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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives de l'auteur : psenegas

L’entrée de Robert Badinter au Panthéon honore la République 10 octobre, 2025

Communiqué LDH

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) salue l’entrée de ce grand humaniste au Panthéon, tant son humanité, son courage dans la défense des libertés, de la démocratie et de l’Etat de droit sont remarquables.

Garde des Sceaux de 1981 à 1986, il a défendu les principes de justice et de défense des plus faibles, comme le combat contre la peine de mort ou les quartiers de haute sécurité en prison, en dépit des menaces de mort reçues de l’extrême droite.

Il a également œuvré à la dépénalisation totale de l’homosexualité et a lutté contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes de discrimination.

Au moment même du transfert de sa sépulture au Panthéon, sa tombe vient d’être profanée, des tags s’en prenant à l’abolition de la peine de mort et à la dépénalisation de l’homosexualité, ce qui démontre l’importance de continuer ces combats.

Président du Conseil constitutionnel de 1986 à 1995, il a permis d’ériger la sauvegarde de la dignité de la personne humaine en principe à valeur constitutionnelle, sur lequel se fonde le combat actuel pour le droit au respect de la dignité en prison, dont l’effectivité n’est toujours pas garantie.

Il s’est engagé en faveur d’une juridiction pénale internationale permanente, dont nous constatons aujourd’hui plus que jamais la nécessité, à l’heure où Donald Trump prend des sanctions contre la Cour pénale internationale.

Membre de la direction de la LDH avant d’être nommé ministre de la Justice, il en a particulièrement enrichi les débats. Il avait chargé Mireille Delmas-Marty de modifier en profondeur la justice pénale, dans une commission à laquelle participait Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH, tous deux attachés à « raisonner la raison d’Etat ».

Puisse son entrée au Panthéon guider les ministres de la Justice à venir, dont les décisions devraient toujours être prises par le prisme des droits fondamentaux, au service de la défense de l’Etat de droit et de l’indépendance de la justice.

Paris, le 9 octobre 2025

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Source: L’entrée de Robert Badinter au Panthéon honore la République

La LDH appelle à refonder le contrat social pour faire barrage aux extrêmes droites 8 octobre, 2025

Communiqué LDH

Dans le contexte politique délétère des derniers jours, il importe d’en revenir aux principes qui fondent les institutions républicaines. L’action politique doit être mise au service des droits, des libertés, de la justice sociale et environnementale.

Les aspirations à plus d’égalité, plus de liberté, plus de fraternité sont puissantes dans le pays, comme l’ont montré les législatives de 2024 et le coup d’arrêt infligé à l’extrême-droite. Ces mêmes aspirations sont évidemment incompatibles avec la perspective d’une arrivée de l’extrême-droite au pouvoir d’Etat, que les forces politiques démocrates doivent combattre et repousser, en y travaillant ensemble.

Jusqu’ici, la paralysie et la chute des gouvernements successifs n’a pas amené le président de la République à tirer les conséquences du résultat de la dissolution de l’Assemblée nationale qu’il a décidée le 9 juin 2024. En refusant de choisir un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire (NFP), force arrivée en tête à l’Assemblée nationale, il a fait preuve d’une grave irresponsabilité.

La poursuite des politiques refusées par les élections est un échec patent, les forces sociales expriment clairement depuis de longs mois la nécessité de fonder les politiques publiques sur les besoins sociaux, avec des mesures immédiates de justice sociale et climatique.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) en appelle à un contrat social renouvelé, construit autour des principes de liberté, d’égalité, de solidarité, de justice et d’inclusion.

L’effectivité des droits économiques, sociaux, environnementaux et culturels doit cesser d’être la variable d’ajustement de politiques qui organisent la mise en concurrence de tous contre tous et un productivisme effréné.

La LDH appelle avec la plus grande vigueur l’ensemble des représentantes et représentants politiques à opter pour des choix institutionnels qui permettront l’établissement d’une alternative démocratique, écologique et sociale. Elle agira avec les forces de la société civile dans la séquence politique à venir.

