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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives du tag : Communiqués

Le « boycott » de Nadav Lapid est une censure 21 juin, 2026

Lettre ouverte de l’Observatoire de la liberté de création, dont la LDH est membre, adressée au Festival international du cinéma de Marseille (FID)

Face à la situation intenable qui a été fait à Nadav Lapid par le FID Marseille, l’Observatoire de la liberté de création tient à rappeler quelques principes élémentaires.
Quand on invite un artiste, que ce soit pour montrer ses œuvres, pour participer à un jury ou pour une master-class, on ne le désinvite pas. On est lié, juridiquement, politiquement, éthiquement, par son invitation. Donc on l’assume.
Quand on invite un artiste, que ce soit pour montrer ses œuvres, pour participer à un jury ou pour une master-class, on ne lui fait pas sentir que ce serait bien qu’il se désinvite tout seul. Cela s’appelle de la lâcheté.
Quand le fait d’inviter un artiste déclenche des réactions hostiles, on ne cède pas. On assume, on explique, on résiste. L’Observatoire de la liberté de création est toujours là pour aider les invitants en difficulté.
Quand le fait d’inviter un artiste est pris pour prétexte par d’autres artistes pour menacer de partir, on les laisse assumer leurs choix.

Maintenant quelques mots à l’adresse de ceux qui font campagne pour ce qu’ils dénomment d’un euphémisme, le « boycott culturel ». Le boycott, c’est refuser d’aller au contact de l’œuvre ou de l’artiste et  éventuellement inviter les autres à vous suivre en expliquant vos raisons. Ce qui se joue ici, et ce qui s’est joué contre Nadav Lapid, n’est rien moins qu’une censure, sous la forme insidieuse de l’entrave. L’entrave, dit le code pénal, c’est empêcher la libre diffusion des œuvres sous la menace et dans la concertation. Tous les éléments sont ici réunis.

Quant à la cible choisie, ce n’est pas le chanteur israélien qui a chanté il y a quelques jours à Paris à la gloire de l’armée israélienne et de la colonisation qui a été entravé. C’est un artiste qui dénonce, dans ses  propos et dans ses œuvres, les exactions du gouvernement de son pays. Curieux paradoxe que de s’attaquer à celui qui dénonce.

La question du financement mérite débat, pas entrave. Va-t-on reprocher à d’autres artistes, d’autres nationalités, dont certains risquent la prison, que leurs films soient financés par leurs États quand ceux-ci violent les droits humains ? Ne comprend-on pas qu’en s’en prenant aux artistes qui sont des opposants à leurs régimes respectifs, on ne fait que renforcer ces derniers ?

L’Observatoire de la liberté de création se tient à la disposition des Festivals de façon générale pour les aider face à ce type de tourmente. Mais nous ne pouvons que dénoncer l’attitude du FID et de ceux qui ont fait pression sur le FID, et dire fermement que nous n’accepterons pas que cela constitue un précédent.

Paris, le 11 juin 2026

Télécharger la lettre ouverte.

Retrouvez cette lettre ouverte sur le site de l’Observatoire de la liberté de création.

Source: Le « boycott » de Nadav Lapid est une censure

L’Observatoire de la liberté de création assure Joann Sfar et le Festival Oh les beaux jours de son entier soutien 2 juin, 2026

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création (OLC)

C’est par un slogan particulièrement ambigu — « Sionistes hors de notre ville » —qu’un collectif marseillais appelle à manifester contre la venue de Joann Sfar au festival Oh les beaux jours, organisé à Marseille le 29 mai.

L’artiste est invité à participer à un concert dessiné au théâtre de la Criée. Le maire de Marseille a apporté son soutien à cette venue, tandis que le festival défend, à juste titre, sa liberté de programmation.

L’Observatoire de la liberté de création (OLC) rappelle avec fermeté qu’aucun artiste ne doit être visé, empêché ou censuré en raison de ses opinions réelles ou supposées, de ses origines ou de sa religion.

L’OLC tient à assurer l’artiste et le festival de son entier soutien.

