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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives du tag : Extrême-droite

28 février 2026 -Tribune collective « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires », publiée sur Tribune Dimanche 3 mars, 2026

28 février 2026 -Tribune collective « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires », publiée sur la Tribune dimanche
28 février 2026 -Tribune collective « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires », publiée sur la Tribune dimanche
28 février 2026 -Tribune collective « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires », publiée sur la Tribune dimanche

28 février 2026 -Tribune collective « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires », publiée sur la Tribune dimanche

Tribune collective signée par Nathalie Tehio, présidente de la LDH

Lire la Tribune sur la Tribune Dimanche

À l’aube des élections municipales, les déclarations de principes ne suffiront pas pour pour faire barrage à l’extrême droite : il faut des réponses concrètes face aux urgences qui fracturent le pays, appelle un collectif de personnalités.

Le danger de l’extrême droite n’a jamais été aussi présent. Son projet ne se cache plus : remettre en cause les équilibres démocratiques, fragiliser les droits fondamentaux et imposer une vision autoritaire de la société.

Partout où elle gouverne, le même bilan : justice sous contrôle, presse muselée, syndicats et associations entravés, droits sociaux laminés, droits des femmes attaqués, urgence climatique niée. Ce n’est pas de la politique, c’est un système qui détruit méthodiquement ce que des générations ont construit. Les élections municipales à venir constituent un tournant décisif.La mairie, c’est la première porte de la République. C’est là que se joue concrètement l’égalité : le logement accessible ou hors de prix, les transports qui fonctionnent ou pas, l’école qui reste ouverte, la crèche, les lieux culturels de proximité, le bon fonctionnement de la démocratie locale, le service public qui résiste…

Confier cette première porte à l’extrême droite, c’est laisser entrer ceux qui veulent refermer la République sur elle-même. C’est accepter que l’égalité, la solidarité et le vivre-ensemble reculent dans nos propres rues.

L’extrême droite ne sort pas de nulle part. Elle se nourrit du déclassement, des territoires abandonnés, du travail qui ne paie plus, des services publics qui ferment. Elle grandit aussi lorsque le débat public se laisse enfermer dans ses thèmes, lorsque la stigmatisation, souvent traversée par le racisme, l’emporte sur la recherche de solutions.

Mais rien n’est joué. Les mobilisations de ces derniers mois l’ont démontré : ce pays refuse le pire. Des millions de personnes restent attachées à la démocratie, à la justice sociale, aux libertés. Cette force existe. Elle attend des perspectives concrètes, pas des discours creux.

Faire barrage à l’extrême droite ne peut se limiter à des déclarations de principe. Cela exige des réponses concrètes aux urgences qui fracturent le pays : redonner du sens au travail, agir pour les salaires, les minimas sociaux et le pouvoir d’achat, protéger les plus précaires, investir dans les services publics, lutter contre les inégalités territoriales, accompagner les transitions industrielles et écologiques, renforcer la démocratie locale et sociale.

Les forces républicaines ont la responsabilité de présenter des projets clairs et crédibles, en prise avec les réalités vécues par les habitantes et les habitants. C’est par la cohérence des choix, la lisibilité des positions et la capacité à répondre aux urgences sociales et territoriales que l’extrême droite peut être durablement contenue.

Les élections municipales se jouent aussi dans la clarté des choix, en particulier au second tour. Face à l’extrême droite, l’ambiguïté n’est pas une option. Les électrices et les électeurs ont besoin de repères lisibles, de positions assumées et de refus explicites de toute complaisance avec les partis d’extrême droite. La responsabilité républicaine impose de ne laisser aucun doute sur le fait que l’extrême droite ne peut être un partenaire, ni direct ni indirect, de la gestion de nos communes.

Dans chaque territoire, nous alerterons, mobiliserons et interpellerons les candidates et candidats aux élections municipales. Nous leur demanderons comment ils entendent défendre concrètement la démocratie, la cohésion sociale et l’égalité des droits, et quelle part ils prendront dans la lutte contre l’extrême droite.

L’extrême droite avance là où l’on renonce à la justice sociale, aux services publics et à la démocratie. Lui faire barrage ne se décrète pas. Cela se construit. Maintenant.

Les signataires : Marylise Léon, Secrétaire générale de la CFDT ; Sophie Binet, Secrétaire générale de la CGT ; Najat Vallaud-Belkacem, Présidente de France Terre d’Asile ; Cécile Duflot, Directrice générale d’Oxfam France ; Bruno Morel, Président d’Emmaüs France ; Nathalie Tehio, Présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Dominique Sopo, Président de SOS Racisme ; Laurent Escure, Secrétaire général de l’UNSA ; Caroline Chevé, Secrétaire générale de la FSU ; Julie Ferrua et Murielle Guilbert, Co-déléguées générales de l’Union syndicale Solidaires ; Patricia Coler, Déléguée générale de l’UFISC ; Régis Balry, Directeur National du CEMEA ; Joséphine Delpeyrat, Déléguée générale d’Animafac ; Sophie Descarpentries, Coprésidente de FRENE, réseau français d’éducation à la nature et à l’environnement ; Anne Féray, Coprésidente du MRAP, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples ; Tatiana Formet, Représentante légale du Mouvement national Peuple et Culture ; Enzo Garcia, Président d’Erasmus Student Network France ; Antoine Gatet, Président de France Nature Environnement ; Nicolas Gavrilenko, Président de l’UFAL — Union des Familles Laïques ; Monique Guyot-Bernit, Présidente de la Cimade ; Hania Hamidi, Secrétaire générale de l’UNEF ; Yannick Hervé, Coordinateur national 1001 territoires Pour la fraternité ; Evanne Jeanne-Rose, Président de l’Union Nationale pour l’Habitat Jeunes (UNHAJ) ; Ugo Joly, Président de Concordia ; Hélène Lacassagne, Présidente de La Ligue de l’Enseignement ; Aurore Laloux, Présidente des Jeunes Européens – France ; Armel Le Coz, Co-président de Démocratie ouverte ; Anne Mazé, Présidente de l’Association des Ludothèques Françaises ; Olivier Morzelle, Président d’ATD Quart Monde ; Daniel Mosmant, Administrateur d’URHAJ Île-de-France ; Suzanne Nijdam, Présidente de la FAGE – Fédération des Associations Générales Étudiantes ; Roland Nivet, Secrétaire national et porte-parole national du Mouvement de la paix ; Céline Piques, Porte-parole d’Osez le Féminisme ; Suzy Rojtman, Porte-parole du Collectif national pour les Droits des Femmes ; François Sauterey, Coprésident du MRAP, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples ; Arnaud Tiercelin, Coprésident du CNAJEP.

