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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives de l'auteur : psenegas

S’attaquer à la surpopulation carcérale : un enjeu de dignité, d’effectivité des droits et de réinsertion des détenus 13 janvier, 2026

Communiqué LDH

Alors que la surpopulation carcérale vient d’atteindre un nouveau record de 86 229 détenu-e-s pour 60 000 places, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) s’alarme des annonces du garde des Sceaux sur ce sujet.

Si le ministre prétend s’intéresser à ce grave dysfonctionnement de notre politique pénale, en expliquant vouloir présenter au Parlement « une trajectoire nationale de maîtrise de la population carcérale », il ne propose aucune réelle solution. Non seulement ses annonces n’endigueront pas la surpopulation carcérale, mais, pire, elles risquent de la pérenniser.

En effet :

– construire de nouveaux établissements pénitentiaires n’a jamais résorbé la surpopulation. En trente-cinq ans, 25 000 places ont été créées et
35 000 personnes de plus incarcérées ;

– l’objectif visé de 130% de taux d’occupation d’ici 2032 montre un renoncement assumé à changer la situation ;

– le numerus clausus proposé n’est que gradué[1], ce qui ne permet pas d’atteindre un taux d’occupation normal et il ne s’appliquera qu’en maison d’arrêt ;

– l’annonce de la fin des matelas au sol d’ici dix-huit mois n’est accompagnée d’aucune information sur les modalités de sa mise en œuvre.

Le garde des Sceaux ne prend donc aucunement la mesure de l’urgence d’une surpopulation carcérale qui porte gravement atteinte à la dignité des détenu-e-s, empêche la réinsertion et créée des conditions de travail insupportables pour tous les personnels pénitentiaires.

La LDH souligne les contradictions orwelliennes de Monsieur Darmanin, ministre de la Justice, consistant, d’une part, à prétendre réguler la population carcérale, et, d’autre part, vouloir, par son projet de loi SURE (« Sanction rapide utile efficace »), construire des prisons, limiter drastiquement les peines avec sursis, supprimer les pouvoirs du juge d’application des peines, aménager les peines fermes en travail d’intérêt général (TIG) ou semi-liberté, etc., faire exécuter en détention les peines de moins d’un mois d’emprisonnement (qui sont actuellement exécutées hors détention)…

Ces contradictions ruinent totalement la parole du ministre de la Justice, puisque ces mesures vont en réalité doubler la population carcérale et non pas la réguler ou la diminuer comme il le prétend.

La LDH n’est pas dupe de ces annonces, dont l’objectif n’est pas de s’attaquer aux problèmes structurels, mais de donner l’illusion d’une volonté de contenir la catastrophe afin de ne pas entraver la mise en œuvre de choix politiques inscrits dans la logique d’une surenchère sécuritaire permanente.

La LDH continue à appeler à une réflexion sur l’inflation pénale, sur les procédures pourvoyeuses d’emprisonnement, comme la comparution immédiate, et à une politique de mise en place d’un vrai mécanisme de régulation carcérale contraignant, seul à même de respecter les droits fondamentaux des détenu-e-s, de redonner du sens à la peine et de respecter les conditions de travail des personnels.

[1] Le ministre propose « une trajectoire nationale de maîtrise de la population carcérale » qui se traduit notamment par la mise en place d’un numérus clausus progressif qui permettrait d’atteindre, à terme, un seuil maximum qui s’articulerait autour de taux successifs : 150% en 2030 et 130% en 2032.

Paris, le 13 janvier 2026

Télécharger le communiqué « S’attaquer à la surpopulation carcérale : un enjeu de dignité, d’effectivité des droits et de réinsertion des détenus » en format PDF

Source: S’attaquer à la surpopulation carcérale : un enjeu de dignité, d’effectivité des droits et de réinsertion des détenus

Pas de participation de la France au « conseil de paix Gaza » de Trump ! 13 janvier, 2026

Communiqué LDH

Donald Trump poursuit la mise en place de son « Plan de paix pour Gaza » avec la constitution d’un « Conseil de paix » de quinze membres qu’il annoncerait ce jour.