Paris, le 29 mai 2026

Télécharger le communiqué « L’Observatoire de la liberté de création assure Joann Sfar et le Festival Oh les beaux jours de son entier soutien »en format PDF

Source: L’Observatoire de la liberté de création assure Joann Sfar et le Festival Oh les beaux jours de son entier soutien

L’Observatoire de la liberté de création s’inquiète du durcissement pénal visant les free parties et appelle à préserver la liberté de création et de diffusion des musiques électroniques 28 mai, 2026

L’Observatoire de la liberté de création s’inquiète du durcissement pénal visant les free parties et appelle à préserver la liberté de création et de diffusion des musiques électroniques
L’Observatoire de la liberté de création s’inquiète du durcissement pénal visant les free parties et appelle à préserver la liberté de création et de diffusion des musiques électroniques
L’Observatoire de la liberté de création s’inquiète du durcissement pénal visant les free parties et appelle à préserver la liberté de création et de diffusion des musiques électroniques

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création dont la LDH est membre

La proposition de loi visant à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties, a été adoptée par l’Assemblée nationale le 9 avril 2026 et transmise au Sénat le 10 avril 2026. Elle prévoit notamment :

• de punir de six mois d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende le fait de contribuer, « de manière directe ou indirecte », à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement d’un rassemblement visé à l’article L. 211-5 du code de la sécurité intérieure, dès lors qu’il n’a pas été déclaré ou qu’il est organisé malgré une interdiction préfectorale ;

• de prévoir la confiscation du matériel saisi ;

• d’instaurer une contravention de cinquième classe pour les participants, exposés à une amende d’un montant maximal de 1 500 euros, porté à 3 000 euros en cas de récidive ;

• d’abaisser le seuil de déclaration des rassemblements festifs à 250 personnes.

Cette initiative parlementaire s’articule avec le projet de loi dit « RIPOST », déposé par le gouvernement au Sénat le 25 mars 2026 et examiné en séance publique à compter du 18 mai 2026.

A) L’Observatoire alerte sur le risque d’un glissement grave : celui de traiter une pratique culturelle, musicale et collective principalement sous l’angle de la répression pénale, au moment même où les musiques électroniques font l’objet d’une reconnaissance culturelle et patrimoniale croissante.

En effet, le 17 décembre 2025, les musiques électroniques françaises ont été inscrites à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel. Cette reconnaissance implique au moins deux obligations :

• la diffusion et la promotion des enjeux du patrimoine culturel immatériel ;

• la conduite des actions de recherche et de valorisation sur le patrimoine culturel immatériel ;

Le même ministère a par ailleurs mis en place le dispositif « Club Culture – lieu d’expression artistique et de fête », destiné à valoriser les lieux qui, par leur programmation, leur production et leur diffusion de concerts, soutiennent la création artistique et les artistes DJs.

Depuis près de trente ans, les free parties jouent un rôle important dans l’émergence d’artistes, l’expérimentation de nouvelles formes sonores et l’accès à des pratiques culturelles souvent absentes des circuits institutionnels. Elles sont aussi des espaces de formation, de rencontre et de première diffusion pour de nombreux artistes. Elles remplissent également une fonction d’accès à la culture, notamment pour des publics jeunes, ruraux ou périurbains. En proposant des événements souvent gratuits ou peu coûteux, elles permettent à des publics éloignés des grandes métropoles d’accéder à des pratiques artistiques vivantes.

Dans ce contexte, il apparaît paradoxal de valoriser les musiques électroniques et certains espaces qui les accueillent, tout en renforçant la répression à l’égard d’autres espaces ayant historiquement contribué à leur création, leur transmission et leur diffusion.

B) L’Observatoire alerte également sur les dangers d’un dispositif uniquement répressif et soulevant des difficultés juridiques sérieuses au regard de la liberté de création et de diffusion artistique.

La loi du 7 juillet 2016 affirme que « la création artistique est libre » et que « la diffusion de la création artistique est libre ». Toute restriction à ces libertés doit donc être nécessaire, adaptée et proportionnée.

Or, le dispositif envisagé repose sur la notion de contribution « directe ou indirecte » à un rassemblement non déclaré ou interdit. Une telle formulation pourrait viser, au-delà des organisateurs, des artistes, techniciens ou acteurs culturels intervenant dans le cadre de la création ou de la diffusion artistique.

C) Enfin, l’Observatoire remarque que l’emploi de termes particulièrement flous et généraux employés dans le projet de loi soulève des difficultés juridiques sérieuses et risque d’entrainer certains effets pervers.

Par ailleurs, le principe de légalité des délits et des peines, consacré par l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et les articles 111-2 et 111-3 du code pénal, exige que la loi pénale soit claire, précise et prévisible.

