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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Appel urgent à revenir sur la communication préjudiciable de la CCNUCC mettant en danger les peuples autochtones et le droit de manifester 18 novembre, 2025

Appel urgent à revenir sur la communication préjudiciable de la CCNUCC mettant en danger les peuples autochtones et le droit de manifester
Appel urgent à revenir sur la communication préjudiciable de la CCNUCC mettant en danger les peuples autochtones et le droit de manifester
Appel urgent à revenir sur la communication préjudiciable de la CCNUCC mettant en danger les peuples autochtones et le droit de manifester

Lettre ouverte collective à l’attention de M. Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, dont la LDH est signataire

Belém, le 17 novembre 2025

Cher Monsieur Stiell,

Les organisations soussignées vous font part part de leur profonde inquiétude concernant votre lettre adressée au gouvernement de la République du Brésil, datée du 12 novembre 2025 (référence : EC-2025-263), et pour vous exhorter à prendre des mesures immédiates afin de remédier aux conséquences négatives de cette lettre sur les droits humains, en particulier ceux des peuples autochtones, des défenseurs de l’environnement et des droits humains, et de ceux qui souhaitent exercer leur droit de manifester pacifiquement.

En effet, cette lettre contribue à une tendance mondiale croissante visant à réduire au silence les dissidents, à répondre de manière militarisée aux manifestations et à marginaliser celles et ceux qui défendent la terre et l’environnement, notamment les peuples autochtones de l’Amazonie brésilienne. Cette lettre a entraîné une escalade massive de la présence des forces de sécurité dans et autour de la COP30, créant un effet dissuasif et un sentiment d’insécurité pour les peuples autochtones, les défenseurs de l’environnement et des droits humains, la société civile et les militants qui défendent leurs droits.

Les peuples autochtones qui défendent et revendiquent la reconnaissance juridique de leurs terres et de leur droit à l’ autodétermination, et qui protègent nos écosystèmes et notre planète, ne constituent pas une menace. Les femmes autochtones qui ont des enfants et qui réclament l’accès aux négociations qui déterminent leur avenir ne constituent pas une menace. Ces manifestations ne sont pas des actes de perturbation, mais l’expression de la volonté politique collective des peuples autochtones, fondée sur leurs systèmes d’autogouvernance, leurs traditions culturelles et leurs visions du monde. La présence massive des forces de sécurité est menaçante, en particulier dans un contexte mondial de violence croissante à l’encontre des défenseurs de l’environnement, y compris dans le pays hôte. Une déclaration publiée par le Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique (IIPFCC) en réponse aux événements de mardi sur le site de la COP30 souligne que cette escalade « reproduit la forme de violence étatique à laquelle sont confrontés les peuples autochtones et les défenseurs des droits humains sur l’ensemble de nos territoires ».

Le secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a l’obligation légale de respecter tous les droits humains, y compris les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression, qui sont intrinsèques aux sociétés démocratiques.

Plutôt que de porter atteinte au droit de manifester pacifiquement des défenseurs qui appellent à l’action climatique – conformément aux objectifs de cette même convention –, le secrétariat de la CCNUCC devrait reconnaître à quel point la présence des peuples autochtones dans la ville de Belém et la possibilité pour toutes et tous de faire entendre leur voix dans ses rues sont propices à des résultats plus ambitieux, à des réponses socialement bénéfiques et à une plus grande responsabilité lors de ce sommet sur le climat. C’est un pouvoir qui a fait défaut au processus des COP27, COP28 et COP29, en raison des restrictions sévères imposées à l’exercice des droits humains dans les pays hôtes respectifs. Dans ce contexte, la société civile a exhorté la CCNUCC à prendre des mesures proactives pour garantir que les pays hôtes s’engagent à respecter les droits humains dans le cadre des sommets sur le climat, notamment par le biais de son accord avec les pays hôtes.

Cette lettre a eu l’effet inverse.

Au-delà de la situation actuelle à Belém, l’impact le plus important de votre lettre est le précédent qu’elle crée. Même si le gouvernement brésilien choisit de ne pas intensifier la répression, votre lettre risque d’accorder un mandat large et permissif aux futures présidences de la COP qui pourraient ne pas faire preuve de la même retenue. Elle risque de signaler que des mesures de sécurité expansives en réponse à des manifestations pacifiques sont acceptables dans le contexte de la CCNUCC, et elle invite les futurs hôtes à restreindre les droits fondamentaux, sous couvert d’un soutien institutionnel. Cela renforcerait une tendance qui expose les défenseurs des droits humains – en particulier les femmes et les défenseurs des peuples autochtones – à un risque encore plus grand lors des sommets sur le climat à venir.

Nous vous exhortons à publier une déclaration publique au début de la deuxième semaine afin de renverser les conséquences négatives de cette lettre, notamment en demandant au pays hôte de réduire la présence des forces de sécurité à proximité du lieu de la COP30 et dans l’ensemble de la ville de Belém, de reconnaître le rôle des peuples autochtones dans la préservation de notre environnement et leur rôle central dans le maintien de l’équilibre climatique, et de s’engager à défendre leurs droits et ceux de toutes et tous à manifester pacifiquement lors de cette COP et de toute future réunion de la CCNUCC.

Nous restons à votre disposition pour toute question.

Télécharger la lettre en format PDF et voir la liste des signataires

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Source: Appel urgent à revenir sur la communication préjudiciable de la CCNUCC mettant en danger les peuples autochtones et le droit de manifester