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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives du tag : Maghreb – Moyen-Orient

Après la mise en cause de la France par des experts de l’ONU sur le Yémen, 17 ONG demandent l’arrêt immédiat des ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis 9 septembre 2019

Communiqué commun dont la LDH est signataire

« Pour être crédible dans ses efforts pour mettre fin aux souffrances du peuple yéménite, la France doit impérativement lever tout soupçon de complicité de crimes de guerre » (ONG)

 

Une vaste coalition de 17 ONG humanitaires et de défense des droits humains réitère aujourd’hui son appel à l’arrêt immédiat des ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, à la lumière de deux événements majeurs qui ont eu lieu cette semaine. La mort dimanche de plus de 100 détenus dans un raid aérien au nord du Yémen et la publication mardi du rapport du Groupe d’éminents experts sur le Yémen de l’ONU ont à nouveau démontré l’ampleur et la violence des attaques contre les populations civiles au Yémen et l’urgente nécessité pour des pays comme la France de cesser d’alimenter le conflit en armes.

Dhamar : l’une des pires attaques depuis le début de la guerre

Le 1er septembre, plus de cent personnes ont été tuées dans une série de frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sur un établissement universitaire utilisé comme centre de détention à Dhamar, en zone contrôlée par les Houthis (Ansar Allah). Cette attaque, l’une des plus meurtrières depuis le début du conflit, illustre le mépris absolu de l’ensemble des parties vis-à-vis des règles qui régissent les conflits. Les frappes de la coalition ont visé des prisonniers, en violation des conventions de Genève et du droit international humanitaire.

Les organisations signataires soutiennent la demande de l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen d’ouverture d’une enquête crédible et indépendante sur ce tragique incident, qui n’est que le dernier d’une longue série d’attaques similaires restées impunies.

La France pointée du doigt par les experts de l’ONU sur le Yémen

Deux jours après l’attaque de Dhamar, le groupe d’éminents experts sur le Yémen, créé en 2017 par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies pour faire la lumière sur les violations du droit international commises dans le pays, a documenté dans un rapport une multitude de crimes de guerre commis par l’ensemble des parties au conflit, dont le gouvernement du Yémen, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite et les Houthis. Intitulé « Yémen : Échec collectif, responsabilité collective », le rapport met en lumière de nombreux cas de raids aériens visant des civils, d’utilisation d’autres armes explosives en zone peuplées, de recours à la torture, de disparitions forcées, de violences sexuelles, d’entraves à l’accès humanitaire et d’utilisation de la faim comme arme de guerre.

Au-delà des parties au conflit, les experts de l’ONU pointent directement la responsabilité de la France, de l’Iran, du Royaume-Uni et des Etats-Unis qui, en fournissant du renseignement, un soutien logistique ou des armes aux parties au conflit, pourraient se rendre complices de crimes de guerre. En écho aux alertes lancées depuis des années par les ONG, les experts rappellent qu’il existe un débat sur la légalité des transferts d’armes françaises, britanniques et américaines et citent les contentieux en cours. Au Royaume-Uni, le gouvernement a été contraint de limiter ses ventes d’armes après que la cour d’appel de Londres a jugé illégal, en juin, le processus d’octroi de licences d’exportations. En France, une procédure visant à suspendre les licences d’exportations d’armes est toujours en cours devant les juridictions administratives.

Les experts de l’ONU concluent leur rapport en demandant à tous les Etats de s’abstenir de fournir des armes susceptibles d’être utilisées dans le conflit au Yémen. Les organisations signataires appellent instamment le gouvernement français à suivre ces recommandations et à stopper immédiatement ses transferts d’armement à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, compte tenu de l’étendue des violations dont ils continuent à se rendre coupables et du risque avéré que du matériel militaire français soit utilisé pour les commettre.

Pour être crédible dans ses efforts pour mettre fin aux souffrances du peuple yéménite, la France doit impérativement lever tout soupçon de complicité de crimes de guerre et cesser d’alimenter le conflit en armes. Après près de 5 ans de guerre, le Yémen ne peut plus attendre.

Paris, le 5 septembre 2019

 

Liste des organisations signataires : ACAT ; Action contre la Faim ; Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL) ; Cairo Institute for Human Rights Studies ; CARE France ; FIDH (Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme) ; Handicap International ; Ligue des droits de l’Homme ; Médecins du Monde ; Norwegian Refugee Council (NRC) ; Observatoire des Armements ; Oxfam France ; Salam for Yemen ; Sherpa ; Sisters Arab Forum ; SumOfUs ; Yemen Solidarity Network.

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Source: Après la mise en cause de la France par des experts de l’ONU sur le Yémen, 17 ONG demandent l’arrêt immédiat des ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis

Artisan du négationnisme concernant les crimes de Bachar Al Assad, Thierry Mariani, avec ses amis du RN, est de nouveau en visite à Damas 1 septembre 2019

Communiqué commun dont la LDH est signataire

L’eurodéputé du Rassemblement national, Thierry Mariani, est de retour en Syrie à la tête d’une délégation du RN composée des eurodéputés du Rassemblement national Virginie Joron et Nicolas Bay, ainsi que d’Andréa Kotarac, ex-LFI (La France insoumise).

