Twitter Facebook Accueil

Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives du tag : Amérique

Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela ! 13 janvier, 2026

Communiqué commun dont la LDH est signataire, rassemblements le samedi 10 janvier 2026 partout en France dont à Paris à 15h place de la Bastille

Voir les rassemblements prévus partout en France

Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, les États-Unis d’Amérique ont lancé une opération militaire de grande ampleur sur la capitale du Venezuela, Caracas. Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont été enlevé.es et placé.es en prison à New York. Selon les premières estimations, 78 personnes seraient mortes au cours de l’opération, parmi lesquelles au moins une civile.

Cette agression impérialiste et coloniale ordonnée par Donald Trump viole ouvertement la Charte des Nations unies et la Constitution des USA.

Cette attaque signe le retour du pire de l’impérialisme états-unien en Amérique latine, s’inscrivant dans l’inflexion globale vers l’extrême droite.

Les justifications à géométrie variable de « lutte contre le narcoterrorisme » sont contredites par les affirmations de Trump lui-même, qui assume pleinement sa volonté de domination coloniale et d’accaparement des ressources du pays, notamment pétrolières.

Les violations des droits humains et démocratiques perpétrées par le régime de Maduro sont bien réelles, tout comme les effets sur la population des sanctions imposées par les administrations américaines. En revanche, ni le peuple vénézuélien ni les Nations Unies n’ont donné mandat aux États-Unis pour intervenir et s’accaparer des ressources du pays. C’est aux populations du Venezuela de décider librement, sans interférences, de leur avenir.

Les évènements du Venezuela, et les nouvelles menaces que fait peser Donald Trump sur la Colombie, Cuba, le Mexique et le Groenland illustrent l’affirmation de la loi du plus fort comme seule norme des relations internationales, dans la pure tradition de l’extrême droite. La réaction d’Emmanuel Macron, ne nommant pas l’agresseur et ne condamnant pas clairement cette violation évidente des principes fondamentaux du droit international, est une faute politique historique et un blanc-seing donné à Donald Trump pour la suite.

De la Palestine à l’Ukraine, en passant par le Soudan et maintenant le Venezuela, les peuples agressés sont en première ligne de l’autoritarisme et de la fascisation accélérée ayant cours actuellement partout dans le monde. Face à tous les prédateurs, et à ceux qui laissent faire, le respect du droit des peuples à l’autodétermination doit être au coeur de nos mobilisations.

Nous appelons à se rassembler partout en France ce samedi 10 janvier 2026, dont à Bastille à 15h à Paris, pour exiger :
• l’arrêt immédiat de l’agression militaire des États-Unis, la fin de ses menaces sur les pays de la région et le retrait du déploiement de force US dans la Caraïbe ;
• le respect du droit du peuple vénézuélien à disposer de lui-même. Toute solution politique et diplomatique doit se baser sur la souveraineté populaire, la garantie de ses libertés et sur le droit international ;
• la levée des sanctions économiques et la satisfaction des besoins humanitaires des populations ;
• des sanctions contre les USA et Donald Trump : la fin de l’achat d’armes au complexe militaro-industriel US.

Seul le peuple vénézuélien peut et doit décider, en toute souveraineté et sans ingérences, de son propre avenir. Non à l’impérialisme ! Les peuples ne sont pas à vendre !

Signataires :

Arguments pour la Lutte Sociale, ATTAC, Collectif Haiti France, Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua, CGT, Confédération Paysanne, CEDETIM/IPAM, CRID, Les Ecologistes, Pour une Ecologie Solidaire et Sociale, Emancipation Tendance Intersyndicale, France Amérique Latine, Fondation Copernic, FSU, L’Après, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Le mouvement de la Paix, NPA Anticapitaliste, Nos Révolutions, PCF, PS, Réseau Bastille, Le Réseau Coopératif de Gauche Alternative, Union syndicale Solidaires, Solidaires Etudiant.e

Paris, le 8 janvier 2026

Source: Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela !

Face à l’impérialisme de Trump, la France et l’Europe ne doivent pas faire acte d’allégeance 6 janvier, 2026

Communiqué LDH

En 1823, le Président Monroe affirmait que les Américains avaient des responsabilités particulières sur tout le continent au nom de la décolonisation. Ce sont les avatars de cette doctrine Monroe qui ont servi de prétexte aux Etats-Unis pour s’octroyer de manière répétée au cours des XIX et XXe siècles un droit d’ingérence en Amérique latine, qualifiée dès lors « d’arrière-cour » des Etats-Unis.

Aujourd’hui sous couvert de lutte contre la drogue, autrefois pour prévenir « le danger communiste », les dirigeants états-uniens ont toujours créé le discours d’une « juste cause » pour exercer la « big stick diplomacy » ou « diplomatie du gourdin » : en se débarrassant  par la force des gouvernants d’Amérique latine jugés « inamicaux », en portant au pouvoir ceux qu’ils avaient choisis, parfois des dictatures militaires, et cela à la faveur d’interventions militaires, de la destruction de l’économie par la voie d’embargo ou du soutien des opposants au pouvoir en place.

Ce 3 janvier 2026, Donald Trump a prétendu renouveler la doctrine Monroe en affirmant l’impérialisme américain après avoir initié un coup d’Etat brutal, illégal et illégitime.

Ce 3 janvier 2026, il a renforcé son pouvoir autocratique en tenant à l’écart le Congrès, s’arrogeant le pouvoir de déclarer seul une guerre, en violation de la Constitution des Etats-Unis. Et le pouvoir militaire a obéi.

Plus encore, ce 3 janvier 2026 Donald Trump a piétiné le droit international et en premier lieu les principes fondateurs de la Charte des Nations unies (égalité souveraine des Etats, intégrité de leur territoire et principe de non-intervention), en attaquant militairement un Etat tiers et enlevant son président en exercice pour ensuite annoncer que les Etats-Unis dirigeraient le pays le temps nécessaire à une transition démocratique.

Parmi les réactions internationales, alors que plusieurs chancelleries européennes condamnaient plus ou moins fortement le recours illégal à la force, la présidente de la Commission européenne a indiqué, « nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies », sans avoir préalablement condamné les violations flagrantes du droit international par le gouvernement Trump.

De même, au lieu de condamner ce coup de force, Emmanuel Macron s’est simplement réjoui du départ de Nicolas Maduro et de la liberté soi-disant retrouvée du peuple vénézuélien.

Le Venezuela n’est pas libre s’il est dirigé, même transitoirement, par les Etats-Unis sans légitimité et en totale violation du droit international, de la souveraineté des Etats et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le Venezuela n’est pas souverain si ses ressources naturelles et stratégiques sont accaparées par les sociétés américaines, si Trump et ses proches prennent la main et s’approprient la première réserve de pétrole au monde.

Le Venezuela n’est pas un protectorat des Etats-Unis. Ni la catastrophe humanitaire dans laquelle est plongé le pays, ni les actes criminels et autoritaires de Nicolas Maduro vis-à-vis de sa population, ni la corruption du régime ne justifient la remise en cause de la souveraineté d’un Etat en dehors des cas prévus par le droit international : une décision du Conseil de sécurité de l’ONU ou la légitime défense face à une agression militaire. L’éventuelle participation de Maduro en tant que chef d’Etat à un trafic international de stupéfiants, à la supposer démontrée, ne caractérise évidemment pas un tel cas.

La question n’est pas l’illégitimité du maintien au pouvoir de Nicolas Maduro, mais la possibilité pour une puissance extérieure de librement s’arroger le droit de décider unilatéralement du sort qui doit être réservé à un autre Etat. Ce qui se joue dans la réponse à apporter à cette question va bien au-delà du Venezuela.

La compromission de la présidente de la Commission européenne et la déclaration complaisante d’Emmanuel Macron reviennent à légitimer les actes d’ingérence armée, au mépris assumé des règles de droit, et à donner carte blanche à la mise sous tutelle d’Etats tiers, sous prétexte de protéger leur population, en violation des principes fondateurs du droit international.