Il semblerait que, pour l’Union européenne, Friedrich Merz, chancelier d’Allemagne, Giorgia Meloni, Première ministre d’Italie, et Emmanuel Macron, président de la République française, aient accepté d’y siéger.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) constate que le contournement de l’Organisation des Nations unies (Onu) est ainsi avalisé au profit d’une structure dont le mandat et la composition n’ont pas fait l’objet d’un vote des Nations unies. Et cela alors que les objectifs de ce « Conseil de
paix » ne reprennent pas la perspective des deux Etats souverains, palestinien et israélien, adoptée par les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies.

La LDH met en garde sur ce que cela signifie au regard de l’enjeu global actuel, dans le contexte de l’émergence d’un monde qui serait géré par le seul « droit du plus fort ».

La LDH en appelle donc instamment au président de la République pour que la France agisse de façon cohérente pour le plein respect du droit international en refusant les cadres qui, de fait, contribuent à le détruire.

Paris, le 13 janvier 2025

Télécharger le communiqué « Pas de participation de la France au « conseil de paix Gaza » de Trump ! » en format PDF

Source: Pas de participation de la France au « conseil de paix Gaza » de Trump !

Proposition de loi Yadan n°575 visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme 13 janvier, 2026

Note de la Plateforme des ONG pour la Palestine à laquelle la LDH a contribué

Une réponse inadaptée à la montée de l’antisémitisme et dangereuse pour la liberté d’expression

La proposition de loi n°575 (PPL) « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », déposée le mardi 19 novembre 2024 par la députée Caroline Yadan, a été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et de sa Commission des lois.

Ce texte constitue une réponse inadaptée et dangereuse à la montée de l’antisémitisme en France. Les parlementaires doivent donc s’y opposer et la rejeter.

La situation au Proche-Orient, notamment en Israël et dans le Territoire palestinien occupé, dont Gaza, divise profondément la société française. Dans notre démocratie, les opinions doivent pouvoir s’exprimer dans toute leur diversité, dans le respect des lois existantes, en particulier sans assignation identitaire et raciste d’où qu’elle vienne.

L’augmentation des actes antisémites en France rapportée par le ministère de l’Intérieur, ainsi que la montée de la violence et de tous les types d’actes et de comportements racistes en France est alarmante. Elle doit trouver des réponses dans la mobilisation citoyenne comme elle doit faire l’objet d’une réponse politique sérieuse, et non être instrumentalisée pour réprimer les critiques de la politique israélienne, en particulier avec une utilisation inadéquate de la définition dite “IHRA” de l’antisémitisme.

Par les critères contestables et imprécis qu’elle introduit sur des délits existants et par l’introduction de nouveaux délits relatifs à l’expression d’opinions, cette loi s’avère incompatible avec le droit à la liberté d’expression, protégée tant au niveau conventionnel que constitutionnel. Par l’assignation identitaire des Français juifs dont elle est porteuse, cette PPL les expose alors qu’elle prétend les protéger, et présente des risques majeurs pour la cohésion de la société française.

Télécharger la note en format PDF

Source: Proposition de loi Yadan n°575 visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme

Suspension d’exécution d’une révocation discriminatoire d’une infirmière 13 janvier, 2026

Communiqué commun LDH et Union syndicale Solidaires

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) et l’Union syndicale Solidaires se félicitent de la décision du tribunal administratif de Paris suspendant la révocation d’une infirmière sanctionnée pour le port d’un calot.

Par un arrêté du 20 octobre 2025, la directrice du groupe hospitalier AP-HP avait prononcé la révocation, à compter du 10 novembre 2025, d’une infirmière pour le port d’un calot et son refus de l’ôter, au motif qu’il serait « contraire aux règles d’hygiène et de sécurité des soins de l’AP-HP ».  Les termes de cette décision singulière reprochaient à l’intéressée que ce dernier ne fasse « pas partie de la tenue réglementaire au travail ».

Or, le calot est habituellement porté par les personnels des établissements publics ou privé de santé, justement par souci d’hygiène pour prévenir tout risque d’infection. Son port au bloc opératoire et en réanimation est d’ailleurs obligatoire.

