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Ligue des droits de l'Homme

Section du Pays d'Aix-en-Provence

Archives du tag : Migrations

Tribune collective – “L’éducation aux migrations permet de recréer les solidarités indispensables pour agir sur les fragilités de notre société” publiée sur Lemonde.fr 8 juin 2021

Tribune collective, signée par Malik Salemkour, président de la LDH, et Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la LDH, et publiée dans Le Monde

Un collectif d’associations engagées dans l’éducation aux migrations et de chercheurs spécialisés dans l’étude des phénomènes migratoires dénonce, dans une tribune au « Monde », les amalgames entre immigration, migrants, communautarisme, islam et terrorisme.

Suite aux chocs successifs des attaques terroristes, et quelques jours après l’hommage rendu à la fonctionnaire de police Stéphanie Montferme, notre société fait face à un traumatisme émotionnel et doute profondément du “modèle français d’intégration”. Inquiets de la diffusion dans les discours politiques et médiatiques de propos qui renforcent les amalgames visant les migrants, considérés comme suspects par nature, nous, acteurs engagés pour l’éducation aux migrations portons une autre approche, basée sur le discernement, la raison et la rencontre des populations. Nous ne sommes pas naïfs, l’usage de la terreur à des fins idéologique, politique ou religieuse ne cessera pas dans l’immédiat, mais pour que la société française puisse traverser ces épreuves douloureuses, elle doit gagner en empathie et permettre la coexistence de tous. C’est précisément ce que vise cette éducation aux migrations.

Un pays en état de choc

Si elle n’est pas la seule cible des terroristes, la France fait bien partie des pays qui payent le plus lourd tribut. Six ans après les attentats de 2015, la France est toujours l’objet d’attaques menées par des fanatiques se revendiquant de l’islam : attaque au couteau devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, assassinat d’un professeur, Samuel Paty, qui avait utilisé des caricatures dans son cours d’instruction civique, assassinat de trois personnes dans la cathédrale de Nice, nouveau meurtre d’une fonctionnaire de police à proximité de son lieu de travail (après ceux de 2016 et 2019).

Les modalités du passage à l’acte et les profils des meurtriers sont certes différents, mais la volonté de punir la France en tant que pays où la liberté d’expression et la laïcité sont les socles du pacte républicain est souvent utilisée comme justification idéologique : ainsi, tous ceux qui par leur profession contribuent à l’organisation de la vie de la Nation sont des cibles. Cette violence vise à nous terroriser, à nous diviser, et nous ne la minimisons pas. Comme toutes les formes d’intégrismes religieux ou politiques, l’idéologie islamiste recherche à anéantir notre capacité à faire société. A chaque fois c’est un même piège qui nous est tendu : celui de réagir avec des politiques perçues comme stigmatisantes et discriminantes, qui fourniront à coup sûr du carburant aux extrémismes de tous bords.

Déconstruire les amalgames est nécessaire

Depuis plusieurs années, la mécanique d’un certain discours politique et médiatique établit un lien systémique entre islam, communautarisme, islamisme, immigration, insécurité et menace terroriste : les dernières enquêtes d’opinion en date illustrent bien à quel point ces discours s’ancrent dans les représentations des français. Cette idée est pourtant démentie par des faits : aucun lien de cause à effet entre ces notions ne peut être démontré. Les phénomènes de radicalisation et de terrorisme sont présentés comme étant massifs, or les indicateurs témoignent que ces raccourcis sont éloignés des réalités :  trois quarts des auteurs d’actes terroristes sont français. Ces individus, aussi dangereux soient-ils, concernent quelques dizaines de personnes au regard des 14 millions de français d’origine immigrée, des 5 millions de musulmans sur notre sol, des milliers de demandeurs ou de bénéficiaires du droit d’asile.

Ces raccourcis constituent également un danger. Sous l’effet du traumatisme collectif, ils renforcent la stigmatisation des migrants, des réfugiés, et de tous ceux qui peuvent être perçus comme “l’autre”. Parce que les auteurs des crimes récents sont étrangers ou descendants d’immigrés et disent agir “au nom de l’Islam”, tous les immigrés, toutes les personnes supposées musulmanes deviendraient suspects ? Succomber à ces peurs, c’est infliger à des populations fragiles une forme de punition collective. La réponse répressive (renforcement des forces aux frontières) produit peu de résultats,  si ce n’est de rendre encore plus dangereuses les routes migratoires. Les appels au Djihad, en libre service sur les réseaux sociaux, se jouent des frontières et la surveillance du web par le biais d’algorithmes ne constituera pas une réponse de fond à la diffusion de cette idéologie, suffisamment malléable et puissante pour être perçue comme un refuge pour des personnalités instables ou fragiles. Enfin, la rhétorique de l’ennemi intérieur peut conduire à suspecter toute personne étrangère ou appartenant à une minorité visible.