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23 février 2026 – Tribune de Nathalie Tehio « La glorification du régime nazi est toujours présente  » publiée sur l’Humanité 25 février, 2026

22 février 2026 – Tribune de Nathalie Tehio « La glorification du régime nazi est toujours présente  » publiée sur l’Humanité
22 février 2026 – Tribune de Nathalie Tehio « La glorification du régime nazi est toujours présente  » publiée sur l’Humanité
22 février 2026 – Tribune de Nathalie Tehio « La glorification du régime nazi est toujours présente  » publiée sur l’Humanité

Tribune de Nathalie Tehio, présidente de la LDH

Lire la tribune sur l’Humanité

Lutter contre les violences est un impératif démocratique. Aucune idée ne peut justifier, contre quiconque, ni des menaces de mort ni des coups, a fortiori lorsqu’ils deviennent mortels, comme ceux portés à Quentin Deranque le 12 février 2026 à Lyon. Admettre la possibilité d’une mise à mort d’une personne, quels que soient ses discours politiques, revient à nier notre commune humanité. Le cadre démocratique permet justement la confrontation pacifique des idées, dans l’Hémicycle, ou lors de réunions, par médias interposés, ou lors de manifestations. Recourir à la violence pour imposer ses idées revient alors à abîmer la démocratie.

Une partie des jeunes gens à l’extrême gauche, dans une volonté d’autodéfense, s’est laissée aspirer par la violence, au prix de l’affaiblissement réel des combats nécessaires contre la montée des fascismes. Bien que cette violence soit conjoncturelle – à la différence de celle de l’extrême droite qui est structurelle –, elle n’en demeure pas moins condamnable chaque fois qu’elle sort du cadre de la légitime défense.

Car la violence est au cœur du programme de toute une partie des groupes néonazis, violences contre la gauche mais aussi contre « l’Autre » désigné : l’immigré, le musulman, les personnes LGBTQIA +, les femmes… et nombre de leurs militants passent à l’acte jusqu’au meurtre. La glorification du régime nazi est toujours présente : des groupes ont pu chanter des chants nazis à Albi par exemple, des saluts nazis s’affichent de plus en plus souvent en manifestation, y compris à Lyon samedi.

Ce retour en force des mouvances fascistes ne peut que susciter des craintes. De plus, on assiste à une fascisation des idées, même si la France n’en est pas au stade des États-Unis de Trump que certains historiens, comme Robert Paxton, qualifient désormais de fascisme. Il est donc urgent de défendre l’égalité de toutes et tous devant la loi, l’État de droit et les libertés fondamentales. Face à une partie de la droite censément républicaine qui flirte avec l’extrême droite, tous ceux qui ne se résignent pas à son arrivée au pouvoir doivent se rassembler. Plus que jamais, le combat pour la démocratie et l’État de droit est essentiel.

Nathalie Tehio, présidente de la LDH

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15 janvier 2026 – Tribune de Nathalie Tehio « 2026 : faisons reculer l’extrême droite ! » publiée sur Mediapart 15 janvier, 2026

Tribune de Nathalie Tehio, présidente de la LDH

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Cette nouvelle année arrive dans un contexte de visées prédatrices par l’internationale de l’extrême droite telles que nous pourrions rester dans la sidération. Bien au contraire, après l’agression de l’Ukraine par Poutine, ou le génocide à Gaza par Netanyahou, les attaques du président des Etats-Unis contre le droit international, contre toute contrainte juridique même, en imposant la toute-puissance de la force, peuvent rendre palpable le risque touchant tout un chacun de perdre nos libertés et même la vie.

Dans un contexte français d’élections municipales, l’enjeu essentiel est de faire reculer l’extrême droite. Celle-ci n’est pas présente au
Sénat pour l’instant. Il importe de ne pas lui offrir ce pouvoir pour ne pas faciliter le vote de son programme de préférence nationale, autrement dit de lois discriminatoires. En septembre prochain, une grande partie des 348 sièges du Sénat sera renouvelée, au suffrage indirect par le biais d’un collège d’élus locaux, essentiellement des conseillers municipaux. Ainsi les prochaines élections municipales auront aussi un effet sur celles du Sénat, pour les renouvellements du Sénat en 2026 et 2029.

A force de voir reculer nos droits et libertés depuis plus de vingt ans maintenant, beaucoup ont l’impression que l’autoritarisme est déjà là, et que l’extrême droite au pouvoir n’y changerait rien. Face à un sentiment de désespoir politique, il est nécessaire de distinguer la montée de l’illibéralisme de l’installation d’un autoritarisme brutal, et donc de ne pas faciliter par passivité une arrivée au pouvoir dans une prophétie autoréalisatrice.

Il est certain que plus les libertés sont atteintes, et plus le risque de mise en place d’un pouvoir dictatorial s’accroît. Les citoyens s’accoutument à la perte de liberté et n’offrent plus la même résistance à la surveillance généralisée ou à l’arbitraire. Les outils de l’Etat sont en place et offrent un champ d’intervention déjà très important aux gouvernants. Mais selon le parti au pouvoir, leur usage sera plus ou moins impactant.

Le régime installé par la Constitution de 1958, et singulièrement sa pratique macronienne d’exploitation de chaque possibilité d’élargir ses prérogatives (y compris sans support textuel), n’en font pas une dictature. Les atteintes, certes de plus en plus graves, aux droits et libertés ne changent pas la nature d’un régime. Pour l’heure, elles restent limitées en nombre, dans le temps et dans l’espace et surtout des juges assez indépendants[1] peuvent se fonder sur des principes supra-légaux pour annuler les textes les plus liberticides. Même les démocraties dépassent les normes du droit et de la raison, et ce n’est pas notre association, créée il y a 128 ans pour faire face à la raison d’État et à la négation des droits de la défense, qui dira le contraire. Mais si nous perdons la capacité à faire appel au juge ou si celui-ci devient complètement instrumentalisé par le pouvoir ou ne peut plus appliquer les textes proclamant les droits de l’Homme, alors les attaques sur les libertés ne rencontreront plus aucun frein et la question de la nature du régime sera posée.