Rencontrer une nouvelle fois Bachar Al Assad, responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, dument documentés par les commissions d’enquêtes des droits de l’Homme de l’ONU, ne semble pas poser à Thierry Mariani le moindre problème de conscience. Mais il est vrai que les motivations de ce Bachar-Tour sont la stratégie géopolitique de l’axe Le Pen-Poutine ainsi que les perspectives de faire des affaires.

Rappelons sur ce point l’engagement du président Emmanuel Macron : « La France sera au rendez-vous de la reconstruction dès que les conditions seront réunies pour rebâtir et engager des moyens financiers et humains sur place. Cette phase ne pourra être engagée que lorsque la transition politique sera véritablement enclenchée en Syrie ».

Au cours de ce voyage, ces parlementaires européens vont rencontrer des élus et responsables politiques complices de crimes de guerre et crimes contre l’humanité confirmés par les ONG et rapports d’enquêtes du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Nous leur rappelons qu’à chaque bombardement de la population civile et des structures sanitaires par les avions du régime et de son allié russe sur les villes et villages de la région d’Idlib, ce sont un peu plus de candidats à l’exil et un peu plus de recrues pour Daech.

À chaque serrement de main avec les criminels de guerre et criminels contre l’humanité, penseront-ils au rapport César dont les photos sont autant de preuves qui viennent des cellules de torture du régime et ont été exposées au musée de l’Holocauste de Washington ? Celles-ci ne sont pas sans rappeler les atrocités nazies.

Monsieur l’eurodéputé Mariani, vous faites honte à la France et à l’Europe. Il y a des moments dans l’histoire de l’humanité où il faut choisir la cause de la justice contre la barbarie, sous peine de perdre sa propre humanité… Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

Paris, le 26 août 2019

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Source: Artisan du négationnisme concernant les crimes de Bachar Al Assad, Thierry Mariani, avec ses amis du RN, est de nouveau en visite à Damas

Halte à la répression du peuple algérien, pour le respect des droits de l’Homme 24 juillet 2019

Appel soutenu par la LDH

Alors que le peuple algérien manifeste pacifiquement depuis quatre mois, se multiplient désormais des arrestations arbitraires, des passages à tabac et des matraquages médiatiques. Kader Attia, Etienne Balibar, Juliette Binoche, Saïd Bouamama, Souad Massi et de nombreuses associations, dont l’ACDA, appellent « à l’arrêt immédiat de la répression et des persécutions ainsi qu’à la libération de tous les détenus d’opinion ».

Depuis plus de quatre mois, le peuple algérien manifeste, avec constance, fermeté et courage, pour en finir avec un système autoritaire militarisé qui lui est imposé depuis l’indépendance. Ses revendications sont réaffirmées chaque vendredi, à travers tout le pays : instaurer un Etat de droit garant des libertés individuelles et collectives, promoteur de l’égalité citoyenne – dont celle entre les femmes et les hommes – et la justice sociale.

Grâce à son pacifisme, loué sous toutes les latitudes, le peuple algérien a pu déjouer jusqu’ici toutes les manœuvres de diversion, toutes les tentatives de division, toutes les manipulations d’un pouvoir qui se révèle tel qu’il est : derrière une façade civile, un pouvoir militaro-sécuritaire, qui ne trompe ni les Algériens ni l’opinion internationale.

Ces dernières semaines, le pouvoir a décidé de mettre au pas les marches pacifiques du vendredi : arrestations arbitraires pour le simple fait d’avoir manifesté pacifiquement ou d’avoir brandi un drapeau berbère, passages à tabac de manifestants, matraquages médiatiques et campagnes de haine sur les réseaux sociaux, sont autant d’outils de la répression.

Lors de la manifestation du vendredi 5 juillet, des scènes de violence policière ont été révélées au monde entier : des policiers se sont acharnés à frapper des manifestants à terre et ne constituant aucune menace pour eux ni pour quiconque. La liste des violations des droits de l’Homme est déjà longue et ne cesse de s’allonger dangereusement.

Cette répression ne doit pas être tue. Elle doit être dénoncée fermement, vigoureusement, par toutes les consciences libres.

Nous appelons toutes les associations et organisations à dénoncer ces atteintes aux droits de l’Homme.

Nous appelons à l’arrêt immédiat de la répression et des persécutions ainsi qu’à la libération de tous les détenus d’opinion.

 

Associations et organisations signataires :

ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie) ; Ajouad Algérie Mémoires ; APEL-Egalité ; Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie  ; Collectif national diaspora algérienne – France ; Collectif Vigilance Mouvement-22 Février (CSVM-22 Fev) ; Debout l’Algérie ; Dzayer2.0
 ; FFS (Front des forces socialistes)-France ; Ibtykar
 ; Jil Jadid-Europe ; Les Humanistes ; Les Progressistes ; ODIA (Observatoire de la diaspora algérienne) ; Révolution du sourire ; Riposte internationale ; SOS-Disparus ; UCP (Union pour le changement et le progrès)-France.

