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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives de l'auteur : psenegas

Commémoration des 50 ans de la Journée de la Terre : Israël/Palestine, l’urgence d’une solution politique 13 mars, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire et appel aux rassemblements le samedi 28 mars partout en France

Depuis des décennies, le peuple palestinien voit ses territoires occupés et endure un régime de colonisation, contraire au droit international. Il subit une tentative d’effacement dont la guerre à Gaza est l’épisode le plus meurtrier.

Cela doit cesser et ne peut cesser que par un plan de paix fondé sur le droit international et imposé immédiatement !

La commémoration des 50 ans de la Journée de la Terre appelle à une mobilisation d’ampleur en faveur du droit du peuple palestinien à l’autodétermination.  La communauté internationale doit être alertée sur le génocide en cours et sur les agissements des colons israéliens qui multiplient les confiscations de terres et les destructions de cultures palestiniennes.

Avec le cessez-le-feu à Gaza instauré le 10 octobre 2025, on pouvait espérer la fin de la rage meurtrière qui pendant deux ans s’est abattue sur le peuple palestinien. Celles et ceux qui attendent qu’une solution juste et durable assure la fin d’un conflit presque séculaire ne pouvaient qu’être soulagés.  Mais ce cessez-le-feu est régulièrement mis à mal par des attaques israéliennes et l’aide humanitaire toujours empêchée d’accéder à Gaza.

En Cisjordanie, l’armée israélienne et les colons imposent une extension rapide de la colonisation. Le Premier ministre affirme ouvertement qu’il s’agit de détruire toute possibilité d’un Etat palestinien.

Les ONG qui, avec compétence et professionnalisme, assurent depuis des décennies l’accès aux services de base dans l’ensemble du territoire occupé, sont interdites d’agir tandis que les médias et les ONG de défense des droits humains israéliennes, palestiniennes et internationales ne peuvent accéder librement aux territoires palestiniens, en particulier à Gaza.

Les velléités de règlement du conflit par le Conseil de la paix trumpien, contraires aux principes du droit international, augmentent les déséquilibres déjà à l’œuvre. Le « Plan de Paix » de Trump/Netanyahu véritable négation de l’ONU, ne reprend pas la perspective des deux Etats souverains, palestinien et israélien, adoptée par les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies.

Ce pseudo-cessez-le-feu et ce « Conseil de Paix », décidé unilatéralement par l’administration états-unienne, qui n’a cessé de soutenir les autorités israéliennes, militairement et dans l’arène diplomatique, n’apparaissent donc aucunement comme des étapes d’un « plan de paix ». Ce plan ne comporte en réalité aucune solution politique au conflit ni aucune référence au droit international et à l’objectif  d’une paix juste et durable, pour les deux peuples.

Or, la résolution du conflit passe par la stricte application du droit international. Nous défendons les institutions internationales, l’ONU et la CPI. Nous réclamons la cessation de toute complicité avec la colonisation et le respect de toutes les décisions internationales, tant à l’égard du gouvernement israélien que du Hamas. Nous refusons l’impunité des entreprises ayant collaboré au génocide ou encore de soldats franco-israéliens accusés de crimes de guerre. À l’heure où l’ordre international est bafoué de façon répétée et revendiquée par les dirigeants de puissances globales et régionales, plus que jamais, le respect du droit international doit être une boussole pour la résolution de tous les conflits.

Nous réclamons toujours la suspension de l’accord économique entre Israël et l’UE tant que ce pays violera gravement les droits de l’homme et l’arrêt de toute collaboration militaire et sécuritaire avec Israël. Nous appelons à signer la pétition européenne en ce sens.

La résolution du conflit passe enfin, et c’est fondamental, par la voie politique, seule façon de mettre fin à la colonisation en Cisjordanie et de permettre le retour à terme à des conditions de vie normales à Gaza, seule façon d’assurer aux Palestiniens comme aux Israéliens la sécurité.

Sur quelles bases ? Elles existent : depuis la création en 1947 de deux Etats sur le territoire de la Palestine, la résolution 242 qui établit les frontières en 1967, et au fil des ans par des dizaines de résolutions légitimes, rationnelles et viables, l’ONU a dessiné le cadre de solutions politiques au conflit, mais aucune n’a été appliquée.

Par quelles voies ? L’Etat de Palestine doit obtenir les moyens de sa souveraineté par l’évacuation de son territoire par Israël, la constitution de forces palestiniennes pour en assurer la sécurité et des élections libres permettant une représentation légitime des palestiniens. Un processus rapide de libération des prisonniers politiques palestiniens dont Marwan Barghouti qui est un leader politique populaire en Palestine pourrait jouer un rôle majeur. Le soutien aux organisations des  sociétés civiles palestinienne et israélienne qui militent pour la coexistence dans l’égalité est également un axe stratégique de cette politique de la paix.

Avec quel soutien ? Dans un contexte où le Moyen-Orient est plus que jamais déstabilisé par des agressions militaires, ne laissons pas entendre que les Etats européens ne sont plus concernés par la Palestine.

La reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France doit se traduire en acte.

Il faut d’urgence un engagement politique plein et entier de l’Europe et des Etats qui la composent.

Le 28 mars sera une journée nationale de mobilisation aux cotés des Palestiniens.
Retrouvons-nous toutes et tous partout en France le 28 mars, à l’occasion de la Journée de la Terre, pour exiger la paix en Palestine !

