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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives de l'auteur : psenegas

L’Action française hier et aujourd’hui 7 mars, 2016

Voici  un document qu’André Koulberg présente sous l’égide de la LDH, section d’Aix-en-Provence. Intitulé « L’Action française hier et aujourd’hui » (mars 2016)  il développe un historique de ce mouvement et de ses valeurs anti-démocratiques, anti-républicaines, racistes et antisémites. Il fournit un argumentaire précieux pour nos militants.

 

L’Action française, une résurgence. Mais de quoi ?

Depuis près de deux ans, un groupe de jeunes gens, se réclamant de l’Action française, cherche à perturber un certain nombre de réunions ou de manifestations politiques, culturelles, associatives, ouvertes et pacifiques, en usant de la provocation et quelquefois de violence envers les personnes présentes. Ils ont ainsi perturbé une réunion publique de l’association Résister aujourd’hui qui se déroulait au théâtre Toursky en février 2014, s’en sont pris physiquement à des militants communistes dans le local du Parti communiste aixois en octobre 2015, ont hurlé des slogans hostiles en face, puis à l’intérieur, du Cercle du silence d’Aix en septembre 2015, ont manifesté pour réclamer l’arrêt d’une exposition d’art contemporain à Marseille réclamant « la corde » pour les artistes traités de « pédophiles » en septembre 2015, ont interrompu violemment une réunion publique, consacrée à la question du Front national, organisée par le Parti socialiste en décembre 2015, ont fait intrusion au théâtre d’Aix où le député Jean-David Ciot présentait ses vœux, brutalisant plusieurs personnes et hurlant « à mort Ciot », ont perturbé le déroulement d’une réunion publique des Jeunes républicains en février 2016, etc.
Au cours de leur intervention contre le Cercle du silence ceux qui subissaient leur démonstration virile les ont entendus ironiser sur l’âge des participants à ce Cercle. Eux sont jeunes. Mais leurs idées et leurs pratiques ne le sont pas. Elles sont vieilles de plus d’un siècle.
En se rendant au cimetière de Roquevaire pour se recueillir sur la tombe de Maurras (et commémorer le 6 février 34), les militants royalistes se sont explicitement référés à ce vieil héritage. Ce mouvement dont le dirigeant a été condamné à la dégradation nationale et à la réclusion à perpétuité en 1945 est-il donc si séduisant ?
L’Action française, avant de devenir groupusculaire après guerre, a été de 1899 au milieu des années 30 le principal mouvement d’extrême droite en France. Pour l’extrême droite, elle représente un passé prestigieux, avec ses écrivains célèbres (Maurras, Léon Daudet, l’historien à succès Jacques Bainville…), ses campagnes nationales tonitruantes, sa longévité avant le discrédit, etc.
Ce long processus historique, ainsi que les prises de position de Charles Maurras, son prolixe dirigeant qui n’a jamais cessé de s’expliquer et d’argumenter, nous ont laissé un abondant matériau qu’il peut être utile d’analyser pour comprendre en quoi consiste cet héritage aujourd’hui réactualisé. Sans prétendre étudier exhaustivement ce mouvement en quelques pages nous pouvons, malgré tout, rappeler quelques éléments décisifs qui éclaireront la démarche des jeunes disciples contemporains. Maurras nous servira de guide.
La haine de la république et de la démocratie

AF image

Une caricature de Forain dont Maurras s’est servi pour exprimer sa haine de la république, de la démocratie, des protestants et des juifs

La vision du monde très singulière de l’Action française ne se résume pas à une simple prise de position royaliste. Elle est d’abord un rejet violent de la démocratie, de la république et de tout ce qui s’y rapporte : les valeurs démocratiques, les droits de l’Homme, etc. Pour en prendre la mesure, observons une caricature de Forain que Maurras a insérée dans l’ Enquête sur la monarchie . Sous le titre ironique « La Belle Jardinière », Forain dessine une femme hideuse. C’est la République. Maurras commente longuement cette œuvre. Elle l’inspire…
Comment sait-on que la jardinière est effectivement une représentation de la République ? Cela se voit, assure Maurras, non seulement au fait qu’elle est coiffée d’un bonnet phrygien mais à sa laideur physique (signe d’une laideur morale). Eléments clefs de cet enlaidissement, un nez énorme et crochu désignant une « République enjuivée ». Le commentaire du leader de l’Action française prolonge le trait du dessinateur : Pour l’arroseuse, à défaut du bonnet phrygien, ce nez crochu, ce gros œil bombé de juive trentenaire feraient reconnaître notre troisième République. Laide à susciter l’horreur (je vous fais horreur), incarnation de la bêtise (je suis la bêtise), la jardinière avouerait par la voix de Maurras : je suis bien cette juive que vous appelez République. Et avec de tels attributs, nous devinons que cela est affreux.

La démocratie
Cette exécration de la république atteint son point culminant au moment où est évoqué le plus détesté de ses fondements : la démocratie. C’est lorsqu’il s’agit de la démocratie que Maurras choisit les images et les comparaisons les plus dégradantes, les plus susceptibles de susciter dégoût et mépris. Oui, te voilà Démocratie ! épais arrière-train et croupe de bête mystique, grave accumulation de ce poids de bassesses qui te tirent, à chaque instant, un peu plus près de ton élément naturel ! La démocratie est représentée par l’élément de l’anatomie traditionnellement désigné comme le plus bas, le plus indigne, prenant en outre une forme d’énorme protubérance dans la caricature. La démocratie, c’est dégoûtant !
En octroyant cette place de choix au sein de ses détestations, pourtant particulièrement nombreuses, Maurras nous met sur la voie : le plus grave dans une république c’est qu’elle est démocratique. Une république totalement élitiste, gouvernement des « meilleurs », pourrait être, à la rigueur, tolérée, mais une république démocratique, mal général, œcuménique et planétaire, ne peut tendre qu’à la mort .

La souveraineté du peuple
Sur quoi se fonde cette vision démoniaque de la démocratie ? L’œuvre de Maurras apporte tous les éclaircissements voulus. C’est l’ensemble des institutions, des principes, des valeurs démocratiques qui provoquent la rage de l’Action française. A commencer en tout premier lieu par cette idée saugrenue d’une possible souveraineté du peuple, cette doctrine de mythologie politique en vertu de laquelle la volonté populaire est souveraine .
Le peuple n’a ni les compétences ni la dignité nécessaire pour participer aux décisions collectives. Maurras ne cache pas son mépris : Un régime qui vit des « volontés du peuple » est le paradis des crétins. Seule l’élite, et, au dessus de l’élite, le roi, ont la légitimité et les compétences pour gérer les affaires publiques. Même indépendant, même probe, même intelligent (même : on devine qu’il s’agit d’un cas de figure exceptionnel), l’électeur sera toujours incompétent sur la plupart des sujets qui lui seront soumis. Cette incompétence le rend violent et aveugle ou hésitant et versatile, souvent même ceci et cela à la fois. Le citoyen est sommé d’abandonner ses droits politiques, il abandonnera par un fidei-commis solennel et irrévocable à la branche survivante de la famille capétienne l’exercice de la souveraineté . Ce n’est plus un citoyen, c’est devenu un sujet.

