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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives du tag : Maghreb – Moyen-Orient

Turquie : poursuite du harcèlement judiciaire à l’encontre de Pinar Selek 23 avril, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Le procès contre la sociologue et défenseure des droits humains franco-turque Pınar Selek a une fois de plus été reporté le 2 avril 2026, la 15e Cour d’assises d’Istanbul exigeant sa présence physique lors des audiences et réitérant sa demande d’emprisonnement immédiat. L’Observatoire pour la protection des défenseur-es des droits humains (un partenariat de la Fédération internationale pour les droits humains – FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture – OMCT) et la LDH (Ligue des droits de l’Homme) dénoncent fermement le harcèlement judiciaire continu visant Pınar Selek et appellent les autorités turques à abandonner toutes les charges à son encontre.

Le 2 avril 2026, s’est tenue la septième audience du cinquième procès contre Pınar Selek. Malgré quatre précédents acquittements et l’absence de toute preuve substantielle à son encontre, la 15e Cour d’assises d’Istanbul a réitéré sa demande d’emprisonnement immédiat et exigé sa présence physique à la prochaine audience, prévue le 18 septembre 2026. Cette décision s’inscrit dans une procédure continue de harcèlement judiciaire à l’encontre de Mme Selek depuis près de trois décennies.

Les faits de cette affaire remontent à 1998 lorsque Mme Selek a été arbitrairement arrêtée puis accusée, sans aucune preuve crédible, d’être impliquée dans une explosion au marché aux épices d’Istanbul. La procédure actuelle découle de la même affaire qui a été rouverte à plusieurs reprises malgré quatre acquittements (en 2006, 2008, 2011 et 2014). En juin 2022, la Cour de cassation turque a annulé le dernier acquittement et a requis la prison à perpétuité. Son cinquième procès s’est ouvert le 31 mars 2023 et a été reporté à plusieurs reprises.

Mme Selek réside actuellement en France, dont elle a acquis la nationalité, et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international accompagné d’une demande d’extradition. Toutefois, Interpol assure qu’aucune notice rouge n’a été émise à son encontre.

L’Observatoire et la LDH rappellent que, conformément au droit international, notamment en vertu des articles 3 et 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH), nul-le ne doit être extradé-e vers un pays où il existe un risque réel de traitement inhumain ou dégradant, ou de procès inéquitable. Compte tenu de l’absence de preuves, de la réouverture répétée de la procédure, des actes de torture et mauvais traitements subis par Mme Selek lors de sa détention en 1998, et de l’ampleur de la détérioration des garanties judiciaires en Turquie, ces risques sont particulièrement élevés.

L’Observatoire et la LDH rappellent en outre que ce harcèlement judiciaire persistant s’inscrit dans un contexte plus large de répression des voix critiques en Turquie, qui vise en particulier les défenseur-es des droits humains, les universitaires, et les personnes œuvrant en faveur des droits des minorités.

Par conséquent, l’Observatoire et la LDH condamnent fermement la demande répétée d’emprisonnement immédiat de Mme Selek, qui semble viser uniquement à discréditer ses travaux académiques relatifs à la répression des kurdes et ses activités en faveur des droits humains. Les organisations signataires appellent les autorités turques à mettre fin à ce harcèlement judiciaire et à se conformer pleinement à leurs obligations internationales en matière de garanties du droit à un procès équitable et de protection des défenseur-es des droits humains.

*****

L’Observatoire pour la protection des défenseur-es des droits humains (l’Observatoire) a été créé en 1997 par la FIDH et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT). Ce programme a pour objectif de prévenir ou de remédier aux situations de répression à l’encontre des défenseur-es des droits de l’homme. La FIDH et l’OMCT sont toutes deux membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseur-es des droits humains mis en œuvre par la société civile internationale. 

La LDH est une association indépendante, engagée pour la défense des droits et libertés. Elle agit contre les injustices, le racisme, le sexisme, l’antisémitisme et les discriminations et défend la liberté d’expression, le droit de manifester ou encore de vivre dans un environnement sain et durable. Elle lutte en faveur du respect des libertés individuelles et combat la surveillance généralisée et les atteintes à la vie privée.