Signataires : LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Institut Mehdi Ben Barka – mémoire vivante, Memorial 98, Une autre voix juive (UAVJ), Union Nationale des Étudiants de France (Unef), Parti communiste français (PCF), L’Alliance pour une République écologique et sociale (L’APRÉS)

Voir la liste des manifestations prévues en région

Source: Commémoration des 50 ans de la Journée de la Terre : Israël/Palestine, l’urgence d’une solution politique

Cessez le feu immédiat et auto-détermination du peuple iranien ! 13 mars, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire et appel à rassemblement vendredi 13 mars à 18h30 à Paris, place des fêtes.

Depuis le 28 février 2026, les Etats-Unis et Israël poursuivent des bombardements sans relâche en Iran. Le bilan de ces opérations militaires est déjà lourd : plus d’un milliers de victimes civiles, des centaines de blessé-e-s dont de nombreux enfants, des destructions d’infrastructures, un pays mis à l’arrêt et une escalade des hostilités dans l’ensemble du Moyen-Orient et tout particulièrement au Liban.

Cette guerre engagée unilatéralement, est une guerre impérialiste qui met un coup d’arrêt au droit des Iraniennes et Iraniens à décider de leur avenir.

Sans mandat des Nations unies et en violation du droit international, cette guerre est menée sous le fallacieux prétexte de permettre au peuple iranien de se libérer de la dictature islamique. Mais la réalité apparaît bien plus sordide : cette guerre a été voulue par Trump afin de disposer d’un pouvoir à sa main à la tête de l’Iran, sans aucun souci de démocratisation.

Au-delà de ces faux-semblants, aucune démocratie n’a jamais été construite sur la base d’une attaque militaire visant à éliminer un dictateur ou un régime. Une agression militaire sur un pays souverain est, quelles qu’en soient les motifs et justifications, une violation du droit international, de la souveraineté des Etats et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Toutes les violations présumées, notamment les attaques aveugles, disproportionnées, ciblant délibérément les populations et infrastructures civiles, les structures médicales et les écoles, doivent faire l’objet d’enquêtes rapides, indépendantes et transparentes.

Nous, organisations de défense des droits, qui avons manifesté pour dénoncer les massacres du régime des mollahs contre sa propre population, exprimons notre solidarité avec le peuple iranien face à cette nouvelle épreuve dans la lutte pour le choix de leur avenir :

– nous condamnons fermement les attaques contre l’Iran menées conjointement par les armées américaine et israélienne ;

– nous dénonçons les violations du droit international et appelons à des enquêtes rapides, indépendantes et transparentes sur les crimes commis en Iran ;

– nous appelons toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités, et à ce qu’un processus s’engage en vue d’une transition démocratique s’appuyant sur le respect des droits humains et du droit international ;

– nous appelons les autorités iraniennes à libérer immédiatement toutes les personnes arbitrairement détenues et les prisonnières et prisonniers politiques.

Nous appelons à rejoindre la Marche contre les guerres d’agression et en solidarité avec les peuples d’Iran, vendredi 13 mars à 18h30 à Paris, Place des fêtes.

Solidarité avec les luttes en Iran pour la justice et l’égalité ! 

Ni trône ni guide suprême !

Femmes, vie, liberté ! 

Vive la solidarité internationale entre les peuples!

Paris, le 12 mars 2026

Premiers signataires: CGT, FIDH (Fédération internationale pour les droits humains), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), RESU (Comité français du réseau européen de solidarité avec l’Ukraine), Solidaires, SOS Racisme, Ukraine CombArt.

Source: Cessez le feu immédiat et auto-détermination du peuple iranien !

12 mars 2026 – Tribune collective « Municipales 2026 : et si nous parlions enfin des services publics ? » publiée sur l’humanité 13 mars, 2026

12 mars 2026 – Tribune collective « Municipales 2026 : et si nous parlions enfin des services publics ? » publiée sur l’humanité
12 mars 2026 – Tribune collective « Municipales 2026 : et si nous parlions enfin des services publics ? » publiée sur l’humanité
12 mars 2026 – Tribune collective « Municipales 2026 : et si nous parlions enfin des services publics ? » publiée sur l’humanité

Tribune collective signée par Nathalie Tehio, présidente de la LDH

Lire la tribune sur l’humanité

En mars prochain, les électeurs et électrices de notre pays seront appelés à élire leurs équipes municipales. Comme souvent, la campagne s’annonce rythmée par les commentaires sur les alliances, les équilibres partisans, les personnalités ou les stratégies d’appareil. Le casting fera couler beaucoup d’encre. Pourtant, les élections municipales sont avant tout des choix politiques qui engageront très concrètement notre quotidien pendant les six années à venir. Et au cœur de ces choix, une question centrale demeure trop souvent reléguée à l’arrière-plan : celle des services publics locaux.

Une ligne de fracture décisive

Les services publics municipaux ne sont pas une abstraction. Ils sont le bus ou le train qui passe – ou ne passe plus. La crèche qui accueille – ou refuse, faute de place. Le logement social accessible – ou remplacé par des programmes spéculatifs. Les établissements de soins et centres de santé – ou trop souvent les déserts médicaux. La cantine et l’école publique, la bibliothèque, le théâtre et les espaces verts. Parce qu’ils relèvent de compétences essentielles du bloc communal – communes et intercommunalités –, les services publics constituent le cœur de l’action municipale. Sur la totalité du territoire, ils constituent le premier guichet, parfois le dernier encore ouvert, pour s’adresser à toutes les générations et toutes les catégories sociales. Ils nécessitent des agent-e-s public-s reconnu-e-s.