Associations et organisations solidaires :

ACORT (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie) ; AMDH (Association marocaine des droits humains)-Paris/Île-de-France ; AMF (Association des Marocains en France)
 ; ASDHOM (Association de défense des droits de l’homme au Maroc)
 ; Association Beity ; ATF (Association des Tunisiens en France)
 ; ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France) ; ATSM (Association tunisienne de soutien des minorités) ; ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) ; CEDETIM (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale ; CIIP (Centre d’information inter-peuples), Grenoble ; Collectif 3 C ; CRLDHT (Comité pour le respect et les droits de l’Homme en Tunisie)
 ; Droits devant !! ; EMCEMO (Het Euro-Mediterraan Centrum Migratie & Ontwikkeling) ; Ensemble ; Femmes plurielles ; Fondation Copernic ; FORSEM (Forum de solidarité euro-méditerranéenne) ; Forum Palestine Citoyenneté ; FTCR (Fédération tunisienne des citoyens des deux rives)
 ; FUIQP (Front uni des immigrations et des quartiers populaires) ; GAME (Groupe d’amitié Maghreb Europe) ; Gauche révolutionnaire ; IDD (Immigration Développement Démocratie) ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; LTDH (Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme) ; LPP (La Plate-forme panafricaine) ; MBDHP-SF (Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples, section France) ; Organisation contre la torture en Tunisie ; PCF (Parti communiste français) ; Rencontres Marx ; Réseau Euromed Rights ; Réseau syndical international de solidarité et de luttes ; RMCC (Réseau euro-maghrébin Citoyenneté et culture) ; UJFP (Union juive française pour la paix) ; UTAC (Union des Tunisiens pour l’action citoyenne) ; Vigilance pour la démocratie et l’état civique

Voir la liste complète des signataires sur Mediapart

 




Source: Halte à la répression du peuple algérien, pour le respect des droits de l’Homme

Parodie de justice et condamnations à mort en Irak 5 juin 2019

Communiqué LDH et FIDH

Avec les deux nouveaux jugements tombés ce lundi 3 juin, ce sont désormais onze ressortissants français qui sont condamnés à mort par des tribunaux irakiens au motif d’une « appartenance au groupe Etat islamique », lors de procès expéditifs et non équitables.

Les stupéfiantes déclarations du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, affirmant que la justice irakienne leur aurait garanti « une procédure équitable » sont largement démenties par les faits : faiblesse des dossiers d’accusation, procès à charge et expédiés en violation des droits de la défense, avocats commis d’office et n’ayant eu que partiellement ou tardivement accès au dossier de leur client, tortures lors des interrogatoires, absence des victimes…

La France ne peut tolérer ces parodies de justice et encore moins toute condamnation à la peine capitale de ses ressortissants. Il revient au gouvernement d’assumer pleinement ses responsabilités envers ses ressortissants, quelles que soient les charges portées contre eux, en l’absence des garanties minimales d’un procès équitable et d’un droit à la défense effectif. C’est en France qu’il faut poursuivre les auteurs d’actes de terrorisme mais aussi les auteurs de crimes contre l’humanité dont ils se seraient rendus coupables sur les territoires irakien et syrien.

Paris, le 4 juin 2019

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Source: Parodie de justice et condamnations à mort en Irak

L’État français livre des bateaux à la Libye : des ONG saisissent la justice ! 30 avril 2019

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Nos huit associations saisissent aujourd’hui la justice pour dénoncer la complicité de la France dans les violations des droits humains en Libye. Elles demandent auprès du tribunal administratif de Paris la suspension d’une livraison d’équipements prévue par le ministère des Armées à destination des garde-côtes libyens compte tenu de doutes sérieux sur sa légalité.

En février dernier, Florence Parly, ministre des Armées, annonce l’achat par la France de six embarcations rapides au profit des garde-côtes libyens pour faire face au « problème de l’immigration clandestine ». Pour la première fois, la France affiche publiquement une collaboration bilatérale directe et concrète avec les garde-côtes libyens. En achetant six bateaux pour leur compte, la France participe au cycle de violations des droits humains commis en Libye à l’encontre des réfugiés et des migrants en donnant des moyens logistiques pour les intensifier.

La France contrevient aussi à ses engagements internationaux que sont le Traité sur le commerce des armes et la Position commune 2008/944/PESC de l’Union européenne qui lui interdisent de procéder à des transferts de matériel militaire vers des pays où ils risquent d’être utilisés pour commettre ou faciliter des violations graves des droits humains.