Or, d’une part, la notion de contribution « directe ou indirecte » à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement d’un rassemblement est d’une imprécision singulièrement large. Elle pourrait viser une grande diversité de comportements sans que les personnes concernées puissent déterminer avec certitude si elles entrent dans le champ de l’infraction. Cette formulation brouille ainsi la distinction fondamentale entre l’organisateur, qui prend l’initiative et en assume la direction, et ceux qui participent ou contribuent de manière accessoire. La répression de l’organisation non déclarée d’un rassemblement ne doit pas conduire, par extension, à pénaliser la création artistique ou l’accès du public à l’art.

D’autre part, le dispositif envisagé paraît instaurer un régime répressif uniforme, sans distinguer clairement entre domaine public et propriété privée, ni entre trouble hypothétique et trouble réel. Or, sur une propriété privée, le principe demeure que chacun peut y organiser des activités, y compris culturelles et festives, indépendamment d’une autorisation préfectorale.

D) Une inaction des préfets entachant la liberté de création et de diffusion

Les articles L. 211-5 à L. 211-7 du code de la sécurité intérieure prévoient d’ores et déjà un régime complet de déclaration, de concertation et d’accompagnement des organisateurs. En pratique, ce dialogue est largement insuffisant.

Or, l’article 3 de la loi du 7 juillet 2016 rappelle que les pouvoirs publics doivent soutenir la diversité des expressions culturelles, la liberté de diffusion artistique, les initiatives territoriales et indépendantes, ainsi que l’égal accès des citoyens à la création artistique.

L’absence d’accompagnement effectif par les préfectures peut pourtant constituer, en elle-même, un frein à la liberté de création et de diffusion artistique. Avant d’aggraver l’arsenal répressif déjà existant, il est nécessaire d’interroger l’effectivité de ce cadre et les conditions réelles du dialogue entre organisateurs, préfectures, collectivités territoriales et acteurs culturels.

Dans une démocratie, la protection de l’ordre public ne peut conduire à fragiliser une pratique culturelle reconnue, à pénaliser la création musicale ou à priver une partie de la population de l’accès à des formes d’expression artistique qui participent aujourd’hui du patrimoine immatériel.

Ainsi, l’Observatoire de la liberté de création appelle les parlementaires à ne pas adopter un dispositif pénal aussi large, imprécis et attentatoire à la liberté de création, de diffusion et de programmation

Paris, le 13 mai 2026

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Refoulement d’une artiste italienne du territoire français 11 décembre, 2025

Lettre ouverte de l’Observatoire de la liberté de création dont la LDH est membre, adressée à Monsieur le Préfet de la Haute Garonne

Monsieur le Préfet,

Nous avons appris que le vendredi 21 novembre 2025, l’artiste Italienne Elena Mistrello, autrice de bandes dessinées, a été arrêtée par la police à sa sortie d’avion à l’aéroport de Toulouse Blagnac, puis expulsée manu militari du territoire français. Aucune explication, mais en cas de refus de reprendre un avion pour l’Italie, la menace d’un enfermement immédiat en centre de rétention administrative !

Dans l’avion de retour on lui remettra un PV affirmant qu’elle « représente un danger pour l’ordre public, la sécurité intérieure, la santé publique ou les relations internationales d’un ou de plusieurs États membres de l’Union européenne», avec la mention «FPR», le fichier des personnes recherchées en France.

Selon quelle procédure cette jeune femme a-t-elle ainsi été expulsée ?

Elena Mistrello était invitée officiellement par le festival de bande dessinée indépendante de Colomiers pour présenter la traduction française de son roman graphique « Syndrome Italie », publié aux éd. Presque Lune et rencontrer le public.

Pourquoi une telle arrestation, pratiquée sans aucune explication et aucun justificatif avant son réembarquement?

Quelles motivations pouvez-vous apporter à une telle décision ?

Est-ce à cause du thème de son livre : la vie quotidienne de femmes étrangères arrivant en Italie et leurs difficultés à y vivre?

Est-ce son soutien affiché aux migrants ou à la cause palestinienne ?

Est-ce pour avoir défilé pacifiquement à l’une des marches en hommage à la mort de Clément Méric ?

Est-ce une demande du gouvernement italien ?

Est-ce une confusion dans les services de l’État ?

Vous imaginez bien que son arrestation et le silence insupportable qui a suivi — mais que lui reproche-t-on ? — ont été non seulement humiliants et angoissants pour elle, mais le sont du même coup pour tous les artistes de notre pays.