Paris-Genève-Istanbul, 16 avril 2026 

Lire le communiqué au format pdf 

Lire le communiqué en anglais au format pdf 

Source: Turquie : poursuite du harcèlement judiciaire à l’encontre de Pinar Selek

Contre le projet israélien d’annexion et de colonisation de la zone E1 en Cisjordanie occupée 19 mars, 2026

Lettre ouverte commune, dont la LDH est signataire, adressée à Emmanuel Macron, Président, et à Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères 

Monsieur le Président, monsieur le ministre,

Au nom de 18 organisations françaises, nous vous écrivons pour demander aux autorités françaises de tracer une ligne rouge et d’user du pouvoir contraignant des sanctions économiques afin d’arrêter le projet israélien d’annexion et de colonisation de la zone E1 en Cisjordanie occupée.

L’expansion coloniale de la zone E1 fragmenterait délibérément la Cisjordanie occupée, divisant un territoire déjà parsemé de colonies en deux enclaves entièrement séparées. Une telle tentative constituerait une action directe et unilatérale visant à remodeler la géographie et la composition démographique de la Palestine, en violation flagrante du droit international. Un tel acte menace d’anéantir toute perspective de solution pacifique, risque d’alimenter une instabilité accrue, de mettre en danger les communautés palestiniennes et d’étouffer le droit des Palestiniens à l’autodétermination.

La France s’est jointe à des nations du monde entier pour condamner sans équivoque le projet d’expansion israélien dans la zone E1, affirmant qu’il s’inscrit dans « une attaque délibérée et directe contre la viabilité de l’Etat palestinien et contre la mise en œuvre de la solution à deux Etats ». La France ayant co-présidé la Conférence internationale pour la mise en œuvre de la solution à deux Etats et officiellement reconnu l’Etat de Palestine, elle ne peut plus se limiter à des condamnations face à cette entreprise qui vise à enterrer les efforts diplomatiques français en faveur d’un règlement juste et durable.

En effet, les déclarations de condamnation ne suffisent plus. L’autorité foncière israélienne a lancé le processus d’appel d’offres pour la zone E1 en décembre 2025. Cette autorité devait initialement attribuer les marchés aux promoteurs immobiliers avant le 16 mars 2026, mais le 9 mars, la clôture de l’appel d’offres a été reportée au 6 juillet 2026. Une fois le projet E1 parvenu à ce stade, il pourrait devenir impossible de l’inverser.

La France doit agir maintenant pour éviter une catastrophe. La France peut et doit lancer un avertissement public aux potentiels participants au projet E1, indiquant que toute personne ou entité envisageant de s’engager dans les efforts d’expansion d’E1 fera face à des sanctions économiques, notamment le gel des avoirs et l’interdiction d’effectuer des transactions financières, risquant ainsi de compromettre sa capacité à mener toute activité commerciale liée à la France. Si l’expansion d’E1 se poursuit, la coalition mondiale pour les sanctions (Global Sanctions Coalition, y compris la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine) est prête à soutenir la France dans l’identification des individus ou entités impliqués et de leurs actes passibles de sanctions.

La France devrait exhorter l’union européenne ainsi que ses alliés, en particulier le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada, à prendre des mesures comparables. Les partenaires et signataires de la coalition mondiale pour les sanctions dans chacune de ces juridictions envoient des lettres similaires à leurs autorités respectives.

Nous vous prions d’agréer, monsieur le Président, monsieur le ministre, l’expression de notre plus haute considération.

Paris, le 16 mars 2026

Signataires : Plateforme des ONG françaises pour la Palestine ; Confédération française démocratique du travail (CFDT) ; Fédération Syndicale Unitaire (FSU) ; Union Syndicale Solidaires ; Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Amis de Sabeel France ; Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) ; Association France Palestine Solidarité (AFPS) ; CCFD-Terre Solidaire ; Ceméa France ; La Cimade ; Chrétiens de la Méditerranée (CDM) ; Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine ; Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) ; REF-Réseau Euromed France ; Secours Catholique Caritas France ; Union juive Française pour la Paix (UJFP)

voir la lettre au format pdf

Source: Contre le projet israélien d’annexion et de colonisation de la zone E1 en Cisjordanie occupée

Pinar Selek, l’acharnement judiciaire de l’Etat turc se poursuit 19 mars, 2026

Communiqué commun LDH, L’Acort et le Comité Justice pour Pinar Selek

Depuis 28 ans Pinar Selek, faussement accusée de terrorisme et poursuivie pour un crime qui n’a jamais existé, est harcelée par l’Etat turc. Acquittements transformés en de nouvelles condamnations, déni le plus absurde des faits…  En effet, après un an de prison en 1998 et quatre acquittements en 2006, 2011 et 2014, elle continue d’être poursuivie et ses procès sont systématiquement renvoyés à des dates ultérieures.

