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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives du tag : Ciné

La LDH soutient le film documentaire « Islam pour mémoire », de Bénédicte Pagnot 24 mai 2017

 Sortie le 22 mars 2017

 

Islam pour mémoire est d’abord un voyage dans l’espace : d’Espagne en Iran, du Maroc à Jérusalem et aux Emirats. Voyage aussi dans le temps, à l’écoute des savants, théologiens, poètes qui ont construit, depuis le plus haut moyen Age, une richissime culture musulmane.

C’est en même temps un film déclenché par une émission de radio de France-Culture, Cultures d’Islam, et un hommage à son auteur disparu en 2014 : Abdelwahab Meddeb, philosophe tunisien, érudit et humaniste, ami de Mahmoud Darwich et de Benjamin Stora. La réalisatrice, passionnée par les réponses qu’il apporte aux questions qu’elle se pose sur l’Islam, quitte sa Bretagne pour de grands périples, convainc Meddeb de l’intérêt de son projet de film – ce film qu’il n’aura pas vu terminé –, l’accompagne dans certains de ses voyages et lui donne la parole dans ses méditations sur une civilisation dont il refuse la mort.

On découvre avec eux des terres de beauté et de misère, des sociétés non laïques où le religieux et le politique sont imbriqués, où les femmes sont durement discriminées, ainsi que les mécréants et les étrangers. Cependant l’Occident tient de plus en plus l’Islam comme une religion d’exclus, entend le partage au sens de division et non plus de mise en commun, s’épouvante du terrorisme islamique, patauge dans l’amalgame, reste indifférent aux révolutions dites du printemps arabe et vote chez lui pour les extrêmes droites.

Comment en est-on arrivé là ? Le film énonce des causes nombreuses et en donne des éléments ; internes à l’Islam, à commencer par l’effondrement précoce d’une civilisation entière dans l’obscurantisme, comme à Bagdad, capitale intellectuelle avec sa maison de la Sagesse, dévastée au XIIIe siècle ; des luttes de pouvoir, comme en Andalousie où la catholicité triomphante écrase les Infidèles ; au XXe siècle, les politiques des grandes puissances, de la course aux dollars et au pétrole. S’ensuit la montée du wahhabisme, du salafisme et du djihad meurtrier, qui aggrave le rejet de l’Islam et les effets en retour de ce rejet, quand nous confondons les défenseurs de l’Islam avec ses destructeurs.

Meddeb propose une solution, celle de la connaissance, celle qu’il a assidûment enseignée toute sa vie. Il faut étudier l’Islam rationaliste et progressiste du moyen Age et des Lumières ; rappeler que les premiers traités d’optique et l’invention de la perspective viennent de l’Irak médiéval ; favoriser la recherche, alors que la plupart des quatre millions de manuscrits arabes conservés ne sont pas étudiés ; relire Goethe qui disait son admiration pour le poète persan Hâfêz, qui glorifiait le vin et l’amour charnel ; connaître et entretenir les jardins et les monuments persans, arabes, afghans, les protéger des destructions criminelles des talibans, phobiques de la représentation humaine mais aussi chasseurs de trafics rémunérateurs ; ouvrir les anciennes mosquées à toutes les religions au lieu de les réserver au culte catholique, comme à Cordoue, ou de les couper en deux, mosquée et synagogue, comme à Hébron.

Idéalisme, dira-t-on : soit. Incomplet, certes, le film n’évoque ni l’Algérie de la colonisation, ni la Syrie de la guerre ; partiel et partial dans ses réponses, peut-être.

Mais très utile panorama d’un monde à la fois obsédant et méconnu, en même temps que bel hommage à la passion de paix et de culture d’un penseur disparu.

 

Islam pour mémoire

Film documentaire, 2016

Durée : 1 h. 42

Réalisation : Bénédicte Pagnot

Production : Mille et une Films.

 

Source: La LDH soutient le film documentaire « Islam pour mémoire », de Bénédicte Pagnot

La LDH soutient le film documentaire « Retour en Algérie », d’Emmanuel Audrain 4 février 2017

Retour en AlgérieLa guerre d’Algérie – dont ils n’ont pu parler – a dévasté leurs jeunesses. Comme deux millions de jeunes Français, leur seul service militaire ce fut la guerre d’Algérie. Torture et « corvées de bois » sont les blessures dont leur génération n’a pas pu parler. A 65 ans, au moment de toucher leurs « retraites du combattant », ils disent : « Cet argent, nous ne pouvons pas le garder, pour nous-mêmes ». Alors, ils le collectent et le redistribuent à des associations, en Algérie. C’est ainsi qu’en 2004 naissent les 4ACG (Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre). Avec ces projets solidaires, leurs cœurs ont rajeuni. Eux, qui s’étaient tus si longtemps, parlent enfin, rencontrent des jeunes… Et retournent en Algérie. Ils ajoutent : « Cette Histoire a bouleversé nos vies. Aujourd’hui c’est une autre page que nous voulons écrire… Solidaire et fraternelle, celle-là ».