Paris, le 8 octobre 2025

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Source: La LDH appelle à refonder le contrat social pour faire barrage aux extrêmes droites

Zemmour nie l’horreur subie par les homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale 8 octobre, 2025

Le 23 mars 2022, la LDH, à l’instar de plusieurs associations de lutte contre l’homophobie, a saisi le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris d’une plainte à l’encontre d’Eric Zemmour à la suite des écrits contenus dans son livre, La France n’a pas dit son dernier mot, paru au mois de septembre 2021 aux éditions Rubempré.

Dans son ouvrage, il est en effet possible de lire : « La déportation en France d’homosexuels en raison de leur orientation sexuelle, comme on dit aujourd’hui, est une légende ».

Ces écrits, par eux-mêmes et du fait de leur diffusion, sont constitutifs du délit de contestation de crime contre l’humanité visé à l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 modifiée.

Le 31 mai 2022, l’association Mousse déposait plainte avec constitution de partie civile.

Si le parquet avait pris des réquisitions aux fins de non-lieu le 27 juin 2023, Eric Zemmour fut renvoyé devant le tribunal correctionnel par une ordonnance du vice-président chargé de l’instruction du tribunal judiciaire de Paris, en date du 10 novembre 2023. La LDH s’est ainsi constituée partie civile aux côtés des associations Mousse, Adheos, Stop Homophobie, InterLGBT, Quazar, Sos Homophobie, Beit Haverm, et les Oublié-e-s de la Mémoire.

L’audience s’est tenue le 10 juin 2025 et le délibéré a été prononcé le 18 septembre 2025.

A cette occasion, les juges ont tout d’abord reconnu sans équivoque que la déportation des homosexuels constitue un crime contre l’humanité en droit pénal international, ce qui constitue une avancée essentielle. Au vu des éléments historiographiques produits par les parties civiles et les témoignages des historiens à l’audience, le tribunal a reconnu la matérialité des déportations d’homosexuels arrêtés pour ce motif en France, y compris hors Alsace-Moselle. Il a affirmé que de tels faits sont susceptibles de constituer un crime contre l’humanité dans la définition actuelle du droit international, au sens de l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).

Toutefois, s’agissant de la qualification visant les propos d’Eric Zemmour, le tribunal a jugé que le délit de négationnisme n’était pas constitué, en ce que la législation française réprime la contestation de l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945, lequel viserait uniquement les persécutions politiques, raciales ou religieuses, sans inclure les persécutions liées à l’orientation sexuelle.

Or l’article 6, c) du Statut du tribunal militaire international de Nuremberg vise les crimes contre l’humanité en les définissant comme « l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime ».

Selon les associations partie civiles, la présence du terme « ou bien » permet d’affirmer que la déportation, quelle que soit son motif, entre bien dans les dispositions de l’article 6 c) du Statut du tribunal militaire international de Nuremberg et par conséquent, la négation de cet acte relève du délit de négationnisme.

Par conséquent, nous relevons appel de la décision, et appelons le ministère public à en faire de même afin que la Cour d’appel puisse se prononcer sur ces faits qui ne doivent pas rester impunis.

Source: Zemmour nie l’horreur subie par les homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale

« On voit bien que ces gens-là ne sont pas neutres » : la stigmatisation du personnel de confession musulmane travaillant dans les aéroports par Lisa Hirsig 8 octobre, 2025

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« On voit bien que ces gens-là ne sont pas neutres » : la stigmatisation du personnel de confession musulmane travaillant dans les aéroports par Lisa Hirsig

Lisa Hirsig, présentée comme professeure, était l’invitée de CNews, le mardi 12 août 2025, pour réagir notamment à la suspension d’un contrôleur aérien de l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle pour avoir exprimé « Free Palestine » lors d’un échange radio avec l’équipage d’un vol de la compagnie israélienne El Al, et à l’annonce du ministre chargé des Transports de l’ouverture d’une enquête administrative.