Le pluralisme
Deuxième élément des démocraties perçu comme intolérable et constamment vilipendé par Maurras et ses acolytes : le pluralisme. Que ce soient les initiatives des individus , l’existence d’une pluralité de partis , la « lutte des classes » (terme très large englobant jusqu’à la simple revendication syndicale) , etc. toutes les velléités de pluralismes sont rejetées.
Mais l’Action française, objectera-t-on, ne défend-elle pas une conception décentralisatrice ?
L’idée de décentralisation, héritée des doctrines monarchistes traditionnelles, aurait effectivement pu faire exception, mais, justement, pas dans l’interprétation qu’en fait Maurras. Là où nous imaginons une pluralité de communes, de régions, de « provinces » (en langage maurrassien) où régnerait le débat démocratique, en leur sein aussi bien qu’entre elles ou avec l’Etat, Maurras ne voit qu’un désordre anarchique. C’est la principale raison pour laquelle, selon lui, la décentralisation ne peut être envisagée en « république démocratique » : Si par miracle la décentralisation se faisait, la France, tiraillée entre les grandes compagnies divergentes, disparaîtrait en tant qu’unité politique, faute d’un organe vivant et puissant de l’intérêt général. La décentralisation fantasmée par Maurras n’a rien à voir avec cette libre diversité, elle constitue au contraire un ordre rigide composé de « cercles » concentriques allant de la famille à la nation sans aucune confrontation et sans anicroche, une pyramide de pouvoirs pénétrant dans l’intimité des foyers et, à la fois, dirigée tout en haut par un roi. Un ordre parfait.
La diversité n’est pas perçue ici comme le signe d’un système pluraliste mais comme l’organisation parfaite d’un système de pouvoir immuable.

Les valeurs
Enfin, cette furie antirépublicaine vise l’ensemble des valeurs fondamentales de la démocratie, en tout premier lieu la liberté et l’égalité (et la fraternité, évidemment, les haines de Maurras en représentent l’antithèse absolue) : La République démocratique consiste en premier lieu à n’avoir pas de tête, et en second lieu, à loger un peu partout dans son corps la plus haute dose possible de déraison. La liberté d’abord ou l’absence de chef ! Ensuite l’égalité ou le manque d’ordre !
On imagine aisément qu’un tel ressentiment antidémocratique conduira Maurras et l’Action française à prendre constamment pour cible les droits de l’Homme. Et, effectivement, dès le premier numéro du journal « L’Action française » en 1899, ses fondateurs Pujo et Vaugeois affirmaient : Il est temps de renoncer à mettre l’abstraction des « droits de l’homme » à la place des droits historiques de notre belle race française. Cette condamnation des droits de l’Homme restera une constante tout au long de l’histoire du mouvement.
Les inégalités de droit et de statut deviennent sous la plume de Maurras si « naturelles » qu’il en vient à jeter un regard complaisant sur les dominations les plus extrêmes comme l’esclavage. Ainsi, croit-il pouvoir affirmer, le visage de l’esclave était ami au maître (…) en vertu de la réciprocité des services, l’esclave se tenait pour un membre secondaire, mais nécessaire, de la famille. Touchant tableau familial !

La logique antidémocratique et ses conséquences
Cet acharnement contre la démocratie, ses références à une souveraineté populaire, son pluralisme, ses libertés et ses droits fondamentaux, toutes ses valeurs, n’est pas anodin. Cela explique l’ ambivalence et, plus d’une fois, le soutien de l’Action française au fascisme italien, pourtant étatiste et fort peu décentralisateur. Cela explique ses discours sur la nécessité d’une dictature qui, à l’imitation de tous les postulants dictateurs, est présentée comme temporaire. Les auteurs du manifeste « dictateur et roi » (Maurras et son ami Amouretti), affirment (…) que le gouvernement du roi de France ne peut manquer d’être répressif et vengeur dans ses premiers actes de dictature, afin de pouvoir être réparateur dans ceux qui suivront. Les prétendants au trône ont raison d’affirmer que le chef de la Maison de France leur apparaît Dictateur nécessaire autant que roi légitime . Le texte, bien que très général, prévoit d’ailleurs un régime clairement autoritaire : l’anarchie politique et ses théoriciens seront donc surveillés, et s’il existe des confessions religieuses qui tendent à cette anarchie, elles seront soumises à cette surveillance, qui est de droit naturel . Cela explique enfin que le régime autoritaire du maréchal Pétain soit apparu à Maurras, malgré l’antigermanisme viscéral de l’Action française, comme une « divine surprise ».

Le sens des violences d’hier et d’aujourd’hui
L’Action française n’a jamais eu le pouvoir, même si, indirectement, de nombreuses mesures prises par le gouvernement de Vichy sont d’inspiration incontestablement maurrassienne, illustrant parfaitement les dérives et les politiques criminelles auxquelles peuvent conduire ces idées. Mais même dans le cadre que lui imposait son statut de simple opposant au sein de la République, elle affichait ses options et manifestait ses inquiétantes potentialités par son style et ses pratiques.
Outre ses manifestations, souvent violentes, elle se singularisait d’abord par les nombreuses campagnes qu’elle menait contre des personnes (et non seulement contre des idées). Dans bien des cas cela consistait à mener des campagnes de calomnies et des chasses aux sorcières, laissant derrière elles existences et réputations en lambeaux Ainsi, par exemple, la campagne menée, avec d’autres journaux d’extrême droite, contre Roger Salengro en 1936, accusé à tort d’avoir été un déserteur, qui l’accula au suicide ; ou celle menée contre l’ex-président du conseil Joseph Caillaux, accusé à tort d’avoir trahi la France en temps de guerre, qui conduisit à son incarcération en 1918 et son jugement par la Haute cour en 1920, dont il ne sera amnistié qu’en 1925.
Dès sa naissance en 1899, le mouvement s’acharna sur le capitaine Dreyfus, mêlant sa voix à celle des antidreyfusards les plus fanatiques. Ce type d’attaques personnelles, de cibles en cibles, ne s’est jamais arrêté..
Une autre action caractéristique de l’Action française, dont s’inspirent encore aujourd’hui les jeunes agitateurs aixois, consistait à intervenir collectivement et brutalement pour faire taire, ou au minimum perturber les paroles, débats, manifestations culturelles et expressions de toute sorte qui ne leur plaisaient pas. Qu’il s’agisse de perturber des cours ou des conférences universitaires dont le contenu ne leur convenait pas, s’acharnant, par exemple, contre les conférences à la Sorbonne de François Thalamas professant des idées non conformes sur Jeanne d’Arc ; de frapper quelquefois des professeurs ; de saccager les locaux de journaux défendant d’autres points de vue que les siens ; d’interrompre la projection de films ou de pièces de théâtre ; de molester les hommes politiques aux idées opposées aux leurs … toutes ces exactions et ces brutalités expriment chaque fois la même visée : agresser et réduire au silence des individus exprimant des opinions autres que celles de l’Action française, et quand l’occasion se présente, de les humilier, de les rabaisser (le goudron, l’huile de ricin…).
De la propension de Maurras à menacer de mort ses adversaires (ou perçus comme tels) à ces violences répétées contre qui pense autrement, règne le même esprit. Dans cette vision du monde il n’existe pas de débat démocratique ou d’opposition, les opposants sont une maladie, des traîtres, l’anti-France, des assassins…la rhétorique de l’Action française y revient constamment. Il faut donc les mettre hors d’état de nuire sans égard pour leur personne et commencer par leur couper la parole, les faire taire. Ce lourd héritage s’est manifestement transmis à ses émules provençaux contemporains. Ceux-ci auraient pu chercher à défendre leurs idées en participant aux débats, ouverts à tous, les débats qu’ils ont interrompu. Mais au lieu de participer à une discussion publique où chacun peut s’exprimer tout en respectant la liberté de parole des autres, ils s’imposent de force, arrêtent brutalement les débats, introduisant la violence et l’intimidation dans des réunions ouvertes et pacifiques. Oui, de ce point de vue, ils sont bien les héritiers des Camelots du roi et des diverses milices d’extrême droite des années 30 qui voulaient imposer un ordre nouveau dont la démocratie serait définitivement bannie. Leurs violences en constituent les prémices, une sorte de préfiguration.