Tous ces sujets pourraient apparaître consensuels : rien n’est moins vrai. Des clivages profonds traversent aujourd’hui le débat public au sujet de ces services publics et de leur orientation.

Faut-il respecter et renforcer l’obligation de construire des logements sociaux, conformément à la loi SRU, ou la contourner, quitte à devoir payer des amendes ? Faut-il lutter contre l’artificialisation des sols ou poursuivre une logique de consommation foncière ? Faut-il investir dans des centres de santé à but non lucratif et défendre les hôpitaux de proximité, ou faire jouer la concurrence en espérant que son territoire soit le plus « attractif » pour les professionnels ? Faut-il privilégier la prévention et la présence humaine pour la sécurité municipale, ou augmenter les moyens sur la vidéosurveillance ? Faut-il garantir l’égalité d’accès aux crèches et aux écoles publiques, sans discrimination liée à la situation administrative ou familiale, ou introduire des critères excluants ? Faut-il renforcer les équipes municipales et faire confiance à la coopération intercommunale, ou continuer à externaliser pour faire fonctionner les collectivités ?

Répondre à l’ensemble de ces questions, c’est mettre en œuvre une vision de la société. Car l’ensemble de ces choix font sens, ensemble. Au fond, la question qui se pose aux futures équipes municipales est simple : quelle vision du mandat portent-elles ? Veulent-elles se servir de leur responsabilité pour approfondir la liberté, l’égalité et la fraternité inscrites au fronton des mairies auxquelles elles candidatent ? Ou accepteront-elles que ces mots s’effacent derrière la logique du tri, de l’exclusion, de l’individualisation ou du désengagement public ?

Partout en France, une large coalition d’associations, de syndicats, d’ONG et de collectifs interpelle les candidates et candidats. Face aux crises sociales, écologiques et démocratiques qui traversent notre pays, nous formulons 14 exigences concrètes, ambitieuses et applicables dès le début de leur mandat. Ces engagements couvrent l’ensemble des compétences locales : logement, aménagement, environnement, mobilités, accès aux droits, santé, alimentation, sécurité, éducation, culture, sport, transparence démocratique, lutte contre les discriminations, etc. Certaines listes candidates ont déjà pris des engagements clairs. D’autres hésitent. Les citoyennes et citoyens ont le droit de savoir : quelle place les services publics occuperont-ils dans le mandat à venir ?

Un enjeu local… et national

Les élections municipales ne se jouent pas seulement à l’échelle des rues, des quartiers ou des villages. Les élu-e-s municipaux siègent aussi dans les intercommunalités, influencent des choix structurants en matière d’aménagement, de transports, de gestion de l’eau ou des déchets. Leur rôle politique dépasse le périmètre strict de leur commune. Ils sont également grands électeurs et électrices aux sénatoriales.

Les maires accordent leur parrainage aux candidates et candidats à l’élection présidentielle. Dans un contexte de contraintes budgétaires fortes et de fragilisation des solidarités, le devenir des services publics locaux dépend aussi des choix nationaux. Les équipes municipales peuvent être des gestionnaires résignés, ou des acteur-trice-s d’un rapport de force en faveur de services publics universels, accessibles et solidaires.

Les habitantes et les habitants doivent pouvoir se saisir pleinement de ce débat. Les municipales ne sont pas réservées aux états-majors politiques. Elles concernent nos habitudes, nos droits, nos enfants, notre environnement. Il ne s’agit pas seulement de demander « plus » de services publics. Il s’agit de demander mieux : des services publics qui préservent les libertés, garantissent l’égalité d’accès aux droits, prennent au sérieux l’urgence écologique et approfondissent la démocratie locale.

Les 15 et 22 mars 2026, nous ne voterons pas seulement pour des noms. Nous choisirons une conception de la société. Le service public constitue une ligne de fracture décisive et sous-estimée des élections municipales. Nous appelons chacune et chacun à faire de cette question un enjeu central du débat. Parce que les services publics locaux ne sont pas un détail technique : ils sont la condition concrète de notre vie commune.

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Source: 12 mars 2026 – Tribune collective « Municipales 2026 : et si nous parlions enfin des services publics ? » publiée sur l’humanité

Occupation des bâtiments vides : non à la criminalisation de la pauvreté et du sans-abrisme 13 mars, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Le 9 mars le Parlement européen se prononcera sur le rapport d’initiative de la Commission HOUS dans le cadre de ses travaux visant à renforcer l’action de l’Union européenne en matière de logement.

Nous, organisations et acteurs engagés à travers l’Europe dans la défense du droit au logement, de la lutte contre le sans-abrisme et la pauvreté, appelons l’ensemble des députés, quel que soit leur positionnement politique, à refuser toute forme de criminalisation des personnes sans domicile, incompatible avec les valeurs et les engagements sociaux de l’Union européenne.

Pour rappel, en Europe la crise du logement touche de plein fouet les personnes les plus pauvres. En 2024, 8.2 % des ménages européens consacrent plus de 40 % de leurs revenus au paiement de leur logement. 29 % déclaraient avoir du mal à joindre les deux bout et 3.1 % sont en impayés de loyer ou d’emprunt. Symbole dramatique des conséquences de la crise : plus de 1,2 millions de personnes sont victimes de sans abrisme dans l’Union, dont 400 000 enfants.

Dans le même temps, 20 % des logements sont déclarés vacants en Europe, libres de tout occupant.

Dans ce contexte, l’Union européenne engagée dans la lutte contre la pauvreté, ne doit pas relayer des approches fondées sur la criminalisation de personnes qui sont avant tout victimes d’une crise structurelle du logement.