Reprocher à une agente qui procède à des actes médicaux ou paramédicaux sur des patient-es le port d’un accessoire qui a précisément pour objet de garantir l’hygiène et qui, en conséquence, ne contrevient nullement à l’exercice de sa fonction ne pouvait donc que relever d’arguments fallacieux masquant en réalité une discrimination dénoncée par nos organisations, visant encore une fois la communauté musulmane sous couvert d’un motif de laïcité dévoyée.

Compte tenu du caractère discriminatoire de cette décision, la LDH et l’Union syndicale Solidaires sont donc intervenues à l’appui du recours formé par l’infirmière révoquée.

Si le caractère discriminatoire de l’exclusion n’a pas été retenu par le juge des référés, l’exclusion ne se fondant pas ouvertement sur le principe de laïcité mais sur le caractère non réglementaire de la tenue vestimentaire, il a en revanche suspendu l’exécution de cette décision en raison de son caractère disproportionné. Depuis, la direction de l’APHP a communiqué sur la nécessité de respecter la laïcité, ce qui donne un poids à notre argumentation.

Dans l’attente d’un jugement au fond, la justice rappelle que les sanctions disciplinaires ne peuvent porter atteinte aux droits fondamentaux des personnes, défendus par nos organisations.

Paris, le 8 janvier 2026

Télécharger le communiqué commun LDH et Union syndicale Solidaires en pdf.

Source: Suspension d’exécution d’une révocation discriminatoire d’une infirmière

Contre l’accord UE-Mercosur – Pour une relocalisation écologique et solidaire 13 janvier, 2026

Lettre ouverte commune, dont la LDH est signataire, adressée à Emmanuel Macron, président de la République

Monsieur le président de la République,

Le 6 décembre 2024, alors que la présidente de la Commission européenne annonçait avoir conclu les négociations du contenu de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur, vous faisiez savoir que le texte « restait inacceptable en l’état » (1). Lors du dernier Salon de l’agriculture, en février 2025, vous qualifiiez le contenu de « mauvais texte », précisant que vous feriez « tout pour qu’il ne suive pas son chemin, pour protéger cette souveraineté alimentaire française et européenne » (2).

Depuis, le contenu de l’accord n’a été l’objet d’aucune modification : son économie générale et ses dispositions n’ont pas été modifiées d’une seule virgule. Cet accord est à la fois parmi les plus nocifs jamais négociés mais aussi le plus contesté de l’histoire de l’UE : il soulève toujours autant d’objections sévères pour ses impacts des deux côtés de l’Atlantique en matière agricole, mais aussi de climat, de droits humains et des peuples autochtones en particulier, de déforestation, de biodiversité, de bien-être animal, d’extraction minière, d’emplois et de justice sociale.

Par cette lettre ouverte, nous vous appelons donc solennellement à refuser la ratification de cet accord obsolète dans ses fondements et désastreux par ses effets.

Ce n’est pas « la clause de sauvegarde », présente dans l’accord depuis 2019 et jamais renforcée depuis, qui saurait changer la donne : on ne règle pas des risques de déstabilisation structurelle de marchés agricoles par l’activation d’une mesure par définition temporaire et dont l’usage est limitatif et exceptionnel. Qui plus est alors que tous les amendements votés par le Parlement européen pour renforcer ses modalités d’application unilatérale par l’UE ont été supprimés par le Conseil et la Commission. Face à ces risques structurels persistants, la réponse de l’UE consiste à mettre sur pied un fonds de compensation des agriculteur-ice-s mis en danger par cette concurrence déloyale : les agriculteur-ice-s veulent vivre de leur travail, pas être indemnisé-e-s pour disparaître.

Précisons également que les lignes rouges énoncées par la France à l’automne 2020 ne sont pas satisfaites. Ni sur la déforestation puisque l’annexe sur le développement durable ne comporte aucune dimension exécutoire en la matière et que la mise en œuvre du règlement européen contre la déforestation est toujours repoussée. Ni sur le climat puisque l’accord ne saurait être suspendu si un Etat menait des politiques contraires à la lutte contre le changement climatique. Ni sur le respect des normes sanitaires et environnementales de l’Union européenne que quelques mesures unilatérales françaises sur quelques produits phytosanitaires ne sauraient régler.