La haine des protestants et des autres
Continuant à interpréter le dessin de Forain en y projetant ses exécrations, Maurras poursuit : Le bouquet de vieux poils enroulé tumultueusement sur la nuque fait sans doute quelque allusion à cet idéalisme protestant qui assaisonne les démarches et les discours de la mauvaise fée ; à la sottise naturelle elle ajoute ce grain de folie religieuse, acquis à l’école primaire. Que signifie cette phrase étonnante ? Pour l’essentiel, que les idées des protestants sont sottes et follement désordonnées à l’image des cheveux outrageusement mal coiffés de la « belle jardinière » et que l’école laïque, fortement influencée par le mode de pensée protestant selon Maurras, diffuse ces manières de penser pernicieuses jusque dans les cerveaux innocents des petits Français.
Tout ce qui constitue la spécificité du protestantisme, aux yeux de Maurras, est haïssable. Sa néfaste doctrine du « libre examen » génératrice d’individualisme et d’anarchisme effréné ainsi que ses tendances démocratiques en font un ferment de rébellion contre les autorités traditionnelles immuables et indiscutables, celle de l’Eglise, celle des rois… Nous n’excuserons plus la séparation d’avec Rome ni ces longues rébellions dont le trait commun a été de produire toutes les idées qui ébranlèrent notre unité : libéralisme, parlementarisme, République, démocratie, romantisme, on peut même dire hervéisme et dreyfusisme.
Les protestants sont avant tout des destructeurs. Ils sont l’autre. Bien que Français, ils sont constamment décrits comme des représentants de l’étranger. Leurs idées « anti-romaines » sont « plus ou moins sorties des forêts de la Germanie » .
Le pluralisme religieux s’avère finalement aussi illégitime que le pluralisme politique. Ceux qui s’écartent du catholicisme romain le plus intransigeant sont aussitôt accablés d’injures et accusés des pires turpitudes. L’historien Gabriel Monod, protestant et de surcroît en désaccord intellectuel avec Maurras, en a fait l’amère expérience. L’auteur de l’Enquête sur la monarchie lui a consacré un texte incroyable, un véritable monument de haine. Maurras ne discute quasiment pas son œuvre qui est pourtant substantielle, se contentant de la qualifier de « nullité » et son auteur d’imbécile … Il l’attaque par ses origines, cherchant à le disqualifier par un récit malveillant centré sur la famille Monod depuis plusieurs siècles. Il n’est que le représentant d’une « horde » peuplée de « fous » à face de « singe » , de non catholiques déloyaux, hostiles « aux intérêts et aux traditions de la France » , des sortes de traîtres, des Allemands dissimulés parmi nous, Maurras dénonçant en Gabriel Monod « cet Allemand secret » . Et il trouve même au sein de cette famille une « féministe » !
L’altérité, dans cette conception du monde, est devenue une abomination. Du constat d’une différence on passe sans transition aux accusations les plus graves. Et à chaque nouvelle divergence les mêmes dénonciations rageuses ressurgissent. L’intolérance est au fondement de l’Action française.

L’intolérance
Dans la France du XXème siècle, les personnes et les courants politiques ou culturels qui ne se conforment pas au modèle brandi par l’Action française (royaliste autoritaire, catholique intransigeant, vomissant la démocratie…) sont légions. Et ils sont effectivement légions à être non seulement critiqués mais couverts d’insultes et accusés d’ourdir les projets les plus criminels contre la France et les Français. Rappelons deux cas, canoniques dans le corpus de l’Action française. Les romantiques (ainsi que tous ceux qui peuvent y être associés), en rupture avec le classicisme cher à Maurras, sont accusés d’être une forme d’ « invasion étrangère ». Quant aux francs-maçons, leur anticléricalisme est lu comme une « ardente haine militante pour le prêtre catholique », leur esprit critique comme une « entreprise de destruction » génératrice de la pire d’entre elles selon Maurras : la Révolution française.
Cette intolérance furieuse, transformant tout écart aux dogmes maurrassiens en crime inexpiable, ne se lit pas seulement dans les diatribes acerbes du leader royaliste et de ses amis. Elle transparaît tout autant dans leurs prises de position d’apparence les plus conciliantes. Quelques protestants échappent à cette vindicte. Faisant exception, ils sont tolérés. Qu’ont-ils de particulier ? Ils sont « patriotes » (c’est-à-dire nationalistes), « royalistes », ils ont rejoint L’Action française… Maurras veut bien reconnaître une personne autre lorsqu’elle s’est dépouillée de sa singularité, de son altérité, lorsqu’elle est devenue exactement comme lui. La tolérance de Maurras s’arrête à lui-même. Sa manière d’être tolérant est un comble d’intolérance.