Cependant, le paragraphe 28 du rapport HOUS préconise des « politiques coordonnées au niveau de l’UE pour lutter contre l’occupation illégale de logements et la réduire, en garantissant le droit à la propriété et la sécurité juridique des propriétaires », y compris « une meilleure coopération, la collecte de données et le partage d’informations entre les États membres à cet égard », mais aussi « une meilleure utilisation des outils d’Europol lorsque l’on soupçonne que le crime organisé est impliqué dans des squats, notamment en explorant la valeur ajoutée et la création éventuelle d’une plateforme en ligne ».

Ces demandes reviennent à demander le fichage des personnes concernées et risquent d’entrainer une hausse de la criminalisation des personnes sans domicile.

  •  En l’absence de solutions d’hébergement ou de logement dignes, les personnes sans domicile n’ont parfois pas d’autres choix que de trouver refuge dans des bâtiments vides.

Les publics les plus touchés par le sans-abrisme sont les personnes avec un parcours migratoire, les familles monoparentales et les jeunes. C’est donc logiquement que ces publics se trouvent contraints de s’abriter dans des bâtiments vacants pour ne pas avoir à vivre à la rue dans des conditions inhumaines ou indignes. Il s’agit de stratégies de survie qui appellent des réponses sociales et politiques, et non des sanctions pénales.

  • Les procédures de protection de la propriété existent déjà dans l’ensemble des pays européens.

Il n’est pas question de faire reposer sur les propriétaires la charge des défaillances de politiques publiques et c’est pour cela que dans l’ensemble des pays européens, des dispositions législatives existent d’ores et déjà pour mettre fin aux occupations illégales. Ces procédures permettent de mettre fin à l’occupation et de sanctionner les marchands de sommeil qui profitent de la vulnérabilité des personnes sans domicile et de la crise du logement pour s’enrichir illégalement.

Protéger les biens ne signifie pas qu’il faille pour autant criminaliser les victimes d’exclusion par le logement.

  • Criminaliser le sans abrisme n’est jamais la bonne solution.

Comme l’étude Sans abri, non coupable l’a montré, criminaliser les personnes sans domicile n’est jamais la bonne solution. Cette politique entraine des conséquences négatives pour les personnes qui se trouvent enfermées dans un engrenage d’exclusion et tendent à être invisibilisées. Mais cela a également des conséquences pour la société dans son ensemble car les coûts de la criminalisation sont plus importants in fine que ceux d’une prise en charge adéquate.

  • L’occupation des bâtiments ne relève pas des compétences de l’UE.

Enfin, rappelons que le droit pénal et la question de l’occupation des bâtiments relèvent exclusivement des compétences nationales.

L’Union européenne doit respecter le principe de subsidiarité et respecter la volonté des législateurs nationaux de la façon dont ils souhaitent répondre à cette problématique.

C’est pourquoi, nous, organisations de la lutte pour le droit au logement, de la lutte contre le sans abrisme et la pauvreté, nous appelons l’ensemble des députés à modifier / rejeter le paragraphes 28 du rapport HOUS.

Signataires : FEANTSA, Fondation pour le logement, BAWO, AITEC, La Cloche, Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat (RBDH), International Alliance of Inhabitants, ERGO Network, les député.es européen.nes Marie Toussaint, Saskia Bricmont, Mélissa Camara, David Cormand, Tilly Metz, Mounir Satouri, Majdouline Sbai, Leila Chaibi Emma Fourreau, Damien Carême, Marina Mesure, Ana Miranda, Emmaus Europe, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Collectif national droits de l’Homme Romeurope, Locataires Ensemble, Geres (Marie-Noëlle Reboulet – Présidente & Laurence Tommasino – Déléguée Générale),Projekt Udenfor, Observatori DESCA, Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH), Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat, Wuune – Syndicat d’habitant.es, Locataires Ensemble, HouseEurope! ; Unione Inquilini, Italy , HabitatCité, Solidarité Nouvelle pour le logement

Paris, le 9 mars 2026

Télécharger le communiqué en PDF

Source: Occupation des bâtiments vides : non à la criminalisation de la pauvreté et du sans-abrisme

La LDH se mobilise pour les élections municipales 2026 13 mars, 2026

A quoi servent les élections municipales ?

Ces élections permettent d’élire, pour un mandat de six ans renouvelable, les conseillères et conseillers municipaux et communautaires qui siègent au conseil municipal et à la communauté de communes, qui gèrent les affaires de la commune (écoles, voirie,  urbanisme local…) et élisent la ou le maire lors du conseil municipal.

Qui peut voter ?

  •  Les personnes de plus de 18 ans
  • De nationalité française ou d’un pays de l’Union européenne (UE)
  • Inscrites sur les listes électorales de la commune

Depuis 1994, les citoyennes et citoyens de l’UE peuvent voter et sont éligibles aux élections municipales dans le pays où ils résident, dans les mêmes conditions que les nationaux.

La LDH milite par ailleurs pour le droit de vote des personnes étrangères non européennes résidant en France ce qui permettrait de renforcer la démocratie, la légitimité des élu-es et la cohésion sociale. En savoir plus

Pourquoi voter ?​

Voter est un droit, un pouvoir et un devoir citoyen

Une voix peut faire la différence, particulièrement dans le cadre des élections municipales. Dans de nombreuses communes, les écarts se jouent parfois à quelques bulletins de vote. Or, l’abstention croissante bénéficie à des candidates et candidats qui risquent de porter des atteintes directes et profondes à nos droits et libertés, comme c’est le cas de l’extrême droite. La commune étant l’échelon politique local le plus proche des citoyennes et citoyens, voter aux municipales c’est participer à définir la politique de la ville qui impacte directement votre quotidien.