Si Pinar Selek est victime d’un acharnement judiciaire de la part de l’Etat turc, c’est pour son engagement dans la défense des droits humains et de la justice sociale. Son courage et sa résistance forcent l’admiration. Ecrivaine féministe qui porte la voix des minorités, qu’elles soient kurdes, arméniennes, LGBTQI+, Pinar est aussi une chercheuse – or toute recherche libre et indépendante est aussi une résistance, surtout quand elle ressuscite des travaux que les bourreaux ont cru faire disparaître dans la violence.

La publication du livre de Pinar Selek Lever la tête. La recherche interdite sur la résistance kurde est une prouesse académique, un acte de résistance, et une manière de rendre justice aux Kurdes qui sont au cœur de cette démarche scientifique.

Une renaissance se célèbre et se fête dans la joie, dans les chants et les danses : Pinar Selek, avec le Collectif justice pour Pinar Selek, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) et l’Assemblée citoyenne originaires de Turquie (Acort) vous donne rendez-vous le mercredi 1er avril 2026 sur la Péniche Anako, à Paris (20h-22h). Inscription obligatoire 

Et soyons nombreux pour soutenir Pinar Selek le jour de son énième procès à Istanbul le jeudi 2 avril 2026, à partir de 8h30 au siège de la LDH (138 rue Marcadet 75018) à Paris. Inscription obligatoire

Il est plus que jamais nécessaire que la justice turque reconnaisse enfin toutes les illégalités accumulées au cours de cette interminable procédure et qu’elle prononce l’acquittement définitif de Pinar Selek.

En Turquie de nombreuses personnes, militants des droits humains, journalistes, avocats sont inquiétés, incarcérés après des procès inéquitables et souvent sans fondement. En soutenant Pinar Selek ce sont plus généralement les libertés, les principes du droit et l’égalité que nous défendons.

Paris, le 16 mars 2026.

TELECHARGER LE FLYER DE L’EVENEMENT DU 01/04

TELECHARGER LE FLYER DE L’EVENEMENT DU 02/04

Source: Pinar Selek, l’acharnement judiciaire de l’Etat turc se poursuit

Commémoration des 50 ans de la Journée de la Terre : Israël/Palestine, l’urgence d’une solution politique 13 mars, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire et appel aux rassemblements le samedi 28 mars partout en France

Depuis des décennies, le peuple palestinien voit ses territoires occupés et endure un régime de colonisation, contraire au droit international. Il subit une tentative d’effacement dont la guerre à Gaza est l’épisode le plus meurtrier.

Cela doit cesser et ne peut cesser que par un plan de paix fondé sur le droit international et imposé immédiatement !

La commémoration des 50 ans de la Journée de la Terre appelle à une mobilisation d’ampleur en faveur du droit du peuple palestinien à l’autodétermination.  La communauté internationale doit être alertée sur le génocide en cours et sur les agissements des colons israéliens qui multiplient les confiscations de terres et les destructions de cultures palestiniennes.

Avec le cessez-le-feu à Gaza instauré le 10 octobre 2025, on pouvait espérer la fin de la rage meurtrière qui pendant deux ans s’est abattue sur le peuple palestinien. Celles et ceux qui attendent qu’une solution juste et durable assure la fin d’un conflit presque séculaire ne pouvaient qu’être soulagés.  Mais ce cessez-le-feu est régulièrement mis à mal par des attaques israéliennes et l’aide humanitaire toujours empêchée d’accéder à Gaza.

En Cisjordanie, l’armée israélienne et les colons imposent une extension rapide de la colonisation. Le Premier ministre affirme ouvertement qu’il s’agit de détruire toute possibilité d’un Etat palestinien.

Les ONG qui, avec compétence et professionnalisme, assurent depuis des décennies l’accès aux services de base dans l’ensemble du territoire occupé, sont interdites d’agir tandis que les médias et les ONG de défense des droits humains israéliennes, palestiniennes et internationales ne peuvent accéder librement aux territoires palestiniens, en particulier à Gaza.