En réalité, si l’on observe la montée des totalitarismes dans les années 1920 et 1930 ou ce qui est en train de se jouer dans certaines parties du monde aujourd’hui, il s’agit d’une question d’intensité dans ces attaques et d’outils pour y répondre. Le pouvoir autoritaire, dont nous craignons la mise en place dans les années qui viennent avec l’extrême droite, use partout des mêmes moyens : attaques contre l’Etat de droit et de la chose jugée, arrestations arbitraires, muselage des médias et des associations, interdiction des manifestations…– mais il le fait de façon massive, quotidienne et surtout sans plus aucun contrôle. C’est cette saturation de l’espace public par un Etat sans limites ni principes qui caractérise le véritable danger mortel pour nos démocraties. Perdre de vue la différence non de nature mais d’intensité, c’est prendre le risque de banaliser l’autoritarisme et de ne plus pouvoir mobiliser contre lui. Le fascisme n’est pas encore là, mais il approche et il faut le faire savoir.

Cela dit, il faut rester mobilisés face aux dérives illibérales d’une partie du personnel politique français, car leur accoutumance à une forme d’autoritarisme les conduit à perdre le sens de la limite et à s’allier avec l’extrême droite. C’est ce qui s’est passé en Allemagne dans les années 1930, où la droite a donné le pouvoir aux nazis, pensant naïvement le partager et les contrôler. Si l’histoire nous apprend une chose, c’est que les partis autoritaires ne partagent jamais le pouvoir longtemps et font toujours payer ceux qui ont tenté de les limiter ou de les contraindre. Il convient de le rappeler à ceux qui font des alliances pour les municipales, ou à ceux qui sont tentés de voter pour certains candidats indépendants, en réalité des faux-nez de l’extrême droite.

Si les atteintes aux droits et libertés nous inquiètent et doivent en 2026, comme en 2025, nous mobiliser, il est certain que notre plus grande inquiétude est qu’une partie de nos responsables politiques, pour sauver un fauteuil de maire ou une carrière, cèdent à la pression médiatique des milliardaires rêvant d’une union des droites qui ne serait que la victoire de l’autoritarisme le plus débridé. S’il y a une frontière entre membres du parti les Républicains prônant une politique sécuritaire à surveiller et extrémistes à combattre, elle se situe évidemment là, dans le maintien d’un cordon sanitaire autour des ennemis de la démocratie et de la République. Les élections municipales qui viennent seront donc un jalon important pour déterminer qui est désormais un ennemi de la République et qui a perdu toute légitimité pour l’incarner.

Aussi devons-nous nous souhaiter une bonne année, car notre combat est plus que jamais nécessaire, et unis, nous pouvons déjouer les pronostics : nous l’avons déjà fait en 2024 !

Nathalie Tehio, présidente de la LDH

[1] Il a déjà été détaillé dans une précédente chronique le manque d’indépendance du parquet dont les pouvoirs n’ont cessé d’être accrus, et l’indépendance relative des juges du siège.

Source: 15 janvier 2026 – Tribune de Nathalie Tehio « 2026 : faisons reculer l’extrême droite ! » publiée sur Mediapart

10 novembre 2025 – Tribune collective « Non à la répression anti-syndicale à Hénin-Beaumont ! » publiée sur Mediapart 11 novembre, 2025

Tribune  collective signée par Nathalie Tehio, présidente de la LDH

Lire la tribune sur Mediapart

« Face à l’extrême droite et sa violence, nous devons faire front, ne pas leur céder un pouce de terrain. » Presque dix ans après s’être attaqué au secrétaire de la CGT des agent·es de la commune d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois a engagé une procédure disciplinaire contre Djelloul Khéris, secrétaire de la section SUD Collectivités Territoriales. Un large collectif d’organisations et de personnalités appelle à un rassemblement lundi 17 novembre 2025 devant la mairie d’Hénin-Beaumont.

Après les associations et la culture, Steeve Briois s’en prend une fois de plus aux syndicalistes.

Presque dix ans après s’être attaqué au secrétaire de la CGT des agent·es de la commune d’Hénin-Beaumont, dont il est maire depuis 2014, Steeve Briois a engagé une procédure disciplinaire contre Djelloul Khéris, représentant du personnel et secrétaire de la section SUD Collectivités Territoriales de la commune d’Hénin-Beaumont.

Cette attaque n’est que la dernière d’une longue série visant les militant·es depuis la création de cette section : attaques nominatives dans la revue municipale, courriers adressés aux agent·es, propos insultants et diffamatoires visant parfois les familles. Sur les réseaux sociaux, S. Briois est allé jusqu’à qualifier publiquement des camarades de « cloportes » lors des manifestations du 1er mai.

Mais, pour la première fois, l’offensive est d’une telle ampleur qu’elle vise directement à exclure un syndicaliste et à le priver de sa rémunération jusqu’à deux ans. C’est ni plus ni moins que de la répression anti-syndicale, une répression qui cherche manifestement à faire cesser toute action de résistance et de défense du service public et des agent·es au sein de la commune d’Hénin-Beaumont.

Les attaques se multiplient ces derniers mois ; l’extrême droite, déjà en position dominante dans certaines collectivités, montre qu’elle n’hésite pas à utiliser le pouvoir pour intimider et faire taire les organisations syndicales. D’autres villes (Beaucaire, Bollène…) ont vu la présence syndicale s’étioler face à la violence des attaques, au point que, à Beaucaire, des représentant·es du personnel, agent·es tiré·es au sort en l’absence de liste syndicale, ont finalement démissionné.

C’est la réalité du RN au pouvoir : loin du « on n’a jamais essayé », nous le subissons chaque jour en tant qu’agent·es, administré·es, syndicalistes et militant·es associatif·ves. En réalité, l’essayer, ce n’est pas l’adopter : c’est le dénoncer et le combattre.

Djelloul est un enfant du pays, investi dans la vie locale et dans diverses associations. On lui reproche, entre autres, un prétendu conflit d’intérêt. Le dossier disciplinaire a été construit exclusivement à charge, sans le moindre élément matériel fiable justifiant les accusations portées par le maire RN.

Dans le collimateur de l’exécutif d’extrême droite, il est évident que l’engagement syndical et les prises de position, notamment antifascistes, de Djelloul et de l’équipe syndicale expliquent les tentatives répétées de la municipalité de les neutraliser. Cette procédure disciplinaire apparaît comme une tentative d’affaiblir une voix critique qui porte haut les valeurs du service public, de l’intérêt général et de la solidarité.

