CERCLE DE SILENCE SAMEDI 12 SEPTEMBRE 8 septembre, 2026
Chers amis,
A Cotonou, capitale du Bénin, s’est tenu il y a un mois, du 4 au 8 août, la 17ème édition du Forum social mondial, réunissant les représentants de 108 pays, Forum au cours duquel fut créé un Village de la migration afin d’écouter plus spécifiquement les témoignages des personnes ayant survécu aux cruelles épreuves de l’exil. Deux sujets y ont notamment été abordés : la migration féminine et la résistance face à la criminalisation de la migration.
Il nous a semblé important – même si le FSM en tant que tel se pose des questions sur sa pertinence et son avenir – de citer quelques passages de la Déclaration du collectif de survivant.es publiée à l’issue du Forum et signée par 60 organisations de solidarité majoritairement africaines.
« Celles et ceux d’entre nous qui parlent à partir de leur expérience vécue sont des survivant.es de déserts mortels, de prisons, de centres de détention, de vols, d’expulsion, de refoulements, d’agressions racistes, d’enlèvements en mer, d’esclavage, de viols et d’autres formes de traitement inhumain. Nous parlons en tant que personnes dont les corps ont servi à ériger des frontières, dont la souffrance a été transformée en politiques déshumanisantes qui organisent l’exclusion, et dont les morts ont été réduits à des statistiques pour justifier la nécessité de la « gestion de la migration».
Partout dans le monde, le discours de l’invasion a été réactivé pour démanteler la protection des réfugié.es, légitimer les expulsions massives et transformer les communautés de migrant.es en ennemis électoraux. Les migrant.es sont exploité.es à des fins politiques et soumis.es à un système fondé sur le racisme, la peur et les punitions collectives. La violence que nous affrontons s’inscrit dans un même continuum de violence coloniale, qui s’étend des zones frontalières jusqu’au cœur des villes, où les violences policières, le profilage racial, la détention, les refoulements et la criminalisation des personnes en mouvement reproduisent la même logique d’exclusion, de contrôle et de confinement racialisés. Les routes de l’esclavage sont réactivées aujourd’hui à travers des processus de dépossession et de marchandisation de la vie humaine qui poussent une jeunesse désespérée vers des routes maritimes extrêmement périlleuses et transforment les océans en cimetières. »
Notons que les très jeunes enfants ne se sont évidemment pas exprimés au FSM ; la Cimade nous interpelle cependant à leur sujet en soulignant que l’Union européenne a franchi une ligne rouge avec le pacte sur la migration et l’asile puisqu’il autorise désormais les Etats à ficher, priver de liberté et traiter comme des menaces les enfants exilés !
Ainsi, au moment de la rentrée des classes, nous constatons avec la Cimade, qu’il n’est plus question de protéger, mais bien de contrôler les enfants arrivés à nos frontières dans les révoltantes conditions que l’on connait.
Nous vous attendons nombreux au prochain cercle de silence, samedi 12 septembre, de 11h30 à midi, place de la Rotonde à l’orée des Allées Provençales.
Philippe Chouard


Laisser un commentaire