Les velléités de règlement du conflit par le Conseil de la paix trumpien, contraires aux principes du droit international, augmentent les déséquilibres déjà à l’œuvre. Le « Plan de Paix » de Trump/Netanyahu véritable négation de l’ONU, ne reprend pas la perspective des deux Etats souverains, palestinien et israélien, adoptée par les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies.

Ce pseudo-cessez-le-feu et ce « Conseil de Paix », décidé unilatéralement par l’administration états-unienne, qui n’a cessé de soutenir les autorités israéliennes, militairement et dans l’arène diplomatique, n’apparaissent donc aucunement comme des étapes d’un « plan de paix ». Ce plan ne comporte en réalité aucune solution politique au conflit ni aucune référence au droit international et à l’objectif  d’une paix juste et durable, pour les deux peuples.

Or, la résolution du conflit passe par la stricte application du droit international. Nous défendons les institutions internationales, l’ONU et la CPI. Nous réclamons la cessation de toute complicité avec la colonisation et le respect de toutes les décisions internationales, tant à l’égard du gouvernement israélien que du Hamas. Nous refusons l’impunité des entreprises ayant collaboré au génocide ou encore de soldats franco-israéliens accusés de crimes de guerre. À l’heure où l’ordre international est bafoué de façon répétée et revendiquée par les dirigeants de puissances globales et régionales, plus que jamais, le respect du droit international doit être une boussole pour la résolution de tous les conflits.

Nous réclamons toujours la suspension de l’accord économique entre Israël et l’UE tant que ce pays violera gravement les droits de l’homme et l’arrêt de toute collaboration militaire et sécuritaire avec Israël. Nous appelons à signer la pétition européenne en ce sens.

La résolution du conflit passe enfin, et c’est fondamental, par la voie politique, seule façon de mettre fin à la colonisation en Cisjordanie et de permettre le retour à terme à des conditions de vie normales à Gaza, seule façon d’assurer aux Palestiniens comme aux Israéliens la sécurité.

Sur quelles bases ? Elles existent : depuis la création en 1947 de deux Etats sur le territoire de la Palestine, la résolution 242 qui établit les frontières en 1967, et au fil des ans par des dizaines de résolutions légitimes, rationnelles et viables, l’ONU a dessiné le cadre de solutions politiques au conflit, mais aucune n’a été appliquée.

Par quelles voies ? L’Etat de Palestine doit obtenir les moyens de sa souveraineté par l’évacuation de son territoire par Israël, la constitution de forces palestiniennes pour en assurer la sécurité et des élections libres permettant une représentation légitime des palestiniens. Un processus rapide de libération des prisonniers politiques palestiniens dont Marwan Barghouti qui est un leader politique populaire en Palestine pourrait jouer un rôle majeur. Le soutien aux organisations des  sociétés civiles palestinienne et israélienne qui militent pour la coexistence dans l’égalité est également un axe stratégique de cette politique de la paix.

Avec quel soutien ? Dans un contexte où le Moyen-Orient est plus que jamais déstabilisé par des agressions militaires, ne laissons pas entendre que les Etats européens ne sont plus concernés par la Palestine.

La reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France doit se traduire en acte.

Il faut d’urgence un engagement politique plein et entier de l’Europe et des Etats qui la composent.

Le 28 mars sera une journée nationale de mobilisation aux cotés des Palestiniens.
Retrouvons-nous toutes et tous partout en France le 28 mars, à l’occasion de la Journée de la Terre, pour exiger la paix en Palestine !

Signataires : LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Institut Mehdi Ben Barka – mémoire vivante, Memorial 98, Une autre voix juive (UAVJ), Union Nationale des Étudiants de France (Unef), Parti communiste français (PCF), L’Alliance pour une République écologique et sociale (L’APRÉS)

Voir la liste des manifestations prévues en région

Source: Commémoration des 50 ans de la Journée de la Terre : Israël/Palestine, l’urgence d’une solution politique

Cessez le feu immédiat et auto-détermination du peuple iranien ! 13 mars, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire et appel à rassemblement vendredi 13 mars à 18h30 à Paris, place des fêtes.