Déconstruire ces amalgames mortifères n’est en rien excuser. Nous appelons au contraire à dénoncer l’islamisme et les violences, tout en gardant à l’esprit qu’ils sont aussi le symptôme d’une époque où règnent discriminations, confusion, défiance et infox, où faire entendre des arguments rationnels sur ces sujets est complexe : la faute à des préjugés enracinés, confortés par des discours qui instrumentalisent les faits et les données scientifiques.

Quand nos concitoyens sont tiraillés entre fidélité aux principes d’accueil et peur de ne plus avoir les moyens d’intégrer de nouveaux arrivants, il nous apparaît urgent d’expliquer les migrations comme la recherche d’une “vie meilleure » et de rétablir les conditions d’un “vivre ensemble” dans une société marquée par la diversité des origines et qui le restera : il y a près de 5 millions d’étrangers en France, pour la grande majorité “intégrés”.

L’éducation aux migrations pour favoriser l’émergence d’un regard objectif sur le fait migratoire 

Nous sommes nombreux à pouvoir et vouloir agir en faveur de cette éducation aux migrations.

Nos principes constitutionnels garantissent le droit à l’instruction et à l’enseignement supérieur pour tous, participant activement à l’intégration des migrants par la qualification et l’accès à l’emploi. Ainsi les enseignants font vivre la citoyenneté, la laïcité, et la fraternité. Ils sont malheureusement  insuffisamment soutenus et formés à la pédagogie des valeurs républicaines Il faut renforcer l’École en développant l’enseignement de l’histoire de l’immigration, du fait religieux ; et démocratiser des dispositifs comme “ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants”, qui propose apprentissage du français, sensibilisation aux valeurs de la société française, et compréhension de l’institution aux parents primo-arrivants.

De leur côté, les chercheurs produisent de nombreux travaux sur le fait migratoire. Le diagnostic existe, et il montre l’abondance de ces recherches. Ces productions nous permettent de dépasser les représentations collectives pour objectiver les phénomènes à l’aide de  données et de statistiques. Nous pensons qu’ils doivent être démocratisés sans instrumentalisation.

L’éducation aux migrations est aussi une donnée de l’action de nombreux élus locaux, en première ligne face à la montée des intolérances, aux prises avec des réalités complexes – accueil des mineurs étrangers et des nouveaux arrivants, logement, lutte contre la ségrégation urbaine et sociale- : or, trente ans de politiques urbaines et sociales inégalitaires ont concentré toutes les difficultés dans certains territoires : un “séparatisme” imposé et subi. Face à ces situations, de nombreuses communes agissent, certaines plaidant pour l’accueil inconditionnel des personnes.

Des initiatives citoyennes, à la croisée de la recherche et des médias se mobilisent pour créer les conditions d’un débat public apaisé en détectant et en contrant les infox relatives aux faits migratoires. L’éducation populaire doit continuer à jouer pleinement son rôle de sensibilisation et de facilitatrice sur le terrain.

La nouveauté dans l’éducation aux migrations est à chercher dans les coopérations entre acteurs d’horizons divers -chercheurs, élus locaux, éducation populaire- convaincus que le développement de l’esprit critique est le socle d’une citoyenneté active. Cette coopération en maturation est prometteuse, à la fois en termes d’innovation et d’impact sociétal. Elle donne lieu à la création de dispositifs pédagogiques variés et immersifs (ateliers, formations, expositions, conférences, etc.), mais reste encore trop souvent confidentielle.

Le terrorisme islamiste vise certes à nous terroriser mais plus encore à nous diviser entre français et étrangers, entre croyants et non-croyants, entre les musulmans et les autres, à ériger un mur entre “eux” et “nous”. Nous ne sommes pas naïfs et ne pensons pas que l’éducation aux migrations constitue une réponse face à la violence djihadiste, ni même que les phénomènes de radicalisation vont s’arrêter à court terme. Éduquer aux migrations, c’est agir  en profondeur afin de retisser des liens et recréer les solidarités indispensables pour agir sur les fragilités de notre société. Si la mobilisation des énergies citoyennes et de tous les acteurs est capable de (ré)activer notre sentiment d’appartenance à une humanité commune, composée de femmes, d’hommes et d’enfants sédentaires ou en situation de mobilité choisie ou forcée, alors nous aurons fait un grand pas vers une société bien plus résiliente et bien moins perméable à tous les obscurantismes.