Ce film est à voir absolument parce que, comme le disent les protagonistes : « On ne peut pas tourner la page, elle s’écrit encore », et si l’association qu’ils ont créée leur permet de prendre la parole c’est aussi pour transmettre, dans l’espoir que les jeunes d’aujourd’hui soient capables de désobéir aux ordres inhumains.

Même si cela est évoqué, ce n’est pas l’aspect « guerre coloniale » et le racisme terrible qui la sous-tendait que le film s’attache à dénoncer (la parole est très peu donnée aux Algériens). Ce qu’il montre essentiellement c’est la situation de ces hommes (ils sont sept dans le film) qui ont été appelés et ont passé 27 mois en Algérie à faire la guerre et à obéir à des ordres qui allaient à l’encontre de leurs convictions éthiques : fouiller, brûler, tuer indistinctement… Ils témoignent de la violence inouïe de cet univers où des hommes et des enfants étaient torturés chaque jour, leurs cris de douleur se confondant avec les hululements des chacals, où des femmes et des jeunes filles étaient violées, des villages entiers mis à feu et à sang. On les ressent profondément blessés. Ils se sont tus pour la plupart et aujourd’hui, parce qu’ils ont pu se regrouper en association, ils se sont sentis autorisés à parler ; la présence de Simone de Bollardière, femme du seul général de l’armée française à avoir dénoncé ces agissements (il a été condamné à deux mois de forteresse), qui les a rejoints dès la création de l’association, les aide car elle sait quelles pressions ils ont subies et ce que signifiait manifester son désaccord. Cette parole les délivre de l’oppression que représentait leur silence.

Aussi la question que pose fondamentalement le film est celle de l’obéissance à l’injonction de torturer, humilier, anéantir. Et comment est-il possible que les dirigeants du « pays des droits de l’Homme » aient pu laisser faire, autoriser, couvrir de telles ignominies !

Le film les montre assez peu de retour dans l’Algérie d’aujourd’hui où l’argent de leurs soldes sert à soutenir des projets menés de façon autonome par des Algériens. L’un deux qui semble être le président de l’association, a participé physiquement au projet-phare : la restauration d’un village presque entièrement détruit. Toutefois ces échappées dans de somptueux paysages aident à reprendre souffle car le film est centré sur les interviews de ces anciens appelés. En effet le réalisateur dit s’être rendu compte au stade du montage que le vrai voyage de ces hommes était leur voyage intérieur « celui qui va de leurs 20 ans à aujourd’hui ». Ce long chemin où, avec cœur et intelligence, ils ont su retrouver l’estime d’eux-mêmes.

Ce film fait l’objet de projections-rencontres en présence du réalisateur et d’invités chaque samedi à 11h jusqu’au 25 mars au cinéma Luminor-Hôtel de Ville à Paris.

Attention : Il s’agit d’un film dur car les horreurs évoquées, même si on nous épargne un récit circonstancié, sont difficiles à supporter.

Retour en Algérie

Documentaire, France

Durée : 52mn

Réalisation : Emmanuel Audrain

Source: La LDH soutient le film documentaire « Retour en Algérie », d’Emmanuel Audrain

La LDH soutient le film « Algérie du possible », de Viviane Candas 7 décembre 2016

ADP 40x60 bat mailSortie le 7 décembre 2016

Yves Mathieu, né en Algérie en 1924, a combattu à 20 ans pour la libération de la France, puis, devenu avocat, il a pris parti dès 1957 pour la cause de l’indépendance algérienne, ce qui lui a valu d’être exclu du PCF. Il a défendu pendant la guerre des militants du FLN algérien, en particulier, en mai 1960, devant le Tribunal permanent des forces armées de Marseille, les auteurs de l’attentat du 25 août 1958 contre le dépôt de pétrole de Mourepiane, près de l’étang de Berre. Cela lui valut des menaces de mort, au moment où l’un de ses confrères, Maître Amokrane Ould-Aoudia, était assassiné en plein Paris par un commando aux ordres des services secrets français. Après les Accords d’Evian, Il est resté vivre en Algérie sous le gouvernement de Ben Bella et a participé à la rédaction des décrets sur les biens vacants et à l’expérience de l’autogestion. Le 16 mai 1966, au lendemain de la destitution de Ben Bella par le coup d’Etat militaire du 19 juin 1965, il est mort à l’âge de 42 ans dans un accident d’automobile provoqué par un camion militaire. Sa fille, Viviane Candas, dans ce film émouvant et utile, a mené une enquête dans le temps et dans l’espace qui l’a conduite à découvrir qu’il fréquentait des opposants au pouvoir de Boumedienne et à entrevoir ce qui a pu conduire à sa perte cet homme dévoué à la cause de la justice et du droit. Un film qui nous confronte à ce moment oublié et peu traité au cinéma des années qui ont suivi l’indépendance de l’Algérie.