Depuis le 28 février 2026, les Etats-Unis et Israël poursuivent des bombardements sans relâche en Iran. Le bilan de ces opérations militaires est déjà lourd : plus d’un milliers de victimes civiles, des centaines de blessé-e-s dont de nombreux enfants, des destructions d’infrastructures, un pays mis à l’arrêt et une escalade des hostilités dans l’ensemble du Moyen-Orient et tout particulièrement au Liban.

Cette guerre engagée unilatéralement, est une guerre impérialiste qui met un coup d’arrêt au droit des Iraniennes et Iraniens à décider de leur avenir.

Sans mandat des Nations unies et en violation du droit international, cette guerre est menée sous le fallacieux prétexte de permettre au peuple iranien de se libérer de la dictature islamique. Mais la réalité apparaît bien plus sordide : cette guerre a été voulue par Trump afin de disposer d’un pouvoir à sa main à la tête de l’Iran, sans aucun souci de démocratisation.

Au-delà de ces faux-semblants, aucune démocratie n’a jamais été construite sur la base d’une attaque militaire visant à éliminer un dictateur ou un régime. Une agression militaire sur un pays souverain est, quelles qu’en soient les motifs et justifications, une violation du droit international, de la souveraineté des Etats et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Toutes les violations présumées, notamment les attaques aveugles, disproportionnées, ciblant délibérément les populations et infrastructures civiles, les structures médicales et les écoles, doivent faire l’objet d’enquêtes rapides, indépendantes et transparentes.

Nous, organisations de défense des droits, qui avons manifesté pour dénoncer les massacres du régime des mollahs contre sa propre population, exprimons notre solidarité avec le peuple iranien face à cette nouvelle épreuve dans la lutte pour le choix de leur avenir :

– nous condamnons fermement les attaques contre l’Iran menées conjointement par les armées américaine et israélienne ;

– nous dénonçons les violations du droit international et appelons à des enquêtes rapides, indépendantes et transparentes sur les crimes commis en Iran ;

– nous appelons toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités, et à ce qu’un processus s’engage en vue d’une transition démocratique s’appuyant sur le respect des droits humains et du droit international ;

– nous appelons les autorités iraniennes à libérer immédiatement toutes les personnes arbitrairement détenues et les prisonnières et prisonniers politiques.

Nous appelons à rejoindre la Marche contre les guerres d’agression et en solidarité avec les peuples d’Iran, vendredi 13 mars à 18h30 à Paris, Place des fêtes.

Solidarité avec les luttes en Iran pour la justice et l’égalité ! 

Ni trône ni guide suprême !

Femmes, vie, liberté ! 

Vive la solidarité internationale entre les peuples!

Paris, le 12 mars 2026

Premiers signataires: CGT, FIDH (Fédération internationale pour les droits humains), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), RESU (Comité français du réseau européen de solidarité avec l’Ukraine), Solidaires, SOS Racisme, Ukraine CombArt.

Source: Cessez le feu immédiat et auto-détermination du peuple iranien !

Retour au respect du droit international et auto-détermination du peuple iranien 3 mars, 2026

Communiqué LDH

Après des massacres de manifestantes et manifestants par le régime des mollahs d’une ampleur sans précédent, ayant endeuillé des dizaines de milliers de personnes, et alors que des négociations sur le programme nucléaire iranien étaient engagées, les Etats-Unis et Israël ont lancé une agression militaire de grande ampleur contre l’Iran, engendrant de nombreuses victimes civiles et destructions d’infrastructures.

Les exactions du régime iranien depuis des décennies, et tout particulièrement ces dernières semaines, ne rendent aucunement acceptable une offensive militaire dans laquelle Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont unis une nouvelle fois pour servir leurs intérêts politiques de court-terme, au détriment des populations civiles qui subissent les bombardements et voient leurs droits fondamentaux bafoués en Iran et plus largement au Moyen-Orient.

L’appel de Donald Trump au peuple iranien à se saisir de la chance de prendre le pouvoir est une déclaration au mieux perverse, permettant à terme de rejeter la responsabilité de l’échec de cette opération militaire injustifiée sur le peuple iranien et, au pire, une étape avant la prise de contrôle du pays par sa mise sous tutelle politique et l’accaparement de ses richesses, comme au Venezuela.