Par des propos outrageusement stigmatisants, l’intéressée a dénigré une partie du personnel des aéroports – visés à raison de leur appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane – affirmant que ces salariés ne seraient « pas neutres », et qu’ils n’effectueraient pas leur travail de la même manière en fonction des différents voyageurs, notamment lors des fouilles, insinuant qu’ils pourraient donc favoriser certains voyageurs, l’intéressée allant jusqu’à s’interroger sur leur potentielle radicalisation et à solliciter la mise en œuvre d’une enquête à leur égard.

A ces interrogations teintées d’islamophobie, Pascal Praud répondit que l’intéressée avait « raison » de poser ces questions.

De tels propos, confortés par le présentateur de l’émission, révèlent un manque d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information et un défaut de maîtrise de son antenne par l’éditeur.

La LDH a par conséquent saisi l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), conjointement avec l’Union syndicale Solidaires, la Confédération CGT, SOS Racisme, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), l’Union locale CGT Roissy, Sud Aérien Solidaires et la CFTF Transport Aérien, le 10 septembre 2025.

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Désinformation et propos haineux : la LDH porte plainte contre Noëlle Lenoir 8 octobre, 2025

Invitée  du programme « L’heure des pros 2 été » le 8 août 2025 sur CNews, l’ancienne ministre et ancienne membre du Conseil constitutionnel Noëlle Lenoir – dont on peut légitimement attendre davantage de rigueur –  était interrogée par la journaliste sur le prétendu « gouvernement des juges » du Conseil constitutionnel, suite aux décisions rendues sur les projets de lois récemment soumis à son contrôle, et notamment la loi visant à faciliter le maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d’une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive.

L’intéressée a alors affirmé qu’en France « vous avez des millions d’Algériens qui présentent des risques majeurs, qui peuvent sortir un couteau dans le métro, dans une gare, dans la rue, n’importe où ou prendre une voiture et rentrer dans une foule, et bien non c’est excessif de les garder six ou sept mois le temps qu’ils fichent le camp puisqu’ils n’ont rien à faire chez nous et qu’en plus ils nous menacent ».

En visant des « millions d’Algériens », Noëlle Lenoir fait ainsi non seulement œuvre de désinformation, mais vise nécessairement l’ensemble des Algériennes et Algériens résidents en France.

Aussi, il importe peu que l’intéressée se soit par suite rétractée en affirmant « Il fallait évidemment entendre milliers et non pas millions. Cela corrigé, je maintiens mes propos », maintenant par la même occasion la teneur de ses propos envers les ressortissant-e-s algérien-ne-s.

De tels propos suscitent indéniablement du public la haine et le rejet des ressortissant-e-s algérien-ne-s résidant en France. Une plainte a donc été déposée le 16 septembre 2025 par la LDH pour provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur nationalité.

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a également été saisie le même jour, aucun semblant de réaction ou de contradiction n’ayant eu lieu, l’invitée étant au contraire confortée voire encouragée à développer ses propos, laissant alors apparaître un manque d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information et un défaut de maîtrise de son antenne par l’éditeur.

Source: Désinformation et propos haineux : la LDH porte plainte contre Noëlle Lenoir

Décision de suspension des évacuations de gazaouis : des recours sont introduits 8 octobre, 2025

Le 1er août 2025, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a publiquement et verbalement fait état, sur la chaîne de radio France Info, de la décision de suspendre toutes les évacuations de personnes palestiniennes depuis la bande de Gaza vers la France « tant que les conséquences d’une enquête interne » (portant sur un incident lié au comportement présumé d’une étudiante originaire de Gaza, à Lille) n’auront pas été tirées.

Le ministre a ainsi annoncé le gel des évacuations de gazaouis vers la France pour une durée indéterminée, dans l’attente des conclusions d’une enquête interne.