Les garde-côtes libyens ont pourtant, à plusieurs reprises, délibérément mis en danger la vie et la sécurité des réfugiés et migrants qu’ils sont censés secourir : en repoussant à l’eau des personnes en détresse, en les menaçant de leurs armes, en tirant des coups de feu. Des cas de vols sur les rescapés ont été également recensés, de même que des menaces à l’encontre d’équipages de navires d’ONG engagées dans des opérations de sauvetage.

En livrant ces bateaux aux garde-côtes libyens, la responsabilité de la France est d’autant plus importante que la plupart des personnes actuellement détenues dans les centres de détention en Libye ont été interceptées en mer par les garde-côtes libyens. Les réfugiés et migrants sont systématiquement transférés dans des centres de détention où ils sont maintenus dans des conditions inhumaines. Les viols, la torture, les exécutions extrajudiciaires, le travail forcé et l’esclavage font partie des violences extrêmes auxquelles sont exposés les réfugiés et migrants en Libye.

L’État français ne peut ignorer la situation qui prévaut en Libye et les conséquences de cette livraison sur la vie et la sécurité de ces personnes : la France devient officiellement complice des atteintes commises à leur encontre.

Ces bateaux sont le symbole de l’externalisation vers la Libye des politiques européennes de contrôle des migrations. Depuis plusieurs années, nos associations et des instances internationales alertent régulièrement sur les conséquences de cette collaboration pour les droits des personnes migrantes et réfugiées qui sont piégées dans cet enfer. Les soutiens financiers et matériels des gouvernements européens aux garde-côtes libyens se sont accélérés ces dernières années, en échange de leur coopération en vue d’empêcher les réfugiés et les migrants d’atteindre les côtes européennes.

COMPLÉMENTS D’INFORMATION

– Sur le recours déposé devant le tribunal administratif

Les huit ONG demandent la suspension de la décision de livrer des embarcations à la marine libyenne compte tenu du doute sérieux pesant sur la légalité de la décision révélée par la ministre des Armées. Cette suspension est demandée dans l’attente d’une décision définitive du juge administratif sur cette question. Les ONG sont représentées par maître Crusoé. Elles invoquent : 1) la violation des embargos onusien et européen sur la livraison de matériel militaire à la Libye ; 2) les règles relatives au transfert d’équipements militaires, au premier rang desquelles le Traité sur le commerce des armes imposant à la France de ne pas procéder à du transfert de matériel militaire qui aurait pour conséquence de violer le droit international ; 3) la responsabilité de la France « pour fait internationalement illicite » du fait des conséquences prévisibles de la livraison des six embarcations sur les droits humains des migrants et réfugiés interceptés puis débarqués sur le sol libyen.

– Sur les bateaux considérés comme équipement militaires

Le ministère des Armées a précisé publiquement, le 21 février 2019, qu’il était question de fournir des embarcations rapides à coque semi-rigide produites par l’entreprise française Sillinger. Selon les informations publiques disponibles, il s’agirait d’embarcations de 12 mètres de long, qui seraient fournies sans armement ni support pour armement. Selon la législation française sont considérés comme des navires de guerre, ceux « spécialement conçus ou modifiés pour l’usage militaire, quel que soit leur état d’entretien ou de service, et qu’ils comportent ou non des systèmes de lancement d’armes ou un blindage ». Ces embarcations étant considérées comme du matériel de guerre, elles sont soumises au régime d’autorisation des exportations de matériels de guerre, même s’il s’agit comme dans le cas présent d’une cession gratuite. Une évaluation du risque à l’exportation de ces six embarcations aurait dû être réalisée en se fondant sur le Traité sur le commerce des armes ainsi que sur la Position commune 2008/944/PESC du Conseil du 8 décembre 2008, qui définit des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires. Aujourd’hui, l’absence de transparence sur les exportations d’équipements militaires est telle qu’il est impossible de vérifier si la France s’est conformée à ses engagements internationaux.

Sur la situation des réfugiés et migrants en Libye

Plus de 6 500 réfugiés et migrants sont actuellement arbitrairement détenus dans une quinzaine de centres de détention libyens, officiellement sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. Parmi ces personnes détenues, environ 3 000 le sont dans des zones où se déroulent les combats en cours depuis le 4 avril 2019 ou à proximité. Bloquées, exposées aux tirs croisés, et avec un accès encore plus restreint que d’ordinaire à des ressources vitales, elles doivent être évacuées de toute urgence hors de Libye.

Signataires : Amnesty international, Médecins sans frontières, Gisti, Ligue des droits de l’Homme, la Cimade, Avocats sans frontières, ASGI, Migreurop

Paris, le 25 avril 2019

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Source: L’État français livre des bateaux à la Libye : des ONG saisissent la justice !

Campagne pour la libération des enfants palestiniens emprisonnés par Israël 17 avril 2019

La LDH soutient l’appel à rassemblement du jeudi 18 avril à 18h place Saint-Michel à Paris

 https://liberez-enfants-palestiniens.fr

La politique de terreur menée par Israël contre les enfants palestiniens doit cesser ! 5450Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes pour raisons politiques. Parmi eux : 205 enfants dont 32 de moins de 16 ans ; 48 femmes ;  497 détenus administratifs ; 340 sont de Jérusalem Est ; 294 sont de la bande de Gaza.