En tant qu’Observatoire de la liberté de création, défendant les artistes contre toutes les formes de censures  (ici une artiste ne pouvant montrer son œuvre et des festivaliers ne pouvant la rencontrer), nous attendons du haut fonctionnaire représentant l’état de droit que vous êtes des explications.

Le sort infligé à cette jeune femme inquiète toute la communauté artistique et au-delà. Vous comprendrez donc que nous rendions cette lettre publique.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Monsieur le préfet, nos salutations les plus respectueuses.

Agnès Tricoire, Présidente de l’Observatoire de la liberté de création

Paris, le 8 décembre 2025

télécharger la lettre ouverte de l’observatoire de la liberté de création « Refoulement d’une artiste italienne du territoire français » en PDF

Retrouvez cette lettre ouverte sur le site de l’Observatoire de la liberté de création.

Source: Refoulement d’une artiste italienne du territoire français

Arrêter les flammes et prendre ses responsabilités 11 novembre, 2025

Communiqué de l’Observatoire de la libération de création (OLC) dont la LDH est membre

À la suite des évènements qui se sont déroulés lors du concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël à la Philharmonie de Paris le 6 novembre 2025, l’Observatoire de la liberté de création souhaite rappeler qu’il préconise, depuis sa création il y a plus de 20 ans, le débat plutôt que la censure ou l’autocensure.
On ne s’en prend pas à des artistes en raison de leur nationalité. L’OLC l’affirme depuis sa création. Et l’entrave à la liberté de création et de diffusion des œuvres est un délit.
Le maintien de la programmation de l’Orchestre philharmonique d’Israël, qui représente par définition son pays, le 6 novembre, par le conseil d’administration de la Philharmonie de Paris réuni le matin du concert, sous la double tutelle de l’Etat et de la ville de Paris, dans le contexte de guerre, de crimes de guerre et d’accusation de génocide, peut faire légitimement débat.
Dans ce contexte, affirmer que les artistes vont librement jouer et faire une prestation purement artistique ne suffit pas, étant précisé que l’orchestre en question a joué l’hymne israélien en mars 2025 à San Francisco après qu’un débat a eu lieu dans la salle (le concert n’a d’ailleurs pas été interrompu). Cette programmation, dans ce contexte, est un acte politique dont il convient d’assumer la responsabilité. Ce qui suppose d’accepter que cette décision soit critiquée, et d’accompagner le débat qu’elle suscite.
De même que l’on ne doit pas traiter les œuvres de façon autoritaire, nous pensons qu’il faut entendre les contestations, qui relèvent d’un débat légitime dans une démocratie, et permettre une confrontation des idées et des positions. Un débat aurait permis d’éclairer la complexité de ce qui était en train de se jouer. Le silence institutionnel relève de l’affirmation péremptoire : ils doivent jouer et c’est de l’art. En face, s’est élevée une affirmation tout aussi péremptoire : ils ne doivent pas jouer et c’est de la politique.
C’est le rôle de l’Etat et des collectivités territoriales, c’est le rôle des institutions culturelles subventionnées : organiser le débat pour que chacun puisse s’écouter. C’est difficile ? Nous le savons. Mais c’est indispensable pour que les institutions culturelles puissent continuer à diffuser les œuvres des artistes dont les pays sont en conflit, et cela vaut, de façon générale, pour tout type de polémique autour des œuvres.
En l’espèce, cet orchestre a joué sans débat, sans prise de parole. Il était pourtant prévisible que la parole étouffée jaillirait sous forme violente et ce fut le cas, ce qu’unanimement nous condamnons.
Nous dénonçons la forme de l’intervention choisie par les manifestants : interrompre un concert, menacer la sécurité du public et des musiciens par l’utilisation de fumigènes. Nous dénonçons avec la même fermeté la violence physique de quelques spectateurs contre un manifestant, comme le montre une vidéo. Ces violences sont manifestement disproportionnées et doivent être pareillement sanctionnées.
Pour rappel, lorsque la question s’est posée de l’attitude à adopter concernant la programmation d’artistes russes, il a été affirmé, notamment par le ministère de la Culture, que la déprogrammation doit rester l’exception et ne se justifier que pour les artistes ou formations artistiques dont les liens directs avec le gouvernement russe sont avérés et qui ont publiquement soutenu la guerre en Ukraine. Nous constatons que le ministère de la Culture n’a rien affirmé de tel à propos des artistes israéliens, ce qui peut donner le sentiment d’un deux poids deux mesures corroboré par un contexte où la libre expression, et désormais la liberté académique, sur le conflit israélo-palestinien, sont régulièrement mises à mal.
En l’espèce, si l’Orchestre philharmonique israélien est un ambassadeur culturel de son pays, c’est un ambassadeur artistique. Aucune déclaration publique de ses représentants n’est un soutien aux exactions, crimes de guerre et violations des lois internationales commises par le gouvernement israélien et l’armée israélienne à Gaza et dans les territoires occupés.
Pourtant le risque de récupération n’était pas négligeable et, à cet égard, nous regrettons que l’orchestre ait pris l’initiative de jouer l’hymne israélien en dernier rappel, en réaction aux tentatives de le faire taire. Ce faisant, les musiciens ont pris le risque que soit mise à mal la distinction qui les protège entre expression artistique autonome et déclaration politique.
Enfin, l’OLC tient à rappeler que, de façon générale et cela concerne toutes les formes d’expression artistique, depuis le 7 octobre 2023, des artistes palestinien-ne-s font l’objet de censures, de déprogrammations ou de menaces de censure, dans un silence général. Le soutien aux libertés de création et de diffusion des œuvres et à la liberté de programmation n’est pas à géométrie variable. Il est indivisible.