La haine des Juifs
Dans la caricature de Forain, nous l’avons vu, les traits hideux qui exhibent la laideur de la république sont en tout premier lieu les traits classiques désignant les juifs dans les caricatures antisémites. Ce qui fait de la république un régime odieux, c’est d’abord le fait qu’elle est une république « enjuivée ».
Un simple coup d’œil à la caricature, avec à l’esprit les commentaires de Maurras, suffit à réduire à néant tous les efforts de certains de ses disciples pour présenter son antisémitisme comme un antisémitisme modéré. La célèbre distinction entre antisémitisme de peau (l’antisémitisme biologique des nazis) et antisémitisme d’Etat (celui de l’Action française), ne signifie pas que Maurras ne haïrait pas les Juifs et ne leur voudrait pas de mal. Non seulement ses prises de position sont souvent particulièrement malveillantes mais, à un moment où les enjeux humains sont dramatiques, sous l’occupation, il cautionne (et comment ! ) la politique criminelle de Vichy envers les Juifs. Nulle compassion pour les victimes, il approuve bruyamment les mesures discriminatoires, multipliant les surenchères verbales au moment même où se déroulent les persécutions.
Réagissant au premier statut des Juifs, il commence par minimiser, voire nier totalement l’oppression et la souffrance des victimes : Il ne s’agit nullement, en effet, d’une persécution et rien n’est plus sage que d’interdire aux Juifs les postes d’administration, de direction, de formation des intelligences . En effet, insiste Maurras, Il n’est écrit nulle part, entre les étoiles du ciel ni dans les profondeurs de la conscience, qu’il soit offensant pour une personne humaine de ne pouvoir accéder à la direction ou à la gérance d’un théâtre ou d’un cinéma, d’une publication ou d’une université .
Ce ne sont pas ces peccadilles (les malheurs d’autrui) qui préoccupent le vieux dirigeant, mais le fait que certains risquent d’échapper à la pleine rigueur de ces mesures, les Juifs ne sont-ils pas rusés et dissimulateurs ? Les Juifs nous ont tant roulés . Le « maître » de Martigues relaie l’inquiétude de ceux qui pensent que les Juifs sont malins, qu’ils ont bien caché leur trésor . Ils ont raison de s’inquiéter mais au lieu de se décourager ils devraient se mettre en chasse résolument pour récupérer ces dépouilles . Encore en 1944, ce qui inquiète le leader de l’Action française c’est que peut être certains Juifs pourraient échapper à la répression. On serait curieux de savoir si la noble famille (juive) est dans un camp de concentration, ou en Angleterre, ou en Amérique, ou en Afrique, — ou si par hasard elle a gardé le droit d’épanouir ses beaux restes de prospérité dans quelque coin, favorisé ou non, de notre Côte d’Azur ? (…) si la tribu nomade était restée en France, il faudrait faire cesser à tout prix une hospitalité scandaleuse et une tolérance qui touche à la folie. Dans la suite du texte, Maurras propose d’appliquer la loi du talion aux hordes juives soupçonnées de violences de parole et d’attitude .
Les vociférations haineuses du vieux leader royaliste ne sont pas des vociférations dans le vide, elles ont accompagné et soutenu l’oppression des Juifs (ainsi que beaucoup d’autres victimes de ces temps barbares), avec une ardeur sans faille.
En une période décisive l’antisémitisme de l’Action française a été un pousse au crime. Il n’avait rien d’anodin.

Le racisme
Les Juifs ne sont pas perçus ici comme des individus ayant fait des choix mais comme les représentants d’une ethnie, étroitement déterminés par cette origine . L’antisémitisme de Maurras, même s’il ne s’exprime pas en termes biologiques à la façon de Gobineau et des nazis, a tout les traits du racisme : individu déterminé par son origine ethnique, identités ethniques éternelles, séparation absolue entre populations issues d’origines différentes, etc. Et le racisme est effectivement un autre fondement de la pensée d’Action française. Si le racisme anti-Juif est le plus obsessionnel il est loin d’être le seul. Un exemple, tout à fait caractéristique suffira à le suggérer.
En avril 1910 plusieurs journaux relatent un fait divers particulièrement choquant. Des marins blancs embarqués sur un bateau, la Moulouya, ont déserté , prétextant qu’ils ne pouvaient supporter la proximité avec les « chauffeurs » (chargés d’entretenir la chaudière) noirs. Un certain nombre de journalistes s’indignent devant cette manifestation de racisme primaire. Maurras, au contraire, prend la défense des marins. S’ils ont eu tort de déserter, leur protestation contre la situation qu’on leur imposait était légitime. Il oppose ces revendications légitimes de citoyens français aux pirouettes des pédants qui crient au racisme : Un travailleur français n’a pas le droit de se sentir chez lui sur un vaisseau français (…)Il ne lui est même pas permis de trouver qu’un nègre sent mauvais. Maurras, lui, se le permet sans que ça lui pose le moindre problème de conscience. Au contraire, de cette agression olfactive supposée, il tire des conséquences ségrégatives radicales : la cohabitation avec les Noirs est impossible. Des Français blancs n’ont pas à supporter la promiscuité des indigènes, il y a des différences à respecter.
Les Noirs aussi sont affligés collectivement d’une différence disqualifiante qui justifie les discriminations, la ségrégation, rejoignant la cohorte de toutes les communautés, peuples, ethnies, confessions, courants politiques, littéraires, artistiques… que Maurras abomine et qu’il voudrait exclure, censurer, discriminer, réprimer, etc.

L’Action française hier et aujourd’hui
On pourrait ironiser sur cet homme autoritaire qui hait tout ce qui n’est pas lui Mais ce n’est pas qu’un homme, c’est tout un mouvement politique qui a réagi pendant de nombreuses années ainsi. Et nous savons que la haine de la démocratie, des droits de l’Homme, les tentations autoritaires, l’intolérance exacerbée, le racisme obsessionnel, ensemble ou séparément, ont parsemé l’histoire d’épisodes dramatiques et sanglants. Ces haines ont déjà souvent frappé.
Nous ne nous demanderons pas comment des jeunes gens du début du XXIème siècle ont pu prendre cet ensemble d’idées morbides et paranoïaques pour des idées fraiches et joyeuses pleines de promesses mais leurs agissements donnent à penser que, même s’ils n’ont pas lu les 25 fascicules du Dictionnaire politique et critique de Maurras, ils s’efforcent de marcher sur les traces de leurs aînés. Leurs slogans « A bas la République », « vive le roi » ainsi que les attaques répétitives contre la démocratie sur les différents sites de l’Action française sortent tout droit de la naphtaline maurrassienne. La dénonciation véhémente de «la politique immigrationniste qui détruit la France par sa haine de notre pays » correspond parfaitement aussi à la vision du monde que nous avons décrite dans les chapitres précédents. Mais c’est surtout leur style d’intervention négateur du débat, du pluralisme, des personnes, cherchant à briser la vie démocratique et à imposer, ne serait-ce qu’un instant, leur ordre par la force, qui témoigne de leur état d’esprit Action française. Leur royalisme, comme celui de leurs sinistres prédécesseurs, ne consiste pas seulement à remplacer un régime républicain par un roi, c’est, en profondeur, tout ce qui constitue la vie démocratique qui est visé, nos valeurs, nos droits fondamentaux.
Haine de la démocratie, haine de l’étranger, haine du différent , etc. la vieille
ritournelle a trouvé de nouveaux adeptes.