Enfin, c’est parce que nous sommes pleinement conscient-e-s de la situation géopolitique mondiale que nous disons qu’importer des carcasses de bœufs réfrigérées depuis l’autre côté de l’Atlantique et y exporter des pesticides interdits d’utilisation sur le sol européen et des voitures thermiques qui ne pourront plus y être commercialisées à partir de 2035, ne régleront aucun des problèmes géopolitiques actuels : les accords de libre-échange négociés par l’UE depuis 20 ans ne permettent ni d’exporter nos normes, nos règles et la démocratie, ni de faire refluer l’influence de la Chine dans l’économie mondiale ou sud-américaine, et ils ne renforcent pas non plus la place de l’UE dans le concert des nations.

Voter contre cet accord, ce n’est pas signer la fin du commerce international. C’est dire que nous ne voulons ni de la loi de la jungle de Donald Trump, ni de la poursuite d’une mondialisation néolibérale désastreuse, mais une relocalisation écologique et solidaire qui permette de satisfaire les besoins des populations sans détruire les activités des agriculteur-ice-s et des salarié-e-s, ni la planète.

Veuillez recevoir, Monsieur le président de la République, nos respectueuses salutations.

Organisations signataires :
ActionAid France, Action non-violente COP21, Alofa Tuvalu, Aitec, Alternatiba, Amis de la Terre France, Attac France, BLOOM, CADTM France, Collectif national Stop Mercosur, Combat Monsanto, Comité de solidarité internationale avec les Autochtones des Amériques (CSIA-Nitassinan), Comité Français pour la Solidarité Internationale, Confédération paysanne, Déclic Collectif, Ekō, France Amérique Latine – FAL, France Nature Environnement, Fédération Artisans du Monde, Foodwatch, Fondation Copernic, FSU, Générations Futures, Greenpeace France, L’Atelier Paysan, La Confédération Syndicale des Familles, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Les Ami e s de la Confédération paysanne, MRJC, Notre Affaire à Tous, Notre Maison Brûle, Pôle InPact, Pollinis, Secrets Toxiques, Terre d’Abeilles, Union syndicale Solidaires

Paris, le 9 janvier 2026

1. Accord UE-Mercosur : « Ce n’est pas la fin de l’histoire », réagit l’Elysée, pour qui le texte « reste inacceptable en l’état »
2. Face aux agriculteurs, Macron fustige l’accord Mercosur, « un mauvais texte »

Télécharger la lettre ouverte commune à Emmanuel Macron en pdf.

Source: Contre l’accord UE-Mercosur – Pour une relocalisation écologique et solidaire

Attaques racistes contre un nourrisson, quand la haine de l’extrême droite n’a plus aucune limite 13 janvier, 2026

Comme de coutume en début d’année dans la presse, le journal La Provence a publié un article, le 1er janvier 2026, annonçant la naissance du premier bébé de l’année à Avignon qui se prénomme Zaïd.

A la suite de la mise en ligne de l’article sur la page Facebook du journal la Provence, le petit Zaïd, à peine né, est devenu la cible de nombreux commentaires racistes. Ces messages, pour la plupart anonymes, le qualifient, entre autres, de « premier migrant terroriste de 2026», « gnoule » ou encore « futur dealer ».

Ces insultes en raison de l’origine d’un prénom sont d’autant plus graves qu’elles s’adressent à un nourrisson. Elles nous rappellent de manière inquiétante la persistance d’un racisme décomplexé, banalisé dans l’espace public, nourri par les discours de l’extrême droite et amplifié par l’anonymat et la viralité des réseaux sociaux.

La LDH et sa section locale d’Avignon Orange Carpentras condamnent fermement ces attaques inacceptables.

Les réseaux sociaux et Internet ne sont pas des zones de non-droit et les propos injurieux, diffamant, ou incitant à la haine sont réprimés par la loi. La LDH a donc décidé de déposer plainte afin que les auteurs de ces messages soient identifiés et poursuivis.