Algérie du possible
Documentaire, France, 2016
Durée : 88 mn
Réalisation : Viviane Candas
Production : Seconde Vague Productions
Distribution : Les Films de l’Atalante

 

Source: La LDH soutient le film « Algérie du possible », de Viviane Candas

La LDH soutient le film documentaire « Les Pépites », de Xavier de Lauzanne 13 octobre 2016

Affiche_LesPepites_72dpiSortie le 5 octobre 2016

La Ligue des droits de l’Homme soutient le film documentaire de Xavier de Lauzanne, Les Pépites.

Ce pourrait être la simple illustration d’une belle action humanitaire, l’histoire de l’association Pour un sourire d’enfant, mais dans Les pépites on trouve beaucoup plus que cela.

Xavier de Lauzanne, dont la LDH a soutenu le précédent documentaire sur Les Enfants valises, filme à nouveau des enfants, au Cambodge cette fois, et il nous raconte comment un couple de retraités, grands voyageurs depuis toujours, ont, depuis plus de vingt ans, changé le sort de près de dix mille enfants.

C’est en 1995 que Christian et Marie-France des Palières s’intéressant aux enfants des rues de Phnom-Penh ont été conduits par ceux-ci sur la décharge à ciel ouvert de la ville. Ils ont découvert là des centaines d’enfants de 6 à 15 ans qui fouillaient les immondices, pour la plupart à mains nues, souvent pieds nus, cherchant de quoi se nourrir ou des matériaux à revendre. Ce fut pour eux un choc tellement fort qu’ils ont commencé tout de suite à distribuer sur place un repas par jour à ces enfants (c’était ce qu’ils demandaient en premier, le souhait le suivant étant de pouvoir aller à l’école). Ils ont alors construit une paillote un peu éloignée de la décharge à cause des odeurs et des mouches, et commencé à leur donner des soins médicaux, de quoi se laver et recruté des enseignants sur place pour ouvrir quelques classes. Puis ils ont vendu tous leurs biens en France et commencé à construire les bâtiments en dur d’une école, créé l’association Pour un sourire d’enfant (PSE) qui leur permet de faire parrainer les enfants et de donner aux familles une quantité de riz tous les mois pour compenser la perte de « revenus » due au fait que l’enfant est scolarisé. Au fil des ans les structures ont évolué avec la construction d’un internat pour les orphelins, d’une école secondaire et la mise en place de plusieurs filières de formation professionnelle (restauration, informatique, mécanique, mais aussi métiers de la mode…). C’est ainsi que le réalisateur a pu travailler pour son film avec des techniciens cambodgiens formés dans le centre de formation aux métiers du cinéma de PSE. Il a collaboré avec les élèves et les enseignants, enthousiastes à l’idée de raconter leur propre histoire.

Si l’on peut être gêné parfois par l’insistance du réalisateur à faire dire par les enfants (sur les images d’archives) leur histoire familiale, les sévices subis, cela permet de comprendre que la dictature épouvantable des khmers rouges n’a pas laissé seulement ce pays exsangue, il a aussi entraîné une perte des repères moraux qui sont pour beaucoup dans la maltraitance de ces enfants.

Mais il faut vraiment voir le bonheur d’apprendre de ces enfants, le sourire de chacun d’eux lorsqu’il reçoit son « paquetage » (cahiers, livres, stylos, uniforme) signifiant qu’il est admis à l’école pour comprendre combien l’accès à l’éducation est un besoin vital.

Aujourd’hui les premiers bénéficiaires de l’œuvre du couple des Palières sont devenus adultes, entrés dans la vie active, certains sont devenus enseignants ou responsables de différents services au sein de l’école, ce qui est certainement le meilleur gage de pérennité de cette entreprise : qui mieux qu’eux pourrait en effet comprendre les besoins de ces enfants.

Si Christian des Palières affirme avoir été « […] capable de faire un choix radical quand vous sentez qu’il va vous rapporter beaucoup. Ce n’est pas du mérite, ce n’est pas une vocation, c’est de la recherche du plaisir, c’est de l’égoïsme », on souhaiterait que l’égoïsme et la recherche du plaisir se manifestent plus souvent de la même façon ! L’humanité, la solidarité, témoignées par le couple, pour qui les droits de l’enfant ne sont pas un vain mot, ainsi que l’efficacité de leur action ne peuvent que susciter notre admiration.

Les Pépites
Documentaire français, 2016

Durée : 1h28
Réalisation : Xavier de Lauzanne
Production : Aloest Productions
Distribution : Rezo Films

Visitez le site du film

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Twitter @Lespepitesfilm

© DR

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© Aloest Productions Bonne Pioche

Source: La LDH soutient le film documentaire « Les Pépites », de Xavier de Lauzanne