 

Pièces jointes

Le Conseil constitutionnel persiste à banaliser un régime d’exception 20 février, 2016

Source: Le Conseil constitutionnel persiste à banaliser un régime d’exception

Communiqué LDH

Comme on pouvait s’y attendre, le Conseil constitutionnel a validé, pour l’essentiel, le régime d’exception qu’impose l’état d’urgence en matière de manifestations et de fermetures de lieux de réunion. Il a aussi considéré que les perquisitions ordonnées par l’autorité administrative n’affectent pas « la liberté individuelle au sens de l’article 66 de la Constitution » et considère qu’un simple recours indemnitaire contre l’Etat, sans annulation de la mesure elle-même, constitue une voie de recours. Certes, le Conseil constitutionnel a émis un avis négatif sur les saisies en matière informatique pratiquées à l’occasion des perquisitions administratives. On doit s’en féliciter et inciter, en conséquence, les personnes qui en ont été victimes à entamer les recours nécessaires. Cependant ces décisions du Conseil, comme les précédentes, entérinent la mise à l’écart du juge judiciaire et rendent inutile toute constitutionnalisation de l’état d’urgence tant elles cautionnent déjà l’arbitraire et l’impunité de l’Etat. La LDH ne cessera pas, pour autant, son action de telle manière à ce que la France respecte ses engagements internationaux et que l’Etat de droit retrouve pleinement sa place.

 

Paris, le 19 février 2016

En Pologne, le naufrage de la démocratie 20 février, 2016

Source: En Pologne, le naufrage de la démocratie

L’Association Européenne pour la Défense des droits de l’Homme (AEDH) et son organisation polonaise Otwarta Rzeczpospolita dénoncent les décisions politiques prises par le gouvernement polonais contre les libertés et la vie démocratique. De plus, dans les déclarations des nouveaux dirigeants, on perçoit que les droits des femmes seront les prochaines cibles, après la mise au pas du pays. En choisissant la voie autoritaire, la nouvelle Première ministre et son gouvernement, issus du PiS, le parti Droit et Justice – dont le chef Jaroslaw Kaczynski dit vouloir faire « Budapest à Varsovie » – , essaient d’imposer l’idée que la totalité des composantes de la Pologne sont du même avis. En conséquence, le pays pourrait se passer du contrôle de constitutionnalité des lois et de  liberté de la presse.

Le nouveau gouvernement s’est en effet attaqué au Tribunal constitutionnel en y nommant cinq nouveaux juges et en modifiant son fonctionnement pour qu’il ne puisse guère s’opposer à ses projets de loi. Il a aussi mis les médias publics sous son contrôle direct, a prévu une surveillance d’Internet. Enfin les responsables des plus importantes institutions publiques ont été soient changés, soit étroitement mis au pas. Les étapes suivantes seront la modification de la loi sur le fonctionnement du parquet et une loi sur l’audiovisuel qui devrait viser les médias privés. Selon Karol Modzelewski, ancien opposant des années 70-80, « c’est le naufrage de la démocratie polonaise ».

La liste de leurs « ennemis » est particulièrement significative de l’idéologie extrémiste du PiS. Ainsi l’un de ses dirigeants, Witold Kaszczykowski, dans un entretien au quotident allemand Bild,  ouvre le feu avec « le nouveau mélange de cultures et de races, le monde de cyclistes et de végétariens, qui ne mise que sur les énergies renouvelables et combat toute forme de religion ». L’auteur de ces déclarations est le ministre des Affaires étrangères… L’un des députés du parti au pouvoir, Stanislaw Pieta, a complété dans un entretien au magazine français l’Obs : « les communistes, ceux qui méprisent la tradition catholique, ceux qui ne sont pas des patriotes, ceux qui apportent les maladies du monde occidental dégénéré comme les couples homosexuels, l’euthanasie, l’avortement ». Ce n’est pas un cauchemar, c’est la réalité de la Pologne de l’année 2016.

Mais contrairement à ce que prétend faussement un gouvernement complètement aveuglé par son esprit de vengeance nationaliste, le refus existe et les mouvements d’opposition n’ont pas tardé. Nombre de Polonaises et de Polonais ont  le souvenir chevillé dans leur militantisme des privations successives des libertés et des exactions qui les ont suivies, sous les régimes autoritaires des années 30, puis pendant la double offensive d’une part de l’Allemagne, et d’autre part de l’URSS, pendant l’occupation nazie et enfin sous l’emprise soviétique, pour ne pas accepter que l’on mette une fois de plus en cause les libertés publiques et la fondamentale séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice. C’est ce que montre la protestation courageuse, forte, active pour la démocratie en Pologne, à l’exemple parmi bien d’autres de celle du KOD, le comité de défense de la démocratie – qui reprend le flambeau non éteint de l’historique KOR.

L’AEDH et Otwarta Rzeczpospolita exigent du gouvernement polonais l’annulation de toutes les dispositions qui limiteraient les droits démocratiques en Pologne. Ils Rzeczpospolita demandent aux institutions européennes d’agir pour que tous les moyens soient utilisés pour faire céder le gouvernement polonais.  A défaut c’est le fondement même de l’existence de l’Union européenne qui est atteint si rien n’est fait contre la politique d’un Etat membre qui contrevient gravement aux principes de démocratie.

L’AEDH et toutes ses organisations membres qui sont signataires de cette déclaration attendent des institutions européennes de prendre conscience de l’absolue nécessité de ne pas faire accroire l’idée que la démocratie dans l’Union est à géométrie variable. Elles approuvent que la Commission a  activé le nouveau cadre pour l’état de droit créé en 2014 qui signifie que la Pologne est  actuellement sous veille structurée par l’UE. Mais elles veulent que les institutions européennes et notamment le Conseil européen n’hésitent pas à aller plus loin si la veille organisée est sans effet, incluant le recours à l’article 7. A défaut, les dirigeants des Etats membre auront apporté une preuve de plus de ce qui menace l’Europe : sous les décisions que chacun des gouvernements prend pour son seul intérêt et en niant les règles de droit communautaire qu’ils ont pourtant ratifiés pour rentrer dans l’UE, c’est la déconstruction de l’Europe qui est en cours.

Bruxelles, le 18 février 2016

L’Association Européenne pour la Défense des Droits de l’Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l’Homme des pays de l’Union Européenne. Pour en savoir plus, consultez le site http://www.aedh.eu/?lang=fr.

Association Européenne pour la Défense des Droits de l’HommeEuropean Association for the Defence of Human RightsRue de la Caserne, 331000 BrusselsBelgiumphone: +32(0)25112100fax: +32(0)25113200Have a look: www.aedh.eu

La LDH soutient de film documentaire « L’Homme qui répare les femmes. La Colère d’Hippocrate », de Thierry Michel et Colette Braeckman 18 février, 2016

Source: La LDH soutient de film documentaire « L’Homme qui répare les femmes. La Colère d’Hippocrate », de Thierry Michel et Colette Braeckman

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Sortie le 17 février 2017

Neuf prix internationaux n’ont pas empêché l’interdiction de ce film en RDC : sous la pression des Nations unies, cette interdiction vient juste d’être levée. C’est l’histoire et le portrait du gynécologue Denis Mukwege, qui, malgré les menaces de mort, poursuit sous protection des Casques bleus son travail dans l’hôpital de Panzi, qu’il a créé en 1999 à Bukavu, capitale du Sud Kivu. Depuis une quinzaine d’années, il aide à se reconstruire physiquement et psychologiquement les femmes victimes de viols accompagnés de violences sauvages commis à grande échelle dans l’est de la RDC. Tout a commencé avec l’arrivée des Hutus du Rawanda, réfugiés après le génocide des Tutsis en 1994 : les conflits entre milices, guerriers traditionnels et armée officielle n’ont cessé de ravager l’est du pays et une nouvelle arme de guerre, avec les tortures et les massacres, est apparue pour détruire les populations : le viol. Pratiqué par tous, y compris l’armée et la police, et jouissant grâce à la peur et à la corruption de la plus grande impunité. On voit se développer le viol des enfants, des bébés dont le sang est réputé, selon les sorciers, apporter la richesse.