Source: Attaques racistes contre un nourrisson, quand la haine de l’extrême droite n’a plus aucune limite

Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela ! 13 janvier, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire, rassemblements le samedi 10 janvier 2026 partout en France dont à Paris à 15h place de la Bastille

Voir les rassemblements prévus partout en France

Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, les États-Unis d’Amérique ont lancé une opération militaire de grande ampleur sur la capitale du Venezuela, Caracas. Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont été enlevé.es et placé.es en prison à New York. Selon les premières estimations, 78 personnes seraient mortes au cours de l’opération, parmi lesquelles au moins une civile.

Cette agression impérialiste et coloniale ordonnée par Donald Trump viole ouvertement la Charte des Nations unies et la Constitution des USA.

Cette attaque signe le retour du pire de l’impérialisme états-unien en Amérique latine, s’inscrivant dans l’inflexion globale vers l’extrême droite.

Les justifications à géométrie variable de « lutte contre le narcoterrorisme » sont contredites par les affirmations de Trump lui-même, qui assume pleinement sa volonté de domination coloniale et d’accaparement des ressources du pays, notamment pétrolières.

Les violations des droits humains et démocratiques perpétrées par le régime de Maduro sont bien réelles, tout comme les effets sur la population des sanctions imposées par les administrations américaines. En revanche, ni le peuple vénézuélien ni les Nations Unies n’ont donné mandat aux États-Unis pour intervenir et s’accaparer des ressources du pays. C’est aux populations du Venezuela de décider librement, sans interférences, de leur avenir.

Les évènements du Venezuela, et les nouvelles menaces que fait peser Donald Trump sur la Colombie, Cuba, le Mexique et le Groenland illustrent l’affirmation de la loi du plus fort comme seule norme des relations internationales, dans la pure tradition de l’extrême droite. La réaction d’Emmanuel Macron, ne nommant pas l’agresseur et ne condamnant pas clairement cette violation évidente des principes fondamentaux du droit international, est une faute politique historique et un blanc-seing donné à Donald Trump pour la suite.

De la Palestine à l’Ukraine, en passant par le Soudan et maintenant le Venezuela, les peuples agressés sont en première ligne de l’autoritarisme et de la fascisation accélérée ayant cours actuellement partout dans le monde. Face à tous les prédateurs, et à ceux qui laissent faire, le respect du droit des peuples à l’autodétermination doit être au coeur de nos mobilisations.

Nous appelons à se rassembler partout en France ce samedi 10 janvier 2026, dont à Bastille à 15h à Paris, pour exiger :
• l’arrêt immédiat de l’agression militaire des États-Unis, la fin de ses menaces sur les pays de la région et le retrait du déploiement de force US dans la Caraïbe ;
• le respect du droit du peuple vénézuélien à disposer de lui-même. Toute solution politique et diplomatique doit se baser sur la souveraineté populaire, la garantie de ses libertés et sur le droit international ;
• la levée des sanctions économiques et la satisfaction des besoins humanitaires des populations ;
• des sanctions contre les USA et Donald Trump : la fin de l’achat d’armes au complexe militaro-industriel US.

Seul le peuple vénézuélien peut et doit décider, en toute souveraineté et sans ingérences, de son propre avenir. Non à l’impérialisme ! Les peuples ne sont pas à vendre !

Signataires :

Arguments pour la Lutte Sociale, ATTAC, Collectif Haiti France, Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua, CGT, Confédération Paysanne, CEDETIM/IPAM, CRID, Les Ecologistes, Pour une Ecologie Solidaire et Sociale, Emancipation Tendance Intersyndicale, France Amérique Latine, Fondation Copernic, FSU, L’Après, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Le mouvement de la Paix, NPA Anticapitaliste, Nos Révolutions, PCF, PS, Réseau Bastille, Le Réseau Coopératif de Gauche Alternative, Union syndicale Solidaires, Solidaires Etudiant.e

Paris, le 8 janvier 2026

Source: Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela !

CERCLE DE SILENCE 10 janvier 11h30 7 janvier, 2026

Chers amis,

L’année dernière, à la même époque, nous faisions le constat que « sous la pression très organisée d’une frange extrémiste [nous assistions] à la rapide percée d’une idéologie raciste et discriminatoire rejetant purement et simplement toute politique d’accueil de migrants non européens ».