Source: Tribune collective – “L’éducation aux migrations permet de recréer les solidarités indispensables pour agir sur les fragilités de notre société” publiée sur Lemonde.fr

Lettre sur la situation à la frontière entre la Grèce et la Turquie 5 mars 2020

Lettre ouverte de plusieurs organisations associatives et syndicales, dont la LDH, à l’attention du Président de la République

 

Objet : Situation à la frontière entre la Grèce et la Turquie

Paris, le 4 mars 2020

Monsieur le Président,

Depuis plusieurs jours, un nombre important de personnes en grande détresse affluent aux frontières entre la Turquie et la Grèce. Elles sont prises au piège, coincées entre les deux lignes de frontières. Parmi elles, un nombre important de réfugié-e-s syrien-ne-s et une grande proportion de femmes et d’enfants.

L’instrumentalisation de ces populations par le Président turc ne fait aucun doute mais la réponse européenne ne peut être purement sécuritaire. Si les enjeux sont aussi diplomatiques en raison de la situation au nord de la Syrie et dans les pays avoisinants, ils sont avant tout humanitaires.

Nous ne pouvons voir se reproduire la situation de 2015 en pire. La « crise » qui se joue aux frontières de l’Union européenne concerne avant tout l’accueil des personnes réfugiées.

La réaction des autorités grecques et l’impuissance de l’Union européenne sont humainement catastrophiques et politiquement inacceptables. Les principes de base du droit international sont bafoués : blocage des frontières, suspension du droit d’asile, menace de renvoyer « si possible dans son pays d’origine » toute personne entrée sur le territoire grec sans procéder au moindre examen de situation.

Au moment où l’extrême droite attise plus que jamais les tensions, nous pensons qu’il y a urgence à tout faire pour que l’Union européenne et ses Etats membres fassent preuve d’une humanité à la hauteur des besoins. Elle a politiquement tout à perdre en refusant de voir la réalité des enjeux.

Le droit européen permet de faire face à cette situation : la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l’octroi d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées qui ne peuvent rentrer dans leur pays d’origine est prévue spécifiquement pour les cas exceptionnels comme ce qui se passe aujourd’hui à la frontière gréco-turque. Ce mécanisme peut être enclenché sur demande de tout Etat membre. Cet Etat peut être la France.

Vous avez à de nombreuses reprises appelé à la solidarité européenne. C’est pourquoi les signataires de cette lettre vous demandent d’intervenir en ce sens et de tout faire pour que l’Union européenne prenne les mesures nécessaires pour accueillir dignement celles et ceux qui se présentent à ses frontières dans le respect des normes internationales, du droit européen et tout simplement des droits de l’Homme.

Vous comprendrez que cette démarche soit rendue publique.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Signataires : Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), Association des avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Association de soutien aux Amoureux au ban public, Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita), Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour (Ardhis), Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac), Auberge des migrants, Carré géo-environnement, Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), Centre Primo Lévi, La Cimade, Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire), Confédération générale du travail (CGT), Emmaüs France, Fédération syndicale unitaire (FSU), Forum réfugiés-Cosi, Jesuit refugee service France (JRS France), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Médecins du monde (MDM), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Roya citoyenne, Secours Catholique-Caritas France, Solidarité laïque, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la magistrature (SM), Tous migrants, Union syndicale Solidaires, Unir les associations pour développer les solidarités (Uniopss), Utopia 56.

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Source: Lettre sur la situation à la frontière entre la Grèce et la Turquie

Migrants : refusons un cynisme mortel 5 mars 2020

Communiqué LDH

Depuis plusieurs jours, un nombre important de personnes en grande détresse affluent aux frontières entre la Turquie et la Grèce.

Ces mouvements semblent être délibérément « accompagnés » par les autorités turques. Il ne fait aucun doute que Recep Tayyip Erdoğan instrumentalise à nouveau la question des réfugiés pour exercer une pression sur les enjeux militaires et diplomatiques liés au sort du nord de la Syrie.

De fait, près de quatre millions de réfugiés, majoritairement syriens, sont aujourd’hui sur le territoire turc, ce qui en fait le premier pays d’accueil au monde pour les réfugiés.