A l’initiative de la Coordination des associations palestiniennes : Forum Palestine citoyenneté ; Association de Palestiniens en Ile-de-France ; GUPS ; Comité pour le respect des droits de l’Homme en Palestine ; et avec le soutien de plus de 120 personnalités, associations, organisations  syndicales et politiques dont : Attac, Association France Palestine Solidarité (AFPS), ATMF, ARAC, Campagne BDS, CCFD-Terre, Solidaire Paris, EELV, Ensemble, Femmes  Egalité, FTCR, Mrap, NPA,PG, PCF, PCOF, Solidaires, UJFP, UJR IdF…

Israël est le seul pays au monde à poursuivre systématiquement, chaque année, entre 500 et 700 enfants devant les tribunaux militaires sans aucun respect des droits fondamentaux à un procès équitable. Depuis début 2018, plus de 900 enfants palestiniens âgés de moins 18 ans de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est ont été arrêtés et, selon les statistiques de mars 2019 d’ADDAMEER (organisation palestinienne de soutien aux prisonniers et aux droits de l’Homme), 205 enfants sont toujours en détention, dont 32 ont moins de 16 ans.  Ils sont détenus dans les prisons israéliennes, dans des conditions intolérables et en totale violation de la Convention internationale des droits de l’enfant. L’accusation la plus répandue contre les enfants est le jet de pierres, « crime » passable de 20 ans de prison. Depuis 2000, plus de 12000 enfants palestiniens ont été arrêtés par l’occupant israélien. Au mépris des conventions internationales des droits de l’enfant: dans 40 % des cas, ils sont arrêtés la nuit, arrachés à leur sommeil, sous les yeux de parents résistants mais impuissants ; la  grande  majorité  font  état  de  violences  physiques, verbales, d’humiliations lors  du transfert au centre d’interrogatoire, pendant les interrogatoires puis la détention… L’accusation la plus courante (qui sert de prétexte à l’arrestation des enfants) est le jet de pierre, « crime » passible de 10 à 20 ans de prison ! Une fois libérés, ils continuent à être harcelés par les forces de répression israéliennes ou assignés à résidence.

Nadeem, le jeune ex-prisonnier, plusieurs fois détenu depuis l’âge de 13 ans, venu témoigner de ses conditions de détention lors d’une tournée en France en novembre 2018, a été à nouveau arrêté en février 2019 durant 5 jours, sans motif. Ces arrestations et détentions d’enfants illustrent la politique de punition collective à laquelle se livre l’Etat  d’apartheid israélien qui tente de les recruter comme informateurs, leur fait signer des textes en hébreu, et exerce un racket financier sur les familles en les forçant à payer de lourdes amendes pour leur libération. Ces arrestations et détentions ont un impact sur la santé mentale des enfants. Ils souffrent d’un sentiment d’insécurité permanent, de  troubles de stress post-traumatique et finissent trop souvent par abandonner leurs études. En s’en prenant aux enfants, l’Etat d’apartheid israélien tente de briser toute résistance palestinienne et tout espoir futur.

Soutenez la campagne en signant la pétition.

Paris, le 16 avril 2019

Source: Campagne pour la libération des enfants palestiniens emprisonnés par Israël

L’immigration en France et en Europe solidaire du peuple algérien 12 mars 2019

Communiqué commun en solidarité avec le peuple algérien

Les manifestations du 22 février, 24 février et 1er mars 2019 contre le « cinquième mandat » de l’actuel président a pris, en quelques jours, une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine de l’Algérie. Au fil des contestations à travers tout le pays – et qui se poursuivront par les « marches du 8 mars » –, ce refus du « cinquième mandat » est devenu l’expression d’un rejet total d’un pouvoir autoritaire qui perdure depuis l’indépendance. 

Ce mouvement démontre aux yeux du monde entier, par son caractère pacifique et citoyen, une grande maturité de la jeunesse algérienne, des femmes et des hommes de tous âges et de toutes classes sociales qui sont descendus dans les rues des villes et des villages de tout le pays.

Dans l’immigration, plusieurs manifestations de solidarité se sont déroulées, faisant la démonstration que la mobilisation du peuple algérien pour exiger un Etat de droit, les libertés, la justice sociale et une véritable citoyenneté, est dans le prolongement des mêmes revendications des peuples aussi bien au Maghreb, au Moyen-Orient, qu’à travers le monde.

Nous, associations de l’immigration et de solidarité en France et en Europe, signataires :

  • affirmons notre total soutien et notre solidarité avec les manifestations – en cours et à venir – du peuple algérien contre le « cinquième mandat », pour l’Etat de droit, les libertés et la justice sociale ;
  • mettons en garde le pouvoir en place de toute tentative de dérive autoritaire cherchant à dévoyer les revendications pacifiques du peuple algérien ;
  • appelons l’ensemble de l’immigration et les ami-e-s de l’Algérie à travers le monde à la vigilance pour que les revendications légitimes du peuple algérien soient satisfaites.