Les victimes sont seules, rejetées par leurs familles, terrorisées. Quand elles sont soignées, il faut leur rendre confiance, leur faire oublier, les réinsérer. Opérations, parfois à répétition – il a soigné plus de 30 000 femmes –, soins post-traumatiques, résidence, école, création d’une « clinique juridique », grâce à sa fondation le Dr Mukwege a acquis une exceptionnelle popularité : il dit que ce sont les femmes qui le protègent. Elles manifestent par milliers pour le soutenir, obtiennent de premiers procès d’une justice pusillanime, se constituent en associations pour défendre leurs droits, mobilisent les hommes pour faire campagne contre les viols. Car désormais la pratique du viol s’est répandue : elles disent que leurs propres fils finissent par en commettre.

Alors, le jour où il opère une fillette de huit ans violée, elle-même issue d’un viol, il pense que cela ne peut plus durer et décide de sortir du bloc opératoire. Denis Mukwege court le monde, discourt aux Nations unies, est fier de dîner chez les Obama avec les chefs d’Etats africains, reçoit le prix Sakharov au Parlement européen en 2014. Et là il parle de politique, de misère et de corruption, de justice et de paix, d’éducation et de démocratie.

On ne saurait rester indifférent à ce film, malgré sa longueur et malgré la violence parfois insoutenable de certaines images ou des faits qu’il rapporte ; malgré son côté hagiographique. Sa force vient de l’aura exceptionnelle de son héros ; mais aussi de la peinture de son pays. Le cinéaste montre le contraste entre des paysages saisissants, des richesses aurifères et minières prodigieuses, et la misère sinistre qui en résulte. Des maffieux vident le Congo. Sans Etat de droit, le pays est « une bijouterie sans porte ni fenêtres », dit Denis Mukwege. « Il faut tuer mille personnes pour devenir général au Congo », dit un prêtre.

On pourrait discuter les responsabilités congolaises, de Mobutu aux Kabila, et occidentales, françaises y compris, dans la situation au Rwanda puis au Zaïre, l’ancien Congo belge. Evoquer l’hypothèse qui court d’une candidature présidentielle de Mukwege en 2016. Ce n’est pas l’objet du film, qui s’en tient au récit d’une œuvre humanitaire admirable.

 

L’Homme qui répare les femmes. La Colère d’Hippocrate
Film documentaire, Belgique, 2015
Durée :
112 mn
Auteurs et réalisation :
Thierry Michel, Colette Braeckman
Production :
Les Films de la passerelle – Ryva production
Distribution :
JHR films

 

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Solidarité avec Elsa Lefort et Salah Hamouri contre l’impunité d’Israël 18 février, 2016

Source: Solidarité avec Elsa Lefort et Salah Hamouri contre l’impunité d’Israël

Solidarité avec Elsa Lefort et Salah Hamouri contre l’impunité d’Israël
​L’acharnement israélien contre Salah Hamouri continue obstinément. Trois ans après qu’il soit sorti de prison où il a passé 7 ans de sa jeune vie, sur la base d’un dossier vide, les dirigeants israéliens le poursuivent pour l’empêcher d’avoir une vie normale sur la terre où il est né : en Palestine.

Et maintenant, en plus de ces attaques contre lui, c’est sur sa femme, enceinte de 6 mois et demi, que les foudres viennent de tomber brutalement, cyniquement, sans la moindre humanité, et en toute illégalité, en ce début 2016.

Le 21 décembre 2015, disposant d’un « visa service » officiel valable un an et attribué par les autorités israéliennes, Elsa est venue en France. Elle en est repartie le 5 janvier. Et à l’arrivée à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv le cauchemar a commencé.

Les autorités israéliennes l’attendaient avec un plan sordide, calculé à l’avance. Ils contestèrent la validité de son « visa de service » au prétexte qu’elle n’avait pas de « visa épouse », ces deux visas étant strictement indépendants l’un de l’autre. Ils la mirent en prison deux jours, sans le moindre ménagement malgré sa grossesse visible.

Elsa enceinte maintenant de près de 8 mois ne pourra plus prendre l’avion d’ici quelques jours. L’enfant « risque » donc de naître en France et ne pas avoir le « statut » de Jérusalémite, ce qui sera d’emblée un obstacle pour lui et son avenir.

Il faut absolument empêcher ce terrible déni de justice et cet arbitraire inacceptable qui s’abat désormais sur la femme de Salah et sur leur enfant avant même qu’il ne soit né. Un arbitraire qui ne repose sur strictement rien d’autre que des mensonges inventés de toute pièce par les autorités israéliennes. A Jérusalem, ville annexée contre le droit international, Israël mène une politique de discrimination systématique  à l’encontre des Palestiniens, avec l’objectif de changer la démographie de la ville.

Nous sommes face à un problème politique. Les autorités françaises et le ministre des Affaires étrangères doivent prendre leurs responsabilités et aider cette Française à rejoindre son mari pour qu’ils puissent vivre et circuler librement tous les 3, avec leur enfant, à Jérusalem.

Il est temps d’agir face à l’impunité d’Israël. C’est le sens du rassemblement que nous organisons vendredi 12 février à 18h30 devant le ministère des affaires étrangères, au métro invalides.

Nous appelons donc toutes les organisations, associations, citoyen-nes, élu-es, à être présents vendredi au rassemblement pour soutenir Elsa et Salah et rappeler qu’ils ont des droits que leur donnent les conventions internationales et qu’Israël n’est pas au-dessus des lois !

Premiers signataires :
Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) –  Parti Communiste Français (PCF) – Nouveau Parti Anti Capitaliste (NPA) – Association France Palestine Solidarité (AFPS) – Ligue des droits de l’Homme(LDH)



Lettre ouverte à Vera Jourová : du Safe Harbor au Privacy Shield, des promesses et du vent 10 février, 2016

Source: Lettre ouverte à Vera Jourová : du Safe Harbor au Privacy Shield, des promesses et du vent

Le 6 octobre 2015, la Cour de justice de l’Union européenne annulait le Safe Harbor, accord conclu en 2000 avec les États-Unis pour donner un cadre légal aux transferts des données des citoyens de l’Union européenne aux États-Unis. Le G29, groupe de travail qui rassemble les autorités nationales de protection des données, avait donné jusque fin janvier à la Commission européenne pour trouver un nouvel accord qui prenne en compte les exigences de la Cour de Justice de l’Union européenne. Cet accord nommé « Privacy Shield » a été annoncé le 2 février, mais ne contient qu’une série de vagues promesses.