Paris, le 10 novembre 2025

Télécharger le communiqué de l’Observatoire de la création en pdf.

Retrouvez ce communiqué sur le site de l’Observatoire de la liberté de création.

Source: Arrêter les flammes et prendre ses responsabilités

BNP Paribas finance l’État israélien en pleine guerre contre la population civile de Gaza et dans le contexte d’une colonisation « priorité nationale » en Cisjordanie occupée 30 août, 2024

BNP Paribas finance l’État israélien en pleine guerre contre la population civile de Gaza et dans le contexte d’une colonisation « priorité nationale » en Cisjordanie occupée
BNP Paribas finance l’État israélien en pleine guerre contre la population civile de Gaza et dans le contexte d’une colonisation « priorité nationale » en Cisjordanie occupée
BNP Paribas finance l’État israélien en pleine guerre contre la population civile de Gaza et dans le contexte d’une colonisation « priorité nationale » en Cisjordanie occupée

BNP Paribas finance l’État israélien en pleine guerre contre la population civile de Gaza et dans le contexte d’une colonisation « priorité nationale » en Cisjordanie occupée

Communiqué commun dont la LDH est signataire

La LDH est l’une de six organisations alertant sur l’engagement de BNP Paribas dans une émission d’obligations de l’État d’Israël, dans un contexte de guerre dont la plus haute juridiction internationale a évoque un risque plausible de génocide de la population palestinienne.

Dans un contexte de violations massives des droits humains et du droit international humanitaire par l’armée israélienne, six organisations dont la LDH alertent sur l’engagement de BNP Paribas dans une émission d’obligations de l’État d’Israël.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme), la FIDH, l’Association France Palestine solidarité (AFPS), la Confédération générale du travail (CGT), la Plateforme des ONG pour la Palestine et l’Union syndicale solidaires ont envoyé le 2 août 2024 un courrier à la direction de BNP Paribas pour demander confirmation de cette information et, dans l’affirmative, quelles dispositions BNP Paribas comptait prendre pour s’en désengager et se remettre en conformité avec son devoir de vigilance et avec ses propres engagements.

D’après des documents de l’Autorité américaine des marchés financiers datés du 5 mars 2024, consultés par le quotidien L’Humanité, BNP Paribas s’est engagé à hauteur de 2 milliards de dollars dans une émission d’obligations de l’État d’Israël d’un montant de 8 milliards de dollars réalisée avec trois autres opérateurs financiers. Il s’agissait de la première opération financière de ce type pour Israël depuis le début de la guerre. En finançant la dette souveraine de l’Etat d’Israël, le groupe BNP Paribas contribue à la poursuite d’une guerre dont la plus haute juridiction internationale souligne qu’elle est porteuse d’un risque génocidaire.