La Fédération SUD Collectivités Territoriales, l’Union syndicale Solidaires, SUD CT 62 et les organisations signataires de cette tribune dénoncent ces agissements extrêmement graves visant un syndicaliste. C’est une attaque inadmissible contre le droit syndical, pilier de notre démocratie sociale, et contre la liberté d’expression des représentant·es du personnel.

Face à l’extrême droite et sa violence, nous devons faire front, ne pas leur céder un pouce de terrain. Nous appelons à un rassemblement le lundi 17 novembre 2025 dès 11h00 devant la mairie d’Hénin-Beaumont, sous les fenêtres de Steeve Briois, pour soutenir notre camarade lors du conseil de discipline.

Soyons nombreux·ses pour montrer notre solidarité et rappeler aux forces d’extrême droite qu’elles ne pourront pas briser le lien entre les travailleuses et travailleurs, leurs représentant·es et leurs organisations. Toucher à l’un·e d’entre nous, c’est nous attaquer toutes et tous !

Pour signer ce texte, cliquez ici.

Premiers Signataires : 

Syndicats : Union syndicale Solidaires, Fédération SUD Collectivités Territoriales, Confédération CGT, FSU, Solidaires Fonction Publique, Confédération paysanne, Unef (Union nationale des étudiant-e-s de France), Mouvement National Lycéen (MNL), Solidaires Etudiant-e-s, Fédération SUD PTT, SUD Rural Territoires, SNPES-PJJ-FSU, Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), Union régionale Solidaires des Pays de la Loire, Syndicat CGT du Conseil départemental de la Seine-Maritime, CSD CGT 76, FO Action Sociale 35

Partis politiques / Mouvements : La France insoumise (LFI), Groupe parlementaire LFI, Les Ecologistes, Les Jeunes Ecologistes, Ensemble ! Mouvement pour une Alternative de Gauche Ecologiste et Solidaire, NPA – L’Anticapitaliste, NPA – Révolutionnaire, Génération-s, L’Après, Réseau coopératif Gauche Alternative, UCL (Union Communiste Libertaire)

Associations, Collectifs et ONG : Les Amis de la Terre France, LDH (Ligue des droits de l’Homme), MRAP, Victoires Populaires, AES (Alliance Écologique et Sociale), NousToutes, Collectif Antifasciste du Bassin Minier, UJFP (Union Juive Française pour la Paix), Collectif National pour les Droits des Femmes, Organisation de Solidarité Trans (OST), ATTAC France, VISA, SOS Racisme, Réseau Féministe « Ruptures », Les Femmes Ont de la Voix !, RAAR, Observatoire national de l’extrême droite, Les Amis de la Terre Paris, Les Amis de la Terre Normandie, APRES Arles/Alpilles, SOS Racisme Nord, ATTAC Centre-Essonne

Presse : FAKIR, BLAST, StreetPress.com

Personnalités : Murielle Guilbert, co-déléguée de l’Union syndicale Solidaires, Julie Ferrua, co-déléguée de l’Union syndicale Solidaires, Gaëlle Martinez, déléguée générale Solidaires Fonction Publique, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, Élie Lambert, secrétaire national Union syndicale Solidaires, Ugo Bernalicis, député, David Guiraud, député, Aurélien Le Coq, député, Thomas Portes, député, Eva Sas, députée, Raymonde Poncet, sénatrice, Akli Mellouli, sénateur, Daniel Kuperstein, réalisateur, Sophie Djigo, philosophe et membre de la CAALAP, Francine Mazière, professeure émérite, Thomas Hutin, conseiller régional des Hauts-de-France, Julien Wojcieszak, adjoint au maire de Vimy, Pascale Martin, secrétaire nationale L’Après, Karima Chouia, co-secrétaire régionale Nord–Pas-de-Calais Les Écologistes, Alexis Debuisson, conseiller délégué, Armentières, Samia Lakehal, trésorière nationale Les Écologistes, Salima Zerrour, élue municipale, Marianne Floch, co-secrétaire des Jeunes Écologistes, Clément Choulet, co-secrétaire des Jeunes Écologistes, Mathilde Larrère, historienne, Bruno Riondet, auteur et professeur, Angélique Grosmaire, secrétaire générale SUD PTT, Gérard Ré, secrétaire confédéral CGT, Nathalie Tehio, présidente de la LDH, Mathieu Molard, co-rédacteur en chef StreetPress.com, Laila Ducos, militante féministe, Monique Dental, présidente fondatrice du Réseau féministe Ruptures, Youlie Yamamoto, porte-parole ATTAC, Denis Robert, journaliste et directeur de la publication BLAST, Tristan Quémener, directeur du journal FAKIR, Vincent Brengarth, avocat au barreau de Paris, Anne-Sophie, membre du bureau FO Action Sociale, Marielle Hauchercorne, co-secrétaire nationale SNPES-PJJ-FSU, Françoise Hickel, retraitée syndiquée FSU, Lucky Thiphaine, Nicole Quilici, éducatrice retraitée, Éric Corsin, ancien membre du bureau national SNPES-PJJ-FSU, Kylian Chouchaoui, militant écologiste, Amar Mekdad, militant écologiste, Maria Traoré, secrétaire CGT Poste Paris 11, Jacques Tallec, secrétaire départemental FO Action Sociale 35, Pierre Bordone, secrétaire de l’AFPS Noisy Est-Ensemble, Sophie Martinez, co-animatrice CSD CGT 76

Source: 10 novembre 2025 – Tribune collective « Non à la répression anti-syndicale à Hénin-Beaumont ! » publiée sur Mediapart

Procès « AFO » : la LDH reconnue pour porter la voix des victimes de l’extrême droite devant les tribunaux 8 octobre, 2025

Communiqué LDH

Du 10 juin au 2 juillet 2025, s’est tenu le procès « AFO », au cours duquel ont été jugés seize prévenus membres d’un groupe d’extrême droite nommé « Action des forces opérationnelles » (AFO), pour plusieurs infractions dont l’association de malfaiteurs terroriste et la détention d’armes et munitions.

Ce groupe, composé de treize hommes et trois femmes, âgés entre 39 et 76 ans, avait pour projets de tuer deux-cents imams, d’attaquer des mosquées, de lancer des grenades dans des véhicules de personnes supposées musulmanes, ou encore d’empoisonner de la nourriture halal, avec pour ennemi commun à combattre : les personnes musulmanes ou supposées comme telles.