 

Communiqué de l’Observatoire des libertés et du numérique (OLN)[1]

L’Observatoire des libertés et du numérique s’inquiète de la situation et interpelle Madame Věra Jourová, commissaire européenne à la justice chargée des négociations, afin de lui demander de faire respecter les dispositions du règlement sur les données personnelles et l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 6 octobre ainsi que d’obtenir de réelles garanties sur les données personnelles des citoyens européens.

Paris, le 10 février 2016

 

Madame la Commissaire,

Vous avez annoncé le 2 février avoir conclu un accord politique fixant un nouveau cadre pour le transfert transatlantique des données à caractère personnel de toute personne dont les données sont collectées en Europe. Or en fait de cadre, il ne s’agit que de promesses vagues qui semblent avant tout avoir pour objectif de faire patienter le G29 qui attendait le résultat des négociations fin janvier. Ni le G29, ni les membres du Parlement européen, ni les organisations citoyennes ne sont dupes des risques importants que comporte cette stratégie.

L’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne en date du 6 octobre 2015 a condamné le système actuel de transfert des données personnelles aux États-Unis en dénonçant par ce biais l’inaction de la Commission européenne qui s’était révélée incapable de le revoir par elle-même alors que les révélations d’Edward Snowden prouvaient que les pratiques des États-Unis ne garantissaient pas une protection suffisante. Cet arrêt doit être, par ailleurs, l’occasion de revoir les dispositifs de surveillance de masse qui se développent en Europe, mettant en cause la protection des données personnelles des Européens.

Nous vous demandons de tenir vos engagements et de vous assurer que les engagements américains (en termes de législation) seront contraignants et offriront des garanties suffisantes pour permettre l’adoption d’une décision européenne de reconnaissance du niveau élevé de la protection. Cet accord devra notamment :

  • protéger les données personnelles des personnes concernées vis-à-vis des services de renseignement américains et de toutes les pratiques de surveillance ;
  • offrir des moyens de recours aux personnes concernées, devant un juge indépendant accessible facilement et disposant de moyens suffisants et adaptés pour effectuer des contrôles aux États-Unis ;
  • permettre la mise en œuvre des droits d’accès, de rectification, d’opposition et d’effacement des données qui les concernent ;
  • s’assurer que les engagements américains honorent le principe de privacy by design et by default, consacré par le futur règlement européen et par la future directive européenne sur la protection des données personnelles ;
  • définir les obligations des entreprises qui cherchent à importer des données aux États-Unis, en matière de protection des données, en particulier de transparence vis-à-vis des personnes concernées ;
  • offrir l’assurance que les décisions seront contraignantes pour les États membres de l’UE comme pour les États-Unis.

Or, vous annoncez le « Privacy Shield » (bouclier de confidentialité UE-USA), un accord issu d’un échange de lettres, de promesses sans garantie réelle, vous mettant ainsi dans une position de faiblesse dans les négociations en l’absence d’engagements américains concrets et légalement opposables. Dans trois semaines vous devrez transmettre le texte de l’accord politique au G29. Serez-vous à même d’obtenir réellement les garanties nécessaires dans un délai si court ?

Nous resterons vigilants sur les résultats de la négociation. Cet arrêt marquant de la Cour de justice de l’Union européenne annulant le Safe Harbor ne doit pas avoir comme effet de brader nos droits et libertés. Un accord au rabais serait très certainement de nouveau annulé à terme par la Cour et aurait des conséquences très négatives sur la confiance des européens mais aussi sur celles des entreprises européennes et américaines qui sont concernées par le « Privacy Shield ». Il en va de la crédibilité de l’Europe dans le monde à l’heure de la mondialisation des transformations par le numérique.

 

L’Observatoire des libertés et du numérique (OLN)

Creis Terminal
Le Cecil
La Ligue des droits de l’Homme
La Quadrature du Net
Le Syndicat des Avocats de France
Le Syndicat de la Magistrature

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[1] L’Observatoire des libertés et du numérique regroupe le Cecil, Creis-Terminal, la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des Avocats de France et La Quadrature du Net.

 


La LDH soutient de film documentaire « L’Homme qui répare les femmes. La Colère d’Hippocrate » de Thierry Michel et Colette Braeckman 10 février, 2016

Source: La LDH soutient de film documentaire « L’Homme qui répare les femmes. La Colère d’Hippocrate » de Thierry Michel et Colette Braeckman

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Sortie le 17 février 2017

Neuf prix internationaux n’ont pas empêché l’interdiction de ce film en RDC : sous la pression des Nations unies, cette interdiction vient juste d’être levée. C’est l’histoire et le portrait du gynécologue Denis Mukwege, qui, malgré les menaces de mort, poursuit sous protection des Casques bleus son travail dans l’hôpital de Panzi, qu’il a créé en 1999 à Bukavu, capitale du Sud Kivu. Depuis une quinzaine d’années, il aide à se reconstruire physiquement et psychologiquement les femmes victimes de viols accompagnés de violences sauvages commis à grande échelle dans l’est de la RDC. Tout a commencé avec l’arrivée des Hutus du Rawanda, réfugiés après le génocide des Tutsis en 1994 : les conflits entre milices, guerriers traditionnels et armée officielle n’ont cessé de ravager l’est du pays et une nouvelle arme de guerre, avec les tortures et les massacres, est apparue pour détruire les populations : le viol. Pratiqué par tous, y compris l’armée et la police, et jouissant grâce à la peur et à la corruption de la plus grande impunité. On voit se développer le viol des enfants, des bébés dont le sang est réputé, selon les sorciers, apporter la richesse.

Les victimes sont seules, rejetées par leurs familles, terrorisées. Quand elles sont soignées, il faut leur rendre confiance, leur faire oublier, les réinsérer. Opérations, parfois à répétition – il a soigné plus de 30 000 femmes –, soins post-traumatiques, résidence, école, création d’une « clinique juridique », grâce à sa fondation le Dr Mukwege a acquis une exceptionnelle popularité : il dit que ce sont les femmes qui le protègent. Elles manifestent par milliers pour le soutenir, obtiennent de premiers procès d’une justice pusillanime, se constituent en associations pour défendre leurs droits, mobilisent les hommes pour faire campagne contre les viols. Car désormais la pratique du viol s’est répandue : elles disent que leurs propres fils finissent par en commettre.

Alors, le jour où il opère une fillette de huit ans violée, elle-même issue d’un viol, il pense que cela ne peut plus durer et décide de sortir du bloc opératoire. Denis Mukwege court le monde, discourt aux Nations unies, est fier de dîner chez les Obama avec les chefs d’Etats africains, reçoit le prix Sakharov au Parlement européen en 2014. Et là il parle de politique, de misère et de corruption, de justice et de paix, d’éducation et de démocratie.

On ne saurait rester indifférent à ce film, malgré sa longueur et malgré la violence parfois insoutenable de certaines images ou des faits qu’il rapporte ; malgré son côté hagiographique. Sa force vient de l’aura exceptionnelle de son héros ; mais aussi de la peinture de son pays. Le cinéaste montre le contraste entre des paysages saisissants, des richesses aurifères et minières prodigieuses, et la misère sinistre qui en résulte. Des maffieux vident le Congo. Sans Etat de droit, le pays est « une bijouterie sans porte ni fenêtres », dit Denis Mukwege. « Il faut tuer mille personnes pour devenir général au Congo », dit un prêtre.