L’absence de condamnation ferme et conjointe de la France avec l’ensemble des Etats et des institutions européennes du déploiement de forces armées étrangères et de la prise du pouvoir au Venezuela ouvrent la boîte de Pandore et la marche vers un ordre mondial marqué par un effacement des règles édictées par les Nations unies et la domination des logiques impérialistes et hégémoniques.

Ce silence assourdissant met gravement en péril les démocraties notamment face à l’appétit prédateur et sans limite de Donald Trump qui s’est manifesté hier vis-à-vis du Venezuela et qui pourra conduire demain à des interventions à l’égard du Groenland, de Cuba, de la Colombie, de l’Iran ou de l’Europe.

La remise en cause de l’autorité de la Cour internationale de justice par les Etats-Unis oblige d’autant plus la communauté internationale à réagir fermement face aux agressions illégales et aux violations de la souveraineté des Etats.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) considère que la déclaration d’Emmanuel Macron est irresponsable autant qu’inacceptable. Elle s’inquiète du sort du peuple vénézuélien et appelle au respect des droits humains au Venezuela et elle rappelle que le droit international n’est pas l’arme des faibles, il est la garantie du respect de la souveraineté des Etats, l’instrument de la paix et constitue le premier rempart à la loi du plus fort.

Paris, le 5 janvier 2026

Télécharger le communiqué LDH « Face à l’impérialisme de Trump, la France et l’Europe ne doivent pas faire acte d’allégeance » en pdf.

Source: Face à l’impérialisme de Trump, la France et l’Europe ne doivent pas faire acte d’allégeance

Victoire de Donald Trump, vigilance et solidarité pour défendre les droits pour toutes et tous 8 novembre, 2024

Communiqué LDH

La victoire de Donald Trump n’est pas qu’une très mauvaise nouvelle, c’est une mise en danger directe de la démocratie au travers d’une élection. Elle porte la marque d’une détérioration profonde du débat public, d’un déni total de l’éthique en politique, d’une agressivité sans guère de précédent pour légitimer les valeurs les plus rétrogrades, qu’il s’agisse de la liberté des femmes, de la place des minorités visibles, des droits de toutes celles et ceux qui sont la cible de discriminations, singulièrement en raison de leurs origines, leurs apparences, leur genre. Au vu des réactions dans le monde et notamment des chefs d’Etats qui se félicitent de la victoire du candidat républicain, on peut avancer qu’elle constitue un encouragement aux régimes qui pratiquent le déni de toute transition écologique, s’en prennent à la paix, piétinent les droits, étouffent les libertés, soufflent sur les braises du nationalisme et de la xénophobie.

Le choix des électrices et électeurs américains de conforter de telles dérives est une traduction dans le champ du vote d’une multitude de facteurs sociaux, économiques, psychologiques… Il participe d’une tendance lourde générale, amorcée depuis plusieurs décennies et orchestrée par les promoteurs d’un néolibéralisme qui a exacerbé les inégalités, encouragé la mise en compétition de tous avec tous, poussé à la recherche de boucs émissaires avec son corollaire, les replis identitaires réactionnaires. Le résultat du vote aux Etats-Unis risque d’exacerber les tensions et les difficultés de toutes et de tous, introduisant le monde, dont l’Europe, dans une longue séquence de périls en tous domaines, pour l’égalité, pour la solidarité, pour des sociétés inclusives, pour la démocratie.

Les temps à venir seront marqués par une confrontation plus brutale encore entre les partisans des droits de l’Homme et leurs adversaires résolus. Cela se vérifiera dans la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes, dans le refus des hiérarchisations racistes et des discriminations qui les expriment, dans la défense pied à pied de tout ce qui fonde l’humanité comme humanité commune et solidaire. Plus que jamais, il sera nécessaire que des alternatives démocratiques, écologiques et sociales émergent pour porter un futur désirable, un futur nécessaire à l’humanité et au vivant.

Fidèle aux valeurs d’égalité, de fraternité et de liberté qui l’accompagnent depuis sa création, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) assure les défenseuses et défenseurs des droits des Etats-Unis de son entière solidarité face aux agressions qu’elles et ils vont devoir affronter.