Car l’effet de sidération ne doit pas nous faire oublier que l’objectif premier de Donald Trump dans le cadre de toutes ses décisions est un objectif de prédation. Donald Trump n’est en aucune manière pour la paix, la démocratie et la protection des droits humains. Il ne recherche que le pouvoir manichéen et l’enrichissement des Etats-Unis. Les droits humains, fondés sur l’humanisme et la liberté individuelle et collective, sont à l’opposé de la politique autoritaire et prédatrice de Donald Trump.

Le président américain a choisi de supprimer l’aide humanitaire et le financement des agences des Nations unies, privant d’aide et de soins des millions de personnes souffrant de famine, de manque d’accès aux soins, de manque d’accès à l’éducation, pour dépenser des centaines de millions de dollars dans des attaques engageant l’armée américaine, sans mandat des Nations unies, sans autorisation du Congrès américain, de l’autre côté du globe avec un arsenal militaire particulièrement coûteux, mettant ainsi en danger les civils au Moyen-Orient mais également les civils américains partout dans le monde.

La démocratie ne résultera pas d’une attaque militaire telle qu’engagée là, de la seule élimination d’un dictateur ou un régime. Tout le monde sait ce qu’il en a été en Libye et en Irak.

Hors les cas de légitime défense nécessaire et proportionnée, l’attaque d’un pays souverain sans mandat de l’Onu est d’abord, quels qu’en soient les motifs et justifications exposés, une violation du droit international, de la souveraineté des Etats et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Une telle intervention armée, qui n’a aucune légitimité juridique ni politique, a toute raison d’être source de chaos, entraînant une dynamique de vengeance, une extension du conflit dans la région qui brouille la frontière entre belligérants, entre agresseurs et agressés et ne peut qu’alimenter la poursuite du pire.

La France et plusieurs pays européens, après avoir appelé à la retenue, ont dit être consternés par les attaques indiscriminées et disproportionnées lancées par l’Iran sur les pays voisins et être prêts à plusieurs actions « défensives » dans la région.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) condamne fermement ces attaques contre l’Iran menées conjointement par l’armée américaine et israélienne, sans mandat des Nations unies. Elle dénonce les violations du droit international et appelle à engager des négociations diplomatiques pour une désescalade et une transition juste en Iran. Elle appelle également la France à la retenue et à ne pas participer à des frappes offensives en Iran. Elle espère que le Conseil de sécurité de l’Onu se saisira rapidement de la question iranienne pour permettre une désescalade dans la région.

La LDH réitère son soutien au peuple iranien qui s’est soulevé pacifiquement pour la vie et la liberté et a été écrasé par un régime sanguinaire, tuant son peuple avec des armes de guerre, torturant, condamnant à mort, allant jusqu’à exécuter des enfants.

Le peuple iranien vit un tournant de son histoire. Il a plus que jamais besoin de notre soutien afin de pouvoir choisir son avenir.

Paris, le 3 mars 2026

Télécharger le communiqué « Retour au respect du droit international et auto-détermination du peuple iranien » en format PDF

Source: Retour au respect du droit international et auto-détermination du peuple iranien

Pas de participation de la France au « conseil de paix Gaza » de Trump ! 13 janvier, 2026

Communiqué LDH

Donald Trump poursuit la mise en place de son « Plan de paix pour Gaza » avec la constitution d’un « Conseil de paix » de quinze membres qu’il annoncerait ce jour.

Il semblerait que, pour l’Union européenne, Friedrich Merz, chancelier d’Allemagne, Giorgia Meloni, Première ministre d’Italie, et Emmanuel Macron, président de la République française, aient accepté d’y siéger.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) constate que le contournement de l’Organisation des Nations unies (Onu) est ainsi avalisé au profit d’une structure dont le mandat et la composition n’ont pas fait l’objet d’un vote des Nations unies. Et cela alors que les objectifs de ce « Conseil de
paix » ne reprennent pas la perspective des deux Etats souverains, palestinien et israélien, adoptée par les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies.

La LDH met en garde sur ce que cela signifie au regard de l’enjeu global actuel, dans le contexte de l’émergence d’un monde qui serait géré par le seul « droit du plus fort ».

La LDH en appelle donc instamment au président de la République pour que la France agisse de façon cohérente pour le plein respect du droit international en refusant les cadres qui, de fait, contribuent à le détruire.

Paris, le 13 janvier 2025

Télécharger le communiqué « Pas de participation de la France au « conseil de paix Gaza » de Trump ! » en format PDF

Source: Pas de participation de la France au « conseil de paix Gaza » de Trump !