La situation de la crise aux frontières s’enracine dans le déni de réalité dans lequel l’Union européenne (UE) se complait depuis 2015, en refusant de voir que cette « crise » qui se joue à ses frontières n’est pas celle des réfugiés mais celle de leur accueil. Cet aveuglement, la fermeture des frontières qui l’accompagne, sont autant d’obstacles à la mise en place d’un accueil digne pour celles et ceux qui fuient la guerre en Syrie et les situations de tension dans les pays environnants. Alors qu’elle est la zone économique la plus riche du monde, l’UE choisit d’ignorer les drames qui se jouent et ceux que son aveuglement prépare.

Dans ce contexte, la réaction des autorités grecques est humainement catastrophique et politiquement inacceptable avec la suspension du droit d’asile et le déploiement des forces militaires.

Plusieurs milliers de personnes semblent aujourd’hui prises au piège, coincées entre les deux frontières. Alors que leur nombre ne cesse d’augmenter, la seule réaction des autorités grecques consiste à arrêter et condamner comme passeurs un certain nombre d’entre elles.

Il n’est pas possible de fermer les yeux. Pas possible de laisser mourir des milliers de personnes sans pousser un cri d’alarme. Pas possible de laisser s’installer une sorte d’indifférence assassine et déshonorante.

L’Europe à tout à gagner à agir, à faire le nécessaire pour faire montre d’humanité à la hauteur des besoins. Elle a politiquement tout à perdre en détournant le regard. 

Il est encore temps d’agir. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) presse le gouvernement français de ne ménager aucun effort pour pousser ses partenaires européens à aller dans ce sens. 

Paris, le 2 mars 2020

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Source: Migrants : refusons un cynisme mortel

Journée internationale des migrant-e-s le 18 décembre : liberté, égalité des droits 8 décembre 2019

Appel à la mobilisation de plusieurs organisations, dont la LDH, à 18h place de la République

Nous, collectifs de sans-papiers et migrant-e-s, syndicats, associations, collectifs de solidarité, états généraux des migrations, marche des solidarités appelons à des manifestations et rassemblements le 18 décembre, journée internationale des migrant-e-s.

Nous marcherons toutes et tous ensemble pour affirmer avec encore plus de vigueur : « Egaux, Egales, personne n’est illégal ».

Nous marcherons pour la ratification par la France de la « convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille » adoptée par l’ONU le 18 décembre 1990 et qui vise à garantir l’égalité de traitement entre travailleurs et travailleuses français-e-s et immigré-e-s.

Nous marcherons pour stopper la montée des nationalismes, le développement du fascisme et de toutes les formes de racisme.

Nous marcherons en mémoire des dizaines de milliers de femmes, d’enfants et d’hommes mort-e-s sur les routes de la migration, victimes des frontières et des politiques meurtrières des gouvernements des pays les plus riches de la planète et de leurs complices.

Nous marcherons pour la liberté de circulation, pour la fin du système de Dublin, l’abandon de la directive retour et la fermeture des centres de rétention.

Nous marcherons contre l’idée fausse que l’immigration crée du dumping social, pour la régularisation des sans-papiers et pour l’égalité des droits de toutes et tous.

Nous marcherons pour soutenir et amplifier les grèves et luttes des sans-papiers pour obtenir leur régularisation et la justice sociale.

A l’heure où le gouvernement annonce des mesures sans précédent : immigration « choisie », privation – pour les demandeurs d’asile – d’accès à la protection maladie pendant les trois premiers mois après le dépôt de leur demande, durcissement des conditions d’accès à l’Aide médicale d’Etat (AME), nous marcherons pour affirmer que l’égalité ne se discute pas, elle doit être mise en œuvre, maintenant.

C’est la précarisation générale et la remise en cause des acquis sociaux par les politiques répressives et d’austérité menées par les gouvernements successifs, spécialement celui d’Emmanuel Macron, qui exacerbent les discours de haine, accroissent la pauvreté et le repli sur soi dans la population.

C’est en luttant ensemble que nous pourrons nous battre efficacement pour une société meilleure, solidaire et égalitaire.

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Le 29 novembre 2019

Source: Journée internationale des migrant-e-s le 18 décembre : liberté, égalité des droits

18 Décembre 18h : journée internationale des migrant-e-s 5 décembre 2018

Appel à la mobilisation de plusieurs organisations, dont la LDH, à 18h place de la République

Nous, collectifs de sans-papiers et migrant-e-s, syndicats, associations et Marche des solidarités appelons à des manifestations et rassemblements dans tout le pays le 18 décembre à l’occasion de la Journée Internationale des migrant-e-s.