L’histoire montre que l’abandon du combat par l’abstention aux élections ou en détournant le regard, ne protège personne. Il alimente la loi du plus fort.

L’extrême droite risque d’imposer des mesures restreignant les libertés et les droits.

La LDH appelle toutes les citoyennes et citoyens à se mobiliser dans le cadre des élections municipales pour faire barrage à l’extrême droite.

Partout dans le monde, les extrêmes droites au pouvoir s’illustrent par des politiques autoritaires qui portent atteinte aux démocraties. En France, de par ses votes, ses positions dans le débat politique ou ses prises de décisions locales dans les communes qu’elle dirige, l’extrême droite nous montre là aussi son vrai visage : la promesse d’une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, à l’environnement et un délitement de notre Etat de droit.

Chaque fois que l’extrême droite accède au pouvoir en Europe (Hongrie, Italie, Pologne), les droits des femmes et des personnes LGBTI régressent. Malgré des déclarations occasionnelles sur les droits des femmes, l’abstention systématique sur certaines lois reflète sa réticence à soutenir des mesures en faveur de l’égalité.

‼️ La majorité des députés du RN ont voté contre ou se sont abstenus quant à l’inscription de l’IVG dans la constitution (2024).

‼️ Concernant deux mesures visant à l’égalité salariale et économique, ils n’ont pas participé au scrutin sur la loi Rixain (2021) et, au Parlement européen, les députés d’extrême droite ont voté contre la directive « Women on board » (2024).

‼️Les députés d’extrême droite français étaient absents lors du vote au Parlement européen pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité (2023).

En favorisant les intérêts des gros industriels et des lobbies plutôt que du vivant, le RN vote des mesures qui accélèrent la crise climatique au détriment de vraies avancées qui permettraient de combattre les dangers qui pèsent pour la santé publique.

‼️Polluants éternels : parmi les 51 votes contre la loi visant à interdire, dès 2026, la fabrication, l’importation et l’exportation de produits qui contiennent des PFAS ou polluants éternels, 50 sont issus de députés RN.

‼️ La proposition de loi omnibus visant à réduire le devoir de vigilance qui incombait aux entreprises en matière d’obligations environnementales a bénéficié d’un soutien important du RN.

Au centre du projet sociétal promu par l’extrême droite, la préférence nationale est présentée comme règle élémentaire qui vise à instaurer des mesures racistes et inhumaines à l’encontre des personnes étrangères.

‼️ L’extrême droite souhaite la suppression de l’Aide médicale d’Etat, sans considérer les effets désastreux que cela aurait sur la santé publique, et la suppression du droit du sol ce qui conditionnerait l’obtention de la nationalité française à celle des parents.

‼️ Ses élus tiennent régulièrement des propos racistes ou antisémites, que la LDH attaque systématiquement. Marie-Christine Sorin candidate RN dans les Hautes-Pyrénées a, par exemple, affirmé en 2024 « toutes les civilisations ne se valent pas, celles qui n’ont aucun humanisme et ne respectant pas les femmes, au nom d’une religion sont juste restées au-dessous de la bestialité dans la chaîne de l’évolution »[1].

 Partout où les forces autoritaires ont accédé au pouvoir, elles n’ont eu de cesse de s’en prendre aux associations parce qu’elles agissent au service de toutes et tous, sans discrimination. Or, ce sont nos associations qui proposent des activités sportives et culturelles, qui viennent en soutien aux plus démunis, dont les actions sont au plus près des besoins des habitantes et habitants…

‼️ Les parlementaires d’extrême droite ont voté des amendements « bâillon fiscal » visant à limiter la défiscalisation des associations, notamment environnementales et de protection animale, leur portant ainsi préjudice.

‼️ Régulièrement, des municipalités d’extrême droite suppriment des subventions ou refusent des locaux à des associations locales, comme par exemple à Hénin-Beaumont où la section de la LDH s’est vue refuser un local.

Les politiques néolibérales ont aggravé les inégalités, elles ont fait reculer l’accès aux droits pour beaucoup. Or, contrairement à ses discours populistes, l’extrême droite prend régulièrement position contre des mesures en faveur de la lutte contre la pauvreté.

‼️ L’extrême droite a voté contre l’augmentation du salaire minimum (Smic) à 1500 euros net mensuel (2022) le gel des loyers (2023) et n’a pas pris la peine de voter pour l’indexation des salaires sur l’inflation (2025).

‼️ A l’inverse, en 2022, leur vote a permis aux plus riches de payer moins d’impôts sur la succession et ils ont voté contre ou se sont abstenu pour le rétablissement de l’impôt sur la fortune.

‼️ En ce qui concerne les services publics, les députés du Rassemblement national (RN) ont voté contre un amendement visant à lutter contre les déserts médicaux (2023). Le RN a également exprimé le souhait de porter d’un à trois jours le délai de carence en cas d’arrêt maladie des fonctionnaires.

Et concrètement, pour la commune ?

comment agir pour sa commune en plus du vote ?

• Rejoignez une section locale de la LDH, association de défense des droits et libertés, pour participer à la sensibilisation aux enjeux démocratiques. Rapprochez-vous de la section locale de la LDH et participez à des débats ou décryptages des professions de foi des candidat-es.

• Assistez aux conseils municipaux pour participer au processus démocratique.