Ce que le vote à la présidentielle américaine porte, les effets qu’il va produire nous rappellent qu’en France aussi, il y a nécessité de construire une unité autour de la large conscience du risque que représente l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite.

La LDH porte dans le débat public l’absolue nécessité de regrouper des forces diverses pour gagner ce combat. Elle affirme que seule une société fondée autour de droits effectifs, réels, vécus, pour toutes, pour tous, éloigne le danger.

Paris, le 7 novembre 2024

Télécharger le communiqué LDH en pdf.

Source: Victoire de Donald Trump, vigilance et solidarité pour défendre les droits pour toutes et tous

Crimes contre l’humanité : la justice française doit extrader l’ex-policier argentin Mario Sandoval 13 septembre, 2017

Communiqué commun ACAF, ACAT, FAL, FIDH, LDH, CAJ, CELS, LADH

11 septembre 2017, Paris, Buenos Aires – Jeudi 14 septembre, la Chambre de l’Instruction de la Cour d’appel de Versailles tiendra audience sur la demande, soumise il y a cinq ans par la République d’Argentine, d’extrader Mario Sandoval.

Ancien officier de la police de Buenos Aires, il est poursuivi en Argentine pour crimes contre l’humanité commis durant la dictature (1976-1983). Pour nos organisations, il est temps que Mario Sandoval installé en France depuis 1985 soit extradé et réponde de ses actes devant la justice argentine.

Cette audience, reportée le 1e juin dernier à la demande de la défense, fait suite à l’arrêt de la Cour de cassation de février 2015 qui était revenue sur l’autorisation d’extradition donnée par la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, en mai 2014. Nos organisations participeront à l’audience.

Mario Sandoval est poursuivi dans le cadre de l’enquête menée par le juge argentin Sergio Torres sur les crimes commis au sein de l’École supérieure de mécanique de la marine (ESMA) de Buenos Aires, le plus grand centre de détention et de torture clandestin, dans lequel plus de 5 000 détenus ont disparu durant la dictature.

Mario Sandoval est mis en cause, alors qu’il était agent de la coordination fédérale de la police argentine, dans l’enlèvement et la disparition, en octobre 1976, d’Hernán Abriata, militant de la Jeunesse universitaire péroniste.

La famille Abriata, en particulier la mère d’Hernán, Beatriz, âgée de 90 ans, et son épouse, Mónica Dittmar, témoins impuissantes de l’enlèvement par Mario Sandoval et son commando, réclament justice depuis plus de 40 ans.

A la fin de cette audience, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles indiquera à quelle date elle rendra son arrêt.

Nos organisations appellent la Chambre de l’instruction de la  Cour d’appel de Versailles à suivre l’exemple de la Cour d’appel de Paris. Elle doit prendre la mesure de l’importance du jugement de Mario Sandoval par la justice argentine dans le cadre de la lutte contre l’impunité que mène ce pays, conformément aux obligations internationales de la France, en matière de poursuites des auteurs de disparition forcée comme dispose la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

Elle doit ainsi faire écho aux propos du Procureur général de la Cour d’appel de Paris, François Falletti, qui au terme du procès devant la Cour d’assises de Paris d’anciens responsables de la dictature chilienne rappelait en 2010 : « Lorsque le sentiment de surpuissance passe par la torture, la dégradation, la négation de l’existence, le message doit être clair. Cela doit donner lieu à des sanctions quel que soit le temps, quel que soit l’espace [1] ».

Note aux rédactions :

[1] http://jac.forton.free.fr/blog_fr/index.php?entry=entry101218-195230

 

ACAF – Assemblée de citoyens argentins en France

ACAT – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture
FAL – France Amérique latine
FIDH – Fédération international des ligues des droits de l’homme

LDH – Ligue des droits de l’Homme

CAJ – Comité de Acción Jurídica

CELS – Centro de Estudios Legales y Sociales

LADH – Liga Argentina por los derechos del hombre

 



Source: Crimes contre l’humanité : la justice française doit extrader l’ex-policier argentin Mario Sandoval