Nous marcherons toutes et tous ensemble, contre la montée des nationalismes, des racismes et des fascismes qui s’étendent sur l’Europe et le monde. Nous marcherons aux flambeaux en mémoire des dizaines de milliers de femmes, hommes et enfants mort-e-s sur les routes de la migration victimes des frontières et des politiques anti-migratoires des gouvernements des pays les plus riches de la planète et de leurs complices.
Nous marcherons pour en finir avec ces mort-e-s, pour la liberté de circulation et la fermeture des centres de rétention.
Nous marcherons contre l’idée que l’immigration crée du dumping social, pour la régularisation des sans-papiers et pour l’égalité des droits.
Nous marcherons pour la ratification par la France de la « Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille » adoptée par l’ONU le 18 décembre 1990 et qui vise à garantir l’égalité de traitement entre travailleurs français et immigrés.
C’est la précarisation générale, la remise en cause des acquis sociaux par les politiques d’austérité menées par nos gouvernants qui nourrissent les sentiments de
mal-être et de repli sur soi dans la population. C’est en luttant ensemble que nous pourrons nous battre efficacement pour une société meilleure et égalitaire.

Premiers signataires : Cispm, CSP75, CSP Paris 20, CSP 17-St Just, Intégration 21, Collectif Schaeffer Aubervilliers, Droits devant !! / CGT, Union syndicale Solidaires, CNT, CNT-SO, Émancipation tendance intersyndicale, Syndicat de la Magistrature / Assemblée des blessé-e-s, Association Bread and Roses, Acort, ACTIT, AFAPREDESA, ADTF, AMF, AIDDA, Association Kolone, Association Stop précarité, ATF, ATMF, Attac, Collectif 20e Solidaire avec tou-te-s les migrant-e-s, CADTM, Collectif 3 C, Collectif Faty Kumba, Collectif Rosa Parks, Collectif pour l’avenir des foyers, Collectif solidarité migrant-e-s Paris centre, Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-e-s, CRLDHT, D’ailleurs nous sommes d’ici 67, DAL, Fasti, FETAF, FTCR, Fondation Frantz Fanon, Gisti, Identité plurielle, IPAM-Cedetim, LDH, Mouvement pour la dignité et les droits des Maliens, Mrap, Organisation de femmes égalité, Paris d’exil, RESF, REMCC, Réseau IDD, UTAC, UJFP, United migrants, Vies volées, ZSP18 / Revue Vacarme / AL, Ensemble, EÉLV, Mouvement Écolo, NPA, PCF, PCOF, SKB…

Télécharger l’appel en PDF

 






Source: 18 Décembre 18h : journée internationale des migrant-e-s

Sauvons l’Aquarius et le sauvetage en mer ! 9 octobre 2018

Appel à rassemblement partout en Europe

La LDH se joint à l’appel de SOS Méditerranée pour une mobilisation citoyenne à l’échelle européenne, afin de demander à tous les Etats d’Europe :

  • De prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de reprendre sa mission de sauvetage le plus rapidement possible ;
  • De faire respecter le devoir d’assistance aux personnes en détresse en mer ;
  • D’assumer leurs responsabilités étatiques en établissant un véritable modèle de sauvetage en Méditerranée.

Une pétition internationale, avec 1 million de signatures attendues, est également lancée, nous comptons sur vous !

JE SIGNE LA PETITION

Vague orange samedi 6 octobre 2018 !

Nous appelons tous les citoyens et citoyennes à descendre dans la rue à 14h30 en t-shirt orange afin de soutenir les valeurs d’humanité portées par SOS Méditérranée.
Tous sont invités à rejoindre les rassemblements pacifiques et apolitiques.
SOS Méditerranée et plusieurs organisations organiseront des rassemblements citoyens dans plusieurs villes d’Europe et en France.

La pétition est accompagnée d’une campagne digitale où chaque citoyen est invité à se filmer ou se photographier avec les hashtags #SaveAquarius et #SaveRescueAtSea

