :
- La souveraineté du peuple tout entier qui exclut que quiconque soit privé de ses droits en raison de ses convictions…
- la liberté d’opinion.
- l’égalité des droits
- la fraternité universelle.

En cela, la fragmentation de la société, son ethnicisation sont des menaces pour la République et les Droits de l’Homme, leur indivisibilité et leur universalité. Il s’agit de comprendre que le communautarisme n’est pas seulement le produit de replis mais un outil de prise ou de maintien de pouvoir comme dans les formes de la laïcité dite « ouverte » organisant une tolérance aux archaïsmes communautaires et reconnaissant sous un mode quasi néo colonial l’existence des communautarismes.

Draguignan, le 15 novembre 2014

Daniel Boitier
Co-animateur avec Alain Bondeelle
du Groupe de travail Laïcité de la LDH

Notes

[1] Comme l’a relevé le Conseil d’Etat dans Réflexions sur la laïcité, rapport public en 2004 : « Pour les pères fondateurs de la loi de 1905, puis de celle de 1907 sur les cultes, la laïcité n’est pas le refoulement des religions ou de leurs manifestations de l’espace public vers la sphère privée. C’est le refus de l’accaparement de l’Etat et de la société par les religions et inversement de la mainmise de l’Etat sur celles-ci. »
Référence : http://www.conseil-etat.fr/index.ph…, page 263.

 

La LDH demande au tribunal administratif l’annulation de la charte de la laïcité d’Aix-en-Provence 22 septembre, 2016

Le Conseil municipal d’Aix-en-Provence a adopté le 18 juillet dernier une « Charte du respect des valeurs de la République, de la laïcité et de la neutralité ». Dans un communiqué du 22 juillet nous nous élevions contre la volonté de la ville d’imposer aux associations la signature de cette charte et donc de respecter un devoir de « stricte neutralité », contraire à la Constitution, au droit communautaire et à la Convention européenne des droits de l’Homme. Les associations sont des organismes de droit privé et personne ne saurait leur dicter leur mode de fonctionnement.

La Ligue des droits de l’Homme a décidé de requérir du Tribunal administratif de Marseille l’annulation de cette délibération au motif que la Commune porte atteinte à la liberté d’association en imposant des règles de fonctionnement, en méconnaissant le principe de laïcité et en portant atteinte à leur liberté d’opinion et de conscience.

Maître Claudie Hubert est l’avocate de la LDH.

Section d’Aix-en-Provence de la LDH

Dites stop à l’impunité des multinationales ! 13 septembre, 2016

Appelons la France et l’Union européenne à soutenir le traité des Nations unies sur le respect des droits humains par les entreprises multinationales.

Ce sont des millions d’injustices auxquelles nous pourrions enfin mettre un terme, si seulement les multinationales étaient tenues légalement responsables des violations aux droits humains qu’elles commettent partout dans le monde. Aujourd’hui, des négociations ouvertes à l’ONU sur un traité international contraignant pourraient enfin mettre fin à cette impunité. A condition que le France et l’Union européenne ne fassent pas obstacle…

Nous vivons dans un monde où les sociétés multinationales ont des pouvoirs sans égal. Chaque jour, leurs activités et celles de leurs filiales et de leurs chaînes d’approvisionnement affectent la vie de centaines de millions d’êtres humains et l’avenir de la planète. Elles le font en toute impunité car elles ont une capacité d’influence sans précédent sur les gouvernements et les décideurs politiques. Exploitation des travailleurs.ses, conditions de travail indignes, expulsions de populations, financement de milices, destructions environnementales et pollutions meurtrières… Quels que soient la gravité des faits et le nombre de victimes, actuellement aucun instrument juridique international ne s’applique aux entreprises multinationales !

Signez cette pétition et demandez à la France et l’Union européenne de soutenir le traité des Nations unies sur le respect des droits humains par les entreprises multinationales.

Pétition lancée par

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Source: Dites stop à l’impunité des multinationales !