S’agissant d’attaques indiscriminées à l’encontre de membres de la communauté musulmane, visée de façon raciste, islamophobe et xénophobe, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) s’est constituée partie civile, conformément à ses statuts, et cela a été jugé recevable par le tribunal dans son délibéré rendu le 30 septembre 2025. Nathalie Tehio, présidente de l’association, soulevait l’importance de cette reconnaissance : « L’association a non seulement été reconnue recevable pour défendre les victimes de l’islamophobie, mais aussi pour porter la voix de la société civile contre l’extrême droite, la xénophobie et le racisme. Cette décision ne peut que renforcer notre détermination à combattre, par la voie du droit également, l’extrême droite ».

L’organisation d’attaques de lieux de cultes, d’assassinats s’inscrit en effet dans le sillage des discours politiques de l’extrême droite sur un soi-disant « grand remplacement » qui reposerait sur un projet fantasmé de « remplacement » de la population française et européenne par une population originaire, en premier lieu, d’Afrique subsaharienne et du Maghreb. Cette idéologie complotiste sert de substrat à ces actes visant à organiser des attentats.

La réalité de ce qu’est l’extrême droite, qu’on voit de plus en plus clairement à l’international comme en France, doit se combattre tant dans l’espace public que dans les tribunaux.

Paris, le 6 octobre 2025

Télécharger le communiqué LDH « Procès « AFO » : la LDH reconnue pour porter la voix des victimes de l’extrême droite devant les tribunaux » en pdf.

Source: Procès « AFO » : la LDH reconnue pour porter la voix des victimes de l’extrême droite devant les tribunaux

La société civile et les députés européens rejettent la manipulation des droits des femmes par l’extrême droite 28 septembre, 2025

Communiqué commun à l’initiative de End FGM European Network et dont la LDH est signataire

Bruxelles, le 19 septembre 2025. La société civile et les députés européens rejettent la manipulation des droits des femmes par l’extrême droite. Le mardi 9 septembre, le réseau européen End FGM a publié une déclaration, soutenue par d’autres organisations de la société civile, pour tirer la sonnette d’alarme au sujet d’un « débat » qui devait se tenir en plénière au Parlement européen à Strasbourg le lendemain : « Après 10 ans, il est temps de mettre fin à l’immigration massive – protégeons nos femmes et nos enfants ».

End FGM EU s’est déclaré « indigné que ce débat ait été approuvé. Le simple titre de l’événement exploite dangereusement la peur et instrumentalise la sécurité des femmes et des enfants pour promouvoir davantage un programme anti-migrants ».

De plus, elle a averti que « les droits des femmes sont de plus en plus instrumentalisés pour alimenter la haine idéologique et la polarisation politique fondées sur le racisme, la xénophobie, l’islamophobie, etc. », appelant la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, à ne pas autoriser ces événements à se dérouler dans la maison des citoyens européens.

« En tant qu’organisation féministe fondée sur l’intersectionnalité, nous avons été consternées de voir que cela était autorisé au Parlement européen. Le climat politique actuel est alarmant et menace l’avenir que nous nous efforçons de construire. Nous nous opposons fermement à l’utilisation des droits des femmes comme arme et continuerons à dénoncer publiquement de telles manipulations », a déclaré Marianne Nguena Kana, directrice de End FGM EU.

Malgré les nombreux efforts déployés par la société civile et les groupes politiques pour s’opposer au débat et à son titre en particulier, celui-ci s’est déroulé comme prévu. Conformément aux avertissements contenus dans la déclaration, l’événement a été marqué par des propos racistes et une rhétorique nuisible fondée sur l’altérisation et la misogynie. Dans le même temps, nous avons été soulagés de voir que certains membres du Parlement sont restés fermes dans la sauvegarde de notre démocratie, servant de rempart solide contre la rhétorique d’extrême droite et d’extrême droite.

« Ce débat, inscrit à l’ordre du jour par l’extrême droite, est un faux débat qui exploite les peurs et manipule les chiffres. Débattons des faits. Contrairement aux obsessions de l’extrême droite, les entrées irrégulières dans l’UE ont diminué de 38 % en un an. L’UE agit avec fermeté pour réduire l’immigration illégale tout en accueillant avec humanité ceux qui sont persécutés. » Fabienne KELLER, députée européenne du groupe Renew Europe

« L’extrême droite assimile la migration à la violence contre les femmes et les enfants, ce qui est faux. De nombreuses études contredisent cette affirmation. Prenez Dominique Pelicaud, par exemple : l’auteur des faits est-il arrivé à bord d’un petit bateau ? Non, donc l’ignorance alimente le racisme. Ce sont des discours haineux qui nous rendent malades, qui créent la peur. On ne dit pas qu’il existe une violence structurelle contre les femmes, on masque sa propre violence machiste. » Lina GÁLVEZ, députée européenne de S&D

« Les données à l’échelle de l’UE montrent que les violences sexuelles sont commises par des ressortissants européens, par des hommes connus des femmes, dans leur propre foyer. Le dénominateur commun ici est le mot M.E.N, les hommes, c’est là que réside le problème. L’extrême droite déforme les faits pour attiser la haine ignorante et haineuse envers les migrants, mais corrélation n’est pas égale à causalité. Les organisations de défense des droits des femmes rejettent votre utilisation cynique de notre souffrance pour servir votre programme raciste. J’ai ma propre voix, ne prétendez pas la représenter. »
Abir AL-SAHLANI, membre du Parlement européen de Renew Europe

« Protégez les femmes, protégez les enfants, oui, contre l’extrême droite. En Pologne, les restrictions du droit à l’avortement imposées par l’extrême droite ont plongé des milliers de femmes dans la détresse, certaines d’entre elles sont mortes parce qu’elles ont été empêchées d’avorter alors même que leur vie était en danger. Dans la Hongrie de Viktor Orbán, la mortalité maternelle atteint 12 à 15 décès pour 100 000 naissances, soit 15 % de plus que dans l’UE. Voilà pour votre protection des femmes. Une lesbienne sur sept a été agressée en Europe, un tiers des personnes transgenres qui ont suivi des thérapies de conversion ont tenté de se suicider, et partout en Europe, ces tortures ont lieu dans le sillage de votre programme transphobe et homophobe. Deux tiers des enfants homosexuels sont victimes de harcèlement à l’école : qui protège les enfants queer ? Qui sont ceux qui protègent les femmes et les enfants en Europe ? Ceux qui les dépouillent de leurs droits, qui exploitent la violence et les vies pour leur ignoble propagande raciste ? Protéger, ce n’est pas exclure, c’est protéger la santé, l’égalité et la liberté. Lorsque l’extrême droite progresse, ne nous y trompons pas : nos droits sont remis en cause, et nous, féministes, serons toujours là pour défendre nos droits contre le mouvement réactionnaire international. » Mélissa CAMARA, députée européenne des Verts