On pourrait discuter les responsabilités congolaises, de Mobutu aux Kabila, et occidentales, françaises y compris, dans la situation au Rwanda puis au Zaïre, l’ancien Congo belge. Evoquer l’hypothèse qui court d’une candidature présidentielle de Mukwege en 2016. Ce n’est pas l’objet du film, qui s’en tient au récit d’une œuvre humanitaire admirable.

 

L’Homme qui répare les femmes. La Colère d’Hippocrate
Film documentaire, Belgique, 2015
Durée :
112 mn
Auteurs et réalisation :
Thierry Michel, Colette Braeckman
Production :
Les Films de la passerelle – Ryva production
Distribution :
JHR films

 

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Dans Le Monde, tribune cosignée par Henri Leclerc, avocat et président d’honneur de la LDH, « Parlementaires, rejetez ce texte au nom des libertés » 6 février, 2016

l’action française à aix, ça suffit ! 3 février, 2016

Depuis des mois, l’Action française sème le trouble à Aix-en-Provence.
Non contents de se manifester le samedi sur le marché d’Aix,
sans être le moins du monde inquiétés pour les idées qu’ils diffusent,
des membres de ce groupe ont agressé l’an dernier des jeunes militants communistes dans leur local,
ont perturbé le Cercle de Silence du mois de septembre,
puis une conférence organisée par le Parti socialiste à l’IEP avant de s’en prendre au député Jean-David Ciot – menacé de mort – lors de ses vœux la semaine dernière, au Théâtre d’Aix,
sans que la police d’Aix assure sa mission de protection.
Il faut maintenant ajouter à cela leur participation – au milieu d’autres organisations d’extrême-droite -, et en plein état d’urgence, à la manifestation « identitaire » au decorum fasciste qui s’est tenue samedi 30 janvier à Aix.
L’action française se définit elle-même comme un mouvement antirépublicain. Par leurs actes répétés, agressifs, injurieux, haineux, ses militants, souvent cagoulés, sont fidèles à la tradition violente de l’extrême-droite. Les positions xénophobes et racistes de l’Action française, son agitation nationaliste, ses provocations et sa brutalité révèlent son totalitarisme.
Des voix se sont déjà élevées – dont celle du député Jean-Davied Ciot – pour demander l’interdiction de ce groupuscule dangereux et des plaintes ont été déposées.

La Ligue des droits de l’Homme d’Aix-en-Provence dénonce fermement les actions haineuses de ce groupe, demande instamment aux autorités que les plaintes déposées soient instruites rapidement et insiste pour que tout soit mis en œuvre pour que de telles manifestations ne se répètent pas

Situation indigne, inhumaine et dégradante 12 janvier, 2016

Source: Situation indigne, inhumaine et dégradante

Recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms (ou des personnes désignées comme telles) en France

Durant l’année 2015, 11 128 personnes se sont faites évacuées de force par les autorités de 111 lieux de vie. 410 personnes ont dû quitter cinq lieux de vie faisant suite à un incendie. Ces chiffres indiquent que 60 % des personnes recensées occupant des bidonvilles ont été évacuées de force durant l’année 2015, dont la moitié durant les mois de l’été.

Il y eut 76 évacuations forcées faisant suite à une assignation devant les tribunaux par les propriétaires des terrains ou des squats, 31 faisant suite à un arrêté d’insalubrité ou de péril pris par la mairie ou le préfet et quatre abandons de bidonville par les personnes elles-mêmes, sous la menace d’une évacuation forcée imminente. Sur les 111 évacuations effectuées par les autorités, des solutions d’hébergement temporaires n’ont été proposées que 29 fois. À la suite des 82 autres évacuations, les familles ont été tout simplement mises à la rue par les forces de l’ordre. Durant les cinq évacuations faisant suite à un incendie, il y a eu deux solutions d’hébergement d’urgence mises en place.

Depuis le début de l’année, la région Ile-de-France continue de concentrer 62 % des personnes évacuées.

L’analyse des terrains selon le type de propriétaire montre que pratiquement 80 % des terrains évacués de force sont publics et, de plus, seuls 5 % de ces terrains publics font l’objet d’un projet justifiant cette évacuation. Comme la répartition de l’occupation des terrains privés ou publics est plus ou moins égale, on voit qu’on a beaucoup plus de chances d’être évacué quand on occupe un terrain public. Ces évacuations forcées sont donc l’expression d’une volonté politique de rejet émise par un ensemble d’autorités étatiques. Nous assistons donc bien à une discrimination systémique de la part de l’État vis-à-vis de ces populations. Ceci démontre aussi que cette politique d’évacuation forcée systématique n’est pas mise en place pour défendre la propriété privée (prétexte souvent employé), puisque les propriétaires sont publics dans la très grande majorité des cas.

Nous considérons que la circulaire du 26 août 2012 n’est plus qu’une lettre morte.

Les condamnations internationales à l’encontre de la France sont lourdes et claires, comme celles du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, du Comité des droits de l’Homme des Nations unies, du commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe.

« Il apparait de plus en plus clairement qu’il existe une politique nationale systématique d’expulsions de force des Roms », a dit le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.[1]

Cette politique d’expulsions est indigne car elle ne fait qu’aggraver la situation de précarité de ces personnes ; elle est inhumaine car elle jette des familles, des femmes et des enfants à la rue ; elle est dégradante car, depuis déjà des années, ces personnes sont inlassablement pourchassées, d’expulsion en expulsion, sans aucune proposition de solution alternative de relogement.

D’autre part, nous observons que le Conseil d’État a condamné l’État à rendre la « jungle » de Calais (où vivent 6 000 migrants) plus digne « pour « faire cesser les atteintes graves » portées » aux libertés fondamentales des migrants se trouvant sur le site » ». Cette décision devrait faire jurisprudence.

Ce n’est donc pas seulement pour les Roms, mais pour l’ensemble des populations vivant dans une extrême précarité que nous demandons la suspension des expulsions systématiques, la sécurisation des bidonvilles et leur assainissement, la mise en place de solutions adaptées pour l’insertion des familles à travers le droit commun et ceci avant toute expulsion, pour toutes les familles et sur tout le territoire. Le suivi de ces politiques devrait être organisé dans le cadre d’un dialogue permanent entre les pouvoirs locaux (communes, collectivités territoriales), les autorités régionales et nationales et les acteurs publics et associatifs actifs dans les bidonvilles.

 

Remarque :

Ce recensement est le fruit d’un travail commun entre la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le European Roma Rights Centre (ERRC). Sans avoir la prétention à l’exhaustivité de la situation étant donné le manque de données officielles disponibles, ce recensement voudrait cependant en être l’expression la plus objective possible.

 

[1] « Zeid Ra’ad Al Hussein exhorte la France et la Bulgarie à arrêter les expulsions forcées de Roms », Centre d’actualités de l’ONU, Genève, 11 septembre 2015.

 

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