BNP Paribas ne pouvait pas ignorer l’ordonnance de la Cour Internationale de Justice du 26 janvier 2024, qui a acté du caractère plausible d’un génocide mené par l’État d’Israël contre la population palestinienne de la bande de Gaza. Depuis le début de l’opération militaire israélienne au lendemain du 7 octobre 2023, les violations massives des droits humains et du droit international humanitaire ont été largement documentées. Le groupe BNP Paribas a aussi apporté son soutien par cette émission d’obligations à la politique de colonisation agressive du territoire palestinien occupé, une des priorités de l’actuel gouvernement israélien. L’occupation prolongée du territoire palestinien vient d’être considérée comme illégale par un avis de la Cour internationale de justice du 19 juillet 2024 qui l’a assimilée à une annexion de facto. La Cour a rappelé que la colonisation de ce territoire occupé constitue un crime de guerre au regard de la Quatrième Convention de Genève.

En tant qu’entreprise, BNP Paribas a l’obligation de se conformer à son devoir de vigilance sur les conséquences de ses opérations en matière de respect des droits humains. Le code de conduite du groupe BNP Paribas indique par ailleurs que « le groupe ne souhaite notamment pas participer à une quelconque violation des droits de l’homme par l’intermédiaire de ses activités d’investissement et de financement ». Les six organisations se disent déterminées à poursuivre l’action pour obtenir le désengagement de BNP Paribas de ce financement révoltant.

Paris, le 30 août 2024

Source: BNP Paribas finance l’État israélien en pleine guerre contre la population civile de Gaza et dans le contexte d’une colonisation « priorité nationale » en Cisjordanie occupée

L’Observatoire de la liberté de création soutient Dmitry Glukhovsky et tous les auteurs et artistes russes qui s’opposent à la guerre 21 juin, 2022

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création, dont la LDH est membre

L’Observatoire de la liberté de création affirme son plein et entier soutien aux artistes, cinéastes et écrivains russes qui s’opposent, depuis trois mois, à la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine et sont menacés directement par le pouvoir russe.

Le 4 mars dernier, quelques jours après l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine a signé une loi scélérate prévoyant une peine de quinze ans de prison pour toute personne publiant des « informations mensongères » sur la guerre en Ukraine. Dans les faits, cette loi interdit toute forme de journalisme indépendant dans le pays et toute critique de la guerre dont le terme même est contesté par le pouvoir.

Cette loi a voulu mettre un terme aux manifestations antiguerre ayant eu lieu dans les grandes villes (Moscou, Saint-Pétersbourg), suivies d’arrestations massives. Elle rend également impossible le métier de journaliste et plusieurs journaux, sites et médias ont dû fermer à la suite de sa promulgation.

Le pouvoir s’en prend également aux artistes protestataires.

L’Observatoire de la liberté de création a appris que l’écrivain de science-fiction et journaliste russe Dmitry Glukhovsky est sous le coup d’un mandat d’arrêt fondé sur cette nouvelle loi. Mais il n’a pas l’intention d’être réduit au silence.

Le 13 mars dernier, il déclarait au quotidien Libération que «  la guerre, ce sont des gens qui quittent leurs maisons vivants et des cercueils de zinc qui reviennent. Des ruines fumantes à la place de villes fleuries. Parce que la guerre c’est la peur éternelle. La pauvreté. La faim. C’est une folie collective. »

Et encore « La guerre à l’Ukraine a été déclarée par Poutine, personnellement. Une heure durant, sur toutes les chaînes, il a expliqué au peuple pourquoi la guerre était indispensable : uniquement parce que l’Ukraine est un sous-Etat, qui, par définition, ne mérite pas d’exister. Une aversion personnelle, c’est tout. Il n’y avait aucune autre raison pour la guerre, le reste n’était que des prétextes. »

Il  n’a eu de cesse, depuis lors, de continuer à critiquer la guerre, et c’est en vain que le pouvoir russe cherche à le faire taire.

Dans une vidéo publiée sur sa page Instagram  traduite en français sur le site Euronews, Dmitry Glukhovsky réitère ses critiques à l’égard du régime russe et réclame l’arrêt de la guerre :

« Le texte pour lequel je suis recherché est considéré comme jetant le discrédit sur l’armée russe, mais en fait c’est un article sur la censure militaire et la persécution politique des pacifistes en Russie. Toute opinion qui diffère des informations et des positions de la propagande russe est déclarée illégale, et ceux qui osent l’exprimer risquent jusqu’à 15 ans de prison.

Le post Instagram pour lequel je suis accusé de discréditer l’armée se présente comme suit : “Non à la guerre en Ukraine. Admettez que c’est une véritable guerre contre l’ensemble du peuple ukrainien et arrêtez-la !”