« Vous voulez parler des droits des femmes et des enfants ? Parlons du féminicide, des violences terribles, de la violence domestique, de la manière dont nous pouvons créer des foyers sûrs pour les femmes, mais ce n’est pas ce que vous voulez. Vous voulez moins de violence envers les enfants ? Parlons de la pauvreté infantile, du fait qu’il n’y a pas d’égalité des chances dans l’éducation, parlons des vrais problèmes, parlons des inégalités sociales. » Özlem DEMIREL, députée européenne de gauche

À la suite de cet événement, d’autres organisations se sont jointes à notre déclaration dénonçant ce soi-disant « débat », dans le but d’alerter la société et de faire en sorte que de tels événements ne soient plus autorisés à l’ordre du jour du Parlement.

Signataires : OII Europe, Women Against Violence Europe, International Planned Parenthood Federation – European Network (IPPF EN), European Roma Grassroots Organisations (ERGO) Network, Social Platform, EL*C – Eurocentralasian Lesbian* Community, ECRE, PICUM, SOLIDAR, Federation of Young European Greens (FYEG),  Corporate Europe Observatory (CEO), ILGA-Europe, EPSU (The European Federation of Public Service Unions), TGEU – Trans Europe and Central Asia, ESWA- European Sex Workers’ Rights Alliance, #DiasporaVote!, Mediterranean Institute of Gender studies (MIGS), Aidos – Italian Association for Women in Development, Kvinna till Kvinna Foundation, New Women Connectors, European Network Against Racism, IGLYO – The International LGBTQI Youth & Student Organisation, Foodwatch International, Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS), FIDH (International Federation for Human Rights), Equinox Initiative for Racial Justice, LDH (Ligue des droits de l’Homme).

Télécharger le communiqué commun en anglais. 

Le 19 septembre 2025

Source: La société civile et les députés européens rejettent la manipulation des droits des femmes par l’extrême droite

La LDH, le Mrap et Utopia 56 attaquent Frontières et d’autres médias en diffamation 6 mai, 2025

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Face à l’entreprise de désinformation menée par certains médias et visant à discréditer les actions de solidarité et de défense des droits des personnes exilées, les associations ripostent et portent plainte en diffamation à l’encontre de rédactions peu scrupuleuses de la vérité.

Le 30 janvier 2025, le magazine d’extrême droite Frontières a publié un hors-série intitulé « Invasion migratoire : les coupables », comprenant trois dossiers qui listent nominativement des avocats et associations. Dans ces dossiers, il leur est reproché de s’enrichir d’argent public grâce à l’arrivée de personnes étrangères en France, et donc de faire de l’immigration leur fonds de commerce.

Sous couvert d’une prétendue investigation, le magazine use de contrevérités et de procès d’intention à l’encontre des acteurs de la solidarité ou de défense des droits humains, dans un seul but : faire naître chez leur audience le sentiment d’une invasion migratoire, qui ne repose sur aucune donnée objective, et diffuser de manière pernicieuse un discours raciste et xénophobe.

Face à la violation des principes déontologiques du journalisme et du devoir de la profession de fournir une information précise, complète et vérifiable, aussi quand il s’agit des migrations, les associations plaignantes saisissent la justice concernant ces propos non seulement diffamatoires, mais qui manipulent la réalité pour polariser les débats et diffuser une idéologie radicale alimentant la peur et la haine.

Dans le sillage de l’action intentée collectivement contre Frontières, Utopia 56 dépose également trois autres plaintes en diffamation contre Frontières, de nouveau, mais aussi Europe 1 et Valeurs actuelles, qui, de manière coordonnée, le 4 février 2025, ont tenté de jeter le discrédit sur l’association en lui imputant faussement l’ouverture de squats dans la ville de Toulouse et de travailler à maintenir les habitants qui s’y trouvent.

Face à cette volonté de porter atteinte au droit des citoyennes et citoyens d’avoir accès à une information fiable, à l’intégrité des associations, mais aussi des personnes étrangères les associations ne cèderont pas et saisiront autant que nécessaire la justice, faisant front commun contre celles et ceux qui entendent mettre notre cohésion sociale en péril.

Paris, le 5 mai 2025

Source: La LDH, le Mrap et Utopia 56 attaquent Frontières et d’autres médias en diffamation

Alertes féministes : le 23 juin, manifestons contre l’extrême droite 18 juin, 2024

Appel à mobilisation de plus de 120 associations dont la LDH

Rendez-vous place de la République à 14h30

Suite à l’irresponsable dissolution de l’Assemblée nationale, la possibilité que l’extrême droite arrive au pouvoir est désormais bien réelle.Nous savons qu’elle a pour obsession en priorité de venir casser les droits et libertés d’une immense partie de la population : les femmes, les personnes racisées, handicapées, trans et LGBTQIA+, les personnes migrantes, les filles et les enfants. Nous savons aussi qu’elle s’attaquera de front à tout le mouvement social.

L’extrême droite au pouvoir, nous le savons, signerait la fin d’une certaine conception de la démocratie, de l’État de droit, et de nombreuses libertés, déjà bien rognées ces dernières années.

Le 23 juin prochain nous sonnerons les alertes féministes.

Car nous savons que nos droits ne sont jamais acquis pour toujours. Droit de vote, droit de vivre librement sa sexualité, droit à la contraception et à l’avortement, droit de travailler, droits des enfants, droit à l’éducation pour tou-te-s, droit à la transition de genre, droit d’être protégée face aux violences et aux discriminations, droit d’être reconnue victime de viol et d’autres violences sexistes et sexuelles, droit à un compte en banque, droit à un salaire égal à travail de valeur égale, du moins dans la loi même si c’est loin d’être encore une réalité… parité, nous devons ces avancées aux luttes de nos aînées, de nos mères, de nos grands-mères et à leurs allié-e-s.

Dans de nombreuses régions du monde, ces droits fondamentaux ont été attaqués et parfois supprimés par des gouvernements d’extrême droite, comme le Rassemblement national, au profit de projets politiques mortifères. En Italie, l’extrême droite de Giorgia Meloni s’est attaquée au RSA, au droit à l’IVG ainsi qu’au droit à la PMA pour les couples lesbiens. En Espagne, l’extrême droite de Vox nie l’existence même des violences à l’encontre des femmes et minorités de genre. Depuis 2020, en Pologne, l’avortement est interdit même en raison d’une malformation du foetus. En France, le Rassemblement national a déjà prévu de supprimer les financements du Planning Familial.