Pour organiser une manifestation, contactez

Paris : Place de la République 14h30
Marseille : Vieux-Port – Place Gabriel Péri
Nantes : Square Jean-Baptiste Daviais
Montpellier : Place de la Comédie
Brest : Place de la Liberté
Bordeaux : Place Pey Berland
Quimper : Place Terre aux Ducs
Morlaix : Place des Otages
Concarneau : Place du 8 mai 1945
Lyon : Place de la République
Toulouse : Place Saint-Pierre
Grenoble : Esplanade Alain Le Rey
Saint-Étienne : Place Jean-Jaurès
Rennes : Place de la République
Mouans-Sartoux : Cinéma La Strada
Lille : Place de la République à 14h30
Amiens : Place de la Maison de la Culture à 14h30
Biarritz : Devant la grande plage à 14h30
Saint-Nazaire : Plage de Saint-Nazaire 16h
Mende : Marches de la cathédrale, Place Urbain V. à 10h30
Nyons : Place de la Libération à 14h30
Nîmes : à venir à 14h30
Auxerre : 15h place de l’Hôtel de Ville
Le Mans : 15h sur le parvis du théâtre des Quinconces
Dijon : 15h30 place de la Libération
Beauvais : 15h place Jeanne Hachette
Ajaccio : 18h devant la préfecture
Bastia : 14h30 festival des cultures en Méditerranée
Vouziers : 11h30 devant l’Hôtel de Ville
Angers : 14h30 place du Ralliement
Caen : 13h place Bouchard
Chartres : 10h30 marché de Chartres
Guingamp : 9h place du Champ-au-Roy
Lannion : 11h30 place du Marc’hallah
Lons le Saunier : 14h30 place de la liberté
Nancy : 14h30 place Maginot
Narbonne : 14h devant l’Hôtel de Ville
Nevers : 14h30 place de la Résistance
Orléans : 14h30 place du Martroi
Royan : 14h30 Carrefour des droits de l’Homme
Saint Omer : 14h30 place principale
Toulon : 14h30 place de la Liberté

Calais : 14h place d’armes à Calais

Strasbourg : 14h30 devant le centre Bernanos
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Ces derniers mois, l’Aquarius, affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières, a été la cible de manœuvres politiques visant à criminaliser ses équipes et à mettre un terme à sa mission vitale de sauvetage. Après la fermeture des ports italiens et les difficultés récurrentes à trouver un lieu sûr pour débarquer les rescapés, l’Aquarius a été attaqué à deux reprises par l’Etat du pavillon – Gibraltar en août puis Panama qui a annoncé son intention de radier le navire de ses registres. Sans pavillon, l’Aquarius serait contraint de rester à quai, alors qu’aux portes de l’Europe, en l’absence de tout navire de sauvetage civil en Méditerranée centrale, les morts se multiplient. Autant de vies qui disparaissent en silence, tandis que les Etats européens ferment les yeux.













































Source: Sauvons l’Aquarius et le sauvetage en mer !

Procès de Martine Landry : le parquet requiert la relaxe La décision sera rendue le 13 juillet 2018 14 juin 2018

Communiqué AIF et Anafé

 

Le tribunal correctionnel de Nice a mis son jugement en délibéré dans l’affaire des poursuites engagées à l’encontre de Martine Landry, pour ‘délit de solidarité’. Suite à l’audience qui s’est tenue aujourd’hui, le parquet a requis la relaxe de Martine. La décision sera rendue le 13 juillet 2018.

Amnesty International France (AIF) et l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) réitèrent leur soutien à leur militante.

« Cette décision est très attendue à l’heure où nous sommes régulièrement alertés par des citoyens et des organisations sur les entraves que les autorités françaises mettent à leurs actions d’aide humanitaire et de défense de droits des personnes migrantes et réfugiées. De Calais, de Briançon ou de Gap – où trois personnes seront jugées demain pour « aide à l’entrée irrégulière » – certains témoignent d’entreprises délibérées de dissuasion mises en place par l’Etat français pour freiner ou leur faire abandonner leurs actions », souligneLaure Palun, Coordinatrice associative de l’Anafé.

« Même avec les modifications apportées par l’Assemblée nationale à l’occasion de l’examen du projet de loi ‘asile- immigration’ la législation française souffre d’imperfections et le ‘délit de solidarité’ subsiste. Des poursuites injustes comme celles qui visent Martine Landry continueront d’être possibles si la loi est adoptée en ces termes », déclare Jean-François Dubost, Responsable du programme Protection des populations d’AIF.

Pourtant, le protocole de Palerme, ratifié en 2002 par la France, exclut que des actions pénales soient engagées à l’encontre de personnes ou d’organismes qui apportent une aide à des migrants en situation irrégulière, sans rechercher aucun avantage financier ni matériel, qu’il s’agisse de l’entrée ou du séjour de personnes sur le territoire d’un Etat. Ce protocole, par l’effet de la Constitution française, a une autorité supérieure à la loi.