Indépendamment de ce dont on m’accuse, je suis prêt à répéter intégralement ces mots : “J’exige l’arrêt immédiat des hostilités en Ukraine et le retrait des troupes russes de ce pays. »

L’Observatoire de la liberté de création salue le courage de cet écrivain et lui fait part, à lui comme à tous les dissidents russes, de sa solidarité.

Liste des membres de l’Observatoire de la liberté de création :

Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (Acid) ; Association des cinéastes documentaristes (Addoc) ; Section française de l’Association internationale des critiques d’art (Aica France) ; Fédération des lieux de musiques actuelles (Fedelima) ; Fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle (FNSAC-CGT) ; Fédération nationale des arts de la rue ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ;  Ligue de l’enseignement ; Les Forces musicales ; Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) ; Syndicat français des artistes interprètes (SFA-CGT) ; Syndicat national des artistes plasticiens (Snap-CGT) ; Syndicat national des scènes publiques (SNSP) ; Société des réalisateurs de films (SRF) ; Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

Paris, le 20 juin 2022

Télécharger le communiqué de l’Observatoire de la liberté de création en pdf.

 

Source: L’Observatoire de la liberté de création soutient Dmitry Glukhovsky et tous les auteurs et artistes russes qui s’opposent à la guerre

L’Observatoire de la liberté de création dénonce les dégradations homophobes des photographies d’Olivier Ciappa : la LDH va porter plainte 10 juillet, 2018

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création

En moins d’un mois, les expositions « Les Couples imaginaires » et « Les Couples de la République », du photographe Olivier Ciappa, ont été vandalisées à trois reprises à Metz. Après des premiers tags début juin (« Non » écrit en rouge sur certaines photographies), les bâches ont été arrachées et déchirées dans la nuit de 27 au 28 juin 2018. Trois jours plus tard, l’exposition a été vandalisée par des tags signés de l’Action Française. L’intégralité des photographies a été dégradée.

Cette exposition, organisée en plein air par l’association LGBT Couleurs Gaies au square du Luxembourg à Metz dans le cadre d’un festival, montre des couples enlacés, LGBT anonymes, hétérosexuels et des personnalités.

Pour rappel, l’exposition « Les Couples imaginaires » avait été présentée dans diverses villes de France et avait été vandalisée à Paris à la mairie du 3e arrondissement en 2013 et à Toulouse en 2015.

L’Observatoire de la liberté de création exprime sa plus vive condamnation de ces actes de vandalisme à l’encontre d’œuvres photographiques. Leur répétition autant que leur caractère homophobe indiquent que les forces réactionnaires sont déterminées à tenter de saper dans la violence la démocratie et la liberté de création.

L’Observatoire de la liberté de création apporte son soutien à Olivier Ciappa et à l’association Couleur Gaies, invitant la ville de Metz et le procureur de la République à engager avec eux une action judiciaire afin que les auteurs de ces destructions volontaires soient identifiés et poursuivis. La LDH portera plainte à leurs côtés.

Paris, le 9 juillet 2018

 

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Source: L’Observatoire de la liberté de création dénonce les dégradations homophobes des photographies d’Olivier Ciappa : la LDH va porter plainte

L’Observatoire de la liberté de création apporte son soutien au Bataclan 14 juin, 2018

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création

N’en déplaise aux nouveaux censeurs de toutes obédiences, on ne demande pas l’annulation administrative d’un concert sans raison juridique valable et impérieuse.

La loi 2016-925 du 7 juillet 2016 pose en effet le principe de liberté de création et de diffusion des œuvres dans ses articles 1 et 2. Pourtant, depuis quelques jours, divers activistes d’extrême droite, suivis par des responsables politiques (Rassemblement national et Les Républicains) et deux avocats de familles de victimes des attentats du 13 novembre 2015 demandent l’annulation de deux concerts du rappeur Médine qui se tiendront au Bataclan en octobre prochain.

Les arguments avancés sont ceux de la dignité et du respect dû aux victimes des attentats. S’ils sont légitimes sur le terrain de la libre expression des opinions et des émotions individuelles et collectives, ils ne sont pas pertinents ici car aucune chanson de Médine ne s’attaque aux victimes du Bataclan ni ne fait l’apologie de leurs bourreaux. C’est donc que le problème n’est pas là.