• Participez aux concertations publiques pour donner votre avis et contribuer aux choix faits pour sa commune. Rejoignez les initiatives de participation citoyenne telles que les commissions ou conseil citoyen pour échanger, débattre et proposer des projets pour votre ville.

Participer aux événements prévus partout en France par les sections LDH

Retrouvez les différentes prises de position LDH

Source: La LDH se mobilise pour les élections municipales 2026

Cercle de silence samedi 14 mars 2026 10 mars, 2026

 Chers amis,

La guerre qui embrase le Moyen Orient depuis le 28 février occupe tous les esprits et fait passer sous silence des faits bien moins démonstratifs mais qui n’en sont pas moins révélateurs d’un même mépris des droits fondamentaux. Notamment ceux qui sont inscrits dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté en 1966 par les Nations Unies, le droit à la non-discrimination, le droit à la vie, le droit à la liberté et à la sécurité de sa personne, le droit de circuler librement.

On voit aujourd’hui par de très nombreux reportages ce qu’il en est de ces principes autour du Golfe Persique et le long des rives méditerranéennes depuis le Liban jusqu’à Gaza : le nombre élevé de victimes – dont beaucoup d’enfants -, les destructions collatérales d’écoles, de logements et d’infrastructures civiles, le chaos et la peur qui s’installent un peu partout, tout cela contribuant à d’importants déplacements de populations en urgence, anticipant de très probables flux migratoires vers des pays jugés plus sûrs, avec toutes les souffrances que les parcours associés entraineront pour les plus défavorisés.

Cependant les médias s’intéressent peu, car moins spectaculaires, à ces douloureuses retombées des guerres meurtrières qui affectent de nombreuses parties du monde. Peu évoquent les péripéties dramatiques qui accablent les personnes en situation d’exil.

Même si l’Union Européenne ne tolère pas sur son sol les sévices physiques ou la mise en esclavage des migrants comme cela se pratique dans plusieurs pays de transit, le seul fait de les traquer pour les refouler en mer ou, comme le fait actuellement l’Italie de les expulser de son territoire, avant même l’examen de leur situation, dans des centres de rétention extérieurs à l’UE – encore appelés « hubs de retour » – constitue une évidente maltraitance, totalement contraire au Pacte mentionné ci-dessus, qui conduira inévitablement une grande partie de ces migrants à retrouver les inhumaines conditions qu’ils fuyaient à juste titre.

SOS Méditerranée consigne d’innombrables témoignages sur ce que les rescapés ont déjà eu à endurer avant d’être secourus en mer. L’un d’eux, originaire du Nigéria et âgé seulement de 16 ans, affirmait en décembre dernier avoir été réduit en esclavage lors de son parcours en Lybie, vendu deux fois, puis retenu dans une maison où il était battu et soumis à des chocs électriques !

Nous vous donnons rendez-vous et vous attendons nombreux, samedi 14 mars, de 11h30 à midi, place de la Rotonde à l’orée des Allées Provençales.

Philippe Chouard

Manifeste Dalo : « Le logement : un droit pour toutes et tous » 9 mars, 2026

Manifeste de l’association Dalo dont la LDH est signataire

Pour garantir l’effectivité du droit au logement, nos associations ont obtenu la loi Dalo du 5 mars 2007, qui l’a rendu opposable à l’Etat. Près de vingt ans plus tard, nous constatons que la loi est trop souvent ignorée et maltraitée :

• plus de 100 000 ménages reconnus prioritaires Dalo attendent leur relogement ;

• 4,2 millions de personnes sont mal-logées parmi lesquelles plus d’un million sont totalement dépourvues de logement personnel, qu’elles vivent à la rue, en hébergement social ou chez des tiers ;

• le sans-abrisme progresse jusqu’à l’insoutenable : près de 3 000 enfants sont laissés à la rue.

Non seulement l’action publique n’est pas à la hauteur des besoins, mais elle s’accompagne de discours qui occultent le droit, culpabilisent les victimes, et opposent les uns aux autres : les personnes françaises et étrangères, les classes moyennes et les ménages pauvres, les travailleurs essentiels et les personnes privées d’emploi, les locataires de logements sociaux et ceux qui sont sur la liste d’attente…

La réalité est que le droit au logement est au service de toutes et tous. En lui tournant le dos, l’action publique a laissé se raréfier l’offre de logements abordables, mettant à la rue les plus fragiles et renchérissant le logement pour tous. La crise du logement, ce sont un pouvoir d’achat amputé, des difficultés à se chauffer, des projets de travail ou d’études empêchés, des rêves d’accession à la propriété interdits, des logements inadaptés et inaccessibles aux personnes handicapées, des inégalités exacerbées… C’est aussi tout un secteur économique, celui du bâtiment, qui tourne au ralenti.

Nous appelons les responsables politiques à placer au cœur de l’action publique le droit à un logement décent, indépendant et abordable

Des mesures immédiates doivent être prises pour :

• ouvrir des places d’hébergement conformes à l’exigence, inscrite dans nos lois, d’un accueil digne,
continu et inconditionnel ;

• assurer le relogement de toute personne expulsée ;

• résorber les retards de relogement des prioritaires Dalo.

Au niveau national et au niveau local, toute décision doit être prise au vu de son impact sur l’accès de tous à un logement décent, indépendant et abordable. Il faut :

• revenir à un soutien du logement social ;

• revaloriser les aides au logement pour prendre en compte la réalité des loyers et des charges ;

• combattre la spéculation par la maîtrise foncière publique et la taxation des profits tirés de la pénurie et du refus de la mixité sociale ;

• encadrer les loyers et promouvoir le conventionnement à grande échelle des logements locatifs privés ;

• réguler le logement touristique ;

• soutenir l’amélioration de l’habitat.