Rassemblement à Paris, place de la République,

dimanche 10 mars 2019, 

de 12 heures à 15 heures 

Le 7 Mars 2019

Premiers signataires 

Organisations : Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA) ; Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) ; Immigration Développement Démocratie (IDD) ; APEL-Egalité ; Association Na’oura-Bruxelles  ; Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort) ; Association des Marocains en France (AMF) ; Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)  ; Association tunisienne Culture et solidarité ; Association des Tunisiens en France (ATF) ; Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF) ; Association marocaine des droits humains (AMDH)-Paris ; Association des Tunisiens du nord de la France (ATNF)-Lille ; Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM)   ; Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA) ; Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) ; AIDDA ; Association Zembra Écho  ; Aknarij (Association pour la promotion d’une citoyenneté active des deux rives)-Pays-Bas ; Comités pour le développement et le patrimoine (CDP)-France ; Collectif 3C Culture et Citoyenneté ; Collectif des femmes tunisiennes (CTF) ; Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie (CVDT)-Belgique ; CEDETIM-IPAM ; Droit au logement (DAL) ; Droit devant ; Emcemo (Centre euroméditerranéen migration et développement)-Pays-Bas ; Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (Fasti) ; Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR) ; Femmes Plurielles ; Fondation Copernic – France ; KMAN – Hollande ; Ligue des droits de l’Homme (LDH)  ; Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples – Mrap ; – Mouvement citoyen des Tunisiens en France (MCTF) ; Mouvement Ecolo ; Forsem (Forum de solidarité euro-méditerranéenne) ; Plate-forme euro-marocaine développement et citoyenneté  ; Plate-forme des Marocains d’Amsterdam ; Réseau euro-maghrébin citoyenneté et culture (REMCC)  ; Union syndicale Solidaires ; Union des Tunisiens pour une action citoyenne (UTAC)

Personnes : Abdelhamid Maha, chercheure en géographie sociale ; Abdessamad Hichem, traducteur, historien ; Afarki Abderrahim, bibliothécaire ; Allal Mourad, militant associatif ; Allal Tewfik, militant associatif ; Alaoui Mehdi, responsable associatif ; Amara Jean-Claude, Droit Devant  ; Angeli Verveine, syndicaliste ; Baaboura Noureddine, juriste, militant associatif ; Benameur Ali, universitaire ; Benhaim Raymond, cedetim ; Ben Hiba Tarek, militant associatif ; Ben Said Mohamed, militant associatif ; Ben Youssef Adnane, militant associatif ; Bessis Sophie, historienne ; Bhar Mohamed, artiste musicien ; Bouguerra Larbi, membre de l’Académie tunisienne Beyt al-Hikma (Carthage) ; Boumedienne Alima, avocate, ancienne sénatrice ; Boursier Philippe ; Chaabane Nadia, député Constituante (2011-2014) Tunisie ; Chenchabi Hedi, militant associatif ; Cherbib Mouhieddine, défenseur des droits humains ; Cukier Alexis ; Dakhlia Jocelyne, universitaire   ; Dréano Bernard, militant associatif ; Dridi Mohsen, militant associatif  ; El Amri Aida, médecin radiologue, présidente de ATCS ; EL Hadjali Fathi, militant associatif   ; El Kherchi Driss, militant associatif ; Elkhorchi Driss, militant associatif – Bruxelles ; Ellala Mohamed-Lakhdhar, militant politique   ; Enjalan Stephane, syndicaliste ; Eyraud Jean-Baptiste, DAL ; Faoual Raoudha, militante politique et associative ; Ferjani Mohamed Chérif, universitaire   ; Gaillot Jacques, évêque   ; Gineste Pierre, militant associatif ; Habel Janette  ; Habache Youssef, président CDP, Palestine/France ; Hamrouni Mohamed, militant associatif ; Hidouci Ghazi, économiste, ancien ministre  ; Jendoubi Kamel, défenseur des droits humains  ; –  Journée-Duez Aurélie, doctorante en anthropologie ; Kacimi Mohamed, écrivain ; Khalfa Pierre, Fondation Copernic ; Kitar Abderrazek, militant associatif ; Laabi Abdellatif, écrivain   ; Le Moal Patrick ; – Lévy Catherine, sociologue CNRS, retraitée, ancienne «pied-rouge »  ; M’Hamdi Hend, présidente CVDT-Belgique ; Mkichri Aziz, militant associatif – Bruxelles ; Menebhi Abdou, militant associatif – Amsterdam ; Pelletier Willy ; Rahim Rezigat, ancien militant du FLN et détenu en France pendant la guerre de libération  ; Samary Catherine, économiste altermondialiste ; Sauterey François, « pied-rouge », responsable associatif ; Sraieb Hédi, économiste, consultant international ; Toukabri Tarek, militant associatif ; Vergiat Marie Christine, députée européen ; Zniber Abdallah, militant associatif


Source: L’immigration en France et en Europe solidaire du peuple algérien

Soutien au mouvement populaire en Algérie 6 mars 2019

La Ligue des droits de l’Homme soutien l’appel au rassemblement, organisé collectivement par des associations et organisations de l’émigration algérienne en France.
Rappelons que ce 2 mars, à travers toute l’Algérie se déroulent des marches contre le « cinquième mandat », pour l’Etat de droit, la justice sociale et les liberté.