« La France doit se conformer à ses engagements et s’aligner sur le droit international en cessant de criminaliser l’action de personnes ou d’associations qui viennent en aide à des personnes migrantes ou réfugiées, dès lors que cette aide ne donne lieu à aucun avantage financier ou matériel »,rappelle Jean-François Dubost.

« L’examen par le Sénat du projet de loi doit être l’occasion de supprimer le ‘délit de solidarité’ afin de rendre impossible les poursuites pénales à l’encontre de personnes dont l’aide à l’entrée ou au séjour n’a été motivée que par un élan d’humanité », précise Laure Palun.

Dans l’attente de ce jugement, les deux organisations demandent aux autorités de mettre un terme à toutes les poursuites judiciaires relevant de cette situation. AIF et l’Anafé seront présentes aux côtés de Martine le 13 juillet à Nice.

 

Source: Procès de Martine Landry : le parquet requiert la relaxe La décision sera rendue le 13 juillet 2018

Qu’attendre d’un gouvernement qui vient d’inventer la « dissuasion migratoire » ? 22 juillet 2017

Le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur ont présenté, le mercredi 12 juillet, les grandes lignes de ce que devrait être le prochain projet de loi sur les réfugiés et les migrants. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) considère que, comme on pouvait le craindre après les paroles outrancières de Gérard Collomb sur les associations agissantes à Calais, le gouvernement et le Président n’ont manifestement rien compris à la situation des personnes qui cherchent aide et refuge dans les pays de l’UE.

On avait cru comprendre après quelques déclarations de campagne, qu’il y aurait un certain rééquilibrage. Las, ce n’était que des éléments de langage, de ces mots lancés dans le vent pour capter les voix. Car d’équilibre entre humanité et fermeté, il n’y aura point ! Accueillir des réfugiés ? Oui, un peu, mais celles et ceux qui le méritent. Accroître le nombre de places d’accueil ? Oui, mais pour mieux garder sous contrôle. Diminuer le temps d’attente du titre de séjour ? Oui, mais pour reconduire plus vite à la frontière. Modifier la convention de Dublin ? Oui, mais pour l’aggraver en fixant  définitivement le demandeur au pays de déposition de la demande. Mieux instruire les demandes ? Oui, pour faire le tri entre les réfugiés, réputés légitimes, des migrants dont les motifs ne sont qu’économiques. Promouvoir une politique commune européenne ? Oui, mais si elle ne contrecarre en rien la fermeture du territoire, même si cela revient à abandonner d’autres, telles la Grèce et l’Italie, à leur propre sort.

La LDH dénonce non seulement les mots utilisés, comme cette fameuse expression « dissuasion migratoire », mais surtout l’analyse qui explique que de telles choses puissent être dites. C’est ce que montre, à l’évidence, l’incroyable incohérence qui consiste à prôner le développement dans les pays d’origine pour « tarir » les flux vers les pays d’accueil tout en diminuant les aides publiques à ces pays.

Au lieu de comprendre que c’est l’instabilité du monde qui est à la base des mouvements migratoires, le gouvernement s’enfonce dans la classique inversion entre les causes des migrations et leurs conséquences. La LDH considère que le  projet de loi annoncé révèle que le gouvernement n’a en réalité pas de politique des migrations, juste le choix de l’aggravation de la répression et de la négation des droits.

 

Paris, le 13 juillet 2017.

Source: Qu’attendre d’un gouvernement qui vient d’inventer la « dissuasion migratoire » ?

stop aux politiques migratoires meurtrières et pour l’application de l’art 13 8 juin 2017

Face au fiasco politique et aux conséquences tragiques de la réponse 100% sécuritaire mise en place par la France et les autres Etats européens, nous demandons au Président de la République française de changer radicalement le cap de sa politique migratoire en s’engageant à respecter et faire appliquer au niveau européen et mondial, le droit de chacun à circuler librement sur la planète, tel que défendu par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

 

Par cette pétition, nous appelons à un sursaut de la société civile pour faire entendre au plus haut sommet de l’Etat la voix de ceux qui sont pour  :

–  Une mondialisation plus juste et plus équilibrée qui affirme les mêmes droits pour tous à se déplacer et à s’installer librement.
–  Une réaffectation des moyens financiers alloués à la militarisation et à la sécurisation des frontières vers des dispositifs dignes d’accueil et d’accompagnement des migrants
–  Une politique migratoire qui respecte les valeurs humanistes et fraternelles issues des principes fondateurs de la République et incarnées par notre tradition d’accueil et d’hospitalité.
–   L’établissement à l’échelle internationale de relations économiques et politiques plus équitables entre pays riches et pays pauvres