Palestine, pour une paix juste et durable, retrouvons-nous tous le 29 novembre à Paris ! 23 novembre, 2025

Appel à rassemblement dont la LDH est signataire

La population de Gaza reste soumise aux bombardements et destructions. Son quotidien est celui d’une pénurie de nourriture, d’eau et de médicaments. Le gouvernement israélien utilise toujours l’accès aux biens essentiels comme instrument de guerre. Il refuse ouvertement toute possibilité d’existence d’un Etat palestinien à ses côtés comme l’a confirmé le récent vote en première lecture d’un projet d’annexion de la Cisjordanie. Obtenir de la communauté internationale qu’elle intervienne est une urgence, une priorité immédiate et absolue.

La colonisation s’aggrave

Les actions violentes s’amplifient en Cisjordanie, là encore dans un contexte de passivité de la communauté internationale. La menace d’annexion du territoire palestinien se manifeste quotidiennement par les attaques des colons, avec le soutien de l’armée israélienne et par le maintien des restrictions.

Le plan Trump apparaît désormais comme une nouvelle étape pour conforter l’impunité et pour maintenir la passivité face à la négation de tous les droits du peuple palestinien, droit à la sécurité, droits économiques et sociaux, droits nationaux. Ce plan n’est évidement pas un plan de paix mais met les Palestiniens, et l’OLP qui les représente, sous tutelle, et les prive de leur droit à l’autodétermination.

Le silence n’est pas de mise. Nous ne devons pas le laisser s’installer.

Nous ne pouvons dans ce contexte que condamner la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser « l’ensemble des entreprises israéliennes qui le souhaitent » à participer au salon de la sûreté et de la sécurité intérieure, le Milipol.

La mobilisation a permis de mettre un frein au génocide

Le 15 novembre 2025, à Barcelone, un appel ACT X PALESTINE a été lancé à l’initiative de trente associations palestiniennes de défense des droits humains, de construction de la paix, préparé en lien avec des associations des deux rives de la Méditerranée et des autres pays d’Europe.

La paix ne se fera pas sans écouter les voix palestiniennes et les voix dissidentes en Israël

Nous appelons nos partenaires français et européens à rejoindre toutes les mobilisations qui, partout dans le monde, contribuent à rompre l’inertie, à construire un rapport de force pacifique et déterminé pour qu’advienne le tournant décisif qui imposera la paix, juste et durable entre l’Etat de Palestine et celui d’Israël, s’appuyant sur le droit international, dont les frontières de 1967.

Une paix juste sera basée sur l’application des résolutions de l’ONU, des réparations pour les destructions illégales et les violations du droit humanitaire commises non seulement depuis le 7 octobre 2023 mais aussi tout au long de l’occupation et de la colonisation des territoires palestiniens.

Une paix durable repose sur une résolution politique conclue entre Palestiniens et Israéliens. La communauté internationale doit peser, y compris par des sanctions, pour que cela ait lieu, et tout particulièrement aujourd’hui l’imposer aux gouvernants d’Israël. Nous savons qu’elle pourra s’appuyer, dans les deux sociétés, sur les acteurs et organisations favorables à une telle paix.

Retrouvons-nous à Paris !

Dans un moment où l’on cherche à imposer la seule loi des plus forts, la solidarité avec la Palestine, c’est imposer la résolution du conflit par le respect du droit international et s’opposer fermement à la répression de cette solidarité.

Le 29 novembre, nous appelons à une manifestation nationale qui se déroulera à Paris, à 14h, place de la République.

Signataires : LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Association les ami.es de Standing Together en France,  Institut Mehdi Ben Barka – mémoire vivante, Réseau Féministe «Ruptures», Une autre voix juive (UAVJ), Confédération générale du travail (CGT), Syndicat National des Enseignements de Second degré (Snes-FSU), Union Nationale des Étudiants de France (Unef), Parti communiste français (PCF), L’Alliance pour une République écologique et sociale (L’APRÉS), Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)

Source: Palestine, pour une paix juste et durable, retrouvons-nous tous le 29 novembre à Paris !