Par deux requêtes au fond et deux requêtes en référé introduites sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, plusieurs associations (le Gisti, le Mouvement pour la Justice, l’Union juive pour la paix) ainsi que plusieurs personnes physiques ont demandé au juge des référés :

– de suspendre l’exécution de la décision du 1er août 2025 par laquelle le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a suspendu les évacuations depuis la bande de Gaza ;

– à ce qu’il soit enjoint de reprendre l’enregistrement et l’instruction des demandes d’admission sur le territoire français sollicitées par des ressortissant-e-s palestinien-ne-s depuis la bande de Gaza ;

– à ce qu’il soit enjoint au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de prendre l’ensemble des mesures utiles afin de garantir l’admission sur le territoire français de ressortissant-e-s palestinien-ne-s.

La LDH a décidé d’intervenir volontairement au soutien de ces requêtes.

L’audience a été fixée au 25 septembre 2025.

Source: Décision de suspension des évacuations de gazaouis : des recours sont introduits

Les associations font partie de notre quotidien, le 11 octobre mobilisons-nous pour les sauver 8 octobre, 2025

Appel commun dont LDH est signataire

Les associations, c’est 20 millions de bénévoles, 1,8 million de salarié-es et 67 millions de Françaises et de Français concernés par leurs actions.

Elles agissent dans tous les territoires, dans toutes les sphères de la vie quotidienne. Solidarités, éducation populaire, culture, sport, santé, environnement, accompagnement des plus fragiles, les associations sont au cœur de nos vies, au cœur de notre société, en France et à l’international. Elles donnent une voix à celles et ceux qui n’en ont pas, elles créent du lien, elles permettent l’engagement citoyen, elles rendent possible l’impossible.

Et pourtant, nous traversons une crise sans précédent :
– baisse de financements ;
– précarité croissante et augmentation des besoins ;
– dégradation des conditions et risque de disparition.

Alors même qu’affaiblir les associations n’a pas de sens :
– elles changent concrètement la vie des gens ;
– elles offrent du pouvoir d’agir et renforcent les liens sociaux ;
– elles sont un remède à la crise démocratique que nous traversons.

Ca ne tient plus !

Consultez la carte des mobilisations partout en France le samedi 11 octobre 2025

A Paris, rassemblement place de la République de 14h à 17h. La LDH tiendra un stand au village des associations.

Soyons nombreux et nombreuses au RDV pour soutenir les associations et célébrer leur diversité et force d’action.




Source: Les associations font partie de notre quotidien, le 11 octobre mobilisons-nous pour les sauver

Procès « AFO » : la LDH reconnue pour porter la voix des victimes de l’extrême droite devant les tribunaux 8 octobre, 2025

Communiqué LDH

Du 10 juin au 2 juillet 2025, s’est tenu le procès « AFO », au cours duquel ont été jugés seize prévenus membres d’un groupe d’extrême droite nommé « Action des forces opérationnelles » (AFO), pour plusieurs infractions dont l’association de malfaiteurs terroriste et la détention d’armes et munitions.

Ce groupe, composé de treize hommes et trois femmes, âgés entre 39 et 76 ans, avait pour projets de tuer deux-cents imams, d’attaquer des mosquées, de lancer des grenades dans des véhicules de personnes supposées musulmanes, ou encore d’empoisonner de la nourriture halal, avec pour ennemi commun à combattre : les personnes musulmanes ou supposées comme telles.

S’agissant d’attaques indiscriminées à l’encontre de membres de la communauté musulmane, visée de façon raciste, islamophobe et xénophobe, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) s’est constituée partie civile, conformément à ses statuts, et cela a été jugé recevable par le tribunal dans son délibéré rendu le 30 septembre 2025. Nathalie Tehio, présidente de l’association, soulevait l’importance de cette reconnaissance : « L’association a non seulement été reconnue recevable pour défendre les victimes de l’islamophobie, mais aussi pour porter la voix de la société civile contre l’extrême droite, la xénophobie et le racisme. Cette décision ne peut que renforcer notre détermination à combattre, par la voie du droit également, l’extrême droite ».