Appel à rassemblement
place de la République, Paris,
dimanche 3 mars 2019, 12 heures

Le peuple algérien démontre son refus d’une énième forfaiture. Il rejette en bloc le coup de force et l’humiliation de trop que veut imposer le régime à toute la nation, à travers le « cinquième mandat » – un symbole d’un système illégitime et corrompu.
La journée de mobilisation du 22 février 2019, au cours de laquelle, sur l’ensemble du territoire national, les citoyennes et les citoyens ont manifesté pacifiquement et dans un esprit de fraternité leur ras-le-bol, prouve que la société est unie et adhère avec force à un idéal : celui d’une Algérie meilleure et prospère, où règnent la justice et la liberté.
Ayant usé de tous les subterfuges pour diviser les enfants d’un même pays, le régime n’a pas eu raison de la volonté et de la vivacité de la société.
C’est avec une admiration et une immense fierté que nous avons observé les marches populaires pour exiger le départ du système. Ni casse, ni violences, ni agressions. La société algérienne a donné l’une des plus belles leçons de mobilisation et de militantisme.
Les démonstrations populaires ont suscité l’espoir que le régime a longuement voulu étouffer. Cet espoir nous rassemble toutes et tous, et nous interpelle quant à notre devoir de citoyens à soutenir nos compatriotes.
Nous ne voulons pas de ce système qui pousse à l’exil, qui dilapide les richesses, qui gère par la corruption et les passe-droits, qui empêche le développement, qui creuse les inégalités, qui écarte les compétences, qui nie les aspirations des Algériennes et des Algériens et, plus que tout, représente un danger pour l’avenir du pays et sa jeunesse.
Non au cinquième mandat, non au système prédateur, non à l’illégitimité.
Oui au changement radical, oui à un Etat de droit, oui à la démocratie, oui à une justice indépendante.
Nous, citoyennes et citoyens algériens établis à l’étranger, appelons nos compatriotes à venir au rassemblement qui aura lieu dimanche 3 mars 2019, à 12 heures, à Paris, place République, pour affirmer notre soutien à nos concitoyens, ainsi que notre détermination pour exiger la fin du système.

Nous rappelons les rassemblements suivants organisés par notre diaspora :
– Lyon : samedi 2 mars, à 14 heures, devant le Consulat général d’Algérie.
– Marseille : dimanche 3 mars, à 14 heures, à Porte-d’Aix.
– Toulouse : dimanche 3 mars, à 14 heures, place du Capitole.
Paris, le 27 février 2019

Les signataires, par ordre alphabétique :
– Action pour le changement en Algérie (ACA)
– Agir pour le changement et la Démocratie en Algérie (ACDA)
– Association Communauté algérienne à l’étranger (ALCAEE)
– Collectif « Debout l’Algérie »
– Collectif « Mon Algérie »
– Forum Démocratique
– Jil Jadid Europe
– Mouvement Ibtykar
– Mouvement pour la Jeunesse et le Changement (MJC)
– Mouvement Rachad
– Nida El Watan France
– Riposte Internationale
– Union pour le changement et le progrès -UCP France-







Source: Soutien au mouvement populaire en Algérie

Mesdames et Messieurs les député-e-s, vous pouvez aider à mettre fin aux souffrances des civils yéménites 11 janvier 2019

Lettre ouverte de plusieurs associations, dont la LDH, à l’attention des députés

Paris, jeudi 10 janvier 2019

 

Mesdames et Messieurs les député-e-s,

 

A la veille de la rentrée parlementaire, nous vous écrivons pour vous alerter une nouvelle fois sur la situation au Yémen où des millions de civils pris au piège de la guerre comptent sur la communauté internationale, et notamment les parlementaires français, pour consolider les fragiles espoirs de paix enregistrés ces dernières semaines.

Nous, organisations humanitaires et de défense des droits humains travaillant sur le conflit au Yémen, formulons deux recommandations précises sur le rôle que vous pouvez jouer :

  • soutenir la mission d’information parlementaire sur le contrôle des exportations d’armements nouvellement créée ;
  • exercer votre devoir de contrôle de l’action gouvernementale en vous assurant, par l’établissement d’une commission d’enquête parlementaire, que la France ne se rende pas complice de crimes de guerre au Yémen.