Dans ses chansons incriminées, Médine met en cause de façon provocatrice une certaine vision de la laïcité, ce qui participe du débat démocratique. Nul n’est tenu de partager ses convictions, étant précisé que celles-ci paraissent en évolution et que ses chansons récentes ne sont pas de la même eau.

Dès lors, aucun juge ne pourra interdire ces concerts.

Au-delà de la question juridique, reste la question politique.

Une fois encore, les censeurs autoproclamés, qui tirent à boulets rouges sur la liberté de création, ne s’interrogent pas sur ce que leur demande de censure a de délétère pour la création artistique, la culture du débat et la démocratie. Ils jugent et décident en lieu et place du public et veulent faire leur propre loi, toujours au nom d’un intérêt qui mérite par ailleurs respect ou considération (hier féminisme, ici respect des victimes et défense de la laïcité).

En l’espèce, au-delà de la question artistique, c’est de culture et de vivre ensemble qu’il s’agit. La stigmatisation d’un chanteur musulman et par conséquent de son public risque en effet de provoquer le résultat inverse de celui affiché.

L’Observatoire de la liberté de création apporte son soutien au Bataclan qui n’a pas besoin, après avoir subi ce qu’il a subi, d’autorisation préfectorale ou du juge pour décider, en pleine connaissance de cause, de sa programmation.

 

Paris, le 12 juin 2018

 

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Source: L’Observatoire de la liberté de création apporte son soutien au Bataclan

L’Observatoire de la liberté de création affirme que Bertrand Cantat a le droit de chanter 16 mars, 2018

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création

Qu’il y ait un débat sur ce que représente Bertrand Cantat sur scène est parfaitement légitime. On peut aussi considérer qu’il y a une certaine hypocrisie à ne contester que sa tournée et pas ses disques, comme si le concert était le lieu de toutes les sacralisations.

En tout état de cause, ce débat change de nature quand il se transforme en demande d’annulation de sa tournée.

Cantat a le droit de chanter, les programmateurs sont libres de le programmer et chacun est libre d’aller le voir, ou pas.

Dans un Etat de droit, personne ne se fait justice à soi-même, et personne ne fait justice à quelqu’un d’autre en dehors de la justice.

Les demandes, directes ou indirectes, de censure ou d’annulation de son spectacle, qu’elles soient portées par des associations comme Osez le féminisme ou par des personnes hors réseaux associatif, les pressions diverses et variées des élus, les retraits de subventions aux festivals ou structures qui le programment contreviennent à la lettre et à l’esprit de la loi.

Il semble nécessaire de rappeler aux uns et aux autres les dispositions légales. La loi de 2016 dispose dans son article 2 que la diffusion de la création artistique est libre, et l’article 431-1 du Code pénal réprime le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté de création artistique ou de la liberté de la diffusion de la création artistique d’un an d’emprisonnement et de quinze mille euros d’amende.

D’autre part, l’Etat (c’est l’article 3 de cette loi), à travers ses services centraux et déconcentrés, et les collectivités territoriales doivent mettre en œuvre la politique en faveur de la création artistique, laquelle poursuit notamment comme objectif le soutien de l’existence et le développement de la création artistique sur l’ensemble du territoire, en particulier la création d’œuvres d’expression originale française et la programmation d’œuvres d’auteurs vivants, et doit garantir la liberté de diffusion artistique en développant l’ensemble des moyens qui y concourent. L’Etat doit encore promouvoir la circulation des œuvres sur tous les territoires, la mobilité des artistes et des auteurs et entretenir et favoriser le dialogue et la concertation entre l’Etat, l’ensemble des collectivités publiques concernées, les organisations professionnelles, le secteur associatif, les acteurs du mécénat et l’ensemble des structures culturelles et leurs publics.

En prenant des positions qui ne sont pas à la hauteur des exigences légales à propos de la tournée de Bertrand Cantat, et en gardant un silence inquiétant sur la plupart des affaires récentes d’atteinte aux libertés de création et de diffusion des œuvres, la ministre de la Culture manque aux devoirs relevant de son titre et de son domaine d’intervention.

L’Observatoire de la liberté de création regrette que l’artiste, sous la pression, ait renoncé à tourner dans les festivals cet été et s’inquiète qu’en France, en 2018, certains soient plus tentés par les réflexes de censure que par le respect des libertés et par le débat démocratique qu’ils réclament, paradoxalement, de leurs vœux.

 Paris, le 13 mars 2018

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Source: L’Observatoire de la liberté de création affirme que Bertrand Cantat a le droit de chanter