L’organisation d’attaques de lieux de cultes, d’assassinats s’inscrit en effet dans le sillage des discours politiques de l’extrême droite sur un soi-disant « grand remplacement » qui reposerait sur un projet fantasmé de « remplacement » de la population française et européenne par une population originaire, en premier lieu, d’Afrique subsaharienne et du Maghreb. Cette idéologie complotiste sert de substrat à ces actes visant à organiser des attentats.

La réalité de ce qu’est l’extrême droite, qu’on voit de plus en plus clairement à l’international comme en France, doit se combattre tant dans l’espace public que dans les tribunaux.

Paris, le 6 octobre 2025

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Source: Procès « AFO » : la LDH reconnue pour porter la voix des victimes de l’extrême droite devant les tribunaux

Sans respect pour le climat et le social, refuser l’accord EU-Mercosur 8 octobre, 2025

Communiqué LDH

L’Union européenne (UE) est sur le point d’engager la ratification de l’accord sur les échanges avec les pays du Mercosur. Les autorités françaises semblent prêtes à abandonner les exigences environnementales et sociales qu’elles mettaient en avant jusqu’ici sous pression de la société civile. L’absence de ces exigences fait que l’accord est sans aucun doute dangereux pour le climat, l’environnement et les droits sociaux. L’accélération institutionnelle, poussée par la Commission européenne et certains Etats membres, se fait en prétextant avoir là une réponse à la politique de droits de douanes mise en œuvre par le président des Etats-Unis. Non seulement il n’en est rien, mais la lutte contre la déforestation, contre le réchauffement climatique, pour le respect des droits humains ne peuvent être des variables d’ajustement !

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) appelle donc à manifester le 14 octobre 2025 à Paris en soutien de la mobilisation « Bloquons ensemble l’accord UE-Mercosur » initiée par la Confédération paysanne et relayée par le Collectif national Stop Mercosur. La politique agricole est l’affaire de toutes les citoyennes et de tous les citoyens ; c’est donc le moment d’exiger de manière très large une agriculture recentrée sur les besoins des populations, assurant de bonnes conditions de travail et un revenu décent aux paysans et paysannes, un travail qui puisse être respectueux des écosystèmes, faisant reculer la spéculation, l’exploitation et l’échange inégal, garantissant à toutes et à tous le droit à une alimentation saine et durable.

Le 14 octobre 2025, faisons entendre nos voix pour une politique agricole démocratique, sociale et écologique !

Paris, le 6 octobre 2025

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Source: Sans respect pour le climat et le social, refuser l’accord EU-Mercosur

France : démocratie en décrochage – Entraves à l’exercice des libertés associatives et de la liberté de manifester 28 septembre, 2025

Rapport de la LDH et de l’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains (un programme conjoint de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture – OMCT)Un rapport publié ce 25 septembre 2025 par l’Observatoire pour la protection des défenseur-e-s des droits humains (un programme conjoint de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture – OMCT), avec la LDH (Ligue des droits de l’Homme), dresse un constat sévère : les libertés publiques connaissent une régression profonde et structurelle en France. Narratifs hostiles, dissolutions administratives et répression policière, réductions des financements publics, harcèlement et violences à l’encontre des défenseur·es des droits humains, marquent le rétrécissement de l’espace civique.

« La France aime rappeler son rôle historique dans la défense des droits humains ; elle se présente volontiers comme la « patrie des droits de l’Homme » et ne se prive pas de donner des leçons aux autres pays en matière de démocratie et de respect des libertés civiles  », rappelle Alice Mogwe, présidente de la FIDH. «  Mais aujourd’hui, son propre modèle démocratique est mis à mal par des pratiques qui sortent des fondements de l’État de droit et bafouent les droits fondamentaux.  »

Un climat de défiance et de stigmatisation

Le rapport met en exergue plusieurs cas très concrets. En 2020, le gouvernement a prononcé la dissolution du Collectif contre l’islamophobie (CCIF) en France. Une mesure d’exception utilisée comme instrument politique, validée par le Conseil d’État malgré des critiques circonstanciées. Pour la FIDH, l’OMCT et la LDH, ce cas emblématique illustre la manière dont la lutte contre le terrorisme a été instrumentalisée pour réduire au silence des voix critiques.