Si toutes les collectivités ont un rôle à jouer, l’Etat a été rendu garant du droit au logement par la loi Dalo. Il ne doit déléguer aucune compétence sans instituer une responsabilité et un contrôle.

Nous appelons les citoyens à l’exigence et à la fraternité

Le mal-logement et le logement cher résultent entièrement de décisions politiques prises dans notre pays. Exigeons des décideurs politiques les mesures nécessaires pour assurer à chacun l’accès à un logement décent, indépendant et abordable.

N’acceptons pas que les lois qui protègent ne soient pas appliquées. Il n’y a pas de démocratie sans respect des droits fondamentaux.

N’acceptons pas les attaques contre la cohésion sociale. Nos associations portent, au quotidien, les valeurs d’attention, de solidarité et de justice essentielles à la vie en société. Elles appellent à rejeter les discours de haine, de peur de l’autre et de division qui ne servent qu’à dissimuler le renoncement à s’attaquer à la réalité des causes de la crise du logement.

Signataires : Association DALO, ATD Quart Monde, CNDH Romeurope, Collectif Handicaps, Confédération générale du logement, FAPIL, Fédération des acteurs de la solidarité, Fondation pour le logement des défavorisés, Habitat et Humanisme, Les Enfants du canal, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Médecins du monde, Secours Catholique, Solidarités Nouvelles pour le Logement, Soliha, UNAFO.

Paris, le 5 mars 2026

Télécharger le manifeste

Voir les événements prévus sur le site de l’Association Dalo

Source: Manifeste Dalo : « Le logement : un droit pour toutes et tous »

Contre le racisme et la xénophobie, mobilisons-nous ! 9 mars, 2026

Communiqué du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs dont la LDH est membre, appel à mobilisation entre le 14 et le 21 mars partout en France

Quand les discours racistes prolifèrent jusque dans la bouche des représentants de la Nation,

Quand les pires préjugés s’expriment dans les institutions censées garantir l’accès aux droits,

Quand tant de personnes aujourd’hui, du fait de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion sont victimes de comportements racistes et xénophobes dans leur quotidien,

Quand de nombreux médias se font les porte-voix de la haine contre les étranger-e-s et leurs enfants, les musulman-e-s notamment, installant et construisant des discours de haine qui se banalisent dans la société

Quand des manifestations d’extrême-droite suintent la haine de l’Autre, avec des saluts nazis,

Quand le racisme et l’antisémitisme s’amplifient dans la société,

Quand le nombre d’actes racistes et antisémites augmente dans des proportions alarmantes,

Quand 1,2 million d’individus estiment avoir été victimes de racisme en 2022 mais que seulement 3% l’ont signalé,

Quand les discriminations à caractère raciste restent massives dans l’accès à l’emploi et au logement, dans les rapports avec les institutions, notamment la police et la justice,

Quand les crimes racistes se multiplient mais ne semblent plus susciter de mobilisations massives,

Quand des Juifs vivent dans l’inquiétude,

Quand des musulman-e-s se demandent si la haine qui les cible témoigne de l’impossibilité de notre pays de les accepter pleinement un jour, et que l’islamophobie s’exprime de manière toujours plus violente dans certains médias comme au sein de formations politiques,

Quand les restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeur-euse-s d’asile attentent à leurs droits et à leur dignité,

Quand les conditions de recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ne garantissent plus pleinement le droit à un procès équitable,

Quand les refus de régularisation et de renouvellement de titres de séjour détruisent des vies, que les préfectures « fabriquent » des sans-papiers,

Quand les obligations de quitter le territoire français (OQTF) deviennent systématiques afin d’agiter des chiffres visant à créer un « problème étranger »,

Quand la remise en cause des allocations logement (APL) pour les étudiant-e-s étranger-e-s précarise de nombreux jeunes,

Quand des dizaines de milliers de personnes étrangères perdent tout ce qu’elles ont construit à cause de la loi immigration du 26 janvier 2024, de la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, et des autres lois xénophobes qui les ont précédées,

Nous avons, plus que jamais, le devoir et le besoin de retrouver le chemin de l’égalité et du refus des haines,

Nous ne voulons pas d’une société raciste. Ensemble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice, et de respect des libertés.

Les organisations du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs, actrices de la société civile, appellent en toute indépendance vis à vis des formations politiques à une large mobilisation de la société, dans toute sa diversité, pour les mobilisations autour de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale entre le 14 et le 21 mars, partout en France. Défendons le projet d’une société antiraciste, c’est-à-dire une société humaniste, solidaire et égalitaire.

Premiers signataires : Attac, CGT, Femmes Egalité, FSU, Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·es), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mémorial98, Mrap, Solidaires, SOS Racisme.

Remplir ce formulaire si votre organisation souhaite être signataire de l’appel (uniquement des signatures d’organisations par son ou ses représentants, pas de signatures individuelles).

Paris, le 5 mars 2026

Source: Contre le racisme et la xénophobie, mobilisons-nous !

Arrêtés anti-mendicité : la France épinglée par le Conseil de l’Europe : La pauvreté n’est pas un crime ! 9 mars, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Le 3 avril 2023, la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Fondation pour le Logement des Défavorisés et la LDH (Ligue des droits de l’Homme) ont saisi le Comité européen des droits sociaux (CEDS) d’une réclamation collective contre la France pour ses arrêtés municipaux réprimant la mendicité et l’occupation de l’espace public par les personnes sans-abri et, plus généralement, les personnes vivant dans la pauvreté. 