Les récents vœux de notre Président étaient certes enveloppés de courtes références aux valeurs de la République : ils évoquaient ainsi, d’entrée, la nécessité d’apporter secours et fraternité puis proposaient, en fin d’allocution, de lutter sans relâche contre […] toutes les formes de discrimination en proposant plus de bienveillance et plus d’humanité.

Le Président insistait pourtant – au moment où il évoquait dans son discours l’insécurité, les incivilités et les trafics de drogue – sur la nécessité de continuer à reprendre le contrôle de nos frontières françaises et européennes face à l’immigration illégale.

S’agissait-il là, d’une manière à peine dissimulée, de cibler les migrants non européens et surtout de proclamer que la fraternité ne s’appliquait qu’à certaines catégories de populations, les nationaux français en priorité, manifestant ainsi une vision discriminatoire totalement contraire au concept de « fraternité universelle » prôné par Mirabeau le 17 août 1789 ?

La percée ségrégationniste, rappelée en exergue, s’infiltre donc au plus haut sommet de l’Etat, elle avait déjà atteint depuis plusieurs mois certains ministères dont notamment celui de l’Intérieur, lequel, avec la circulaire Retailleau, abrogeait la circulaire Valls du 28 novembre 2012 qui traitait du pouvoir de régularisation exceptionnelle du préfet s’agissant des étrangers en situation irrégulière.

Dans le nouveau texte le souhait de « maîtrise du flux migratoire » y est clairement exprimé et se traduit par des « orientations » à destination des préfets (qui disposent cependant d’un pouvoir discrétionnaire). L’une d’elles est particulièrement préjudiciable aux étrangers qui ne disposent pas d’un diplôme français ou d’une certification linguistique.

Ne serait-ce pas de la discrimination ?

Si l’on s’intéresse maintenant à ce qu’il se passe sur le terrain, Médecins du Monde, qui fait partie par ailleurs des organisation humanitaires mises à l’index par Israël pour assister les Gazaouis, se groupe avec d’autres associations pour attaquer l’Etat en justice en raison du fait que les personnes exilées dans les camps autour de Dunkerque éprouvent les plus grandes difficultés – un combat quotidien – pour l’accès aux soins, à l’eau et à l’hygiène.

Ne s’agit-il pas d’un manque de bienveillance et d’humanité ?

Nous vous attendons très nombreux pour le premier cercle de cette nouvelle année, Place de la Rotonde, samedi 10 janvier 2026 de 11h30 à midi.

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Face à l’impérialisme de Trump, la France et l’Europe ne doivent pas faire acte d’allégeance 6 janvier, 2026

Communiqué LDH

En 1823, le Président Monroe affirmait que les Américains avaient des responsabilités particulières sur tout le continent au nom de la décolonisation. Ce sont les avatars de cette doctrine Monroe qui ont servi de prétexte aux Etats-Unis pour s’octroyer de manière répétée au cours des XIX et XXe siècles un droit d’ingérence en Amérique latine, qualifiée dès lors « d’arrière-cour » des Etats-Unis.

Aujourd’hui sous couvert de lutte contre la drogue, autrefois pour prévenir « le danger communiste », les dirigeants états-uniens ont toujours créé le discours d’une « juste cause » pour exercer la « big stick diplomacy » ou « diplomatie du gourdin » : en se débarrassant  par la force des gouvernants d’Amérique latine jugés « inamicaux », en portant au pouvoir ceux qu’ils avaient choisis, parfois des dictatures militaires, et cela à la faveur d’interventions militaires, de la destruction de l’économie par la voie d’embargo ou du soutien des opposants au pouvoir en place.

Ce 3 janvier 2026, Donald Trump a prétendu renouveler la doctrine Monroe en affirmant l’impérialisme américain après avoir initié un coup d’Etat brutal, illégal et illégitime.

Ce 3 janvier 2026, il a renforcé son pouvoir autocratique en tenant à l’écart le Congrès, s’arrogeant le pouvoir de déclarer seul une guerre, en violation de la Constitution des Etats-Unis. Et le pouvoir militaire a obéi.