Nous nous réjouissons des avancées enregistrées le mois dernier en Suède où les parties au conflit se sont notamment entendues sur un retrait militaire de la ville portuaire de Hodeidah. Un cessez-le-feu à Hodeidah, point d’accès vital pour l’immense majorité des Yéménites, est une première étape essentielle pour endiguer la crise humanitaire au Yémen. Cette tragédie est la conséquence de 4 ans de guerre et de sévères restrictions imposées par les parties au conflit à l’accès à la nourriture, au carburant, aux importations médicales et à l’aide humanitaire.

La France a soutenu les pourparlers de paix, notamment en votant le 21 décembre dernier une résolution du Conseil de sécurité sur le Yémen – une première depuis mars 2015 – autorisant le déploiement d’observateurs de l’ONU à Hodeidah. Elle peut faire beaucoup plus pour aider à mettre fin aux souffrances des civils yéménites. Et c’est là que vous avez un rôle crucial à jouer, en tant qu’élu-e-s de la nation.

Au moment où les belligérants signaient un accord en Suède en présence du Secrétaire général de l’ONU, le Sénat américain votait la fin du soutien militaire des États-Unis à la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au Yémen. Ce vote sans précédent qui a réuni des élus de tous bords, peut être une source d’inspiration pour vous. Face aux graves violations des droits humains et du droit international humanitaire par l’ensemble des parties au conflit, documentées notamment par le Groupe d’éminents experts de l’ONU sur le Yémen, les parlementaires français ont le devoir de s’assurer que la France, qui continue de vendre des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, respecte ses engagements internationaux et ne se rende pas complice de crimes de guerre au Yémen.

A cet égard, nous saluons la création d’une mission d’information sur le contrôle des exportations d’armements par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. C’est un premier pas vers plus de transparence dans un secteur connu pour son opacité. Nos organisations seront reçues le 16 janvier par les deux co-rapporteurs, vos collègues Jacques Maire (LREM) et Michèle Tabarot (LR). Nous vous invitons à prendre contact avec eux dès à présent pour vous assurer qu’ils présentent des recommandations fortes en vue d’établir un contrôle parlementaire pérenne des exportations d’armements. C’est une évolution souhaitée par l’opinion publique : 69% des Français sont favorables à un renforcement du rôle du Parlement dans le contrôle des ventes d’armes, selon un sondage YouGov de mars 2018.

Pendant que la mission d’information travaille à une plus grande transparence sur les ventes d’armes en général, il est urgent que la lumière soit faite au plus vite sur le respect par la France de ses engagements internationaux au Yémen. Nos organisations ont alerté à de nombreuses reprises sur le risque sérieux que du matériel militaire de fabrication française soit utilisé pour commettre ou faciliter des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire, en violation du traité sur le commerce des armes et de la position commune de l’Union européenne. Tant qu’un doute subsiste, nous continuons à demander la suspension des transferts d’armes aux pays impliqués dans le conflit au Yémen, comme l’ont fait notamment les gouvernements allemand, danois, finlandais et norvégien.

Alors qu’un nombre croissant d’alliés de la France revisitent leur politique au regard du conflit au Yémen, nous vous demandons instamment d’exercer le rôle de contrôle de l’action du gouvernement qui vous est conféré par la Constitution en établissant une commission d’enquête sur le respect par la France de ses engagements internationaux au Yémen. Il en va de la crédibilité de la France sur la scène internationale, particulièrement au moment où elle assume la présidence du G7.

Nous espérons, Mesdames et Messieurs les député-e-s, que nos demandes retiendront toute votre attention et nous tenons à votre disposition pour toute information complémentaire.

 

Nous vous présentons nos meilleurs vœux pour 2019 et vous prions de recevoir nos sincères salutations.

 

Organisations signataires :

ACAT ; Action Contre la Faim ; Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL) ; Avaaz ; CARE France ; Center for Civilians in Conflict ; Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) ; Handicap International ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Médecins du Monde ; Observatoire des armements ; Oxfam France ; Salam For Yemen ; Sisters’ Arab Forum for Human Rights (Yémen) ; STAND France ; SumOfUs.

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Source: Mesdames et Messieurs les député-e-s, vous pouvez aider à mettre fin aux souffrances des civils yéménites

Un prix de la CNCDH pour les défenseurs des droits de l’Homme israéliens et palestiniens 27 novembre 2018

Communiqué LDH et FIDH

La LDH et la FIDH se félicitent qu’un des prix annuels de la CNCDH soit remis cette année conjointement à l’organisation israélienne B’Tselem et à l’organisation palestinienne Al Haq pour « mettre à l’honneur l’étroit partenariat qui lie les deux associations dans la dénonciation et la lutte contre les violations des droits de l’Homme au sein des territoires occupés. »

Est ainsi reconnue pleinement l’action de terrain qu’elles mènent au service des droits de l’Homme et leur rôle de défenseurs des droits.

Paris, le 23 novembre 2018

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Source: Un prix de la CNCDH pour les défenseurs des droits de l’Homme israéliens et palestiniens