«  La dissolution du CCIF a marqué un tournant,  » alerte Nathalie Tehio, présidente de la LDH. «  Cet usage dévoyé du droit de dissolution, qui est désormais utilisé en raison des seuls propos tenus par les membres des associations en dehors de l’activité de celles-ci, crée un climat de peur et menace toute la société civile. De plus, l’État ne protège pas assez les associations des attaques virulentes de l’extrême-droite. Par ailleurs, les attaques pour museler toute expression discordante collective ne visent pas seulement les associations, elles sont aussi visibles dans la rue, avec une politique de maintien de l’ordre brutale. »

Adoptée dans le prolongement de la dissolution du CCIF, la loi « séparatisme » ajoute des motifs de dissolution des associations et est à l’origine du « contrat d’engagement républicain ». Ce dernier impose aux associations de nouvelles règles de conformité pour l’obtention de financements publics. Cependant, en l’absence de critères précis, ils laissent une large place à l’arbitraire et entretiennent un climat d’autocensure.

Le rapport documente aussi la multiplication des campagnes politiques et médiatiques de dénigrement contre les associations. Menaces de retraits de subventions, accusations d’« écoterrorisme », délégitimation de leur action : ces discours stigmatisants, autrefois marginaux, sont désormais systématiques. Ils sont d’autant plus inquiétants qu’ils émanent aussi des plus haut·es représentant·es de l’État, comme lorsque la première ministre de l’époque, Mme Borne, ou son ministre de l’intérieur, M. Darmanin, s’en sont pris directement à la LDH.

Pour Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT, « En période de tensions politiques, le rôle des organisations et des défenseur·e·s des droits humains est crucial. Dans une démocratie, des organisations comme la LDH doivent pouvoir faire entendre leurs alertes et exprimer leurs inquiétudes. Cela comprend le droit de dénoncer des violations présumées, notamment en matière de violences policières. Comme dans le reste de l’Europe, il est essentiel de préserver ce socle fondamental de démocratie et de droits humains. »

Répression policière des mobilisations : démocratie en danger

Autres mouvements citoyens dans le viseur des autorités : les initiatives écologistes. Les mobilisations contre le chantier de l’autoroute A69 et les méga-bassines ont donné lieu à une répression policière particulièrement violente. Arrestations massives, gardes à vue abusives, surveillance intrusive et usage disproportionné de la force : autant de pratiques contraires aux engagements internationaux de la France.

« Les défenseur·es de l’environnement sont criminalisés·es pour avoir exercé un droit fondamental : manifester pacifiquement, » souligne Aïssa Rahmoun, secrétaire général de la FIDH. « La violence et l’impunité policières atteignent un niveau critique, qui met en danger les libertés démocratiques dans leur ensemble en France.  »

Bien que certains mouvements fassent l’objet d’une répression accrue, celle-ci s’étend désormais à toutes les luttes : du féminisme à la cause des exilé.e.s, en passant par l’anti-racisme et les droits des minorités, c’est l’ensemble de la société civile qui est touchée.

La FIDH, l’OMCT et la LDH demandent aux autorités françaises de reconnaître le rôle essentiel des associations et défenseur·euses des droits humains, de garantir le droit de manifester et de rétablir un dialogue sincère avec la société civile.

« Ce rapport ne se limite pas à dresser un constat alarmant. Il appelle à un sursaut. La France doit choisir entre rester fidèle à ses principes démocratiques et continuer à glisser vers une logique de remise en cause des droits fondamentaux et de rupture avec l’État de droit qui, à terme, ne peut que la faire sombrer dans l’autoritarisme », conclut Alice Mogwe.

Télécharger le rapport en français et en anglais.

Paris/Genève, 25 septembre 2025

Source: France : démocratie en décrochage – Entraves à l’exercice des libertés associatives et de la liberté de manifester