Plus encore, ce 3 janvier 2026 Donald Trump a piétiné le droit international et en premier lieu les principes fondateurs de la Charte des Nations unies (égalité souveraine des Etats, intégrité de leur territoire et principe de non-intervention), en attaquant militairement un Etat tiers et enlevant son président en exercice pour ensuite annoncer que les Etats-Unis dirigeraient le pays le temps nécessaire à une transition démocratique.

Parmi les réactions internationales, alors que plusieurs chancelleries européennes condamnaient plus ou moins fortement le recours illégal à la force, la présidente de la Commission européenne a indiqué, « nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies », sans avoir préalablement condamné les violations flagrantes du droit international par le gouvernement Trump.

De même, au lieu de condamner ce coup de force, Emmanuel Macron s’est simplement réjoui du départ de Nicolas Maduro et de la liberté soi-disant retrouvée du peuple vénézuélien.

Le Venezuela n’est pas libre s’il est dirigé, même transitoirement, par les Etats-Unis sans légitimité et en totale violation du droit international, de la souveraineté des Etats et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le Venezuela n’est pas souverain si ses ressources naturelles et stratégiques sont accaparées par les sociétés américaines, si Trump et ses proches prennent la main et s’approprient la première réserve de pétrole au monde.

Le Venezuela n’est pas un protectorat des Etats-Unis. Ni la catastrophe humanitaire dans laquelle est plongé le pays, ni les actes criminels et autoritaires de Nicolas Maduro vis-à-vis de sa population, ni la corruption du régime ne justifient la remise en cause de la souveraineté d’un Etat en dehors des cas prévus par le droit international : une décision du Conseil de sécurité de l’ONU ou la légitime défense face à une agression militaire. L’éventuelle participation de Maduro en tant que chef d’Etat à un trafic international de stupéfiants, à la supposer démontrée, ne caractérise évidemment pas un tel cas.

La question n’est pas l’illégitimité du maintien au pouvoir de Nicolas Maduro, mais la possibilité pour une puissance extérieure de librement s’arroger le droit de décider unilatéralement du sort qui doit être réservé à un autre Etat. Ce qui se joue dans la réponse à apporter à cette question va bien au-delà du Venezuela.

La compromission de la présidente de la Commission européenne et la déclaration complaisante d’Emmanuel Macron reviennent à légitimer les actes d’ingérence armée, au mépris assumé des règles de droit, et à donner carte blanche à la mise sous tutelle d’Etats tiers, sous prétexte de protéger leur population, en violation des principes fondateurs du droit international.

L’absence de condamnation ferme et conjointe de la France avec l’ensemble des Etats et des institutions européennes du déploiement de forces armées étrangères et de la prise du pouvoir au Venezuela ouvrent la boîte de Pandore et la marche vers un ordre mondial marqué par un effacement des règles édictées par les Nations unies et la domination des logiques impérialistes et hégémoniques.

Ce silence assourdissant met gravement en péril les démocraties notamment face à l’appétit prédateur et sans limite de Donald Trump qui s’est manifesté hier vis-à-vis du Venezuela et qui pourra conduire demain à des interventions à l’égard du Groenland, de Cuba, de la Colombie, de l’Iran ou de l’Europe.

La remise en cause de l’autorité de la Cour internationale de justice par les Etats-Unis oblige d’autant plus la communauté internationale à réagir fermement face aux agressions illégales et aux violations de la souveraineté des Etats.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) considère que la déclaration d’Emmanuel Macron est irresponsable autant qu’inacceptable. Elle s’inquiète du sort du peuple vénézuélien et appelle au respect des droits humains au Venezuela et elle rappelle que le droit international n’est pas l’arme des faibles, il est la garantie du respect de la souveraineté des Etats, l’instrument de la paix et constitue le premier rempart à la loi du plus fort.

Paris, le 5 janvier 2026

Télécharger le communiqué LDH « Face à l’impérialisme de Trump, la France et l’Europe ne doivent pas faire acte d’allégeance » en pdf.

Source: Face à l’impérialisme de Trump, la France et l’Europe ne doivent pas faire acte d’allégeance

La Charte pour le respect des droits et la dignité des habitant-e-s de lieux de vie informels  22 décembre, 2025