L’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 23 novembre, 2025

Lettre ouverte de la LDH et du Collectif de sauvegarde de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (CS-LADDH) adressée à Emmanuel Macron, président de la République

Monsieur le Président,

Nous, LDH (Ligue des droits de l’Homme) et Collectif de sauvegarde de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (CS-LADDH), nous permettons de vous écrire afin d’appeler votre attention sur la nécessité de rejeter la résolution récemment déposée par le Rassemblement national (RN) et adoptée à l’Assemblée nationale (à une voix près), visant à dénoncer l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Cet accord est intervenu après plus d’un siècle de colonisation, une guerre meurtrière et enfin une reconnaissance mutuelle de l’Etat algérien et de l’Etat français. Il est utile d’en rappeler les jalons historiques pour souligner sa valeur symbolique car il porte sur la prise en compte des vies singulières dans un cadre de respect du droit international enfin acquis, à travers la définition des conditions de mobilités des personnes entre deux pays en paix.

Comme tout cadre juridique, il peut faire l’objet de révisions concertées. Il est regrettable que plusieurs modifications opérées ces dernières années conduisent nombre d’experts à considérer que ces accords ont été largement vidés de leur substance et que, dans certaines situations, les ressortissant-es algérien-ne-s sont désormais plus défavorisé-es que d’autres étrangers.

Les récentes décisions du Conseil d’Etat – celle du 30 juillet 2024 sur la régularisation de plein droit, et l’avis du 28 octobre 2025 remettant en cause le caractère automatique du renouvellement du certificat de résidence de dix ans – accentuent déjà la précarisation des ressortissant-es algérien-ne-s en France.
Cependant une remise en cause unilatérale, brutale et politiquement instrumentalisée comme celle votée au Parlement français il y a quelques jours serait un symbole désastreux de déni des conséquences de la guerre d’Algérie.

Ce vote est intervenu après des attaques répétées contre cet accord, de l’extrême droite comme de groupes adoptant une vision révisionniste de l’histoire coloniale. Il s’inscrit dans un contexte général de recul des droits des étrangers.

Dans ce climat tendu, la résolution visant à « dénoncer » l’accord de 1968 envoie un signal politique dangereux. Portée par un parti dont la logique repose sur la stigmatisation et l’exclusion, elle nourrit les discours racistes et xénophobes, attise sans raison les tensions et fragilise les multiples liens humains, économiques, culturels et universitaires qui unissent la France et l’Algérie. Nos associations rappellent que maltraiter ces liens contemporains tissés d’histoire ne peut aboutir qu’à un recul délétère du respect des droits humains. A contrario, l’esprit dans lequel a été rédigé l’accord de 1968 devrait être mis en valeur, par la France comme par l’Algérie, et les mesures concernant les droits des étrangers s’en inspirer en les adaptant à des réalités internationales qui appellent une politique déterminée en faveur des droits des étrangers et des binationaux.

Si nous saluons la remise en liberté de Boualem Sansal à la suite d’une grâce présidentielle, nous regrettons vivement que le journaliste Christophe Gleizes soit toujours incarcéré et formulons le vœu qu’une issue positive lui soit réservée à l’issue de son audience en appel le 3 décembre prochain. Nous insistons par ailleurs également sur la nécessité pour les autorités algériennes de garantir le respect des droits humains et de libérer toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques ou d’opinion, simplement pour avoir exercé pacifiquement leurs libertés fondamentales. La situation de Mohamed Tadjadit, poète emblématique du Hirak, illustre tristement ces pratiques, puisqu’il a été condamné à cinq ans d’emprisonnement à la suite de multiples actes de harcèlement et d’intimidation à son encontre.
Monsieur le Président, au nom de nos deux associations, nous vous demandons solennellement d’intervenir pour vous opposer à la résolution visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 et, plus largement, pour défendre une approche fondée sur les droits, et les principes républicains. Le moment exige de soutenir les efforts de réouverture du dialogue entre la France et l’Algérie, non de s’y soustraire sous l’effet de pressions visant à diviser la société française et à entretenir un climat permanent de tension préjudiciable entre nos deux pays.

En raison de l’importance du sujet, vous comprendrez que nos organisations aient décidé de rendre publique cette lettre.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

Nathalie Tehio, présidente de la LDH, et Aissa Rahmoune, président du CS-LADDH

Paris, le 18 novembre 2025

Télécharger la lettre commune en pdf.

Source: L’accord franco-algérien du 27 décembre 1968

D&L 211 – A l’écoute des « voix du génocide » 3 novembre, 2025

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