De ceux qui refusent de cautionner plus longtemps :

–  Une mondialisation qui favorise la circulation des citoyens issus des pays riches, des marchandises et des capitaux mais qui entrave celle d’enfants, de femmes et hommes qui fuient les guerres, la misère, les régimes totalitaires ou encore les fléaux climatiques pour sauver leur vie
–   L’échec d’un système qui s’est transformé en redoutable machine de mort et de trafic d’êtres humains
–   Un discours politique qui exacerbe le repli sur soi et la peur de l’autre et qui nourrit le populisme et les extrémismes

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Source: stop aux politiques migratoires meurtrières et pour l’application de l’art 13

Menton : des personnes exilées détenues en toute illégalité à la frontière 8 juin 2017

Des associations appellent à faire cesser toutes les atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales résultant de la privation de liberté de personnes exilées à la frontière franco-italienne

 

À la frontière franco-italienne, les locaux de la police aux frontières (PAF) des Alpes-Maritimes, situés à Menton pont Saint-Louis, sont utilisés par le préfet du département pour enfermer illégalement les personnes migrantes avant de les refouler en Italie. Le tribunal administratif de Nice a été saisi d’une requête en référé-liberté déposée par l’Anafé, l’ADDE, La Cimade, le Gisti et le SAF le 6 juin dans l’après-midi, afin de « faire cesser toutes les atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales résultant de la privation de liberté de personnes exilées, consécutives de la décision informelle du préfet des Alpes-Maritimes de créer une ‘zone de rétention provisoire pour les personnes non-admises’ ».

La frontière franco-italienne a régulièrement été fermée depuis 2011 en violation des droits des personnes exilées. Depuis près de deux ans, la situation à cette frontière caractérisée par la violation quotidienne du droit national et international est devenue catastrophique : contrôles discriminatoires opérés au faciès, blocages, refoulements systématiques, refoulement de mineurs vers l’Italie en dehors de toute procédure, etc. Depuis le 13 novembre 2015, date à laquelle les contrôles aux frontières ont été officiellement rétablis dans la région, ils sont systématiques aux sept points de passage autorisés localisés sur les routes et dans trois gares dont Menton Garavan.

Lors d’une mission exploratoire menée à la frontière franco-italienne du 15 au 20 mai 2017, l’Anafé et La Cimade se sont vu refuser l’entrée dans « cette zone de rétention provisoire » constituée d’Algécos et de sanitaires amovibles. Les représentants des associations ont pu constater sur place le 16 mai, puis le 6 juin lors d’une seconde visite, que des personnes y étaient bien privées de liberté. La PAF a dans un premier temps affirmé qu’il s’agissait d’une zone d’attente, lieu où sont retenues les personnes à qui l’entrée sur le territoire est refusée et distinct d’un centre de rétention où sont enfermées les personnes déjà présentes sur le territoire. Elle s’est ensuite rétractée pour refuser l’accès à ces représentants d’associations habilitées à visiter toutes les zones d’attente françaises. Selon les déclarations du commandant de la PAF, il s’agirait « d’une zone de rétention provisoire pour les personnes non admises, un lieu privatif de liberté pour les personnes qui vont être réadmises en Italie ». Les témoignages d’observateurs locaux et de personnes migrantes indiquent que le 1er étage de la gare de Menton Garavan est également utilisé comme lieu d’enfermement.

L’existence de ce lieu de privation de liberté illégal s’ajoute donc, dans cette région de non droit pour les étrangers, aux contrôles discriminatoires, aux poursuites judiciaires menées contre les citoyens solidaires, aux refoulements illégaux, à la violation du droit d’asile, à la non-prise en charge des mineurs étrangers isolés, etc.

Les associations signataires demandent au tribunal de faire la lumière sur ce lieu de privation de liberté illégal en effectuant une visite sur place, de suspendre la décision informelle de sa création prise par le préfet des Alpes-Maritimes, de mettre immédiatement fin à la situation de privation de liberté des personnes qui y sont détenues et de garantir l’accès effectif aux droits des personnes interpellées à la frontière.

L’État est responsable de la mise à l’abri des personnes en quête de protection. Il est temps qu’il prenne ses responsabilités au lieu de les renvoyer en Italie en toute illégalité.

 

Le 7 juin 2017

 

Signataires : ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers)  ; Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) ; Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s) ; La Cimade ; SAF (Syndicat des avocats de France)

 

Retrouvez l’article complet sur le site de l’anafé

 

 

Source: Menton : des personnes exilées détenues en toute illégalité à la frontière