Ces idées d’extrême droite sont d’ailleurs allées jusqu’à inspirer plusieurs réformes délétères en France ces dernières années avec des conséquences particulièrement lourdes pour les femmes et toutes les minorités (loi immigration, réforme des retraites, assurance chômage, etc). Ces réformes liberticides et antisociales ont fait le lit de l’extrême droite accentuant le désespoir et la souffrance de toute une population.

Aussi, il est fondamental que chacun.e mobilise autour de soi toutes celles et ceux qui sont susceptibles de se déplacer le 30 juin et le 7 juillet dans leur bureau de vote, et de se joindre aux rendez-vous de mobilisation, comme les manifestations syndicales qui auront lieu ce samedi 15 juin, ou les Marches des Fiertés tout le mois de juin.

Nous appelons aussi les responsables politiques à ne pas présenter des hommes mis en cause ou condamnés pour violences sexistes et sexuelles. #MeTooPolitique, il est temps d’en tenir compte ! Soutien aux victimes qui ont eu le courage de témoigner ou de porter plainte, souvent contre des hommes politiques puissants.

Pour préserver la démocratie, déjà bien malmenée, et pour protéger nos droits et nos acquis sociaux chèrement conquis, pour la dignité de toutes et tous, nous sonnerons des alertes féministes partout en France le 23 juin pour appeler à faire barrage a l’extrême droite les 30 juin et 7 juillet et à voter massivement pour un avenir qui permette l’émancipation et la liberté de tou-te-s.

Signataires : Collectif national pour les Droits des Femmes – Fédération nationale des CIDFF- Fédération nationale Solidarité Femmes – Fondation des Femmes – #NousToutes – Le Planning Familial  – Coudes à coudes – Encore féministes ! – Association home – LOBA – A Women’s Art Association Planning Familial 43 – Femmes solidaires de la Drôme  – Collective des mères isolées D’Antilles et D’Ailleurs – Association Francophone de Femmes Autistes – Humanity Diaspo- Pépite Sexiste – AU TAMBOUR ! -Femmes avec…PUISSANCE DE FEMMES – Femmes Journalistes de Sport – Collectif Enfantiste – Elle’s IMAGINE’nt -Femmes sans frontière -AFRICA 93 – Premier Pas -ASTREA – réseau de femmes artistes – Solidarité Femmes Guadeloupe – JUMP pour l’Egalité – Centralesupelec au féminin – OFAD – CEVIF – ENSEMBLE EN STAGE – BeBraveFrance – MeTooMedia – Georgette Sand – FIT une femme un toit – Gender and statistics – Fondation RAJA-Danièle Marcovici -Femmes du Monde et Réciproquement (FMR) – Observatoire des violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur – Le Palais des Louves – Fédération régionale des CIDFF de PACA – CIDFF Vaucluse – Amicale du Nid – CIDFF DU LUNEVILLOIS – Quartiers du Monde – Elle Caetera – Alliance des femmes pour la démocratie – Femmes solidaires nationale – Eclosion13 – Planning Familial 77 – HandsAway – Planning familial 14 – Centre Flora Tristan – FEMMES DE LA TERRE – Collectif 50/50 – AAFA- Actrices & Acteurs de France Associés-Social Builder – Centre d’information des droits des femmes et des familles de Paris- DANS LE GENRE EGALES – Fédération régionale des centres d’information des droits des femmes et des familles Ile-de-France – Femmes des Territoires – CIDFF de l’Hérault – Association Femmes Sourdes Citoyennes et Solidaires – Ensemble contre le sexisme – CLEF – CIDFF16 – SOS Femmes Vendée – MOUVEMENT DU NID – Equipop – Filactions  – L’Escale – Solidarité Femmes – Association SOS Violences Conjugales – Association La Mêlée – Règles Elémentaires – Parents & Féministes –  Du côté des femmes de haute garonne – AATDS – Association En Parler – Droit Pluriel  Sciences-Po au Féminin – Fédération interrégionale du Mouvement HF+ –  Le Planning familial – Association ADSF – CIDFF PHOCEEN – Association nationale des Etudes féministes – Association Française du Féminisme – Excision parlons-en ! – La Grenade – CIDFF 79 – Héro•ïnes 95 – COLLECTIF 13 DROITS DES FEMMES – Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques France – Les Aliennes – Filactions  – Sexprimons-Nous  – Mauvais Genre – Union des Féministes d’Assas – Les premières de Guadeloupe – Prix Alice Guy – HAFB – Embrase Le Monde – CIDFF 06 – Derrière Le Rideau – Gynécologie Sans Frontières – Planning Familial 22 – Les Pétrolettes -Association Faire Face – Cherchez la femme – Stop Harcèlement de rue -Solidarité Femmes 67 – Femmes solidaires 93 – Empow’Her – 1001 lesbiennes et queer – Osez le Féminisme ! – ARCAF-Association d’Autodéfense et de Ressources pour le Choix et l’Autonomie des Femmes  CIDFF Gironde – La Petite – Union régionale Solidarité Femmes Ile de France – HEC for Women- PEPS – L’observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique – Ma voix mon choix – En avant toute(s) – Pourvoir Féministe.
CGT – CFDT –  FSU – FAGE – Union étudiante -Avaaz – France terre d’asile – Oxfam France – le mouvement – FAS – Halle aux grains – Scène nationale  – ANESF : Association Nationale des Étudiant·e·s Sages-Femmes – Fondation Copernic – LDH (Ligue des droits de l’Homme)

Paris, le 17 juin 2024

Source: Alertes féministes : le 23 juin, manifestons contre l’extrême droite

L’EXTRÊME-DROITE, UNE MENACE POUR L’ACTION ASSOCIATIVE ET CITOYENNE 18 juin, 2024

Tribune du Mouvement associatif dont la LDH est membre

Dans un texte publié le 16 juin dans La Tribune Dimanche, à l’initiative de Claire Thoury, présidente du Mouvement associatif, plus de 400 organisations associatives (dont la LDH) et de l’ESS alertent sur la menace que représente l’extrême-droite pour l’action associative et citoyenne, et donc pour l’ensemble des habitantes et habitants.