Ses conclusions sont sans ambiguïté : « Les arrêtés municipaux aggravent la situation de personnes défavorisées qui ne peuvent assurer leur survie que dans l’espace public, en renforçant leur exclusion sociale et leur marginalisation. »

Alors que les communes disposent d’un ensemble de compétences pour apporter un secours aux personnes sans abri, elles sont nombreuses encore à réprimer la pauvreté. Les arrêtés municipaux qu’elles prennent, en interdisant la mendicité et l’ensemble des comportements que peuvent adopter les personnes assignées à la rue (occupation dite « abusive et prolongée » du domaine public, « station assise ou allongée », consommation d’alcool, présence de chiens même tenus en laisse), constituent de véritables chasses aux pauvres.

Pour se justifier, ces communes invoquent, entre autres, « l’attractivité touristique », les festivités et animations de fin d’année… et l’ordre public. Elle se réfugient derrière l’argument selon lequel leurs interdictions sont limitées dans le temps et l’espace. Mais, le CEDS constate, qu’en réalité, les maires concernés confient à la police municipale un pouvoir arbitraire de sanction : la répression est, dans la grande majorité des cas, déclenchée par la simple présence de sans-abris dans l’espace public, sans que leurs comportements ne constituent une quelconque menace.

Le CEDS explique que cette approche punitive est contre-productive : amendes et éloignements ne réduisent évidemment pas le sans-abrisme ni ne renforcent la sécurité publique. Bien au contraire, ils isolent davantage, notamment des lieux de distributions alimentaires, de soins, d’accueil, d’accompagnement et de repos… et ils accroissent les dangers de la rue.

Des recours au tribunal existent pour faire annuler les arrêtés municipaux, nos organisations saisissent régulièrement la justice en ce sens. Mais ils ne sont pas effectifs : l’application des arrêtés, la plupart du temps, perdure le temps de la procédure. Pire, malgré les annulations, les maires les renouvellent. De leur côté, les préfets n’exercent pas leur contrôle de légalité.

Le CEDS reconnaît, enfin, que ces arrêtés sont discriminatoires. Ils pénalisent des comportements de subsistance et intrinsèquement liés à la précarité et au sans-abrisme. Ils perpétuent « le mythe selon lequel les pauvres seraient responsables de leur situation. »

A l’unanimité, le CEDS déclare que la multiplication des arrêtés municipaux réglementant la mendicité en France viole l’article 30 de la Charte sociale européenne révisée et son article E interdisant la discrimination.

Pour nos organisations, cette décision devrait sonner la fin de ces arrêtés municipaux en France qui ont pour conséquence de priver les personnes vivant dans la pauvreté de l’usage de l’espace public, de les sanctionner et de les exclure pour leur pauvreté.

« …la criminalisation des activités de subsistance dans l’espace public porte atteinte aux droits humains. »

Le 5 mars 2026

La décision du CEDS dans FEANTSA et FIDH c. France est désormais publique – Droits sociaux

N° 224/2023 Fédération européenne des Associations nationales travaillant avec les Sans-abri (FEANTSA) et Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) c. France – Droits sociaux

Signataires : Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (FEANTSA) ; Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) ; Fondation pour le logement des défavorisés ; LDH (Ligue des droits de l’Homme)

Source: Arrêtés anti-mendicité : la France épinglée par le Conseil de l’Europe : La pauvreté n’est pas un crime !

8 mars : les extrêmes droites sont les ennemies des droits des femmes 9 mars, 2026

Communiqué LDH

Partout dans le monde, la montée des régimes populistes et d’extrême droite remet en cause le droit international et affaiblit les institutions démocratiques. Si les femmes ne sont pas les seules à payer les conséquences de cette situation, elles sont incontestablement les premières touchées par de multiples systèmes d’oppression, et notamment le patriarcat.

A l’occasion du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, la LDH tient à rappeler sa solidarité avec les femmes du monde entier et d’abord avec toutes celles qui sont plongées au cœur des conflits armés, parce qu’en temps de guerre, les femmes payent toujours un lourd tribut, y compris en étant utilisées comme arme de guerre.

Parallèlement, dans tous les pays, elles continuent d’être exposées aux violences sexuelles et sexistes, aux inégalités, à la précarité, à des difficultés d’accès au droit à disposer de leur corps… Grâce aux luttes des femmes elles-mêmes, des progrès ont été réalisés, mais il manque encore trop souvent une réelle volonté politique de mettre fin à un système de domination lourd de conséquences pour la vie même des femmes.

La situation est d’autant plus grave aujourd’hui qu’on assiste à une montée en puissance de mouvements masculinistes dont l’objectif principal est un retour en arrière par rapport aux acquis des luttes des femmes. Ces mouvements masculinistes trouvent leur ancrage au sein d’extrêmes droites qui n’hésitent pas à attaquer les féministes et à détourner leurs combats qu’en réalité elles instrumentalisent, et c’est pourquoi la LDH s’oppose à la présence de Némesis parmi les organisations féministes qui seront dans la rue à l’occasion de cette journée internationale.

La LDH reste toute entière mobilisée pour les droits des femmes et appelle ses adhérentes et ses adhérents à participer aux initiatives qui, partout en France, auront lieu ce 8 mars 2026.

Paris, le 4 mars 2026

Voir le communiqué en pdf

Source: 8 mars : les extrêmes droites sont les ennemies des droits des femmes