Les élections européennes du 9 juin dernier ont entériné une progression sans précédent de l’extrême-droite. Face à ce constat, le président de la République a fait le choix de dissoudre l’Assemblée nationale, convoquant brusquement des élections législatives les 30 juin et 7 juillet prochains. Le risque qui s’annonce pour notre démocratie, pour notre République et les valeurs qui la fondent ne peut pas être ignoré.

Nous avons la chance dans notre pays de pouvoir compter sur une dynamique associative particulièrement forte qui nous accompagne au quotidien. Ce sont nos associations, d’abord, qui permettent de proposer à nos enfants de pratiquer une activité sportive. Ce sont elles, encore, qui viennent en soutien des plus démunis, leur proposant un repas ou un toit. Ce sont elles, toujours, qui permettent d’animer nos bourgs et nos quartiers, proposant des activités culturelles accessibles à tous et toutes. Ce sont également elles qui préservent la nature… Nous pourrions poursuivre cette liste à l’infini tant les actions menées par les associations sont diverses et au plus près des besoins des habitantes et habitants.

Ce qui nous réunit aujourd’hui au sein de nos associations, c’est un socle de valeurs et de principes partagés qui est incompatible avec l’extrême droite. Là où elle prospère sur le sentiment d’abandon et la peur du déclassement, les associations rassemblent et soutiennent les citoyennes et citoyens.

Partout où les forces autoritaires ont accédé au pouvoir, elles n’ont eu de cesse de s’en prendre à la vie associative et celles et ceux qui font association. C’est le cas en Hongrie où le gouvernement de Viktor Orban a été condamné par la Cour de Justice de l’Union Européenne pour ses restrictions imposées au financement des organisations civiles. Mais c’est aussi le cas en France dans les communes administrées par le Rassemblement National. Ainsi, à Hayange (57) en 2016, le maire a mis à la porte le Secours populaire de ses locaux et lui a coupé le chauffage du fait de son caractère “politisé et pro-migrants” alors que l’association comptait près de 1000 bénéficiaires. À ce titre, comment ne pas s’inquiéter de l’utilisation d’un outil déjà largement dévoyé tel que le Contrat d’Engagement Républicain entre les mains d’un tel pouvoir ?

Car ces exemples trahissent une vérité simple : si l’extrême droite s’en prend aux associations, c’est surtout parce qu’elles agissent au service de tous et toutes, sans discrimination, car les droits sont universels, aucune préférence nationale ne s’y appliquant ; et c’est parce qu’elles sont le réceptacle de la parole citoyenne, du débat contradictoire et d’un pluralisme indispensable à notre vie démocratique.

Parce que les associations portent la parole des citoyennes et citoyens là où l’extrême droite voudrait la contenir. Parce que les associations prônent le dialogue là où l’extrême droite se construit sur l’éviction des divergences. Parce que les associations prônent l’ouverture et la tolérance là où l’extrême droite revendique le repli sur soi. Parce que les associations sont des écoles de la démocratie là où l’extrême droite en est le fossoyeur. Les valeurs associatives sont incompatibles avec l’extrême droite.

Nous appelons chacune et chacun d’entre nous à défendre nos valeurs républicaines lors des prochaines élections. Dans la continuité du Pacte du Pouvoir de Vivre qui rendra visible les débats, rassemblements ou les initiatives portées par la société civile, nous appelons toutes les associations à se mobiliser. Nous portons toutes et tous une responsabilité. Il s’agit d’investir pleinement ce combat !

Paris, le 16 juin 2024

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Source: L’EXTRÊME-DROITE, UNE MENACE POUR L’ACTION ASSOCIATIVE ET CITOYENNE

AVANT LES ELECTIONS LEGISLATIVES DES 30 JUIN ET 7 JUILLET APPEL SOLENNEL DU BUREAU DE LA CNCDH 18 juin, 2024

Appel de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) dont la LDH est membre

Les élections européennes du 9 juin ont enregistré dans notre pays une avancée spectaculaire des forces d’extrême droite, qui, Rassemblement national (RN) en tête, ont atteint le niveau de 40%. Face à ce résultat, déjà préoccupant en soi, le président de la République a fait le choix de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer des élections législatives les 30 juin et 7 juillet. Tout en étant parfaitement constitutionnelle, cette décision inaugure une phase de la vie politique lourde de périls pour la démocratie, l’État de droit et les valeurs qui y sont attachées. C’est pourquoi le bureau de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), sortant de sa réserve habituelle vis-à-vis du débat électoral, lance un appel solennel à faire barrage aux candidats de l’extrême droite.

Institution nationale indépendante depuis 1947, la CNCDH a reçu de l’État la mission de veiller au respect des droits de l’Homme dans notre pays, c’est à dire des principes de liberté, d’égalité et de fraternité, ainsi que d’égale dignité de la personne humaine, qui sont au fondement de notre République. Ces principes sont parfois malmenés par tel ou tel responsable politique, leur champ d’application parfois remis en question par tel ou tel élu, mais ils constituent des points de repères fondamentaux pour penser et construire un avenir commun.

Le programme des extrêmes droites, singulièrement celui du RN, s’oppose lui, de façon frontale, directe, à ces mêmes principes d’égalité, de fraternité et de liberté. La « préférence nationale », qui constitue le fil rouge de ses propositions, entre en contradiction totale tant avec les principes de notre Constitution qu’avec nos engagements internationaux. La dynamique de ses projets – priver de droits une partie de la population, puis une autre, puis encore une autre – loin de « protéger les Français » n’aboutira qu’à nier les droits d’une grande part de la population vivant et travaillant en France. Les vieux démons du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie auront toute licence pour alimenter les haines, les rejets de la différence et les réflexes autoritaires et répressifs.

Une telle situation remettra évidemment en cause la place et l’image de la France dans le monde, ses responsabilités internationales et les liens historiques qu’elle a tissés en Europe. Elle compromettra gravement l’idéal démocratique, social et écologique de la République.

Pour toutes ces raisons, et dans le cadre de sa mission légale, le bureau de la CNCDH appelle solennellement les électrices et les électeurs à voter les 30 juin et 7 juillet et à mesurer la gravité exceptionnelle de leur choix au regard du respect impérieux en France des droits fondamentaux.

Le 12 juin 2024

Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH
Renée Koering-Joulin, vice-présidente de la CNCDH
Pierre Tartakowsky, vice-président de la CNCDH

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Source: AVANT LES ELECTIONS LEGISLATIVES DES 30 JUIN ET 7 JUILLET APPEL SOLENNEL DU BUREAU DE LA CNCDH